Depuis toujours, l’être humain regarde les Ă©toiles avec une seule envie : s’affranchir des lois de la physique. Si nous n’avons pas encore de fusĂ©e pour vous emmener sur Mars, nous avons dĂ©cidĂ© de ramener un morceau d’espace directement dans notre laboratoire. Que vous soyez un futur astronaute ou simplement curieux de voir la matière flotter, installez-vous confortablement. Le compte Ă rebours de notre aventure technologique commence ici…
Voici Ă quoi ressemble Le LĂ©vitateur, cette structure capable de dĂ©fier la gravitĂ©. Une technologie capable de maintenir la matière en suspension par la seule force du son, un outil de prĂ©cision que seule une poignĂ©e d’expĂ©rimentateurs parvient Ă calibrer avec brio.
✨ UN LÉVITATEUR ACOUSTIQUE : MAÎTRISER LE POUVOIR INVISIBLE DE LA LÉVITATION
Comme disait Arthur C. Clarke :
« Toute technologie suffisamment avancée est indiscernable de la magie. »
Ce projet est avant tout un choix personnel. Nous voulions explorer un domaine qui n’avait pas encore Ă©tĂ© abordĂ© dans notre promotion cette annĂ©e : la lĂ©vitation acoustique. Cette libertĂ© nous a permis de nous investir pleinement dans la crĂ©ation d’un système complexe, en reprenant tout depuis le dĂ©but pour construire un dispositif qui nous ressemble.
Nos ambitions :
DĂ©mystifier la physique acoustique en rendant visible un phĂ©nomène qui, d’ordinaire, ne s’Ă©coute qu’avec les oreilles.
Concevoir un système autonome et robuste, capable d’ĂŞtre transportĂ© et utilisĂ© pour des dĂ©monstrations pĂ©dagogiques sans dĂ©pendre d’une installation fixe complexe.
Allier esthĂ©tique et technologie en crĂ©ant une structure (nos fameux dĂ´mes) qui soit aussi performante techniquement qu’Ă©lĂ©gante Ă regarder.
Partager notre savoir Ă travers ce site vitrine, pour que chacun puisse comprendre comment l’Ă©lectronique et les ultrasons peuvent s’unir pour vaincre la gravitĂ©.
⚙️ CONCEPTION MECANIQUE ET DESIGN (LA FUSÉE)
L’objectif premier de notre lĂ©vitateur acoustique est de s’affranchir de la gravitĂ© terrestre par la seule force du son. Pour incarner ce dĂ©fi physique, il nous a paru Ă©vident de donner Ă notre structure globale la forme d’une fusĂ©e. Au-delĂ de l’aspect purement esthĂ©tique et symbolique, ce design rĂ©pond Ă des contraintes mĂ©caniques et acoustiques très strictes.
A. La modĂ©lisation sous SolidWorks : Pour que l’onde stationnaire se forme correctement, l’alignement entre la partie supĂ©rieure et la partie infĂ©rieure du lĂ©vitateur doit ĂŞtre parfait. Nous avons entièrement conçu la structure assistĂ©e par ordinateur (CAO) Ă l’aide du logiciel SolidWorks. La conception de la “fusĂ©e” nous a permis d’obtenir :
- Une grande rigiditĂ© structurelle : Les piliers latĂ©raux maintiennent un Ă©cartement millimĂ©trĂ© qui empĂŞche les vibrations parasites de dĂ©former l’axe central. (Ă©galement, ils nous permettent de pouvoir choisir en fonction des rĂ©sultats la hauteur souhaitĂ©e pour l’Ă©cart entre les 2 dĂ´mes).
- Une intĂ©gration ergonomique : Le socle de la fusĂ©e a Ă©tĂ© pensĂ© pour dissimuler proprement l’Ă©lectronique de puissance (l’Arduino, le driver L298N et le rĂ©gulateur de tension) tout en assurant une bonne ventilation. (DĂ» Ă notre accident, nous avons prĂ©fĂ©rĂ© essayer de rĂ©soudre le problème plutĂ´t que faire le design)
B. La géométrie des dômes
Le cœur de la lévitation ne réside pas seulement dans la puissance électrique, mais dans la géométrie. Si nous avions disposé nos 72 capteurs sur des surfaces planes, la pression acoustique aurait été dispersée et insuffisante pour soulever la moindre masse.
Nous avons donc modélisé deux dômes en forme de sphère concave.

L’optimisation spatiale : Chaque emplacement sur le dĂ´me a Ă©tĂ© calculĂ© avec prĂ©cision sur SolidWorks pour accueillir un transducteur piĂ©zoĂ©lectrique. L’angle de chaque capteur est orientĂ© de manière Ă ce que toutes les ondes convergent parfaitement au centre de la fusĂ©e.
L’effet loupe : Tout comme une lentille convergente concentre les rayons du soleil en un point unique pour crĂ©er de la chaleur, nos dĂ´mes focalisent les ondes ultrasonores (Ă©mises Ă 40 kHz) vers le centre gĂ©omĂ©trique de la structure : le foyer.
🔌 ELECTRONIQUE ET CABLAGE GLOBAL
Maintenant que nos dĂ´mes sont assemblĂ©s et soudĂ©s, il faut leur donner vie. Faire vibrer 72 transducteurs 40 000 fois par seconde (40 kHz) demande une gestion rigoureuse des signaux et de l’Ă©nergie. L’enjeu de cette partie Ă©tait de concevoir un circuit capable de dĂ©livrer une puissance importante sans risquer la surchauffe ou le court-circuit.
A. Le “Muscle” du système : Le Driver L298N Le signal de commande provenant de notre microcontrĂ´leur (l’Arduino) fonctionne en 5V avec un courant très faible. Il est incapable d’alimenter directement notre rĂ©seau de 72 capteurs. Nous avons donc intĂ©grĂ© un driver de puissance L298N (un pont en H).

- Amplification : Son rĂ´le est d’agir comme un relais ultra-rapide. Il lit le signal de commande de l’Arduino et le reproduit en utilisant la puissance de notre alimentation principale (12V) pour l’envoyer aux dĂ´mes.
- Dissipation thermique : Alimenter autant de transducteurs génère de la chaleur. Le dissipateur thermique en aluminium (le bloc à ailettes) présent sur le L298N est crucial pour évacuer cette chaleur et maintenir le composant dans sa plage de fonctionnement optimale.
B. SĂ©curitĂ© et gestion de l’Ă©nergie : Le RĂ©gulateur de tension Pour garantir la stabilitĂ© du système et protĂ©ger notre matĂ©riel, nous ne pouvions pas brancher l’alimentation “Ă l’aveugle”. Nous avons intercalĂ© un convertisseur de tension abaisseur (aussi appelĂ© Buck Converter).

- Stabilisation : Ce module lisse et stabilise la tension électrique. Grâce à sa petite vis de réglage (potentiomètre multi-tours), nous pouvons ajuster très finement la tension de sortie.
- Surveillance en temps rĂ©el : La carte est Ă©quipĂ©e d’un afficheur LED (voltmètre) qui nous permet de lire en direct la tension envoyĂ©e dans le circuit, Ă©vitant ainsi tout risque de surtension qui pourrait dĂ©truire l’Arduino ou le driver.
🧑‍🏠SOUDURE ET ASSEMBLAGE DES CAPTEURS SUR LES DÔMES
Si la modĂ©lisation 3D a Ă©tĂ© le dĂ©fi thĂ©orique de notre projet, l’assemblage physique des dĂ´mes en a Ă©tĂ© le vĂ©ritable dĂ©fi manuel. Le lĂ©vitateur nĂ©cessite une puissance acoustique importante, rĂ©partie de manière parfaitement symĂ©trique. Pour cela, nous avons dĂ» intĂ©grer et connecter pas moins de 72 transducteurs ultrasonores (36 par dĂ´me).
A. L’insertion et le respect de la polaritĂ© : Chaque transducteur piĂ©zoĂ©lectrique possède deux broches (une borne positive et une borne nĂ©gative). L’enjeu principal lors de l’insertion dans notre structure imprimĂ©e en 3D Ă©tait de respecter scrupuleusement l’orientation de ces pĂ´les.
- En effet, pour que l’onde globale se forme correctement, tous les capteurs d’un mĂŞme dĂ´me doivent “pousser” l’air exactement en mĂŞme temps (ils doivent ĂŞtre en phase).
- Si un seul capteur Ă©tait branchĂ© Ă l’envers, il crĂ©erait une interfĂ©rence destructive locale qui affaiblirait notre piège acoustique.
B. L’astuce du câblage en “Bus” (Fils de cuivre dĂ©nudĂ©s) C’est ici que l’ingĂ©nierie prend tout son sens. Connecter 72 capteurs avec des fils individuels aurait créé un enchevĂŞtrement chaotique, augmentant le risque de faux contacts et rendant le diagnostic impossible. Nous avons optĂ© pour une mĂ©thode beaucoup plus propre et efficace : le câblage en parallèle par bus continu.
- La technique : Nous avons utilisĂ© des fils de cuivre rigides et totalement dĂ©nudĂ©s. Ces fils parcourent l’arrière du dĂ´me en formant des cercles concentriques.
- Le soudage : Nous avons soudé toutes les broches positives sur un même fil de cuivre, et toutes les broches négatives sur un second fil.
- L’avantage : Cette mĂ©thode permet d’alimenter tout le dĂ´me avec seulement deux câbles reliĂ©s au driver de puissance, tout en assurant une distribution Ă©lectrique uniforme Ă chaque composant.
đź’» INFORMATIQUE : PROGRAMMATION ET COMMUNICTION
L’aboutissement du projet a nĂ©cessitĂ© de dĂ©velopper la partie logicielle pour commander l’Ă©lectronique, ainsi que de mettre en place les supports de restitution demandĂ©s dans le cahier des charges.
A. Programmation du signal Ă 40 kHz : Pour gĂ©nĂ©rer une onde stationnaire fonctionnelle, les transducteurs doivent ĂŞtre alimentĂ©s par un signal Ă©lectrique d’une frĂ©quence exacte et stable de 40 kHz.
- ProblĂ©matique logicielle : L’utilisation des fonctions temporelles standard de l’environnement Arduino (comme
delayMicroseconds()) s’est avĂ©rĂ©e inadaptĂ©e. Les lĂ©gères interruptions inhĂ©rentes au fonctionnement du processeur crĂ©ent de la gigue (jitter), rendant le signal asynchrone et empĂŞchant la formation des nĹ“uds de pression. - Solution matĂ©rielle : Nous avons donc configurĂ© directement les registres internes du microcontrĂ´leur ATmega328P (les Timers). Cette mĂ©thode permet de gĂ©nĂ©rer un signal carrĂ© (PWM) de manière purement matĂ©rielle. Le signal obtenu est ainsi parfaitement stable Ă 40 kHz, sans solliciter le processeur principal.
B. Restitution du projet : Site vitrine et Blog technique : Pour documenter notre travail et rĂ©pondre aux exigences d’Ă©valuation, la communication autour du projet a Ă©tĂ© divisĂ©e en deux supports distincts et complĂ©mentaires :
- Le site vitrine (vitacraft.fr/levitateur) : Ce site a Ă©tĂ© conçu comme une prĂ©sentation globale et vulgarisĂ©e du lĂ©vitateur. Son objectif est d’expliquer les phĂ©nomènes de physique ondulatoire (nĹ“uds, ventres, pression de radiation acoustique) Ă un public externe, tout en prĂ©sentant le design final de notre structure.
- https://vitacraft.fr/levitateur

- Le blog de projet (le prĂ©sent rapport) : Support obligatoire de notre cursus, ce document fait office de journal de bord technique. Il retrace de manière chronologique et dĂ©taillĂ©e notre dĂ©marche d’ingĂ©nierie, de la modĂ©lisation sous SolidWorks jusqu’Ă la phase de câblage et de test des transducteurs.
C. IntĂ©gration finale La validation du code Arduino a permis de tester concrètement la chaĂ®ne de puissance (driver L298N et rĂ©gulateur de tension) connectĂ©e aux dĂ´mes. La rĂ©daction parallèle du site vitrine et de ce blog technique a permis d’assurer la traçabilitĂ© complète de ces Ă©tapes de conception.
Conclusion :
Pour conclure, ce projet a Ă©tĂ© pour nous un vĂ©ritable dĂ©fi technique et une expĂ©rience très enrichissante. Bien que nous n’ayons pas pu obtenir la lĂ©vitation finale Ă cause d’un composant qui a grillĂ© au moment des tests, nous avons rĂ©ussi Ă concevoir et Ă assembler un système complexe de A Ă Z.
Ce travail nous a permis de mettre en pratique nos connaissances en mĂ©canique et en Ă©lectronique, tout en dĂ©couvrant les rĂ©alitĂ©s du terrain : les imprĂ©vus, les essais et la persĂ©vĂ©rance nĂ©cessaire. Entre le dessin des pièces sur ordinateur, la soudure des 72 capteurs et la programmation, nous avons appris qu’ĂŞtre ingĂ©nieur, c’est avant tout savoir chercher des solutions et apprendre de ses erreurs.
Nous sommes fiers du chemin parcouru et de notre maquette finale, qui reprĂ©sente bien tous les efforts fournis par l’Ă©quipe durant ce semestre. Nous tenons Ă remercier sincèrement notre encadrant, M. SĂ©bastien Lagrange, pour ses conseils et son soutien tout au long de cette aventure.
Ce contenu a été publié dans la catégorie 2025/2026 par Kentin ROISNE, Charlie NUGON et Lubin RICHARD–BRIALY.

