De quoi ça a l’ERE ?

(MàJ du 21 novembre 2012)

Suite aux échanges dans les commentaires, j’ai donc trouvé les résultats ERE sur le site Couperin – bref. On a retrouvé les résultats mais il y a quand même un souci de disons… communication : rien sur la page officielle, rien nulle part, et aucun collègue Doc-élec dans mon environnement ne semblait savoir ce que devenaient et où étaient ces résultats d’une enquête nationale, donc.

(/MàJ du 21 novembre 2012)

L’enquête annuelle ERE vient d’arriver dans nos boîtes aux lettres électroniques. Pour ceux et celles qui ont la chance de l’ignorer, ERE est l’Enquête sur les ressources électroniques acquises par les S.C.D., S.I.C.D. et bibliothèques d’établissements d’enseignement supérieur et participe de ce qui est censé être la boîte à outils de pilotage des SCD au niveau du ministère.

J’ai un problème général avec les enquêtes, et j’ai un très gros problème personnel avec ERE, pour deux raisons :

  •  La dernière publication des résultats et analyses de cette enquête date de… 2004 (sans rire — et encore, vous n’avez pas ouvert le fichier en question, qui laisse rêveur) ;
  • les formulaires de recueil d’ERE me semblent totalement inadaptés à ce qu’est la doc élec en 2012 (en fait, j’ai à chaque fois l’impression que le formulaire n’a pas bougé depuis des siècles ou quelque chose comme ça, et qu’on dénombre des choux avec un outil fait pour compter des bananes).

Ma première réaction que je reçois l’appel à remplir ERE est tous les ans de me mettre à hurler et de demander à genoux à mes N+1 que nous cessions enfin (dans un salutaire élan de désobéissance civique) de remplir cette enquête qui occupe pas mal de monde au niveau national et semble n’avoir aucun sens, en tous les cas vu du côté de ceux qui la remplissent (ce sentiment, si j’en crois les gens que je croise IRL ou que je followe sur Twitter, est largement partagé).

Et puis, cette année, comme je vieillis et que je me bonifie (hum…), je me suis dit qu’il fallait que je devienne constructif.

Donc, je demande très simplement et publiquement aux personnes et à la structure qui gèrent l’enquête ERE :

  • en priorité, que les données recueillies depuis 2004 soient enfin mises en ligne, y compris sous forme de données brutes si personne n’a le temps ou l’envie ou la mission de les traiter (ERE étant une enquête web, il y a forcément une base de données derrière : il suffit de faire un export sql de la base et de mettre cet export à disposition, on se débrouillera avec ensuite – un export sql, ça prend 10 minutes) ;
  • éventuellement, que les formulaires soient actualisés pour qu’en ouvrant ERE, ce sentiment d’être en 1980, d’avoir une moustache et de porter un sous-pull orange, cesse (j’ai toujours détesté porter ce type de fringues).

Par ailleurs, comme je doute que l’audience de RJ45 dépasse mon village, si vous pouvez pousser cette supplique à qui de droit là-haut, et/ou la diffuser et/ou l’appuyer où que vous soyez, faites-le, qu’on sorte tous du ridicule.

PS : oui, l’ESGBU est un peu du même tonneau et je n’en pense pas moins, mais à chaque jour suffit sa peine.

27 thoughts on “De quoi ça a l’ERE ?

  1. Alors deux ou trois choses qui me permettent de finir la conversation commencée l’autre jour sur tw :
    – sur l’ergonomie années 80, je suis d’accord, on frise le ridicule qui tue…
    – L’enquête ERE est menée conjointement par le ministère et par Couperin depuis 2007, l’idée étant de ne remplir qu’une enquête (on en remplissait deux avant). C’est Couperin qui la dépouille et elle lui sert de document stratégique pour les négociations à venir.
    – quant aux résultats, je suis en train d’aller à la pêche aux infos pour voir s’ils sont intégrés dans l’enquête “contrats” qu’on reçoit tous les ans.

  2. Voilà, j’ai l’info : donc, l’enquête est dépouillée par Couperin et mise en forme, les résultats sont envoyés sur les listes Couperin et mis en ligne sur le site (mais sur authentification, c’est plein d’infos sensibles par rapport aux éditeurs…). Donc, les gens qui s’occupent de la docélec chez toi ont les résultats quelque part.

    • Donc c’est absurde : on demande à X personnes de remplir une enquête, mais on laisse une page pourrie en ligne depuis 2007 (cf. bas de page) ;
      Et le dépouillement des résultats est planqué sur un site avec authentification…

      Donc la plupart des gens qui remplissent cette enquête ne voient jamais le dépouillement des résultats, et ont l’impression de bosser pour rien.

      Moralité : si Couperin dépouille, que Couperin donne accès public aux résultats (ils étaient mis en ligne jusqu’en 2004, ils peuvent l’être encore : ces résultats ne sont pas subitement devenus “sensibles” – “sensibles”, hum…)
      Et puis, tant qu’à faire, que la page du Ministère explique où sont les résultats ou bien s’en fasse l’écho.

      Merci pour ces infos.

  3. oui tu as raison, il y’a du boulot de com à faire chez Couperin, coucou Marlène et Gaël. Il y’a aussi du boulot en interne dans les établissements pour que ceux qui reçoivent les résultats les retransmettent !

    • C’est la tête qui détermine le reste. La tête c’est le Ministère et ici donc aussi Couperin.
      Si l’exigence n’est même pas là à la tête (cf. cette page Ministère pitoyable et le fait de planquer les résultats dans un coffre côté Couperin) alors on ne peut pas se permettre de taper sur les collègues en interne.
      Et puis au-delà de la comm, il y a un simple problème logique : on ne cache pas des résultats publics.

  4. Bonjour,

    J’ai travaillé trois ans avec Couperin au sein du département Coopération des Négociations Documentaires (CND) et, à ce titre, j’ai participé à trois enquêtes ERE.
    Je vais essayer d’apporter quelques lumières à vos interrogations
    Je précise deux choses : je ne travaille plus avec Couperin et je suis personnel de bibliothèque (BIBAS) .

    1. Le contexte

    C’est une enquête codirigée avec le ministère qui s’occupe du côté technique : la plateforme, les identifiants, etc. Couperin fourni la liste des ressources qu’il négocie et des établissements adhérents.
    Les adhérents Couperin (plus de 200) recouvrent une large palette d’établissement vu que le critère pour être adhérent est le suivant : «L’association est ouverte à tous les établissements ou organismes publics ou privés exerçant des missions de service public d’enseignement supérieur et de recherche en France et le cas échéant en partenariat avec d’autres organismes au sein de l’Union Européenne. ».
    Couperin s’occupe ensuite du dépouillement de l’enquête qui prend plusieurs mois. Le résultat est envoyé à la liste achats à laquelle sont abonnées les personnes en charge des achats de documentation électronique dans les établissements. Il est visible en mode connecté sur le site Couperin (je ne parle pas du site de ministère).
    Couperin est une association loi 1901 qui fonctionne avec trois permanents (2 conservateurs et un BIBAS). Il n’y a qu’une personne qui s’occupe de l’enquête (le BIBAS). La préparation, le suivi, le dépouillement et la rédaction du rapport est estimé à 50% du temps de cette personne, qui aujourd’hui est une contractuelle, car le fonctionnement de Couperin (élection tardive des nouveaux chefs de département), n’a pas permis de proposer le poste au mouvement.
    L’enquête permet de savoir quels sont les ressources électroniques des adhérents et, en particulier, leurs ressources Couperin qui seules apparaissent dan le rapport final, l’ « enquête contrats ».

    2. La publication des résultats

    Les difficultés pour l’accès public aux données sont les suivantes : tous les établissements répondants n’ont pas le statut d’établissement public ; certains éditeurs demandent des closes de confidentialité dur les coûts de leurs ressources.

    3. La difficulté du dépouillement de l’enquête

    La consolidation des données est indispensable pour rendre cette enquête intelligible. Et cela prend beaucoup de temps. Quelques exemples de difficultés : la bonne identification des ressources (le bon nom, l’éditeur, savoir si c’est un abonnement courant, une archive, est-ce une ressource faisant partie d’un groupement de commande (GC), etc.), l’identification de l’établissement (ou la structure) qui paie dans les cas de cofinancement (les BIU, les PRES, les UNR, etc.), l’uniformisation des coûts (même si ceux-ci sont payés en dollars ou en livre)… C’est donc un travail un peu plus long qu’un simple export sql.

    4. L’intérêt de l’enquête

    Si parfois les répondants (qui sont remerciés dans l’introduction du rapport) ont l’impression que cette enquête est inutile, qu’ils se rassurent, ce n’est pas le cas.

    Cette enquête est la seule au niveau nationale sur le coût de la documentation électronique
    Voici les personnes/structures qui s’intéressent à ce rapport et quelques raisons de cet intérêt :

    – pour le consortium : cela sanctionne l’activité du département CND
    – pour le ministère : cela lui permet de visualiser une des activités importantes de Couperin (et donc d’interroger la pertinence du statut de Couperin), cela donne une vision au niveau national. Rappelons que le ministère intervient en donnant des subventions pour certain GC.
    – pour les négociateurs : pour beaucoup de ressources (hors GC), ce n’est qu’à ce moment que le négociateur découvre qui a effectivement pris la ressource qu’il a négocié. Cela peut aussi donner des informations en vue de futures négociations.
    – Pour le responsable de la documentation électronique : cela lui donne une idée des coûts des différentes ressources, des moyens de cofinancement, des tendances sur les abonnements…
    – pour les établissements : cela peut permettre de comparer avec des établissements semblables

    Bref, c’est un outil et il ne tient qu’aux personnes qui le veulent de s’en saisir.

    Néanmoins, par respect des personnes derrière et du travail accompli, un peu plus d’humilité dans les commentaires de professionnels des bibliothèques que l’on trouve sur le web, permettrait d’offrir des propositions intelligentes et d’avoir des échanges constructifs sur ces questions, et l’on ne peut que regretter que les nouveaux outils du web (tweet, blog, etc.) ne le permettent que trop peu.

    Bien cordialement

    • Bonjour Laurent. Merci de toutes ces précisions.

      Si j’en crois les échanges que j’ai avec plusieurs de mes collègues, l’intérêt de l’enquête est loin d’être évidente à nombre des répondants – cela interroge, quand même, non ? Je veux bien entendre que je n’y comprends rien du fait de mes limites neuronales avérées mais quand plusieurs personnes partagent le même sentiment, il me semble que cela doit interpeller le Ministère et Couperin, quand même.

      Par ailleurs, sur la diffusion :

      – plusieurs collègues en charge des achats de doc élec dans les établissements m’ont remercié de ce billet et/ou m’ont indiqué qu’ils partageaient mon sentiment ; là encore, cela montre tout de même un souci dans ladite diffusion ;
      – la confidentialité (je me demande pourquoi les données, qui étaient publiques jusque 2004, sont soudainement devenues “sensibles” – ce terme me fait vraiment sourire et par ailleurs, je ne comprends pas cette culture du “secret” avec de l’argent public) me pose un réel problème, mais admettons.

      Concernant la question du respect, j’entends bien ce que vous me dites, et je ne remets pas en cause le travail des personnes qui s’occupent de l’enquête ou du dépouillement, mais bien plutôt le réel manque de respect qu’il y a pour le coup à demander à X responsables de documentation électroniques, dans X établissement (et en plus de la personne qui dépouille, donc) à passer autant de temps à remplir consciencieusement une enquête via un formulaire inadéquat, qui plante sans arrêt, datant des années 80, et dont les résultats paraissent disparaître ensuite dans les limbes.

      Dit autrement, je reconnais largement le travail réalisé pour le dépouillement, par exemple. Mais je conteste son cadre d’un point de vue technique (i.e. les formulaires – des outils plus appropriés, même de type gdocs, permettraient tout de même d’avoir un outil qui ressemble à quelque chose).

      Interroger un outil ne signifie pas remettre en cause personnellement les personnes qui utilisent cet outil, ou le travail qu’elles font.
      Mon interrogation est : comment pouvons-nous collectivement, y compris et surtout au niveau du Ministère (et collatéralement, de Couperin), nous satisfaire de cet outil totalement dépassé ? Quelle exigence et quel respect avons-nous de nous-même pour nous infliger cela, et continuer à le faire ?

      D.

    • A noter, pour ce qui concerne la diffusion des données, l’ironie de la situation : le ministére (Etat) demande aux Universités (Etat) de transmettre des données publiques éventuellement confidentielles (budgets, clauses…) à une association loi 1901…
      Je ne suis pas avocat, mais on pourrait comprendre que juridiquement, on a en fait privatisé ces données : je serais Couperin, je les vendrais au plus offrant 🙂

    • Ah, j’y pense aussi : il est tout de même paradoxal que les seules informations précises arrivées ici suite à ce billet arrivent par la base et par quelqu’un qui ne travaille plus pour Couperin (mais que je remercie très sincèrement pour les avoir apportées).
      Aucune réaction du Ministère ; aucune de Couperin non plus. No comment. Juste un constat.

  5. Bonjour,

    Mon commentaire suivant de près celui de mon ancien collègue Laurent, c’est (presque) tout Couperin qui débarque sur votre blog !

    Je fais partie des permanents mentionnés, je coordonne le département des négociations documentaires. Il ne s’agit pas pour moi de revenir sur ce qu’a dit Laurent, (il a très bien expliqué les difficultés rencontrées par la personne qui en a la charge ; je ne suis par ailleurs pas directement impliquée dans la préparation et la réalisation de l’enquête, sinon comme témoin de ce qui tourne souvent au casse-tête) ; je peux toutefois essayer, sinon de « défendre » l’ERE (ça m’a l’air compliqué !), du moins d’apporter quelques compléments.

    Concernant la diffusion de l’enquête : il apparaît à vous lire que la diffusion des résultats est très peu connue, et que nous valorisons mal le travail effectué. Dont acte. Ce qui nous semblait évident (ERE => enquête contrats => diffusée sur Achats + publiée sur le site depuis que le MESR ne le fait plus) n’a peut-être pas bien été assez clairement énoncé. Si en effet les collègues n’ont pas connaissance de ce travail, c’est fâcheux (pour nous parce que c’est ballot de pondre ce type de document si personne ne le regarde, et encore plus pour les collègue qui comme vous le dites font l’effort significatif de remplir l’enquête) ; les statistiques de notre site indiquent que les fichiers sont régulièrement consultés et que donc l’enquête est bien connue de certains, mais ce n’est sans doute pas suffisant. Nous tâcherons donc de rendre ces résultats plus visibles lors de leur diffusion (et après).

    La question de la confidentialité est plus ennuyeuse. J’entends bien que « données sensibles » donne un petit côté « rapport secret du FBI » à l’enquête contrats, mais nous sommes bien tributaires de clauses de confidentialités vis à vis des éditeurs. Il est hors de question de publier les données tarifaires négociées avec X ou Y, de même qu’il n’est pas possible d’indiquer qu’untel a payé tant chez X et tant chez Y. Oui c’est de l’argent public, mais ce serait aussi contre-productif de permettre aux éditeurs d’accéder à ces chiffres, et de tranquillement vérifier ce que leur concurrent fait payer aux établissements. Je ne crois que ça faciliterait les discussions des négociateurs. Par ailleurs, comme l’a dit Laurent, certains établissements dans COUPERIN ne sont pas des établissements publics et d’autres sont très catégoriques quant au fait qu’ils ne veulent pas voir leurs dépenses exposées en dehors du cercle de COUPERIN. Certes, il faut s’authentifier pour accéder à l’enquête ; près de 400 personnes disposent de codes pour accéder au site, et 450 reçoivent la liste de diffusion « Achats ». On n’est pas dans du tout public, mais il me semble que cela représente un nombre important de personnes ayant accès aux résultats (et susceptibles de les diffuser en interne si nécessaire !).

    Quant au formulaire, ses déficiences, ses limites, et son avenir… Nous sommes bien d’accord, c’est une plateforme ancienne, qui aurait mérité d’être rénovée il y a bien longtemps. C’est un problème identifié depuis un moment que cet outil sur lequel nous n’avons pas la main ; je ne cherche pas à charger ici le ministère qui fonctionne sans doute aussi avec des moyens réduits. Je ne peux pas non plus m’avancer aujourd’hui sur ce que l’on pourrait faire pour rendre l’ensemble moins compliqué, moins absurde et moins fastidieux, mais des discussions sérieuses à ce sujet sont en cours, et COUPERIN est prêt à s’impliquer davantage et à davantage de stades de l’enquête, et souhaite rénover profondément et rapidement l’outil, et le processus de remplissage qui va avec. C’est à suivre, mais nous y travaillons.

    Désolée d’avoir été si longue, j’espère avoir un peu clarifié certains points à défaut de réhabiliter totalement l’ERE !
    Bonne journée à vous,
    Mariette Naud-Betteridge

    • Bonjour et merci de ces nouvelles précisions.

      – Sur “ERE => enquête contrats => diffusée sur Achats + publiée sur le site” – oui, je pense qu’il y a un problème de communication, ou alors je ne croise que des gens mal informés puisque personne (en dehors des collègues impliqués dans Couperin qui se sont exprimés ici) ne m’a jamais parlé de ça en 5 années, ni IRL, ni sur les réseaux…

      – Je suis vraiment gêné aux entournures sur le coup de la clause de confidentialité – le commentaire de @nicomo ici est d’ailleurs bien vu sur ce sujet… L’argent public est l’argent public, et la manière dont il est dépensé, et par qui, doit être public. Il suffirait de retirer de la partie publique les établissements qui le demandent formellement, si vraiment il doit y avoir des secrets. Par ailleurs, je ne vois pas en quoi il est contre-productif de jouer la transparence des tarifs négociés entre les éditeurs, et je veux bien des éclaircissements sur ce point. Enfin, la dernière partie (en résumé, oui, c’est privé mais il y a tellement de monde qui a les accès que c’est public) est savoureuse. Dans ce cas (i.e. si dans les faits, tout le monde y a accès) pourquoi continuer à conserver ces éléments “sous clefs” ?

      – Pour le formulaire : je vais être un peu brutal mais je doute que ce soit une question de moyens. Je penche plus pour une méconnaissance technique et/ou de la désinvolture quand à des outils qu’on jugerait peu nobles (vous le dites en fait avec “c’est une plateforme ancienne, qui aurait mérité d’être rénovée il y a bien longtemps“. Les outils ne sont que ce qu’on décide d’en faire – en l’occurrence, on a manifestement décidé de ne pas rénover cet outil qui ferait rire même ma grand-mère si j’en avais encore une.

      D.

      PS : aucun souci si tout Couperin arrive ici, il y a de la place et des cookies 🙂 Pour tout dire, ce que je trouve vraiment inquiétant dans notre profession, c’est qu’il soit nécessaire pour des rigolos comme moi de pousser ce genre de cris bloggiques pour que des choses manifestement peu claires soient un tantinet clarifiées par des structures nationales ; et que peut-être enfin, un outil dont tout le monde s’accorde à dire qu’il est une honte depuis des années, soit peut-être rénové. Je veux dire : on ne parle pas ici d’une obscure enquête locale montée sur un site perso par X., étudiant(e) en première année de socio…

  6. “Tout Couperin”, ce sera vite fait – mais très bien, j’aime les cookies, ça en fera plus pour moi. Concernant d’ailleurs la question d’une réponse “officielle” évoquée avec Christine : je n’ai pas consulté tous les membres du bureau avant d’écrire ici, mais je pense que ma position est globalement partagée 🙂

    A propos de la question de la confidentialité des données, le grand secret des négociations, le site qui est ouvert mais pas tellement mais quand même public enfin on ne sait pas…
    Bien entendu, que l’information circule dans le réseau n’est pas un souci, au contraire, et je me suis sans doute mal exprimée au sujet de l’authentification. On ne restreint pas l’accès à certains documents par plaisir et parce que c’est rigolo ; ce sont les éditeurs que nous ne souhaitons pas voir accéder à ces documents. D’une part, ils sont eux-même relativement prompts à nous signaler que nous avons par mégarde mis un de leurs documents secret défense en accès libre – y compris parfois des choses aussi inoffensives que des licences. Nous refusons de “cacher” ce qui n’est pas une offre tarifaire, avec des chiffres, des modèles tarifaires, des détails sur les remises, etc. Mais ces offres, oui, nous les maintenons en accès authentifié. C’est peut-être discutable, mais si par exemple un éditeur A nous laisse une certaine marge de manoeuvre, qu’en poussant un peu on peut obtenir plus, pour un peu moins cher, il ne serait pas très productif de lui laisser consulter l’offre de son impitoyable concurrent B à qui on a arraché des conditions moyennes, qui est plus gourmand, etc. Si j’étais l’éditeur A, je demanderais la même chose que B, non ? Jusqu’à présent la logique inverse, montrer à B à quel point A a été conciliant, n’a pas vraiment marché, et les négociateurs tiennent eux aussi à ce que ces documents restent protégés pour éviter de compliquer outre mesure des discussions souvent tendues. C’est d’ailleurs un souci global, il est difficile de faire cracher le morceau à nos collègues de consortium étrangers quand on souhaite comparer les conditions négociées dans leur pays, et ce pour les mêmes raisons.
    Je ne sais pas si cela vous convaincra. Qui sait, des négociateurs lisant votre blog confirmeront mes propos ?

    • Non, je ne suis pas vraiment convaincu 🙂 mais ce n’est pas très grave et cela n’empêche pas les cookies.
      Et après tout, si je suis le seul que cette histoire de “confidentialité” dérange, pourquoi pas. Les bibliothécaires aiment les choses secrètes, je crois.
      Cela dit, je continue à penser que les résultats ERE n’ont rien à faire dans une zone à accès restreint.

  7. @dbourrion : non, tu n’es pas le seul que cette histoire de confidentialité chiffonne (cf. d’ailleurs les commentaires sous ledit billet).
    Pour ma part, j’avais plutôt compris que la confidentialité des tarifs négociés était réclamé par les fournisseurs (afin qu’ils puissent écraser les interlocuteurs timorés, sans que ceux-ci sachent qu’ils auraient pu négocier un meilleur tarif comme cela s’est produit dans l’Université X ?).
    Curieux de voir cet argument retourné dans l’autre sens par un bibliothécaire.

    Pour la diffusion des données, ça ne devrait pas être si compliquer de distinguer les données liées aux négociations avec les fournisseurs, qu’on rendrait accessibles uniquement sur authentification, des autres données qui seraient fournies plus publiquement, non ?

    • Ouf, me voilà rassuré 🙂
      Suis bien d’accord aussi sur la (très probable) possibilité de trier ce qui “doit” vraiment rester confidentiel, du reste.
      De toutes les manières, les trucs sous clef, je déteste. Et cette histoire de confidentialité Couperin, éclairée en plus par les commentaires chez toi (et la remarque judicieuse de Benjamin sur le mercato des éditeurs et ses conséquences), me fait de plus en plus sourire (jaune).
      Pour tout dire, j’ai souvent envie de balancer en ligne tous les mails confidentiels que je reçois via les listes achats.

  8. @ Mariette Naud-Betteridge:
    “Il est hors de question de publier les données tarifaires négociées avec X ou Y, de même qu’il n’est pas possible d’indiquer qu’untel a payé tant chez X et tant chez Y. Oui c’est de l’argent public, mais ce serait aussi contre-productif de permettre aux éditeurs d’accéder à ces chiffres, et de tranquillement vérifier ce que leur concurrent fait payer aux établissements. Je ne crois [pas] que ça faciliterait les discussions des négociateurs.”

    C’est bizarre, mais je pense que nous sommes plusieurs à croire exactement le contraire.
    D’autre part, votre argumentation a ceci de surprenant qu’elle fait comme si la confidentialité était maintenue afin de garantir une concurrence libre et non faussée entre éditeurs, dans l’intérêt des établissements. Je vous cite encore:

    “Mais ces offres, oui, nous les maintenons en accès authentifié. C’est peut-être discutable, mais si par exemple un éditeur A nous laisse une certaine marge de manoeuvre, qu’en poussant un peu on peut obtenir plus, pour un peu moins cher, il ne serait pas très productif de lui laisser consulter l’offre de son impitoyable concurrent B à qui on a arraché des conditions moyennes, qui est plus gourmand, etc. Si j’étais l’éditeur A, je demanderais la même chose que B, non ?”

    J’aurais deux remarques :
    1/ La première est liée au fait que les établissements auraient plutôt intérêt à connaître les prix de négociation paratiqués dans toute la France. A FTE comparable, par exemple, cela permettrait de voir concrètement les marges de manoeuvre des uns et des autres. Que les éditeurs puissent se servir de telles données, pourquoi pas ? L’inverse pourra être vrai.
    2/ Chaque éditeur est en position de monopole sur la ressource qu’il propose. Lui seul peut la vendre. Alors certes, les éditeurs peuvent très bien aligner pratiques et prix les uns avec les autres (mais n’est-ce pas déjà le cas) ? Mais avec une limite de taille: il ne s’agit pas ici d’acheter une lessive ou autre (ou un SIGB ou un autre), mais une ressource que, dans tous les cas, nous ne pourrons pas trouver ailleurs. Pour le dire autrement: un chimiste a du mal à travailler sans ACS ; un histoirien peut se passer de Cairn: les prix (et les pratiques de travail) n’ont rien à voir..

  9. Alors, je vais te raconter la solitude du négociateur de fond : tu es tout seul (voire deux en cas de grosse négo), avec ton clavier, et en face de toi (ou par mail si éditeur étranger) un éditeur qui a son modèle éco, ses tarifs, ses habitudes, ses zones de retranchement… Toi, tu as la lettre de cadrage Couperin qui te dit en gros quels points tu dois négocier (licence, accès, peb, archives, durée….) et tu travailles sur des sommes qui vont parfois jusqu’à des centaines de milliers d’euros, bénévolement et en plus de ton boulot quotidien. Et tu y vas, tu négocies pied à pied, tu as juste avec toi ta connaissance de la ressource et ton besoin d’avoir l’offre la meilleure possible pour les collègues.
    Un de seul atouts que tu as dans ta manche, c’est de connaître, par l’intermédiaire du site de Couperin authentifié, tous les tarifs et conditions obtenues pour les autres négociations et donc de pouvoir éventuellement comparer ce qui peut l’être. Si l’éditeur a accès à la même chose, et bien tu perds un des seuls avantages que tu as dans l’histoire, celui de la mutualisation de toutes les données des négociations, acquises patiemment par les autres collègues négociateurs de fond comme toi. Donc, je pense que cet accès authentifié est fondamental pour les négociateurs Couperin. Maintenant, qu’une partie des données de l’enquête ERE soit mise en ligne, évidemment qu’il le faudrait et il faudra en tenir compte dans la refonte de l’enquête, si refonte il y’ a.
    Je profite de ce (déjà trop long) commentaire pour lancer un appel aux collègues couperin : on a besoin de négociateurs, c’est un travail long, pas très glamour mais c’est un travail de mutualisation utile à tous et il est dommage que certaines personnes se retrouvent à négocier 3, 4, 5 ressources alors que d’autres adhérents se contentent de prendre connaissance des offres, parfois de les critiquer mais ne mettent jamais les doigts dans une négo.

    • Bonsoir.
      Reconnaissance sans faille du travail individuels des collègues négociateurs.

      Ceci dit : je pense que tu touches très exactement et involontairement au problème de fond de Couperin sur les négociations, à savoir, qu’elles sont faites par des négociateurs non professionnels, sur leur temps de travail consacré normalement à des travaux bibliothéconomiques, et que ces négociateurs non-professionnels — commercial, c’est un métier, un vrai — se retrouvent face à des professionnels de la négociation — je doute que les éditeurs mettent face aux négociateurs Couperin des bénévoles qui ne sont pas au départ des commerciaux…
      Par ailleurs, si l’on prend en compte au niveau national le coût RH réel de la mutualisation de ces négociateurs, on arrive quand même à une masse de temps, d’énergie et donc de coûts, importants — qui pourrait servir à payer des négociateurs professionnels.
      Donc : j’ai toujours pensé que la logique du “on est bibliothécaires, on va négocier nous-mêmes” est une grosse erreur de stratégie (cette erreur qu’on fait souvent dans les bibs, à ne pas laisser le travail qui n’est pas le nôtre à ceux dont c’est le métier). Les négociations doivent être faites par quelques négociateurs professionnels (des commerciaux avec gourmettes et dents longues, des vrais, des méchants, des requins comme ceux qu’ils ont en face d’eux). Et si on prend en compte les éléments évoqués ci-dessus (coûts réels RH au niveau national) alors on peut parfaitement passer à ce modèle de négociateurs Couperin professionnels, le coût global pour l’institution entre payer X négociateurs/bibliothécaires “amateurs”, ou quelques négociateurs pro, étant à mon avis très proche.
      Evidemment, ça suppose de “sacrifier” quelques supports de postes cons/bibs, au niveau national, pour les reverser/utiliser à embaucher quelques commerciaux pros. Je pense que ce serait un “sacrifice” très utile et pour le coup, une vraie mutualisation (pas de l’énergie, mais des coûts RH).

      Sur la confidentialité, je ne comprends toujours pas en quoi le fait de savoir (toi toute seule, et pas l’éditeur X qui vend des pommes en exclusivité mondiale) quelles conditions ont été négociées avec l’éditeur Y, qui vend des vélos à vapeur en exclusivité mondiale, t’aide à faire baisser le prix des pommes (puisque X est le seul à vendre des pommes, il s’en fiche, que Y vende des vélos à vapeur pas chers, puisque lui, vendant des pommes, fait bien ce qu’il veut, et au prix qu’il veut).

  10. Dans une négo, il n’y a pas que le prix de vente de la ressource, il y’ a mille autres détails qu’il peut être intéressants de comparer, je les citais en partie en évoquant la lettre de cadrage. Le prix de vente n’est qu’un élément, qui découle souvent de la somme de ces détails, qui pour reprendre ton analogie des vélos, relèvent, du transport, de la logistique, de la durée, toutes choses qui sont comparables que l’on achète des vélos ou des chemises.
    Alors, le coup du négociateur professionnel, je m’attendais à ce que tu le mettes en avant suite à mon commentaire. Couperin a déjà essayé et ça n’a pas bien marché, c’est le moins qu’on puisse dire. Ce sujet a souvent été discuté au sein du consortium et le sera sans doute encore et je fais partie de ceux qui ont toujours considéré que la parole des négociateurs-utilisateurs, même amateurs est plus forte et sincère (donc au final plus efficace) que celle d’un négociateur pro qui achètera de la docelec comme des pommes ou des vélos, sans considérer le contexte de diffusion de l’information pour le monde académique qui est le nôtre.

    • ok pour les mille autres détails, et admettons que le secret est important pour les négociateurs puisque ça le semble. Reste toutes les autres données ERE qui n’ont vraiment rien à faire dans une zone à accès restreint. Vraiment rien.

      Pas d’accord sur la question de la sincérité etc. On parle de pognon et de business, et donc ça pourrait tout autant être des pommes ou des vélos — et les éditeurs qui vendent tout ça pourraient tout autant vendre des pommes ou des vélos, quel que soit leur discours officiel là-dessus.

      Même si le négociateur Couperin est sincère (ce dont, au passage, je me demande bien à quoi ça sert ici, et qu’est-ce que ça veut dire), la sincérité d’un commercial de X (ou autre mastodonte) qui naîtrait en miroir, pardon, mais je n’y crois pas une seconde : je connais des commerciaux/amis dans d’autres domaines, ils te vendent n’importe quoi avec la plus grande sincérité, c’est même tout l’art de leur métier (j’ai toujours été admiratif de ça chez eux).

      Enfin, même si je peux entendre l’argument des négociateurs-utilisateurs amateurs plus sincères, je ne suis ok que pour l’entendre dans un contexte commercial de minuscules budgets engagés.
      Or là on parle de millions d’euros au niveau national (rien que Elsevier, sauf erreur, on est à 32 M. d’€ pour la France, il me semble — je voudrais avoir le budget doc élec national global sous la main, tiens, tous éditeurs confondus) : qui imagine une entreprise sérieuse confier des négociations de telle importance à des négociateurs amateurs mais sincères ?

      Par ailleurs, je ne vois pas non plus (mais décidément je dois être obtus) en quoi notre contexte est si particulier. Les éléments dont tu parles (“licence, accès, peb, archives, durée….”) sont des éléments techniques de la négociation, rien d’autre : ce pourrait être la couleur des pommes, leur calibre, etc, et ça ne changerait rien aux éléments de ce qui reste in fine une stricte négociation purement commerciale, et rien d’autre — en tous les cas, pour nos interlocuteurs commerciaux, ça n’est que ça, et le fait que nous pensions que ça n’est pas que ça est déjà une victoire pour eux.

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