La Sage-Femme, une auxiliaire du médecin ?!!

Quelle ineptie révoltante ! Et à ce point courante dans notre société que l’indignation que peuvent alors nous insuffler les dires de ces esprits ignorants, sans offusquer quiconque, est susceptible de se transcender et de justifier quelques fulminations…

Bien sûr, je ne chercherai pas ici à dénigrer d’une quelconque façon ces gens, qui ne sont en aucun cas, j’en suis sûr, malintentionnés en ces termes. Comme je vous l’ai déjà signalé dans un article précédent, l’ignorance est l’un des maux qui nuit aujourd’hui à l’épanouissement de la profession. Je veux donc être clair, mon point n’est pas de fustiger ces personnes, ni même leur maladresse, mais au contraire de les « éduquer » sur l’essence de notre métier. Or la réalité que l’on nous dépeint, plaît-il ou non, est telle que nombreux voient les sages-femmes comme des auxiliaires hospitalières, comme des paramédicaux sous la tutelle des médecins. Ainsi j’ai pensé approprié de se pencher sur le sujet quelques instants.

En effet, quand on a connaissance du cursus des cinq années post-bac qu’exige la formation jusqu’au Diplôme d’État de Sage-Femme, soit : une première année PACES sanctionnée par un numerus clausus (au même titre que médecine), à laquelle se succèdent ensuite quatre années en École de Sage-Femme, cette maladresse a de quoi irriter quelque peu. D’autant qu’une trop grande incohérence pèse, entre un niveau master tout juste reconnu, les exigences et les risques qui incombent à la profession d’un côté, et un salaire et une pseudo « reconnaissance socioprofessionnelle » qui désavoue plus ou moins tout cela de l’autre. Il me semble alors nécessaire d’insister d’emblée sur l’Autonomie de la profession, une caractéristique de premier plan qui se juxtapose alors à la Compétence Médicale (et non paramédicale) du métier de sage-femme :

« Exerçant une profession médicale, la sage-femme assure, en toute autonomie, la surveillance de la grossesse normale, du travail et de l’accouchement, ainsi que les soins à la mère et à l’enfant après l’accouchement.[…] En cas de pathologie, elle exerce le cas échéant en collaboration avec le médecin. »

(http://www.ordre-sages-femmes.fr)

La redondance étant matière d’apprentissage j’appuie donc sur le fait que la sage-femme est susceptible de prendre en charge cinq profils distincts : la femme en suivi gynécologique, la femme gestante, la femme en travail, la femme accouchée et le nouveau-né, dans les diverses circonstances qui ponctuent son activité, de la déclaration de grossesse aux suites de couches. De même je souligne, en me focalisant exclusivement sur l’accouchement, que la sage-femme en a l’apanage dès lors que celui-ci est établi comme eutocique, c’est-à-dire physiologique, ce qui revient à la très grande majorité d’entre eux. En revanche si celle-ci diagnostique un accouchement dit dystocique, autrement dit pathologique, alors elle a le devoir dans cette situation particulière de faire appel au médecin, à la suite de quoi ces derniers s’y emploieront en collaboration. A souligner qu’il ne s’agit évidemment pas d’une prise en charge absolue et unilatérale du médecin cadrée dans une relation strictement asymétrique, relation au sein de laquelle la sage-femme ne serait plus qu’une subordonnée aux ordres de celui-ci !

Aux fantasmagories de la scène hospitalière qui alimentent l’imaginaire collectif, s’oppose une réalité fort heureusement moins inique dont chacun doit avoir conscience…

Alexandre AUBRAS

 

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Les tiers-temps de la reconnaissance ?

Primo : Union et Sensibilisation. Nous devrions tous, étudiants comme professionnels en maïeutique, conjuguer nos efforts de façon à faire bloc sans faille, car comme vous le savez : « L’Union fait la Force ! ». De surcroît, ensemble, nous devrions susciter davantage l’intérêt du grand public via une sensibilisation « racoleuse » : forum des métiers, blogs, interventions scolaires, etc… La finalité ultime est noble : La déconstruction des préjugés qui pèsent et nuisent à l’épanouissement de la profession sur le plan socioprofessionnel, et le gain d’une reconnaissance due ! L’information est une force indéniable ! Gardons à l’esprit que nous ne nous arrogeons rien, la vérité est que nous réclamons simplement ce qui nous revient de droit !

Deusio : Éducation et Exemplarité. Il ne s’agit pas de conspuer, encore moins d’invectiver ou de vociférer contre nos élites, mais simplement de faire acte de diplomatie. Sans être exhaustif, le but réside dans l’éducation et l’exemplarité. Nous devons faire savoir à nos politiques que nous sommes bien une profession à compétence médicale, qu’en ce sens nous méritons amplement d’être reconnus comme tel, au même titre que les médecins le sont à leur échelle. En conséquence, nous attendons expressément d’eux qu’un meilleur statut nous soit concédé, un statut encore une fois qui nous sera propre et approprié. Dans cette optique bien sûr, un professionnalisme exemplaire est une plus-value à notre crédibilité et une démonstration « de force » de nos compétences.

« La formation initiale à la profession de sage-femme a pour finalité de conduire les étudiants à l’exercice d’une compétence médicale et d’une réelle responsabilité, dans l’objectif de la meilleure prise en charge possible des patientes et des nouveaux-nés »

(http://www.ordre-sages-femmes.fr)

« Exerçant une profession médicale, la sage-femme effectue, en toute autonomie, l’examen prénatal nécessaire à la déclaration de grossesse, assure le suivi médical de la grossesse, le dépistage des facteurs de risque et des pathologies, effectue l’accompagnement psychologique de la futur mère et les séances de préparation à l’accouchement. La sage-femme prescrit les examens et thérapeutiques (médicaments, vaccinations, dispositifs médicaux) nécessaires au bon déroulement de la grossesse, de l’accouchement et des suites de couches. Elle pratique également les consultations, les échographies obstétricales, y compris dans le cadre du diagnostic anténatal, l’accouchement et ses suites. »

(http://www.ordre-sages-femmes.fr)

Comme vous avez pu le constater à l’aide des extraits précédents, les sages-femmes bénéficient clairement du statut de profession médicale, un qualificatif trop souvent occulté! De même l’autonomie est inhérente à sa profession, l’accouchement n’est pas l’apanage des gynécologues-obstétriciens mais davantage celui des sages-femmes, qui ne sont en aucun cas leurs auxiliaires et sous leur tutelle permanente. Enfin un large panel de compétences et de responsabilités leur incombe. Elles doivent faire preuve de psychologie, de diplomatie, conserver aux mieux sang froid et lucidité dans toutes les situations, faire usage de réflexion, avoir un sens du relationnel, une capacité d’écoute accrue, être disponible, prescrire, établir un diagnostic, etc…

Tercio : Croire et Partager.

« Celui qui déplace la montagne, c’est celui qui commence à enlever les petites pierres »

(Confucius)

Rien est impossible, il suffit d’y croire ! Il semble clair que si l’on ne débute rien, alors oui on ne parviendra à rien… Se lancer tout en sachant que le processus sera lent, progressif et très certainement harassant, voici ce qui est sage. Lire attentivement les propos tenus sur ce blog sont un premier pas en avant, le partager, vous renseigner, parler autour de vous, critiquer, partager des idées, soutenir, dénoncer des préjugés…sont autant de pas qui nous permettront à tous d’avancer. A tout grand combat il faut un début, soyez-en les instigateurs, les promoteurs, les éclaireurs !

Alexandre AUBRAS

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Sage-Femme : Une profession médicale digne d’estime et pourtant…

Bien qu’il s’agisse d’une profession historique, qui plus est inhérente à l’humanité, la profession de sage-femme demeure indubitablement méconnue du grand public : quelle antinomie singulière et affligeante !

Pourtant en rien archaïque, entremêlant même science, humain et technique, et malgré le dynamisme qu’elle revêt, elle reste enfermée dans les carcans de l’anonymat, sujette à un sérieux manque de considération.

Elle qui aurait dû faire l’objet de toutes les curiosités alentours, s’instituer comme une faramineuse source de questionnement, et insuffler à tout à chacun respect, envie, voire enjouement, connait en vérité davantage le dédain de quelques esprits candides et ignorants de notre société. Pour autant, pouvons-nous leur en vouloir ? Les plus frivoles conjectureront peut-être que le blâme est à jeter sur les sages-femmes, qui par « excès de passivité » ont cautionné une telle « désacralisation » de la profession. Personnellement, je ne pense pas qu’il soit sage et raisonnable de se réduire à si peu. C’est pour moi un raisonnement tout à la fois trop simpliste et insidieux. Certes nous pouvons leur faire grief d’une information ou d’une « sensibilisation » trop infime de leur vocation auprès des jeunes générations. À un point tel, il est vrai, qu’aujourd’hui bon nombre d’entre eux, y compris chez les plus vieux, méconnaissent l’essence de cette profession pourtant tout aussi humaine et scientifique que la médecine. Or l’ignorance est un terreau fertile et généralement propice à la floraison des préjugés, de ces inepties inénarrables qui infestent désormais la conscience collective de la société. Il est clair aussi qu’il revient aux sages-femmes d’asséner leurs opinions et d’exposer en des termes clairs l’étendue de leurs compétences médicales. Néanmoins, ces dernières doivent dans un premier temps faire preuve d’un professionnalisme irréfutable sur la scène hospitalière de façon à légitimer d’autant plus leurs doléances et d’annihiler en grande partie les diatribes que l’on pourrait leur faire : tout manque de professionnalisme saura être utilisé par leurs détracteurs et allégué pour contrer leurs revendications. Nonobstant la véhémence que ces dernières pourraient mettre dans ce sacerdoce, cette quête de reconnaissance tout à fait légitime au travers d’un professionnalisme exemplaire et distinct, cela ne suffirait pas ! Ce n’est qu’un pas. Quel pessimisme ! (me diriez vous).
Je réfuterais quant à moi et rectifierais l’énoncé par : quel pragmatisme ! Ce n’est qu’un pas, mais j’ajouterais : « pas des moindres », puisqu’il permet de « mettre la machine en route » et de consolider la crédibilité aux yeux de tous. En revanche, singer le professionnalisme du médecin dans l’espoir fallacieux de bénéficier d’une considération « comparable », seul, n’est qu’un leurre incontestable : nous devons également nous faire entendre !

Alexandre AUBRAS

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Bonjour tout le monde !

Chères lectrices, chers lecteurs, bienvenue à vous !

Dans le cadre de notre formation, nous souhaitions en tant qu’étudiants à l’école de Sages-Femmes d’Angers créer un blog remplissant les objectifs suivants :
– Mettre en exergue le manque de reconnaissance dont le métier de sage-femme est victime.
– Amener le plus grand nombre de personnes à admettre la légitimité du diplôme et du niveau d’étude des sages-femmes.
– Dénoncer les préjugés et les idées reçues concernant les compétences exercées par les sages-femmes.
– Proposer des articles favorisant le débat d’idées et la réflexion autour du métier de sage-femme.
– Conduire à une meilleure (re)considération du métier et de la formation sage-femme.

Être sage-femme, c’est exercer une profession médicale et autonome qui nécessite cinq années d’études, cela ne mérite-t-il pas d’être reconnu ?

N’hésitez pas à nous faire part de vos remarques, suggestions d’articles et de tous commentaires constructifs qui permettraient de faire avancer le débat.

GAUDIN Florian

AUBRAS Alexandre

Source vidéo : http://www.youtube.com

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