Article 4 (partie 4): Déconstruction du tercio

« L’expérience subjective de la maternité constitue une plus-value »

 Je tiens tout d’abord à préciser que le tercio de l’article antérieur est décrit, ou du moins silencieusement ressenti, par un panel évidemment plus restreint. Panel se bornant essentiellement aux jeunes femmes qui n’ont encore aucune expérience de l’accouchement, « orchestré » par un homme, ou tout simplement aucune expérience de l’enfantement même, ce qui, bien souvent, est source de conjectures… En revanche, ces dernières prennent tout à fait conscience ultérieurement qu’une femme sage-femme, n’ayant pas enfanté, est tout à fait capable de remplir rigoureusement son rôle de professionnel en respectant scrupuleusement les règles de l’art, tout en faisant preuve d’empathie et d’un insigne dévouement à leur égard. De même, nombreuses s’accordent à dire que les hommes sages-femmes sont à la fois « doux », « maternants », et très professionnels dans l’exercice de leur profession. Que de dires flatteurs mais malheureusement réduis à la population de femmes en ayant fait l’expérience. Bien sûr, on ne peut nier l’existence possible de quelques cas contraires, même s’ils restent particuliers et isolés…La nullipare et la primipare ont donc le droit d’en douter. Mon point va désormais s’attacher, sinon à les convaincre, du moins à les rassurer, angoissées qu’elles sont, très logiquement, du premier enfantement. L’esprit est alors taraudé par l’idée de la souffrance paroxystique à venir, des complications et des risques plausibles, et par une obnubilation maladive : la normalité de l’enfant (poursuite chimérique de l’enfant parfait !). Elles s’abandonnent donc, on peut le comprendre, plus aisément à leurs émotions premières et maternelles qu’à leur raison, dans cet événement inoubliable, tant par le merveilleux qu’il revêt que par le stress envahissant qui l’accompagne.

 Premièrement, être génitrice, ou géniteur d’ailleurs, ne fait pas de vous une mère ou un père. Etre parent ne signifie pas simplement d’engendrer, encore faut-il atteindre un ordre supérieur, celui de l’éducation et de l’affectif, pour le devenir. Ces enfants deviendront « ses enfants » lorsque la génitrice, ou le géniteur, s’élèvera jusqu’à cette sphère supérieure, et alors seulement. Ainsi, l’expérience de la maternité (ou paternité) ne garantie en rien des soins plus « maternants » de la part du professionnel considéré.

Deuxièmement, pour ceux qui m’objecteraient que malgré cela, ces femmes, riches de cette expérience personnelle, ne peuvent qu’être source de conseils avisés, je répondrais que cela reviendrait à dire que toute mère serait susceptible, dans la mesure du possible, de conseiller sagement la parturiente dans ce qu’elle traverse. Comme si son expérience personnelle pouvait se substituer, plus ou moins, au savoir technique du professionnel…

Enfin, pour ceux qui s’accorderaient sur le primat du savoir technico-médical par rapport à l’expérience individuelle, mais qui soutiendraient tout de même que ce dernier représente un plus, un bénéfice indiscutable, je réfuterais en ces termes : Tout professionnel de santé à un devoir de neutralité et d’objectivité envers tous ses patients. La subjectivité n’est qu’un trompe l’œil et à pour corollaire de nous enfermer dans les recoins étroits d’une obstination. Encore une fois, on ne peut traiter deux patients de façon rigoureusement identique car chacun est différent ! En cela donc, le professionnel doit abandonner son expérience subjective de l’enfantement, si tel est le cas, et se focaliser uniquement sur le savoir technico-médical qu’il détient, tout en faisant preuve d’éclectisme et d’objectivité. Bien sûr occulter le sujet est à exclure, je n’appelle pas à une stricte considération du savoir, en marge du sujet! J’appelle à une « coexistence » entre savoir et subjectivité du sujet (la patiente), en revanche dénuée, si tel est le cas, du poids de l’expérience maternelle de l’intervenante…

 En somme, mesdames et mesdemoiselles, n’ayez crainte! Tous ces professionnels (hommes ou femmes, parents ou non) sont formés de la même manière, dans l’optique évidente d’être des professionnels compétents, riches de toutes les qualités indispensables au métier de sage-femme (à l’écoute, empathique, communiquant, diligent, diplomate, consciencieux, etc…). Les quelques cas contraires potentiels seraient particuliers et isolés, comme je le disais, mais surtout ne reposeraient aucunement sur le sexe ou l’absence de maternité (paternité) des dits professionnels !

 Alexandre Aubras

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