Stop Whispering

(MàJ 10 février 2014 – cette idée n’a pas pris, et les tableaux que j’ai proposé étaient sans doute inadaptés puisque nous avons eu nous-mêmes des difficultés à les remplir, au point que nous ne les avons pas remplis… – on peut espérer que les licences nationales et la publication des coûts globaux régleront le problème ici évoqué)

Étienne Cavalié en a parlé, j’en ai parlé, tout le monde en parle, de ces chiffres qui constituent le plus grand secret du monde quand il ne s’agit que de la manière dont nous utilisons l’argent public.

Suivant la proposition d’Étienne, je suggère donc qu’on diffuse de manière centralisée les coûts de la documentation électronique, et qu’on le fasse collectivement, avec nos petits bras musclés.

J’ai posé sur Bibliopedia (merci à eux pour l’accueil, et à @symac pour son aide précieuse) une liste des éditeurs de documentation électronique (je suis parti de celle des fournisseurs de la BUA, vous compléterez à mesure, cette liste est forcément incomplète).

Chaque ligne de ce listing renvoie à un tableau dans lequel sont listées les structures susceptibles d’être abonnées à l’éditeur en question.

Le reste est trivial : vous appartenez à l’une de ces structures, vous allez sur les tableaux de vos éditeurs, vous remplissez le tableau pour les lignes et colonnes vous concernant  (c’est un wiki, c’est ouvert).

Si vous vous demandez si vous en avez le droit, pour info, la BUA diffuse ces chiffres depuis des années dans ses rapports d’activités, et personne n’a jamais bronché. Et puis encore une fois, il s’agit simplement de rendre visible des dépenses d’argent public.

Précision importante : certains collègues dont des négociateurs Couperin pensent que c’est une très très très mauvaise idée que de donner accès à ces données à nos fournisseurs, en ce que cette visibilité permettrait aux fournisseurs de durcir encore les négociations. Nous remplirons les lignes BUA dans les jours qui viennent,  à vous de voir quelle position vous adoptez pour votre structure.

PS :  en cas de création d’une nouvelle page éditeur, merci de rester sur le même template que l’existant, il suffit de le copier dans votre nouvelle page bibliopedia depuis l’une des pages déjà existantes ou de le récupérer ici ;

PS2 : Stop whispering est un titre de Radiohead

18 réflexions sur « Stop Whispering »

  1. Bonjour,

    je trouve que c’est une bonne idée. Un peu de transparence ne fait pas de mal. Et puis, comme tu le dis, à argent public, information publique. Je ne pense pas que le secret défense puisse s’appliquer sur les budgets des bibliothèques 😉

    Sinon, j’aimerais mieux connaître et comprendre l’argument de Couperin selon lequel la publicité des coûts d’abonnement avantagera les positions des fournisseurs dans les négociations. Cela ne me semble pas immédiatement évident mais je ne suis pas spécialiste et j’aimerais en savoir plus.

    • Hello 🙂
      L’argument, en résumé, est le suivant : en voyant combien une Bu paie pour un gros bouquet généraliste, un éditeur spécialisé peut arguer du fait que sa ressource est bien moins coûteuse ou que l’augmentation qu’il propose n’esr rien à côté de celle des gros bouquets ; ou encore, deux éditeurs sur le même créneau, si chacun sait ce que l’autre demande ou est payé, ne vont pas accepter de baisser leurs tarifs lorsque l’autre vend son truc plus cher.
      Je résume, n’est-ce pas ; les négociateurs Couperin pourront expliquer mieux les choses que moi, qui pense que la transparence est justement ce qui oriente les prix à la baisse quand il y a concurrence.

  2. Le problème est que la plupart des éditeurs sont en position dominante : la marge de manœuvre d’une négociation est souvent très faible. Tout argument est bon à prendre pour faire contrepoids. Les éditeurs regardent le contexte économiques des pays (et des établissements) et font des prix en conséquence : le prix d’une ressource ne sera pas la même pour la Grèce ou pour la France. Ce sont d’abord les éditeurs qui jouent sur l’opacité (de leurs prix, de leurs modèles économiques). Les bibliothèques sont trop souvent cantonnées dans un rôle de vache à lait naïve.
    Et si nous parlions de
    1/ notre système économiques qui assimile (entre autre) la recherche à une marchandise
    2/ A la valeur (mais comment la définir) de la recherche et de ses publications

    • Suis bien d’accord sur la position dominante des éditeurs et notre rôle de vache à lait (consentante cf. https://blog.univ-angers.fr/rj45/2013/02/08/la-vache-a-lait-est-molle-du-genou/ )
      Pour moi, la mise en ligne des coûts est aussi une manière de montrer aux citoyens où s’évapore l’argent public, en particulier en raison d’une politique qui laisse sciemment ou par négligence se mettre en place et perdurer cette évaporation.
      Tout le monde sait que la porte de sortie de ce piège est dans les AO. Politiquement, le premier pas est l’obligation de dépôt en AO de tout papier qui a touché même un euro d’argent public.
      Donc la transparence est aussi un levier politique pour sortir de cette nasse : des citoyens informés, c’est des citoyens qui ne se laissent pas faire.

  3. @Daniel : même si je suis prêt à oeuvrer pour la publicité de ces coûts, je ne suis pas sûr qu’on ait trouvé le bon outil pour y inciter les collègues responsables Doc élec.
    D’une part l’outil (Bibliopedia) et son langage wiki peuvent faire peur (bon, ça peut simplement se résoudre en signalant un outil de conversion (du genre de celui-là — ou encore une petite macro), mais la structuration par éditeur va nécessiter que chaque SCD ouvre chacune des pages pour y indiquer ses chiffres dans la bonne ligne.
    Ca n’a l’air de rien, mais s’ils ont déjà un tableau Excel quelque part avec l’ensemble de leurs coûts, ça veut dire qu’il leur faut passer un peu plus de temps à le décomposer (une ligne = 1 fournisseur = 1 page Bibliopedia).
    Ca peut sembler anodin, mais vu que l’un des plus récurrents arguments contre les archives ouvertes sont “on n’a pas le temps”, il va falloir que les collègues soient d’emblée motivés. Ou qu’on les motive…

    • Certes, il y avait d’autres outils.On pouvait même imaginer de monter un truc spécifique. Celui-là a le mérite d’exister ; d’être communautaire ; ouvert (ça veut dire aussi qu’on peut structurer ça comme on veut, il suffit que quelqu’un d’autre suggère et mette en place une autre structure, pas de souci pour moi, je ne me formaliserai pas 😉 )
      Après, comme tu le suggérais dans ton billet, c’est aussi l’occasion de voir ce qu’il en est vraiment de la motivation des bibliothécaires (je te cite “Tiens, ce serait un test intéressant : pendant 2 jours on n’a cessé de conspuer ces chercheurs que le volontariat ne motive pas assez pour déposer dans des archives ouvertes. Les bibliothécaires seraient-ils des modèles en la matière ? ” )
      Parce que oui, nous avons tous de bonnes raisons de ne rien faire… 😉

    • PS : pour tout dire, j’avais d’abord dans l’intention de monter rapidos un drupal avec sheetnode qui permet de poser tel que des tableaux. Mais se posait le problème de l’hébergement à titre perso, et de la personnalisation, du coup, de l’initiative. Bibliopedia règle cette question.

    • Assez d’accord sur le pb du wiki pour ce genre de choses, j’ai essayé de faire des modifs pour que ce soit le plus simple possible : http://bibliopedia.fr/index.php/Factiva_co%C3%BBt Je vous laisse suivre le lien pour ajouter une bibliothèque en haut de page et voir ce que ça donne. C’est à mon avis le mieux que l’on puisse faire à travers un wiki, ça limite “un peu” le frein technique à la contribution.

  4. Ping : Stop Whispering | RJ45 | Digital bibliothèques | Scoop.it

  5. Très d’accord aussi avec l’idée. Jusqu’ici j’ai fait cela “en local”, et pour deux ou trois éditeurs, via des billets de blog. Je n’ai eu que des retours positifs (ou inexistant), parce qu’au fond nos chiffres cachés sont des secrets de polichinelle. Je ne vois aucune raison de ne pas systématiser. La crainte de certains négociateurs Couperin est justifiée par les circonstances actuelles d’opacité : passer de l’incertain au certain fait courir le risque de révéler des cas où nous sommes relativement bien traités par rapport à d’autres universités, pays, organismes, etc. Mais si nous partons du principe que nous voulons raisonner et agir à partir de la situation réelle, la transparence est la seule solution. C’est du reste un principe d’économie assez étayé, je crois : la transparence est favorable au client. Je contribuerai.

  6. Bon ben dis, ça s’est pas bousculé au portillon pour renseigner les tableaux. Y a même pas les chiffres de la bib d’Angers, ni ceux de “revues.org” (qui s’appelle Open Edition en fait) 🙂

    • On a été pas mal occupé sur BUA, on s’y colle ASAP
      Après, tu sais, entre le temps des bibliothèques et le fonctionnement des bibliothèques, en général, je ne m’attends pas non plus à une ruée des foules… Ce serait de l’ordre du miracle.
      Pour revues.org, je vais corriger

  7. Bon ben c’est toujours vide… Je vois pas trop comment convaincre ma collègue en charge de la docelec et mon directeur de remplir ce tableau s’il n’y a pas déjà au moins quelques lignes de remplies, pour prouver que d’autres sont prêts à le faire!

    Quid novi?

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