Pour vous, qu’est-ce qu’une Sage-Femme ?


Les idées préconçues sur le métier de sage-femme sont nombreuses. Rien de tel, pour s’y confronter, que d’aller à la rencontre d’inconnus afin de les questionner sur ce que représente, à leurs yeux, cette profession.
Voici donc quelques exemples des témoignages recueillis :

 

  • Pauline, 34 ans, mère de 2 enfants :

 «  La sage-femme réalise les cours de préparation à l’accouchement, la sophrologie, la rééducation du périnée…. C’est elle qui nous accompagne tout au long de la grossesse, jusqu’à la naissance du bébé.

J’ai vécu une seconde grossesse difficile, ma sage-femme m’a vraiment soutenu dans les épreuves et permis d’envisager l’avenir avec sérénité. »

  • Manon, 11 ans :

 «  La sage-femme ? C’est la dame qui fait accoucher les mamans ? »

  • Jean, 51 ans :

 « C’est une professionnelle spécialisée dans la santé de la femme. Elle effectue les consultations pendant la grossesse, l’accouchement et le suivi du bébé.»

  • Odile, 28 ans, 1 enfant :

 «  A mes yeux, c’est vraiment quelqu’un à l’écoute, qui répond aux questions que l’on peut se poser et surtout qui donne de nombreux conseils que ce soit sur l’allaitement, sur le développement de l’enfant, sur l’alimentation ou même sur la santé.

La sage-femme de mon secteur a en tout cas eu ce rôle-là. »

  • Pierre,  22 ans :

 « Euh… Bah… Une personne qui est là lors de l’accouchement pour veiller à son bon déroulement. »

  • Marie-Claude, 49 ans, mère de 3 enfants :

 « Un homme ou une femme qui met au monde les bébés. »

  • Alexandre, 26 ans :

 « Une personne qui s’occupe de l’avant et pendant maternité, aussi bien des parents que des enfants.

Au départ, elle conseille les parents et après elle s’occupe de l’accouchement. Elle aide les parents à préparer le retour à la maison.

Concrètement je ne sais pas trop en quoi ça consiste en fait! »

  •  Eric, 42 ans, père de 2 enfants : 

« C’est le professionnel qui aide aux accouchements et qui gère la gestation. »

  • Agathe, 21 ans :

 «  Sage-femme ? Elle donne la vie. C’est surement le plus beau métier du monde ! »

  • Arthur, 19 ans :
  « La sage- femme, c’est un peu comme une infirmière mais qui travaille dans une maternité. Elle assiste le médecin pendant l’accouchement. »
GAUDIN Florian

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Confidence d’une sage-femme : Deuxième partie

F : Considérez-vous que la profession est victime d’un manque de reconnaissance et pourquoi ?

Ca dépend de là où on se place. C’est sur que l’administration ne nous reconnaît pas en tant que profession médicale. Nous sommes classés dans la catégorie profession paramédicale quand on nous envoie des papiers de la région par exemple (rires).

Après je pense que si nous avions toute une légitimité et des compétences optimales on pourrait pousser des portes afin d’obtenir cette reconnaissance. On a aussi du travail à faire de notre côté. Le travail est à faire des deux côtés. Cela passe peut-être par « l’universitarisation ». C’est à nous de montrer que l’on a des compétences et qu’il faut les faire valoir. On va nous tester. A ce moment là il faudra qu’on est des arguments suffisants pour pouvoir tenir la route.

La reconnaissance oui, mais il y a un travail à produire dans les deux sens. Il n’y a pas qu’un travail uni-latéral. On ne peut pas revendiquer quelque chose si on ne démontre pas qu’on est capable de faire.

A : Le travail est d’abord à faire sur nous-même, pour ensuite pouvoir prétendre à la reconnaissance et avoir une crédibilité concrète.

Je pense que dans toutes les fonctions il y a une légitimité à obtenir telle qu’elle soit.

F : Lors d’une formation sur l’intégration universitaire, un des premiers obstacles qui nous a été présenté fut, si l’on passait au niveau de l’université, que nos formateurs ne seraient pas doctorants.

Une chose est sure, c’est que l’on va tous devoir faire une formation universitaire si on reste sur ces postes là, c’est inévitable. A un moment donné, il faut s’engager dans un cursus qui fasse que l’on ait cette légitimité. C’est un travail que chaque enseignant va devoir faire si ce n’est pas déjà fait pour certains.

F : Que pensez-vous de la masculinisation du métier de sage-femme ?

On peut en penser que du bien, quand on est entre femmes ce n’est pas toujours simple. Qu’il y ait un peu de sang masculin je pense que c’est très bien, d’autant plus qu’il y a une sensibilité peut-être supplémentaire finalement.

Quand on est un homme sage-femme, il faut trouver sa place, ce n’est pas forcément évident. Mais honnêtement pour nous ce n’est que du bonus d’avoir une masculinisation de la profession ; après il faut qu’elle soit choisie et acceptée. C’est à dire que la plupart des hommes sage-femme, ce n’est pas forcément initialement ce qu’ils avaient choisi. Il y en a quelques uns heureusement qui choisissent cette voie là. Mais il faut être réaliste au jour d’aujourd’hui, c’est plutôt du subi. C’est caricatural ce que je dit et je ne veux pas mettre tout le monde dans le même panier mais la réalité de la vie fait qu’à partir du moment où c’est par dépit il y a un travail à faire dans l’autre sens.

Je pense qu’il faut mieux changer de voie plutôt que d’arriver à être sage-femme sans l’avoir accepté. Nous n’avons pas le droit à l’erreur dans notre profession. C’est à dire que nous sommes à un moment clef dans la vie d’un couple et qu’on doit toujours être au top. On n’a pas le droit d’être moins bien une journée, ce n’est pas respectueux pour les personnes que l’on a en face de nous.

A : Il y a « énormément d’exigences », on est à un « moment clef de la vie », etc … Pensez-vous qu’il n’y a pas une trop grande incohérence par rapport à ça et le salaire actuel des sages-femmes ?

La sage-femme va prendre une demie heure trois quart d’heure, le médecin va prendre un quart vingt minutes pour la même consultation, et l’on va être payer beaucoup moins.

A : Au niveau du salaire, on est clairement plus proche de l’infirmière.

Tout à fait, après est-ce que c’est ça l’essence de la vie ? On entend souvent « pourquoi tu as choisi sage-femme, tu vas gagner trois fois moins que si tu étais médecin ? »

On espère quand même qu’il y ait une revalorisation salariale. C’est sur que lorsque l’on compare un conducteur de la SNCF et une sage-femme qui gagne beaucoup moins avec les différences de responsabilité.

A : Donc une incohérence par rapport au niveau d’étude ? La sage-femme a un niveau master qui est tout juste reconnu, avec des compétences médicales, l’autonomie. Augmenter le salaire (sans parler qu’il faut un gros salaire pour être heureux, bien sur que non) pourrait participer à une meilleure reconnaissance et à une revalorisation légitime au niveau de la société.

Il y a eu un petit geste de fait sur les cotations des sages-femmes libérales. Il faut y aller petit à petit. Ils ne le font pas parce que s’ils le faisaient, ils devraient le faire pour les infirmières, pour les aides-soignantes, … pour tout le monde finalement.

A : Je pense qu’on ne peut pas comparer la situation de la sage-femme à celle de l’infirmière ni à celle de l’aide-soignante. Je trouve que l’incohérence est beaucoup plus flagrante chez les sages-femmes. Effectivement, les instances gouvernementales ne réagissent pas pour le moment, mais n’est-ce pas à cause de l’excessive féminité du métier ? Car comme tout à chacun le sait, l’inégalité des salaires homme/femme est une réalité indubitable. Ainsi, sans en être la planche de salut, la masculinisation pourrait contribuer à cette revalorisation professionnelle.

Je demande à voir ! Je ne suis pas sur …

A : Du point de vue du salaire, je trouve que les sages-femmes sont sous-estimées.

Par rapport au salaire, si je compare mon salaire à celui de mon mari qui est médecin, si je compare son nombre d’heures à mon nombre d’heures, je gagne plus que lui. C’est à dire que si je compare mon nombre d’heure effectif de travail à son nombre d’heure effectif, et si je rapporte aux salaires respectifs, clairement je gagne plus que lui.

Nous ne sommes pas à plaindre, ni l’un ni l’autre, par rapport au salaire ; mais en terme d’heures il faut savoir de quoi on parle.

A : On peut dire la même chose par rapport aux infirmières et aux gardes.

C’est sur mais en terme de salaire on est un peu plus cohérent. On se rapproche plus en terme d’heures, on est au 35h que ce soit les infirmières ou les sages-femmes ; les médecins ne sont pas au 35h. Cela peut être du lundi au samedi, de garde le dimanche et on recommence la semaine.

Je suis un peu biaisée par rapport à ça parce que je vois ce qu’il se passe dans d’autres professions. Si on vraiment gagner plus d’argent, il faut aller dans le privé, dans des cliniques très réputées où on gagne vraiment bien sa vie en tant que sage-femme (encore plus de surcroit en tant que médecin).

Je pense que la revalorisation salariale est importante déjà pour planter le décor : nous sommes à bac+5, c’est acté. Mais nous sommes dans l’ère de l’économie et dans le budget de la santé, donc ce n’est pas gagné.

A : Ne serait-ce aux yeux du grand public pour la reconnaissance et une meilleure considération du métier …

La reconsidération passe par nous, ça ne passe pas par le salaire.

A : Les gens s’intéressent beaucoup au salaire et savoir qu’il y a une revalorisation qui est en cohérence avec notre niveau d’étude et notre niveau de compétences pourrait favoriser une meilleure sensibilisation.

Cette reconnaissance marcherait peut-être plus en libéral qu’en hospitalier, par rapport au prix des consultations des sages-femmes ; en hospitalier cela serait moins flagrant je pense. Cela serait moins visible parce que les patientes ne paient pas à l’hôpital, elles ne savant pas combien coûte un accouchement.

A : Le fait de juste savoir qu’il y a une revalorisation et d’en entendre parler, cela pourrait peut-être favoriser un plus grand engouement pour la profession. En plus de la vulgarisation télévisuelle, le salaire pourrait peut-être être un outil favorable à la reconnaissance.

C’est possible que le salaire rentre dans le choix que l’on peut avoir d’un métier.

Dans notre profession, même si là il y a un peu plus de difficultés à trouver du travail, il y a des départs en retraite qui vont arriver. Le fait qu’on nous donne des compétences en plus, que ce soit la contraception ou le suivi du post-partum avec le prado, cela fera qu’il y a aura toujours du travail pour les sages-femmes.

A, V, F : Merci d’avoir répondu à nos questions !

GAUDIN Florian

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Maïeutique??! … Mais sage-femme, c’est accoucheuse ? Nan ?

Interrogations courantes… N’est-ce pas ? Jusqu’à présent, je vous le concède, j’ai « gratté le papier » pour vous dire plus ou moins ce que n’était pas une sage-femme, en m’appesantissant sur la déconstruction de quelques préjugés. Mais je n’ai rien fait en cela susceptible de répondre à ces questions. Qu’est-ce qu’une sage-femme ? Que fait-elle au juste ? Et qu’est- ce que la maïeutique (nom assigné à la filière en PACES) ?

À l’origine identiques, elles ne le sont plus guère. Selon moi, la maïeutique est désormais trop réductrice pour qualifier notre activité professionnelle dans son ensemble. Je m’explique. En effet, elle trouve ses racines du grec « maieutikê » (= art de faire accoucher), et plus précisément de la philosophie socratique. Celle-ci consistait pour Socrate à faire « accoucher »/à découvrir, par une série de question et feignant l’ignorance, les vérités que renfermaient son interlocuteur dans les tréfonds de son être. Or, le métier de sage-femme consistait à l’origine, et dans toute sa dimension il est vrai, à faire accoucher ( de façon plus physique…) les futures mamans. Mais cette époque est révolue ! Nous devons donc faire évoluer les mœurs et réduire le hiatus qui subsiste et sépare la réalité contemporaine des croyances collectives et sociétales. De nos jours, tellement plus vaste, le métier est devenu faramineux, tant par sa complexité que par sa diversité.

Beaucoup se plaisent à affubler notre profession du « sobriquet » (dithyrambique, penseront peut être certains) de « plus beau métier du monde », qui consiste, à leurs yeux, uniquement à « donner la vie ». Indubitablement ( je ne peux déconstruire cela) ceci demeure une part conséquente, et j’ajouterai la facette visible, de notre travail. Néanmoins, il ne saurait se réduire à « si peu ». Déclaration de grossesse, suivi et accompagnement psychologique de celle-ci, accouchement et suivi en post-partum (après accouchement), sont les facettes dont tout à chacun a conscience. Sans doute alors serez vous surpris de prendre connaissance de la myriade de richesse dont regorge ce métier qui, comme je l’ai déjà dit, est inhérent à l’Humanité. Cessons les circonlocutions, pensez vous, et passons aux choses sérieuses… Mes excuses, mais je me devais de poser un tant soit peu le sujet, tant il est délicat à traiter. Ensuite, je veux faire taire à l’avance les objections susceptibles de m’être adressées. Certes, je ne suis qu’un étudiant, et en ce sens je ne peux prétendre, seul, à vous dépeindre la profession dans sa plénitude. Pour autant, je suis certain au moins d’une chose, même de ma petitesse, c’est que la diversité et la richesse de celle-ci sont vraies. En cela, et je le dit sans la moindre acrimonie, je trouve inique (à mon sens, après c’est selon…) que l’on en occulte plus ou moins toutes les dimensions. Et la véracité de ces propos et de ceux qui vont suivre ne pourra être désavouée. J’insiste, je ne dirai certes pas tout, mais je serai vrai ! Ainsi dissipons l’équivoque, et sans être exhaustif je vais de ce pas m’atteler à la tâche, et « répertorier » plus ou moins les autres compétences et responsabilités majeures qui incombent à la sage-femme. Le détail de quelques unes d’entre elles fera l’objet, je l’espère au moins autant que vous, d’articles ultérieurs et distincts.

De nos jours donc, la sage-femme est compétente de surcroît dans la réalisation de consultations de contraception, ou/et de suivi gynécologique de prévention (« sous réserve que la sage-femme adresse la femme à un médecin en cas de pathologie » ; Ordre National des Sages-Femmes). Mais est compétente également dans l’examen post-natal dès lors que la grossesse a été normale et l’accouchement « eutocique «  (normal), et peut même être amenée à réaliser, en urgence, la réanimation du nouveau-né le cas échéant. Elle peut tout aussi bien pratiquer les soins nécessaires dans le cas de grossesse ou suites de couches physiologiques, et même pathologiques. Intervenir d’autre part dans des structures PMI (Protection Maternelle et Infantile). Sans oublier bien sûr qu’elle même peut prescrire thérapeutiques et contraceptifs, qu’elle peut réaliser l’épisiotomie, l’anesthésie loco-régionale lors du travail, ou encore les échographies dans le cadre de la surveillance de la grossesse. La sage-femme doit par dessus tout être capable de détecter ou suspecter des anomalies, et donc d’établir des diagnostics concrets, tout en faisant preuve d’empathie, d’écoute et de psychologie. Bien que la profession soit en partie technico-médicale, son pendant humain reste majeur ! Bref, la liste est encore longue, et ce serait rébarbatif de poursuivre l’énumération… J’invite donc les plus curieux à se rendre sur le site de l’Ordre National des Sages-Femmes pour étancher leur soif de curiosité. Pour les autres, je vous invite à consulter l’article d’accueil qui est accompagné d’une vidéo réalisée par l’ANESF (Association Nationale des Etudiants Sages-Femmes), accessible et bien ficelée, tout à la fois dans la simplicité et la justesse.

Alexandre Aubras

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La Sage-Femme, une auxiliaire du médecin ?!!

Quelle ineptie révoltante ! Et à ce point courante dans notre société que l’indignation que peuvent alors nous insuffler les dires de ces esprits ignorants, sans offusquer quiconque, est susceptible de se transcender et de justifier quelques fulminations…

Bien sûr, je ne chercherai pas ici à dénigrer d’une quelconque façon ces gens, qui ne sont en aucun cas, j’en suis sûr, malintentionnés en ces termes. Comme je vous l’ai déjà signalé dans un article précédent, l’ignorance est l’un des maux qui nuit aujourd’hui à l’épanouissement de la profession. Je veux donc être clair, mon point n’est pas de fustiger ces personnes, ni même leur maladresse, mais au contraire de les « éduquer » sur l’essence de notre métier. Or la réalité que l’on nous dépeint, plaît-il ou non, est telle que nombreux voient les sages-femmes comme des auxiliaires hospitalières, comme des paramédicaux sous la tutelle des médecins. Ainsi j’ai pensé approprié de se pencher sur le sujet quelques instants.

En effet, quand on a connaissance du cursus des cinq années post-bac qu’exige la formation jusqu’au Diplôme d’État de Sage-Femme, soit : une première année PACES sanctionnée par un numerus clausus (au même titre que médecine), à laquelle se succèdent ensuite quatre années en École de Sage-Femme, cette maladresse a de quoi irriter quelque peu. D’autant qu’une trop grande incohérence pèse, entre un niveau master tout juste reconnu, les exigences et les risques qui incombent à la profession d’un côté, et un salaire et une pseudo « reconnaissance socioprofessionnelle » qui désavoue plus ou moins tout cela de l’autre. Il me semble alors nécessaire d’insister d’emblée sur l’Autonomie de la profession, une caractéristique de premier plan qui se juxtapose alors à la Compétence Médicale (et non paramédicale) du métier de sage-femme :

« Exerçant une profession médicale, la sage-femme assure, en toute autonomie, la surveillance de la grossesse normale, du travail et de l’accouchement, ainsi que les soins à la mère et à l’enfant après l’accouchement.[…] En cas de pathologie, elle exerce le cas échéant en collaboration avec le médecin. »

(http://www.ordre-sages-femmes.fr)

La redondance étant matière d’apprentissage j’appuie donc sur le fait que la sage-femme est susceptible de prendre en charge cinq profils distincts : la femme en suivi gynécologique, la femme gestante, la femme en travail, la femme accouchée et le nouveau-né, dans les diverses circonstances qui ponctuent son activité, de la déclaration de grossesse aux suites de couches. De même je souligne, en me focalisant exclusivement sur l’accouchement, que la sage-femme en a l’apanage dès lors que celui-ci est établi comme eutocique, c’est-à-dire physiologique, ce qui revient à la très grande majorité d’entre eux. En revanche si celle-ci diagnostique un accouchement dit dystocique, autrement dit pathologique, alors elle a le devoir dans cette situation particulière de faire appel au médecin, à la suite de quoi ces derniers s’y emploieront en collaboration. A souligner qu’il ne s’agit évidemment pas d’une prise en charge absolue et unilatérale du médecin cadrée dans une relation strictement asymétrique, relation au sein de laquelle la sage-femme ne serait plus qu’une subordonnée aux ordres de celui-ci !

Aux fantasmagories de la scène hospitalière qui alimentent l’imaginaire collectif, s’oppose une réalité fort heureusement moins inique dont chacun doit avoir conscience…

Alexandre AUBRAS

 

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Les tiers-temps de la reconnaissance ?

Primo : Union et Sensibilisation. Nous devrions tous, étudiants comme professionnels en maïeutique, conjuguer nos efforts de façon à faire bloc sans faille, car comme vous le savez : « L’Union fait la Force ! ». De surcroît, ensemble, nous devrions susciter davantage l’intérêt du grand public via une sensibilisation « racoleuse » : forum des métiers, blogs, interventions scolaires, etc… La finalité ultime est noble : La déconstruction des préjugés qui pèsent et nuisent à l’épanouissement de la profession sur le plan socioprofessionnel, et le gain d’une reconnaissance due ! L’information est une force indéniable ! Gardons à l’esprit que nous ne nous arrogeons rien, la vérité est que nous réclamons simplement ce qui nous revient de droit !

Deusio : Éducation et Exemplarité. Il ne s’agit pas de conspuer, encore moins d’invectiver ou de vociférer contre nos élites, mais simplement de faire acte de diplomatie. Sans être exhaustif, le but réside dans l’éducation et l’exemplarité. Nous devons faire savoir à nos politiques que nous sommes bien une profession à compétence médicale, qu’en ce sens nous méritons amplement d’être reconnus comme tel, au même titre que les médecins le sont à leur échelle. En conséquence, nous attendons expressément d’eux qu’un meilleur statut nous soit concédé, un statut encore une fois qui nous sera propre et approprié. Dans cette optique bien sûr, un professionnalisme exemplaire est une plus-value à notre crédibilité et une démonstration « de force » de nos compétences.

« La formation initiale à la profession de sage-femme a pour finalité de conduire les étudiants à l’exercice d’une compétence médicale et d’une réelle responsabilité, dans l’objectif de la meilleure prise en charge possible des patientes et des nouveaux-nés »

(http://www.ordre-sages-femmes.fr)

« Exerçant une profession médicale, la sage-femme effectue, en toute autonomie, l’examen prénatal nécessaire à la déclaration de grossesse, assure le suivi médical de la grossesse, le dépistage des facteurs de risque et des pathologies, effectue l’accompagnement psychologique de la futur mère et les séances de préparation à l’accouchement. La sage-femme prescrit les examens et thérapeutiques (médicaments, vaccinations, dispositifs médicaux) nécessaires au bon déroulement de la grossesse, de l’accouchement et des suites de couches. Elle pratique également les consultations, les échographies obstétricales, y compris dans le cadre du diagnostic anténatal, l’accouchement et ses suites. »

(http://www.ordre-sages-femmes.fr)

Comme vous avez pu le constater à l’aide des extraits précédents, les sages-femmes bénéficient clairement du statut de profession médicale, un qualificatif trop souvent occulté! De même l’autonomie est inhérente à sa profession, l’accouchement n’est pas l’apanage des gynécologues-obstétriciens mais davantage celui des sages-femmes, qui ne sont en aucun cas leurs auxiliaires et sous leur tutelle permanente. Enfin un large panel de compétences et de responsabilités leur incombe. Elles doivent faire preuve de psychologie, de diplomatie, conserver aux mieux sang froid et lucidité dans toutes les situations, faire usage de réflexion, avoir un sens du relationnel, une capacité d’écoute accrue, être disponible, prescrire, établir un diagnostic, etc…

Tercio : Croire et Partager.

« Celui qui déplace la montagne, c’est celui qui commence à enlever les petites pierres »

(Confucius)

Rien est impossible, il suffit d’y croire ! Il semble clair que si l’on ne débute rien, alors oui on ne parviendra à rien… Se lancer tout en sachant que le processus sera lent, progressif et très certainement harassant, voici ce qui est sage. Lire attentivement les propos tenus sur ce blog sont un premier pas en avant, le partager, vous renseigner, parler autour de vous, critiquer, partager des idées, soutenir, dénoncer des préjugés…sont autant de pas qui nous permettront à tous d’avancer. A tout grand combat il faut un début, soyez-en les instigateurs, les promoteurs, les éclaireurs !

Alexandre AUBRAS

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Sage-Femme : Une profession médicale digne d’estime et pourtant…

Bien qu’il s’agisse d’une profession historique, qui plus est inhérente à l’humanité, la profession de sage-femme demeure indubitablement méconnue du grand public : quelle antinomie singulière et affligeante !

Pourtant en rien archaïque, entremêlant même science, humain et technique, et malgré le dynamisme qu’elle revêt, elle reste enfermée dans les carcans de l’anonymat, sujette à un sérieux manque de considération.

Elle qui aurait dû faire l’objet de toutes les curiosités alentours, s’instituer comme une faramineuse source de questionnement, et insuffler à tout à chacun respect, envie, voire enjouement, connait en vérité davantage le dédain de quelques esprits candides et ignorants de notre société. Pour autant, pouvons-nous leur en vouloir ? Les plus frivoles conjectureront peut-être que le blâme est à jeter sur les sages-femmes, qui par « excès de passivité » ont cautionné une telle « désacralisation » de la profession. Personnellement, je ne pense pas qu’il soit sage et raisonnable de se réduire à si peu. C’est pour moi un raisonnement tout à la fois trop simpliste et insidieux. Certes nous pouvons leur faire grief d’une information ou d’une « sensibilisation » trop infime de leur vocation auprès des jeunes générations. À un point tel, il est vrai, qu’aujourd’hui bon nombre d’entre eux, y compris chez les plus vieux, méconnaissent l’essence de cette profession pourtant tout aussi humaine et scientifique que la médecine. Or l’ignorance est un terreau fertile et généralement propice à la floraison des préjugés, de ces inepties inénarrables qui infestent désormais la conscience collective de la société. Il est clair aussi qu’il revient aux sages-femmes d’asséner leurs opinions et d’exposer en des termes clairs l’étendue de leurs compétences médicales. Néanmoins, ces dernières doivent dans un premier temps faire preuve d’un professionnalisme irréfutable sur la scène hospitalière de façon à légitimer d’autant plus leurs doléances et d’annihiler en grande partie les diatribes que l’on pourrait leur faire : tout manque de professionnalisme saura être utilisé par leurs détracteurs et allégué pour contrer leurs revendications. Nonobstant la véhémence que ces dernières pourraient mettre dans ce sacerdoce, cette quête de reconnaissance tout à fait légitime au travers d’un professionnalisme exemplaire et distinct, cela ne suffirait pas ! Ce n’est qu’un pas. Quel pessimisme ! (me diriez vous).
Je réfuterais quant à moi et rectifierais l’énoncé par : quel pragmatisme ! Ce n’est qu’un pas, mais j’ajouterais : « pas des moindres », puisqu’il permet de « mettre la machine en route » et de consolider la crédibilité aux yeux de tous. En revanche, singer le professionnalisme du médecin dans l’espoir fallacieux de bénéficier d’une considération « comparable », seul, n’est qu’un leurre incontestable : nous devons également nous faire entendre !

Alexandre AUBRAS

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Bonjour tout le monde !

Chères lectrices, chers lecteurs, bienvenue à vous !

Dans le cadre de notre formation, nous souhaitions en tant qu’étudiants à l’école de Sages-Femmes d’Angers créer un blog remplissant les objectifs suivants :
– Mettre en exergue le manque de reconnaissance dont le métier de sage-femme est victime.
– Amener le plus grand nombre de personnes à admettre la légitimité du diplôme et du niveau d’étude des sages-femmes.
– Dénoncer les préjugés et les idées reçues concernant les compétences exercées par les sages-femmes.
– Proposer des articles favorisant le débat d’idées et la réflexion autour du métier de sage-femme.
– Conduire à une meilleure (re)considération du métier et de la formation sage-femme.

Être sage-femme, c’est exercer une profession médicale et autonome qui nécessite cinq années d’études, cela ne mérite-t-il pas d’être reconnu ?

N’hésitez pas à nous faire part de vos remarques, suggestions d’articles et de tous commentaires constructifs qui permettraient de faire avancer le débat.

GAUDIN Florian

AUBRAS Alexandre

Source vidéo : http://www.youtube.com

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