Des archivistes professionnels à la tête de la formation

Dès les prémices de la création d’une filière archives à Angers, les initiateurs, Élisabeth Verry (directrice des archives départementales du Maine-et-Loire) et Jacques-Guy Petit (professeur d’histoire contemporaine) affirment leur volonté de recruter un archiviste professionnel afin de diriger la formation. En 1992, n’ayant pas reçu l’accord du ministère l’Enseignement et de la Recherche pour créer ce poste, ils décident d’ajourner l’ouverture de la formation. Un an plus tard, en 1993, le poste de maître de conférences est offert au recrutement : c’est une première au sein d’une formation universitaire en archivistique.

Interview de Jacques-Guy Petit et Élisabeth Verry

  • Agnès Masson

    Agnès Masson a un parcours atypique : elle fut professeur de mathématiques et de musique, avant d’intégrer l’École des chartes, dont elle sortit diplômée en 1984. Devenue archiviste-paléographe, conservateur du patrimoine, elle fut adjointe aux Archives de Paris et responsable des archives municipales de la ville de Nîmes. C’est en 1993 qu’Agnès Masson fut détachée auprès de l’université d’Angers comme maître de conférences en archivistique.
    Elle a eu un rôle de création et de défrichement, en lien étroit avec les archives départementales du Maine-et-Loire. En tant que première responsable de la formation, elle intervient dans la construction des premières maquettes, le choix des programmes et des intervenants : tout est à faire et à inventer. Durant ces premières années, elle lance la formation : la licence en 1993, la maîtrise d’histoire option archives et le DESS histoire et métiers des archives l’année suivante.
    En 1995 Agnès Masson quitte son poste à l’université d’Angers et retourne à Paris afin de diriger le bureau des formations de la direction des Archives de France.

      « J’ai postulé par besoin de transmettre les connaissances »

      Interview d’Élisabeth Verry

    • Valérie Poinsotte

      Sortie de l’École des chartes en 1986, Valérie Poinsotte était archiviste et conservatrice du patrimoine. Elle fut chef du service des archives de la ville de Grenoble de 1986 à 1988, puis chef du service documentation-archives de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris de 1988 à 1995. Cette même année, elle fut recrutée à la tête de la formation d’Angers. Le rôle de Valérie Poinsotte fut de consolider la formation, tout en apportant une dimension d’innovation pédagogique et en assurant les évolutions rendues nécessaires par les mutations du métier.
      Dès 1995 ; elle mit en place les « projets Tas », puis en 1997, les « disputes » qui ont marqué plusieurs générations d’étudiants : les étudiants, divisés en groupes « pour » et « contre », devaient échanger sur un thème donné. En 1999, la formation se diversifie avec les options « mise en valeur du patrimoine écrit» et « gestion ». En 2003, Valérie Poinsotte quitte la formation pour un poste au Centre des archives du monde du travail de Roubaix.

      Interview d’Élisabeth Verry et Jaques-Guy Petit

    • Bénédicte Grailles

      Après avoir suivi un double cursus en lettres classiques et en histoire, Bénédicte Grailles s’est spécialisée avec un magistère dans le domaine du patrimoine. Docteur en histoire, conservatrice du patrimoine spécialité archives, Bénédicte Grailles a été responsable d’un des deux sites des archives départementales du Pas-de-Calais. Elle fut recrutée à la tête de la formation pour la rentrée de 2003. L’arrivée de Bénédicte Grailles amène des changements dans la formation, notamment avec la transformation de la maîtrise et du DESS en master 1 et 2 en 2005, à la suite de la réforme dite du LMD. Il en résulte une refonte complète des maquettes des enseignements. L’option « Records Management » ouvre ses portes en 2007. Sous son impulsion, la formation affirme plus encore sa volonté de prise en compte des nouvelles technologies.

      Interview d’Élisabeth Verry

    • Patrice Marcilloux

      Archiviste-paléographe diplômé de l’École des chartes, conservateur du patrimoine spécialité archives, Patrice Marcilloux fut successivement directeur des archives départementales de l’Aisne, du Pas-de-Calais et du Loiret. Il devient maître de conférences en archivistique à l’université d’Angers en novembre 2005. Il co-dirige l’ensemble de l’offre de formation de la filière archives aux côtés de Bénédicte Grailles. Il assume la responsabilité pédagogique de la licence professionnelle traitement et gestion des archives et des bibliothèques. Militant d’une pleine reconnaissance universitaire de l’archivistique, il œuvre au développement de la recherche archivistique avec notamment la création de l’axe ALMA (archives, livres, manuscrits et autres supports) au sein du laboratoire CERHIO (Centre de recherches historiques de l’Ouest) et l’ouverture d’une possibilité de doctorat en archivistique en 2008. En 2011, il soutient sous le titre Archivistique et histoire : pratique professionnelle et réflexion théorique une habilitation à diriger des recherches en archivistique, première du genre en France. De 2009 à 2012, il a été vice-doyen de la faculté des Lettres, Langues et Sciences humaines, en charge de la pédagogie.

      Interview d’Élisabeth Verry

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