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Quelques éléments sur les bureaux du Lab’UA rénovés, que nous venons d’investir après une très longue brève attente.

Structuré par plusieurs lignes directrices :

  • de la clarté et de la sobriété ;
  • limiter autant que possible le bruit (c’est un open-space quand même…) ;
  • faciliter les échanges et l’informel, rester dans le fluide ;
  • essayer d’avoir des choses pratiques au quotidien ;
  • et last but not least, pouvoir accueillir des visiteurs (enseignants, personnels) pour bosser avec eux et/ou leur montrer des manières de s’organiser encore un peu inédites (le lieu devenant une sorte de show-room in vivo) ;

le projet de réaménagement comportait plusieurs espaces :

  • un open-space en mesure d’accueillir 8 bureaux ;
  • une zone d’accueil pour boire le café recevoir des visiteurs et discuter de manière informelle de projets en cours ou en émergence ;
  • une zone de micro-réunions pour 6 personnes ;
  • 4 espaces fermés traditionnels permettant d’installer 6 bureaux ;
  • un studio d’enregistrement vidéo pouvant également se transformer si nécessaire en espace de réunion pour 8 personnes ;

Plusieurs modélisations ont été effectuées au cours du projet par Tristan Chevrier, l’un des membres du Lab’UA, pour nous aider à mieux voir de quoi l’on parlait. Je vous pose ci-dessous la toute dernière, réalisée juste après le choix du fournisseur (les marchés, tout ça, vous connaissez) mais avant la livraison : elle nous a permis de nous projeter dans les bureaux terminés, et elle vous permettra de comprendre l’organisation globale évoquée ci-dessus.

Lab1

Le résultat se distingue sur les photos jointes (tout n’est pas encore rangé mais ce n’est rien à côté de ma chambre). Je suis un très mauvais photographe, vous me le pardonnerez. Et les commentaires sont ouverts pour les précisions dont vous auriez besoin.

Quelques points de détails :

  • l’espace réunion, écran mural à venir, table haute trapèze (c’est malin comme idée, cela permet de ne pas avoir à se pencher quand on regarde l’écran), prises électriques insérées dans la trappe du plateau.

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  • l’espace accueil, écran mural à venir, « dossier » acoustique solidaire du canapé

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  • l’un des bureaux de l’openspace, le mien en l’occurrence. Petit détail : le dessus du bloc tiroirs à roulettes est équipé d’un coussin pour les visiteurs, cela évite de mobiliser une chaise. Précisons aussi que deux des huit bureaux de l’open-space sont électriques et permettent de travailler debout ou assis, selon les envies.

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  •  le studio d’enregistrement vidéo, avec ses spécificités techniques (je n’y connais que couic donc je n’en parle pas) est auss prévu pour pouvoir abriter des réunions de travail plus classiques (deux tables à plateaux basculants pour faciliter le rangement, et des chaises légères et empilables)

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Je vous passe les espaces de bureaux « fermés », ce sont les mêmes bureaux que dans l’open-space.

Nous avons par ailleurs disséminés quelques « paravents » acoustiques (les trucs à bandes horizontales grises et blanches) afin de casser la diffusion du son dans l’open-space. Ce n’est pas l’arme ultime (i.e. qu’il faut tout de même se réguler un peu parce que si le collègue du bureau voisin répète un solo de batterie, ça s’entend), mais ça fait globalement le job.

Enfin, toute la zone est arrosée en wifi HD pour les visiteurs.

Globalement, après quelques jours de fonctionnement, nous sommes plutôt satisfaits du résultat. Certes, ce n’est pas le type de bureaux totalement délirants qu’on peut voir parfois chez certaines boutiques de la Silicon Valley. Toutefois, au quotidien, on s’y sent plutôt pas mal, je crois, et ce n’est pas rien.

Former de jeunes pros à l’alimentation de Wikipédia, un retour d’expérience #3

Le moment Battle

Pour clore en beauté ce cycle de deux journées autour des fondamentaux de Wikipédia et de comment l’utiliser concrètement, nous avons enfin organisé une brève Battle Wikipédia.

Pour mémoire, une battle Wikipédia consiste à mettre face à face deux concurrents et à leur donner une page de départ sur l’encyclopédie. Une fois les deux personnes calées sur ladite page, on leur annonce une page d’arrivée, toujours dans Wikipédia : au top départ, le challenge est de parcourir le plus rapidement possible le chemin entre ces deux pages, en utilisant exclusivement les liens présents dans l’article de départ puis les suivants – l’usage du Ctrl F pour effectuer une recherche d’occurrence sur la page affichée est ici la seule aide autorisée. Évidemment, nous avons utilisé deux ordinateurs, chacun relié à son propre vidéoprojecteur, pour que les « spectateurs » puissent suivre le parcours de chacun, et les encourager.

Les trois défis ont été (si vous voulez vous amuser à essayer) :

Page de départ Page d’arrivée
Anisette Jean Moulin
Nouvelle vague musicale yougoslave Marelle
Teurgoule Harry Potter

 

Le défi Nouvelle vague musicale yougoslave > Marelle s’est avéré particulièrement difficile pour nos deux candidats du moment. Le gagnant, qui a terminé son parcours hors délai, est finalement parvenu à rejoindre la marelle… en empruntant la route des pages « tuerie en milieu scolaire » et « jeu de non-oxygénation » ;-)

LE MOMENT Bilan

Au final, le dispositif a globalement bien fonctionné, avec des présents intéressés, concentrés et participants.

Par ailleurs, selon les retours que nous avons pu avoir lors du rapide et informel debrief final, la promo a apprécié :

  • les travaux de groupe et le fait d’avoir eu à réfléchir sur une période courte avec des camarades pas forcément croisée souvent (leur emploi du temps tendant à créer deux sous-ensembles assez étanches au sein de la promo Panist) ;
  • le fait d’être considérée par les intervenants comme un ensemble de professionnels, dans une logique de travail de pairs à pairs, et pas sur un modèle vertical « nous sommes les profs et nous savons tout, vous êtes là pour écouter la bonne parole » ;

Avec le recul, la plage Editathon était peut-être globalement trop longue – il est vrai qu’une quasi-journée consacrée à de l’édition d’articles peut s’avérer fastidieuse, surtout pour des « débutants ».

Très peu des interventions listées via le tableau des modifications (les post-its) ont concernées les groupes initiaux, et les thématiques par nous proposées lors de la première journée. Plusieurs interprétations (non exclusives) paraissent possibles :

  • les tâches d’importance repérées lors de la première journée ont pu rebuter même les plus volontaires (pour presque toutes les thématiques, l’état des lieux initial a montré qu’il y avait vraiment du travail) ;
  • le fait de casser les groupes lors de la deuxième journée, pour les faire travailler sur les scénarios, a pu ralentir ou désorganiser le traitement des thématiques alors même que nous pensions qu’il était intéressant de voir comment les groupes initiaux parviendraient à avancer sur leur thème malgré une seconde journée un peu découpée ;
  • la promo étant constituée en très grande majorité de personnes faisant leurs premiers pas sur Wikipédia, d’une part ; et les thématiques traitées étant d’autres part très professionnelles, il se peut qu’une autocensure ait eu des effets de ralentissements, avec peut-être une logique du type « je ne suis pas légitime à traiter un sujet que je connais assez mal encore » ;

Quoi qu’il en soit, ce qui constituait pour nous une première, dans la forme et dans le lieu mythique qu’est notre maison-mère, s’est avéré plus qu’intéressant, et vécu comme une réussite.

Il reste maintenant à peaufiner peut-être le dispositif et, plus certainement, à intégrer l’initiation à la rédaction dans Wikipédia au sein des autres cursus présents à l’Enssib –suivez mon regard.

Former de jeunes pros à l’alimentation de Wikipédia, un retour d’expérience #2

Journée 2

Suite aux deux premières journées évoquées précédemment, une dernière journée a réuni toute la promotion Panist. Lors de cet évènement, nous avons mené de front deux « animations », l’Editathon et un travail de réflexion de groupe, se déployant en parallèle (planning de la journée ci-dessous) :

programme

Editathon

Il s’agissait ici de passer à une phase concrète de rédaction dans Wikipédia, avec une commande globale du type « maintenant, intervenez dans Wikipédia, sur le thème qui est le vôtre, en effectuant autant de travaux que vous le pouvez à partir des observations de la séance dernière ». Au passage, nous avons également précisé qu’il était possible par ailleurs de travailler sur d’autres thèmes au choix, ou de se plonger dans un travail de relecture des ouvrages océrisés dans Wikisource, ou de se pencher sur des tâches plus « modestes » comme la correction d’articles ou de fautes – l’important pour les étudiants ici étant bien d’intervenir dans Wikipédia, de quelque manière que ce soit.

Dans tous les cas, il était demandé à chacun.e de noter sur un post-it (les couleurs n’étant pas codifées) la teneur de ses interventions dans l’encyclopédie, l’idée étant de visualiser pour le groupe la « volumétrie » desdites interventions. Au final, en fin de journée, le recueil de interventions s’est avéré pour le moins intéressant (et amusant, comme le montre le tableau ci-dessous — pensez à vous déplacer sur les côtés, vous avez une map en bas à droite pour vous repérer).

postits-panist-wikipedia-2016

Un travail de groupe

Dans le même temps, nous avons mis en place un travail de groupes autour de mises en situation déclinées toutes sur le même modèle, à savoir « vous êtes dans telle institution, vous souhaitez mettre en place telle action autour de Wikipédia, comment procédez-vous ? »

Pour casser les groupes formés lors de la journée précédente, et « forcer » un travail rapide avec des « inconnus » ou des personnes que l’on peut ne pas apprécier forcément (le contexte pro réel est empli de ces situations), les groupes ont cette fois été construits par le biais d’une distribution aléatoire de cartes numérotées, chaque carte reliant l’individu à un groupe (voilà le fichier des numéros de groupe 1 à 11 à piocher, prévu pour impression recto verso sur A4 et massicotage, 5 cartes A6 de chaque groupe)

Par ailleurs, juste avant que démarre la plage horaire réservée, sur le planning de la journée, à ces travaux, chaque groupe se voyait remettre une consigne qui constituerait la base de ses réflexions (et voici le fichier des 11 consignes pour impression recto verso et massicotage format A6)

À l’issue du (relativement) bref temps imparti, chaque groupe devait produire un poster (ci-dessous, les 11 posters) et pitcher en huit minutes maximum le résultat de ses réflexions devant l’ensemble de la promotion.

Enfin, pour finir la journée et nous remettre de nos émotions, il fallait bien un moment festif, mais il fera l’objet du dernier billet de cette série, où nous ferons également un petit retour critique sur cette expérience.

Former de jeunes pros à l’alimentation de Wikipédia, un retour d’expérience #1

La question de l’alimentation de Wikipédia et de la place de cette problématique dans le milieu professionnel est un thème pour le moins intéressant pour ce qui regarde les bibliothèques. Dans ce cadre, le propos du jour est de rendre compte en détail du travail mené récemment avec ma collègue Stéphanie Bouvier au sein de l’Enssib où Marie Defosse, consultante-formatrice et maître de conférences associé à l’Enssib, nous a proposé d’intervenir auprès de ses ouailles, en l’occurrence, les master Panist.

Nos objectifs, sur ce projet, étaient de plusieurs ordres :

  • Initier de jeunes professionnels de l’information et de de la documentation à Wikipédia ;
  • Leur faire dépasser la posture classique d’usagers passifs de l’encyclopédie pour en faire des rédacteurs actifs ;
  • Les amener également à réfléchir à la manière dont l’encyclopédie peut être intégrée dans leurs projets futurs, sitôt qu’ils seront entrés dans une vie professionnelle ;
  • De manière subreptice, les initier à Zotero, à la logique des « posters », et à un certain nombre de thématiques qu’ils seront amenés à croiser dans leur futur professionnel proche.

Organisation

Du fait du nombre important d’étudiants (une cinquantaine), nous avons procédé en deux temps et trois mouvements : la promotion du master Panist  a d’abord été scindée en deux ensembles de 25 personnes, et chaque ensemble a passé une journée avec nous. Ensuite, une seconde journée pensée sous forme d’un edit-a-thon et rassemblant l’intégralité de la promotion Panist a été l’occasion de mettre en pratique les éléments évoqués lors de la première journée.

Déroulé des séances

Le timing relativement serré, d’une part ; et le nombre assez important de personnes présentes, d’autre part, ne permettant pas d’entrer dans la démarche très « accompagnante » que nous avions déjà déployée au sein du Lab’UA, nous nous sommes organisés de manière différente, avec une logique de « saut dans le bain » assez rapide.

Journée 1

1. une première partie (09h00 – 11h00) de « cours magistral » a permis d’exposer ce qu’est Wikipédia, son environnement et son fonctionnement, à partir de ce support ; l’anatomie des articles, et la manière dont on les évalue, a ensuite été traitée afin de déclencher une prise en compte de l’environnement d’édition, de classification et d’évaluation des contenus Wikipédia dont, la plupart du temps, le « simple » usager n’a pas conscience ;

2. une seconde partie, plus exploratoire (11h00 – 15h00), s’est faite en groupes de travail, la commande étant d’étudier l’éco-système de Wikipédia autour d’une série de thèmes liés peu ou prou au monde des bibliothèques, et proposés par nos soins, à savoir :

  • Design Thinking
  • Fablabs
  • Innovation
  • Internet des objets
  • Réalité virtuelle
  • Open Access
  • Horizon 2020
  • Loi pour une République Numérique
  • Print on Demand
  • Web de Données
  • Smart City

La consigne donnée incluait l’usage de groupes Zotero pour enregistrer les différents articles repérés, à la fois pour que le groupe en conserve une trace, et dans l’optique d’une prise en main de Zotero (l’outil étant assez intuitif pour pouvoir être maîtrisé dans ses grandes lignes très rapidement).

3. enfin, pour terminer le jour (15h00 – 17h00), chaque groupe effectuait un retour synthétique, devant l’ensemble des présents, sur les premiers constats faits autour de la thématique travaillée, autour de lignes directrices déclenchées par autant de questions que nous avions suggéré de se poser à l’étude de la thématique (Comment le thème est-il traité ? Quels sont les articles liés, proches ? Quels sont les manques ? Quels articles gagneraient à être remaniés, réécrits ? Existe-t-il un article sur le sujet dans la Wikipédia anglophone, qui pourrait donner lieu à une traduction, etc. ?)

Ces retours, outre qu’il supposait de formaliser une cartographie de la thématique dans Wikipédia, nous permettaient en outre d’apporter commentaires et éclairages : la promotion ne comptant que deux ou trois personnes sur cinquante ayant une expérience d’édition d’un article dans l’encyclopédie, les étudiants découvraient le même jour l’environnement des articles et cette logique d’écosystème autour des thématiques étudiées, étant entendu que par ailleurs, la plupart de ces thématiques leur étaient largement inconnues.

Cette journée écoulée, les premières pierres étant posées, il était temps de passer à la suite : c’est l’objet du billet qui traite de la seconde journée du dispositif ici décrit.

Nous sommes la foule

Je suis intervenu ce jour ici, sur une commande qui m’a d’abord laissé sans voix : « Crowdsourcing et édition scientifique ». Wow.

Je connais évidemment le principe du crowdsourcing, mais je n’avais jamais vraiment réfléchi à ce que ça ouvrait comme perpectives dans le champ académique de l’édition scientifique d’un texte littéraire. Du coup, comme je ne sais pas dire non et que je n’avais pas de savoir à assener dans le genre top-down, j’ai fait simple, je n’ai que posé des questions, et voici mon support — mon idée, c’était que quand tu ne sais pas, il suffit d’entrer en Candide dans le propos.

Mais là n’est pas le sujet de ce billet. Le sujet de ce billet, c’est le projet global qui a été présenté l’après-midi, d’un travail de crowdsourcing autour d’un manuscrit de Benoîte Groult, Mon évasion.

Le contexte d’abord : une équipe Université d’Angers CERIES / Université Grenoble Alpes Litt&Arts, dont certains membres ont déjà travaillé sur la mise en ligne des manuscrits de Stendhal, bénéficie d’un développement lié à une thèse et ayant pris l’apparence d’une réalisation concrète sous la forme d’une plateforme dédiée au crowdsourcing, PHuN (petits veinards que nous sommes au Lab’UA, nous avions déjà eu l’occasion de voir l’outil en test dans le cadre d’un TD de transcription d’un livre d’artiste de Michel Butor organisé en nos locaux par la même équipe).

Par ailleurs, puisque les manuscrits de Benoîte Groult sont à l’Université d’Angers, la même équipe a numérisé le manuscrit de Mon évasion et le propose comme sujet de crowdsourcing. Dit autrement, vous pouvez dès maintenant participer à la transcription de ce manuscrit d’une figure importante du féminisme, le tout sur une plateforme pour le moins intéressante, entre autres parce que les codes sources de l’outil devraient à terme passer en Open Source — personne ne niera l’intérêt de disposer d’un tel outil.

Voilà. Mon propos ici est donc simple : venez, venez crowdsourcer autour de Benoîte Groult, pour faire avancer le boulot d’une part, et pour permettre d’améliorer l’outil, d’autre part (plus il y aura d’usages et de retours de la plateforme, meilleure elle sera à la fin). Et si vous êtes une feignasse, au moins relayez l’info. Nous sommes la foule.

 

La petite minute Drupal

En reprenant mon CV, je me suis aperçu que cela faisait maintenant 3 années au moins que j’intervenais modestement dans le cadre du Master LiMés de l’Université de Poitiers sans avoir expliqué ici ce que j’y faisais, et pourquoi. Il est temps.

Une fois par an, donc, les étudiant/e/s du M1 ont droit en guise de punition à passer quelques 18 heures avec bibi autour d’un seul sujet : Drupal.

Il s’agit bien d’un TD : en nous appuyant sur les espaces d’hébergement ouverts par le très efficace service informatique de la Fac de Lettres de Poitiers, nous installons un Drupal par personne présente, puis explorons ensemble, les mains dans le moteur, les principaux concepts, outils et modules du CMS (types de contenus, formats de texte, champs, users, rôles, gestion des images, sons et vidéos, cartes, et évidemment, le module Views).

18 heures, c’est certes court pour aborder un outil dont la courbe d’apprentissage peut sembler pentue, mais le but n’est pas que les étudiant/e/s sortent de là comme experts Drupal : le temps disponible est évidemment insuffisant, je ne me considère pas moi-même comme un expert Drupal (et donc, je pourrais difficilement former des experts) et de toutes les manières, l’objectif n’est pas là.

Mon objectif est de fait tout différent. En résumé, il s’agit, par une prise en main effective de l’outil, de faire toucher de la souris plusieurs idées :

  • l’installation, l’usage d’un CMS même réputé ardu comme Drupal ne l’est pas tant que ça et est à la portée d’à peu près n’importe quelle personne un peu vive ;
  • il est tout à fait possible pour chacun.e de se monter un site web en quelques poignées de minutes ;
  • la connaissance et la maîtrise d’un outil web type CMS font partie de la culture technique de base pour quelqu’un qui va travailler dans (je cite l’à propos de la formation) « le domaine des médiations du livre (papier ou numérique) » ;

En transversal, je veux faire passer aussi aux étudiant/e/s que :

  • il est toujours bon de savoir de quoi il retourne quand on aura à interagir avec des prestataires techniques (un prestataire qui vous facture une semaine de travail pour l’installation d’un Drupal de base est en train de vous berner, et vous le savez une fois que vous avez installé vous-même un Drupal) ;
  • ce n’est pas en théorisant sur un sujet, mais bien en faisant qu’on comprend ce qu’on fait et qu’on peut le penser/piloter dans ses visées et son éco-système ;
  • le web est un lieu incontournable (de la médiation) du livre et de l’écrit : vous pouvez soit faire semblant de l’ignorer (mais dans ce cas, vu l’intitulé de la formation et l’évolution du monde, votre carrière va être compliquée), soit prendre le truc en main y compris dans ses dimensions techniques — et ce sera plus qu’inspirant.

Évidemment, tout ce qui précède vaut aussi dans les métiers des bibliothèques mais ça, vous l’aviez compris, n’est-ce pas ?

What a wonderful world (of data)


BO : Louis Amstrong, What a wonderful world, via Archive.org

Or donc me voici de retour d’un stage organisé par la formation continue de notre maison mère, stage concernant la gestion des données de la recherche et par ricochet la place que nous pouvons/devons avoir dans l’éco-système de ce « nouvel » composant de notre paysage professionnel.

Stage intéressant dans l’ensemble, bien que me laissant l’impression bizarre d’un encore mystère global sur la manière dont ce déluge va être organisé/digéré de notre côté : il y a un côté totale impro qui me surprend toujours, surtout venant de très grosses structures mais bon, ce doit être ça, la French Touch*.

Un moment m’a particulièrement interpellé, celui où nos collègues bibliothécaires de l’EPFL sont intervenues (juste pour information, leur bibliothèque aligne sur le pont 7 personnes soit 3 ETP dédiés à l’accompagnement des chercheurs sur la gestion de leurs données sachant que globalement, la bibliothèque compte 39,6 ETP en date du 30 septembre 2015 — je vous laisse réfléchir à ce chiffre).

L’exercice par elles proposé consistait donc à dégager de X offres d’emploi issues de boutiques anglo-saxonnes des éléments du type « quels sont les compétences métier recherchées » et de produire en retour synthétique des post-it (ceux qui me connaissent savent à quel point j’aime les plans post-it, mon rêve secret étant, si mon Karma m’y autorise, de me réincarner en post-it, mais ça reste entre nous).

La conclusion manifeste de cet exercice était simple : toute une partie des compétences attendues dans ce domaine par les (futurs) employeurs (ici émergent déjà des besoins auxquels il va falloir nécessairement répondre, et vite) sont d’une part très techniques ; d’autre part bien loin des compétences actuelles d’une majeure part des professionnels des bibliothèques (je m’inclus).

Ce moment post-it a eu le mérite de faire émerger deux questions :

A/ Quand et comment la profession va-t-elle répondre à ces besoins, et surtout via quelles formations initiales et continues concrètes à la fois pour profiler rapidement des professionnels type data librarians ; et des cadres en mesure de piloter des équipes de data librarians ? (nous étions à l’Enssib, c’est aussi pour cela que l’interrogation allait de soi)

B/ Autre interrogation initiée par Solenn Bihan, que je reprends/remouline ici : ces équipes de data librarians sont/seront souvent de petites équipes (comme le sont les équipes bibnum d’ailleurs) très techniques. Comment ces compétences atypiques seront-elles reconnues dans les parcours des agents, quand on sait à quels points la reconnaissance pro semble généralement porter sur des critères fort différents de ceux esquissés ici en filigrane ? Par ailleurs, comment l’encadrement de ces équipes à compétences particulières sera-t-il valorisé dans l’évaluation et l’évolution de carrière de leurs cadres (on retombe là sur l’histoire déjà connue de tous les responsables de team techniques qui se voient quasi systématiquement écartés au moment des promotions au motif que leurs équipes ne font pas le poids numéraire face à des sections traditionnelles) ? Dit autrement, quand la compétence technique viendra-t-elle enfin égaler dans l’évaluation la compétence bibliothéconomique traditionnelle ?

Je pose ça là. Les commentaires vous sont ouverts.

PS : sinon, toujours le même plaisir trouble à revenir dans notre Vatican à nous, entre agacement (ah cet énorme potentiel que je sens sous-exploité) et agrément des discussions avec celles et ceux que l’on y recroise et qui tentent de préparer au mieux les jeunes recrues que nous enverrons au feu dans la bataille de l’information dès demain (LOL)

* en français dans le texte

La petite leçon de transparence des Amériques

Je ne sais pas si vous vous souvenez de ça et de tout le pataquès qui avait suivi avec, entre autres, les arguments plus que vaseux du consortium, dans divers mails, sur la nécessité absolue de conserver le plus grand secret sur les chiffres et sommes en jeu, au risque de voir capoter à l’époque toute négociation avec Elsevier (la sacro-sainte loi du silence étant par ailleurs la même sur toutes les négociations).

Manifestement, d’autres pays,  pas forcément mieux ou plus mal servis, négociant pourtant avec les mêmes requins, sont beaucoup plus transparents, comme me l’apprenait tantôt Jean-Claude Guédon, que je salue amicalement au passage.

Ainsi du Chili dont les rapports mis en ligne donnent tous les chiffres nécessaires. Ou ici, de l’Argentine (et je vous mets aussi dans le colis plusieurs documents officiels publics concernant l’Argentine et les marchés de documentation électronique signés là-bas).

Je ne vous fais pas à nouveau le couplet sur la transparence qui est (c’est une pure évidence) l’une de nos rares armes dans ce qui est une guerre ; et je ne redis pas que je reste persuadé que nous aurions beaucoup à gagner à l’être, transparents.

Quoi qu’il en soit, cette position de nos amis d’Amérique montre assez, en creux, à quel point l’opacité dans laquelle nous avançons de ce côté de l’Atlantique n’a strictement aucun fondement sinon celui d’une vieille habitude ridicule (j’allais écrire soumission).

Vivement l’OpenData…

Les bibliothécaires peuvent-ils alimenter Wikipédia ?

(up du 2 mai, 14h06 : attention, ma question est bien de savoir si des fiches de postes comportent explicitement la mention « Alimentation de Wikipédia » ou quelque chose comme ça ; même question sur SRV + Wikipédia ensuite - voir ceci dans les commentaires. Je ne demande pas si des bibs forment à l’encyclopédie ou organisent des ateliers sur Wikipédia, je sais bien que oui.)

Récemment, dans le cadre du Lab’UA, nous avons monté une séquence pédagogique autour de Wikipédia (c’est l’une des missions du Lab’UA, monter et tester des dispositifs d’enseignements réutilisables ensuite par les enseignants de l’UA)

Le dispositif ayant bien fonctionné, contact a été pris depuis avec les collègues en charge des dispositifs de formation initiale et continue de notre maison mère (que je salue – les collègues et la maison-mère), pour leur proposer de mettre en place quelque chose de cet ordre auprès des jeunes (ou pas) padawans découvrant le métier, ou des moins jeunes (ou pas) bénéficiant d’une remise à jour de leurs compétences.

Bien entendu, l’insertion d’un tel dispositif dans des formations déjà lancées ne se fait pas comme cela, et l’idée est donc encore à traiter/intégrer éventuellement dans les formations côté Enssib.

Un échange avec la collègue en charge de la formation continue m’a toutefois interpellé, lorsque ladite collègue m’a indiqué fort à propos que les attentes côté formation continue et, plus précisément, hiérarchie des formés (entendre, validateurs des demandes de stages côté établissement), étaient plutôt sur des modules (je la cite avec son accord) :

« à visée d’adaptation au poste de travail ou de développement des compétences dans un cadre professionnel (…) la formation doit avoir une application immédiate et directe dans un cadre professionnel. »

On voit le point qui me pose question. C’est celui de savoir si la production de savoirs et plus spécifiquement ici, le travail dans Wikipédia, peut être une priorité professionnelle dans les bibliothèques ou, formulé autrement, s’il est envisageable d’avoir, dans les équipes et les fiches de poste, des ressources humaines dédiées officiellement, peu ou prou, à l’alimentation (et à la maintenance) de Wikipédia.

On se doute que je vais répondre « Oui », pour plusieurs raisons :

  • Wikipédia étant largement utilisé par nos publics (et nous), il ne me semble pas absurde que nous « renvoyions » l’ascenseur vers l’encyclopédie en participant à sa qualité générale ;
  • la logique des Communs dont Wikipédia est une manifestation devrait nous parler intimement en tant que professionnels et nous amener à des actions concrètes ;
  • lorsque l’on parle d’approche encyclopédique et de neutralité, on parle en même temps de Wikipédia ET des bibliothèques : cette proximité d’approche devrait/pourrait conduire à une convergence de fait ;
  • au-delà des logiques d’entrepôt qui sont toujours les nôtres et qui à l’évidence sont destinées à muter (je pense disparaître), la médiation vers les savoirs et, par « percolation », la production de savoirs, est manifestement un champ dont nous devons/pouvons nous saisir ;
  • enfin, s’il y a bien une catégorie professionnelle qui, me semble-t-il, est armée intellectuellement et culturellement, mais aussi concrètement (nous avons le cul assis sur des monceaux de documentation qui ne demandent qu’à servir à soutenir une démarche encyclopédique) et du point rédactionnel (nous savons toutes et tous écrire) pour être une profession de Wikipédien/nes c’est les bibliothécaires, non ?

Quoi qu’il en soit, je suis curieux de savoir si, dans vos boutiques, des personnels sont chargés via leur fiche de poste d’alimenter et maintenir Wikipédia. Les commentaires sont ouverts pour vos témoignages.

Des choses cachées depuis…

MàJ du 26 février 2016
Ouverture par l’ADBU d’une bourse à l’emploi :)

MàJ du 19 février — 08h28
Une autre piste est le service emplois de l’Enssib (signalé par je ne sais plus qui)
On modère les offres qui passent sur le Forum ADBU,
on les redirige toutes vers l’Enssib,
et voilà.

MàJ du 18 février — 09h40
Preuve du concept, ce ne serait pas si compliqué que ça à faire, ce que je dis…
Je continue ce soir.
(ce lien pointait vers une démo de site d’annonce maintenant supprimé puisque l’ADBU a ouvert une bourse à l’emploi — MàJ du 30 mai 2016)

MàJ du 17 fév 2016 — 20h15
Précision du directeur exécutif de l’ABDU — je ne vois pas ce que ça change mais bon, voilà, la précision est faite

 

(Copie du message posté sur le forum ADBU ce 17 février)

Je regarde peu les postes qui apparaissent sur Poppée, pour deux raisons : j’aime bien le projet Lab’UA sur lequel je suis depuis une année ; et surtout, je n’ai pas terminé d’explorer les secrets viticoles de l’Anjou. Je n’ai donc aucune envie de mutation, et je ne m’intéresse que peu au mercato quand il arrive. Persuadé de plus dans ma naïveté que tous les postes étaient publiés sur Poppée, je ne comprenais pas par ailleurs pourquoi je voyais passer sur le forum de l’ADBU des profils de poste. Jusqu’à hier soir.

Lors d’un échange sur les réseaux sociaux, j’ai en effet compris que certains des profils circulant sur ce forum accessible uniquement aux adhérents ADBU n’étaient pas publiés par ailleurs. Hum. Hum hum.

Il me semble assez évident que cette pratique pose un réel problème de rupture d’égalité des agents face à la connaissance qu’ils peuvent avoir de l’état du marché des postes vacants ou susceptibles de l’être. Les adhérents auront l’information ; les autres non. Et au-delà du problème éthique, il y a certainement un « souci » administratif : nous sommes là dans le contournement flagrant de la nécessité de publicité publique des postes vacants ou susceptibles de l’être.

C’est assez gênant, comme situation. Et plutôt injustifiable. Je propose donc à l’ADBU, dont je suis persuadé qu’elle n’a qu’à gagner de cette transparence, deux choses :

  • Qu’une règle claire soit édictée, indiquant que cette pratique de diffusion de profils de poste non publiés ailleurs en accès libre ne sera plus tolérée sur le forum fermé ;
  • Que les profils qui parviennent à l’ADBU soient par contre publiés dans un espace public dédié sur le site de l’association.

Pour ce qui me concerne, j’ai commencé à diffuser via mes comptes twitter et facebook les profils de poste diffusés sur le forum depuis le 15 février. Et évidemment, je n’ai pas l’intention de cesser.

PS : quand on y pense, nous sommes en l’espèce face à une situation où une information se trouve enfermée derrière une barrière payante. Cela nous vous rappelle rien ? C’est assez croquignolesque, non, sur le site d’une association de professionnels des bibliothèques ?

PS2 : les liens vers les fichiers diffusés le 16 février et ce 17 février / 17 février bis