Un groupe d’étudiantes du M2 SIB (Sc. de l’info. et des bibliothèques) de l’université d’Angers a traité d’octobre 2025 à février 2026, un lot de brochures issues de l’ancienne bibliothèque de l’Ecole de médecine d’Angers, ouvrages désormais conservés à la Bibliothèque universitaire de Belle-Beille.

Ce projet pédagogique mené sous la direction de Florence Alibert, maîtresse de conférences et responsable du master, a permis le pré-catalogage de 336 pièces, et une réflexion sur la future valorisation de ces documents, qui pourra être envisagée – nous l’espérons – à partir de 2027, à la réouverture du site de Belle-Beille.
Ces documents, datant de 1801 à 1943 (plus une pièce du XVIIIe s.), illustrent deux aspects de la recherche en plein essor tout au long de cette période : les thèses et les articles issus de revues spécialisées. Toutes les spécialités médicales et pharmaceutiques sont représentées, mais on pourra s’intéresser plus particulièrement aux enjeux de la santé et de l’hygiène publiques au XIXe s. : épidémies, gynécologie et accouchements, assistance publique, soins aux enfants…

Des thèmes plus légers peuvent aussi faire l’objet d’études, ainsi cette thèse de 1892 sur le vin d‘Anjou !

Cette sélection documentaire met plus particulièrement en valeur le milieu médical angevin et ses liens de famille ou de sociabilité. Les étudiantes ont pu dresser un répertoire bio-bibliographique de 268 auteurs, dont une majorité d’Angevins.
L’obtention du titre de docteur se fait par la soutenance de la thèse – impossible à Angers qui n’a qu’une « Ecole » de médecine (la Faculté de plein exercice ne sera restaurée qu’en 1971). Aussi les jeunes docteurs vont-ils soutenir à Paris, pour la plupart d’entre eux, mais parfois dans d’autres villes comme Montpellier ou Strasbourg.

Il arrive que Paris garde les étudiants les plus brillants. Ainsi Charles-Prosper Ollivier (1796-1845) fit-il carrière à Paris, tout en restant fidèle à sa ville d’origine : il légua à l’Ecole de médecine sa riche bibliothèque, conservée aujourd’hui à la BU de Belle-Beille.


D’autres médecins et pharmaciens choisissent de succéder à leurs maîtres à l’Ecole d’Angers, une filiation spirituelle qui se traduit par les dédicaces portées sur les brochures.

Le service Patrimoine du SCD d’Angers remercie les étudiantes de M2 SIB pour leur travail de signalement et de mise en valeur du fonds de médecine. V. Neveu