Sage-Femme : Une profession médicale digne d’estime et pourtant…

Bien qu’il s’agisse d’une profession historique, qui plus est inhérente à l’humanité, la profession de sage-femme demeure indubitablement méconnue du grand public : quelle antinomie singulière et affligeante !

Pourtant en rien archaïque, entremêlant même science, humain et technique, et malgré le dynamisme qu’elle revêt, elle reste enfermée dans les carcans de l’anonymat, sujette à un sérieux manque de considération.

Elle qui aurait dû faire l’objet de toutes les curiosités alentours, s’instituer comme une faramineuse source de questionnement, et insuffler à tout à chacun respect, envie, voire enjouement, connait en vérité davantage le dédain de quelques esprits candides et ignorants de notre société. Pour autant, pouvons-nous leur en vouloir ? Les plus frivoles conjectureront peut-être que le blâme est à jeter sur les sages-femmes, qui par « excès de passivité » ont cautionné une telle « désacralisation » de la profession. Personnellement, je ne pense pas qu’il soit sage et raisonnable de se réduire à si peu. C’est pour moi un raisonnement tout à la fois trop simpliste et insidieux. Certes nous pouvons leur faire grief d’une information ou d’une « sensibilisation » trop infime de leur vocation auprès des jeunes générations. À un point tel, il est vrai, qu’aujourd’hui bon nombre d’entre eux, y compris chez les plus vieux, méconnaissent l’essence de cette profession pourtant tout aussi humaine et scientifique que la médecine. Or l’ignorance est un terreau fertile et généralement propice à la floraison des préjugés, de ces inepties inénarrables qui infestent désormais la conscience collective de la société. Il est clair aussi qu’il revient aux sages-femmes d’asséner leurs opinions et d’exposer en des termes clairs l’étendue de leurs compétences médicales. Néanmoins, ces dernières doivent dans un premier temps faire preuve d’un professionnalisme irréfutable sur la scène hospitalière de façon à légitimer d’autant plus leurs doléances et d’annihiler en grande partie les diatribes que l’on pourrait leur faire : tout manque de professionnalisme saura être utilisé par leurs détracteurs et allégué pour contrer leurs revendications. Nonobstant la véhémence que ces dernières pourraient mettre dans ce sacerdoce, cette quête de reconnaissance tout à fait légitime au travers d’un professionnalisme exemplaire et distinct, cela ne suffirait pas ! Ce n’est qu’un pas. Quel pessimisme ! (me diriez vous).
Je réfuterais quant à moi et rectifierais l’énoncé par : quel pragmatisme ! Ce n’est qu’un pas, mais j’ajouterais : « pas des moindres », puisqu’il permet de « mettre la machine en route » et de consolider la crédibilité aux yeux de tous. En revanche, singer le professionnalisme du médecin dans l’espoir fallacieux de bénéficier d’une considération « comparable », seul, n’est qu’un leurre incontestable : nous devons également nous faire entendre !

Alexandre AUBRAS

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