Enjeux postcoloniaux de l’enfance et de la jeunesse. Espace francophone (1945-1980)

Couverture du livre Enjeux postcoloniaux de l'enfance et de la jeunesse

Si la jeunesse a joué un rôle important dans la construction des empires coloniaux, elle est également un enjeu essentiel des décolonisations et de leurs suites. Au second XXe siècle, les processus d’émancipation des peuples colonisés posent en effet avec force la question sociale et politique de l’enfance et de la jeunesse en contexte colonial et postcolonial, dans les pays devenus indépendants comme chez les anciens colonisateurs. L’intérêt de cet ouvrage est de mettre en avant les biopolitiques spécifiques aux enfants et aux jeunes qui ont émergé dans un ensemble complexe de questions politiques et diplomatiques, économiques et sociales, démographiques et populationnistes, philosophiques et religieuses. À l’instar des Colonial and Postcolonial Studies, il s’agit d’interroger les cultures postcoloniales et les articulations entre décolonisation et colonisation, notamment les prolongements de celle-ci dans celle-là. Pendant la décolonisation des empires français et belge et la construction de nouveaux États, les enfants et les jeunes ont été sujets de politiques voulues ou soutenues par des biopouvoirs et mises en œuvre par des protagonistes divers : armées, associations, humanitaires, colonialistes, nouvelles élites, militants, simples citoyens. Les archives publiques qui reflètent les différentes politiques menées ainsi que les sources écrites et orales d’associations ou d’autres organisations permettent de cerner les rôles d’acteurs non-étatiques. Les paroles, plus ou moins critiques, de celles et de ceux qui sont les premières personnes concernées par cette histoire – c’est-à-dire les enfants et les jeunes eux-mêmes – sont bien entendu également mobilisées.

Le site de l’éditeur : ici

Le genre de la construction européenne

Sortie du livre d’une vingtaine de chercheur.e.s sous la direction de Anne-Laure Briatte, Eliane Gubin et Françoise Thébaud :

L’Europe, une chance pour les femmes ? 

Présentation du livre par Françoise Thébaud sur le site du LabEx EHNE : ici

Avec deux contributions personnelles :

- « Historicité et subjectivité du parcours européiste de Louise Weiss », p.27-38.

- « Femmes politiques françaises européistes au temps des fondateurs de l’Europe communautaire (1948-1958) », p.63-73.

Colloque : Décolonisation et enjeux post-coloniaux de l’enfance et de la jeunesse (1945-1980)

 

Ce colloque se tiendra les 27 et 28 juin à la Maison de la Recherche Germaine Tillion de l’Université d’Angers.
Il est organisé par Yves Denéchère au sein du laboratoire TEMOS (axe 1) et dans le cadre du programme EnJeu[x].
Ce sera l’occasion de découvrir l’exposition photos de Sophie Hochart : « Le déracinement silencieux ».
Programme complet ici
L’inscription (gratuite) est obligatoire via ce lien :

Migrations, Institutions, and Intimate Lives: New Agendas in the History of Migration and Gender

Les 13-15 avril 2018 à l’Université de Bristol (UK), un colloque revisite les nouvelles approches de l’histoire des migrations en les croisant avec les problématiques actuelles  de l’histoire du genre et des constructions subjectives. Programme

Yves Denéchère : « Intimate Experiences and Personal Development of Eurasian Girls sent to France at the End of the Indochina War »

20 et 21 mars : deux jours / trois événements !

20 mars à 18h00 : conférence de Jean Zermatten : « Les droits de l’enfant : bien-être, intérêt de l’enfant ou bonheur de l’enfant ? », dans le cadre de la journée mondiale du bonheur. Co-organisation programmes BonDroit et EnJeu[x]. Affa3_journeebonheurBonDroit18repro 21 mars après-midi : 13e édition du cycle Histoire et mémoire des déportations sur le thème « Images et déportations ». Co-organisation TEMOS/SFR Confluences. Toutes les infos : Programme_Deportation_2018_VF

21 mars à 18h00 : conférence d’Yves Denéchère « Simone Veil, féministe et européiste », dans le cadre du « mois du genre » de l’Université d’Angers, cette conférence est co-organisée par la Maison de l’Europe Angers-Maine-et-Loire. Toutes les infos : affiche_simoneveil 2(1)

 

Summer School « Enfance et bien-être »

Du 2 au 6 juillet 2018, étudiants et professionnels, français et internationaux, sont invités à participer à l’école « Enfance et bien-être » des Summer Schools organisées par l’Université d’Angers. Le programme (en français) propose une approche pluridisciplinaire de l’étude du bien-être des enfants pendant une semaine à Angers. Pour connaître le programme et vous inscrire, c’est ici

Chaque session est organisée en deux temps : un état des connaissances suivi d’un atelier interactif entre les intervenants et les participants.

Sessions

  • Droits des enfants
  • Psychologie de l’enfant et de l’adolescent
  • Histoire sociale, enfance et genre
  • Neuropsychologie de l’enfant – Approches neurophysiologiques du développement
  • Handicap de l’enfant
  • Médecine pédiatrique
  • Médecine expérimentale
  • Consommation alimentaire  des enfants
  • Pratiques de la philosophie avec les enfants

Télécharger le programme prévisionnel

L’école d’été se déroulera dans les locaux du département Médecine de la Faculté de Santé, du lundi au vendredi de 9h à 17h.

Une convention entre établissement peut être établie pour les professionnels désirant faire valoir cette expérience au titre de la formation continue.

TEMOS : une nouvelle unité de recherche en histoire

Créée au 1er janvier 2018, l’unité TEMOS (Temps, Mondes, Sociétés) regroupe des enseignants-chercheurs et des personnels d’appui à la recherche des universités d’Angers, Bretagne Sud, du Mans et du CNRS.

Formation de Recherche en Evolution pour deux ans (FRE 2015), TEMOS compte soixante membres titulaires et autant de doctorants travaillant sur les quatre périodes de l’histoire, de l’antiquité au temps très présent (sections 32 et 33 du CoNRS). Leurs recherches portent sur des organisations humaines diverses et des espaces géographiques variés propices aux coopérations internationales ; leurs objets sont pluridisciplinaires d’où des collaborations nombreuses avec d’autres disciplines : lettres, droit, science politique, géographie, sciences du vivant, médecine, environnement. Les membres de l’unité travaillent sur toutes les sources classiques des historiens, des textes anciens et matériaux archéologiques aux sources orales et possibilités offertes par les humanités numériques. TEMOS possède une expertise rare en recherche en archivistique.

L’unité porte des programmes de recherche structurant aux niveaux régional, national et européen, qui démontrent la capacité de l’unité à construire des programmes collaboratifs pluridisciplinaires et intersectionnels. La qualité du projet scientifique de TEMOS a été très favorablement évaluée par les universités et le CNRS qui ont validé sa création en 2017.

Les axes de recherche de l’unité sont :

- Enfance, genre et traces de soi : individualités et subjectivités en mouvements
- Ressources biologiques et construction des savoirs : circulations et usages
- Communautés et pluralité : autorités, violences et coexistences.

Ces axes reposent sur des expertises bien identifiées grâce à des recherches collaboratives, des travaux individuels et des publications nombreuses, solides et reconnues par la communauté scientifique. Ils constituent les bases solides de TEMOS pour construire de nouveaux objets de recherche situés aux croisements des grands champs historiques traditionnels.

Yves Denéchère

Directeur de TEMOS Temps, mondes, sociétés

CNRS FRE 2015 Universités d’Angers, Bretagne Sud, Le Mans

Histoire inédite des « enfants de Madame Massu »

Vient de paraître dans la Revue d’Histoire Moderne et Contemporaine sous le titre : Les « enfants de Madame Massu ». Œuvre sociale, politique et citoyenneté pendant et après la guerre d’Algérie (1957-1980).

L’Association pour la Formation de la Jeunesse (AFJ) est créée à Alger en 1957 dans le but de recueillir des enfants musulmans isolés et de leur apporter une formation assurant leur avenir. Présidée par Suzanne Massu – épouse du général qui mène alors la « bataille d’Alger » -, l’association gère plusieurs établissements accueillant des centaines de yaouleds. L’entreprise sociale n’est pas exempte de dimensions politiques et de motivations idéologiques : il s’agit aussi de préparer ces garçons à devenir des citoyens français à part entière dans une Algérie nouvelle, celle proclamée notamment sur le forum d’Alger en mai 1958. Confrontée à l’évolution politique de la question algérienne, l’association s’adapte. Profitant d’une colonie de vacances organisée en Béarn durant l’été 1961, des dizaines d’enfants restent en France, d’autres sont amenés d’Alger au printemps 1962. Dans les années 1960 et 1970, les adolescents grandissent, entrent en formation professionnelle puis s’insèrent dans la vie active, se marient et gardent un lien personnel fort avec Suzanne Massu. Parallèlement à cette intégration par le monde professionnel, les jeunes sont invités à changer leurs prénoms arabes ou berbères pour des prénoms français, à confirmer leur nationalité française. Aujourd’hui encore ils entretiennent une mémoire ténue des « enfants de Madame Massu » comme ils aiment s’appeler eux-mêmes. Des sources inédites et très diverses (archives de l’AFJ, ANOM, SHD, ECPAD, CDHA et un corpus de sources orales) permettent d’éclairer la réponse politique et sociale à la situation des Yaouleds dans un contexte de guerre où les enjeux autour de l’enfance et de la jeunesse sont exacerbés. Le prolongement de l’action au-delà de la guerre d’Algérie permet de mieux cerner les intentions biopolitiques et les modalités pratiques qui transforment des enfants nécessiteux d’Alger en citoyens français, comme si c’était une victoire symbolique et ultime au-delà de l’Algérie française.

Présentation du numéro et de l’article sur le site de la revue