{"id":979,"date":"2018-11-11T15:34:10","date_gmt":"2018-11-11T14:34:10","guid":{"rendered":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/rj45\/?p=979"},"modified":"2018-11-12T08:57:14","modified_gmt":"2018-11-12T07:57:14","slug":"un-an-et-et-puis-un-autre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/rj45\/2018\/11\/11\/un-an-et-et-puis-un-autre\/","title":{"rendered":"Un an et et puis un autre"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: right\"><em>Contexte : voici dix ans, la promotion DCB15, dite\u00a0promotion <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Flora_Tristan\" target=\"_blank\">Flora Tristan<\/a>, quittait <a href=\"http:\/\/www.enssib.fr\/\" target=\"_blank\">l&rsquo;Enssib<\/a>.\u00a0<\/em><em style=\"font-weight: 300\">Afin de marquer cet anniversaire, l&rsquo;id\u00e9e de cr\u00e9er un site web regroupant des t\u00e9moignages des membres de cette promotion se penchant sur leurs parcours\u00a0 professionnels individuels a \u00e9merg\u00e9 mais, pour diverses raisons, cette id\u00e9e n&rsquo;est rest\u00e9e qu&rsquo;une id\u00e9e, et le site \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat de brouillon.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><em>Voici toutefois\u00a0le billet que j&rsquo;ai \u00e9crit pour l&rsquo;occasion. Il synth\u00e9tise 3650 jours.<\/em><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-980\" alt=\"clavier-article-daniel\" src=\"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/rj45\/files\/2018\/11\/clavier-article-daniel-300x168.jpg\" width=\"300\" height=\"168\" srcset=\"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/rj45\/files\/2018\/11\/clavier-article-daniel-300x168.jpg 300w, https:\/\/blog.univ-angers.fr\/rj45\/files\/2018\/11\/clavier-article-daniel-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/blog.univ-angers.fr\/rj45\/files\/2018\/11\/clavier-article-daniel-500x281.jpg 500w, https:\/\/blog.univ-angers.fr\/rj45\/files\/2018\/11\/clavier-article-daniel.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/>J&rsquo;ai souvenir des derniers jours et de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 qui commen\u00e7ait, des rendez-vous avec les recruteurs, de nos mines endimanch\u00e9es dans les couloirs o\u00f9 restait encore un peu d&rsquo;ombre, du sentiment que j&rsquo;avais de la fin de l&rsquo;ann\u00e9e, peu ou prou bien le m\u00eame que celui qui, depuis mes premi\u00e8res rentr\u00e9es, termine toujours le mois de juin\u00a0\u2014 une impression de fin qui n&rsquo;a aucun retour, cette urgence que l&rsquo;on sent \u00e0 dire ce qu&rsquo;il faut dire, et puis aussi \u00e9videmment, la peur de ce qui vient derri\u00e8re le long tunnel \u00e9clatant du soleil, la rentr\u00e9e qui s&rsquo;annonce et avec elle aussi, les premiers pas de professionnel qu&rsquo;on sait ne pas \u00eatre du tout.<\/p>\n<h1>Et dix-huit mois apr\u00e8s le premier jour<\/h1>\n<p>Nous sortions de mois qui avaient \u00e9t\u00e9, eux aussi, un tunnel. Les images sont nombreuses qu&rsquo;on accumule en tant de jours, mais il surnage quelques moments, qui seraient des virages. Et le premier, ce sont ces premiers jours de la premi\u00e8re semaine o\u00f9 les visages, les figures, ont commenc\u00e9 \u00e0 se poser sur des noms, des gens, pendant que je me demandais s&rsquo;il me fallait rester tant je ressentais l&rsquo;\u00e9norme d\u00e9calage qu&rsquo;il y avait entre moi, ce que je savais, ce que j&rsquo;\u00e9tais, et ce que je pressentais, sentais, des personnes tout autour, \u00e0 mes yeux stratosph\u00e9riquement intelligentes et brillantes. \u00c9videmment, je suis rest\u00e9, il le fallait, ne serait-ce que pour voir o\u00f9 \u00e7a irait.<\/p>\n<p>Je me souviens aussi de la premi\u00e8re fois o\u00f9 quelqu&rsquo;un, qui est ici sans doute \u00e0 lire, m&rsquo;a parl\u00e9 de WordPress, lequel WordPress, ironie de l&rsquo;histoire ou information de fait sur la persistance de l&rsquo;outil, fait tourner le site sur lequel nous sommes \u00e0 pr\u00e9sent, devisant du temps qui passe et du m\u00e9tier qui reste. Moi qui avait jusque l\u00e0 un petit site cach\u00e9 quelque part sur le Web et dont les pauvres pages, qui faisaient ma grande fiert\u00e9, \u00e9taient faites d&rsquo;un HTML garanti main, je d\u00e9couvrais soudain la puissance d&rsquo;un CMS, la facilit\u00e9 qu&rsquo;il donnait \u00e0 organiser les contenus, cette libert\u00e9 que la s\u00e9paration de la forme et du\u00a0 fond permettait, et qui faisait qu&rsquo;avec peu de clics, rapidement, un site web pouvait changer du tout au tout, au moins visuellement, ce qui n&rsquo;est pas rien dans l&rsquo;exp\u00e9rience qu&rsquo;on en a comme lecteur.<\/p>\n<p>Je me souviens \u00e9galement de la d\u00e9couverte de XML, des cours plein de malices sur un sujet pourtant aride, de l&rsquo;\u00e9merveillement que j&rsquo;ai ressenti devant la simplicit\u00e9 de ce langage et de son extensibilit\u00e9, de ce qu&rsquo;il laissait deviner de possibles et \u00e0 \u00e9voquer cela, je m&rsquo;aper\u00e7ois sans surprise que\u00a0 j&rsquo;ai tout oubli\u00e9 ou presque de ce que j&rsquo;ai appris alors, \u00e0 part quelques noms, TEI, XSL-FO\u00a0\u2014 l&rsquo;une des choses qui \u00e9mergent pour moi dans le bilan de ces dix ann\u00e9es \u00e9coul\u00e9es, c&rsquo;est \u00e0 quel point les savoirs techniques sont volatiles d\u00e8s lors qu&rsquo;on ne les utilise plus au quotidien.<\/p>\n<p>Je me souviens, encore, et ce ne sont que deux exemples<sup><a id=\"ref1\" href=\"#fn1\">1<\/a><\/sup>, de grands moments de plaisir intellectuel. Je peux citer ainsi un cours sur FRBR magistralement men\u00e9 par un intervenant dont j&rsquo;ai oubli\u00e9 le nom, et qui a eu l&rsquo;heureuse et p\u00e9dagogique id\u00e9e de nous faire refaire, <em>from scratch<\/em> et sous forme de travaux pratiques de groupes, le parcours intellectuel qui avait conduit \u00e0 l&rsquo;\u00e9laboration du mod\u00e8le FRBR : pour une fois, foin d&rsquo;un cours magistral, nous avons r\u00e9fl\u00e9chi comme des fous, les migraines ont \u00e9t\u00e9 nombreuses mais payantes, et j&rsquo;ai encore en moi la joie de ce jour\u00a0de sentir mes neurones s&rsquo;agiter en tout sens telles des puces devenues folles.<\/p>\n<p>Je peux aussi citer l&rsquo;<em>Enssib parall\u00e8le<\/em>, une s\u00e9rie de mini-expos\u00e9s que nous organisions le soir au sein de la promotion sur un principe simple : n&rsquo;importe qui d&rsquo;entre nous avait toute latitude pour intervenir sur un sujet lui tenant \u00e0 c\u0153ur, devant notre auditoire volontaire. Ce petit dispositif, je le sais, a \u00e9norm\u00e9ment compt\u00e9 \u00e0 mes yeux, en ce qu&rsquo;il m&rsquo;a permis de d\u00e9couvrir la palette impressionnante des int\u00e9r\u00eats multiples des personnes partageant mon quotidien d&rsquo;\u00e9l\u00e8ve-conservateur\u00a0\u2014 j&rsquo;ai confirm\u00e9 l\u00e0, je crois, l&rsquo;impression diffuse que j&rsquo;avais de la force du collectif, impression qui n&rsquo;a fait que se confirmer au long des mois de notre formation puis plus tard, mais j&rsquo;y reviendrai.<\/p>\n<h1>J&rsquo;ai fait mes premiers pas<\/h1>\n<p>J&rsquo;ai \u00e9voqu\u00e9 plus haut la p\u00e9riode finale, celle o\u00f9 la promotion s&rsquo;alignait en face des postes propos\u00e9s aux sortants d&rsquo;\u00e9cole par les \u00e9tablissements pr\u00eats \u00e0 accueillir dans leurs rangs des d\u00e9butants, ou presque<sup><a id=\"ref2\" href=\"#fn2\">2<\/a><\/sup>. Pour moi, ce moment crucial n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 d&rsquo;aucune tension : le hasard avait bien fait les choses, le poste de mes r\u00eaves, que je lorgnais depuis des mois, s&rsquo;\u00e9tait par miracle lib\u00e9r\u00e9, les rendez-vous de contact avaient \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 en amont du mouvement de sortie et pour tout dire, la fiche du poste en question, propos\u00e9e aux sortants de la DCB 15, \u00e9tait profil\u00e9e pour que je sois quasi le seul \u00e0 y correspondre. De fait, mes camarades m&rsquo;ont laiss\u00e9 sans d\u00e9battre aller o\u00f9 je voulais.<\/p>\n<p>On \u00e9voque peu le stress du d\u00e9butant. Il y a un soir, il y a un matin, et l&rsquo;on passe d&rsquo;un seul coup d&rsquo;\u00e9l\u00e8ve-conservateur \u00e0 professionnel des biblioth\u00e8ques dont tout le monde, et en particulier les \u00e9quipes qu&rsquo;il encadre, est en droit d&rsquo;attendre qu&rsquo;il le soit, professionnel, alors m\u00eame que par d\u00e9finition, c&rsquo;est impossible, puisque manque l&rsquo;essentiel : une exp\u00e9rience.<\/p>\n<p>Pour ce qui me concerne, la difficult\u00e9 a \u00e9t\u00e9 relative, mon ancien m\u00e9tier m&rsquo;ayant habitu\u00e9 \u00e0 plus lourd, plus tendu, plus impr\u00e9visible surtout, mais tout de m\u00eame, du jour au lendemain, me voil\u00e0 \u00e0 prendre la t\u00eate d&rsquo;une \u00e9quipe Bibnum et la rel\u00e8ve de mon pr\u00e9d\u00e9cesseur \u00e0 cette place de <em>responsable de la section Biblioth\u00e8que num\u00e9rique de la Bu d&rsquo;Angers<\/em> dont le moins qu&rsquo;on puisse dire est qu&rsquo;il (mon pr\u00e9d\u00e9cesseur) en a sous le capot \u2014 il est des situations de challenge qui vous poussent \u00e0 travailler encore mieux, et plus, et celle-l\u00e0 en a \u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Pour l&rsquo;essentiel, de ces sept ann\u00e9es pass\u00e9es \u00e0 piloter cette section assez particuli\u00e8re au sens o\u00f9 elle \u00e9tait, dans l&rsquo;organigramme, l&rsquo;\u00e9quivalent des deux autres sections <em>physiques <\/em>de l&rsquo;\u00e9tablissement,\u00a0ce qui symboliquement et politiquement, \u00e9tait un geste fort, les apprentissages ont \u00e9t\u00e9 principalement techniques avec \u00e9videmment, une masse d&rsquo;outils \u00e0 appr\u00e9hender ; et organisationnels, tout particuli\u00e8rement dans ce qui concerne les interactions avec les autres services de l&rsquo;Universit\u00e9 : je n&rsquo;imaginais pas jusqu&rsquo;alors \u00e0 quel point une Universit\u00e9 est un \u00e9co-syst\u00e8me complexe avec lequel il faut composer, un paquebot qui si agile qu&rsquo;il se veuille ne change pas de trajectoire aussi rapidement qu&rsquo;il le faudrait, qu&rsquo;on le voudrait.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s ces premiers pas, diverses circonstances sur lesquelles il n&rsquo;est pas n\u00e9cessaire de revenir firent que j&rsquo;en vins \u00e0 quitter la biblioth\u00e8que pour rejoindre la Direction du D\u00e9veloppement Num\u00e9rique de l&rsquo;Universit\u00e9 d&rsquo;Angers, plus connue partout ailleurs sous l&rsquo;intitul\u00e9 de D.S.I., sur un projet de p\u00f4le h\u00e9berg\u00e9 au <a href=\"http:\/\/labua.univ-angers.fr\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Lab&rsquo;UA<\/a> et se donnant pour mission d&rsquo;accompagner les chercheurs sur leurs donn\u00e9es et publications. Durant deux ann\u00e9es, la difficult\u00e9 se r\u00e9v\u00e9la alors tout \u00e0 la fois, de maintenir \u00e0 flot un p\u00f4le cr\u00e9\u00e9 ex-nihilo ; et de le rendre visible et audible aupr\u00e8s des chercheurs, sur des th\u00e9matiques dont ils peuvent \u00eatre parfois \u00e9loign\u00e9s. La t\u00e2che fut difficile, et le p\u00f4le ne d\u00e9passa son deuxi\u00e8me anniversaire, le Lab&rsquo;UA se recentrant sur un support strictement p\u00e9dagogique. \u00c9videmment, la pilule s&rsquo;av\u00e9ra un peu am\u00e8re, mais de cette p\u00e9riode, il reste <a href=\"http:\/\/okina.univ-angers.fr\/\" target=\"_blank\">Okina<\/a>, <a href=\"http:\/\/bbf.enssib.fr\/contributions\/une-breve-histoire-d-okina\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">l&rsquo;archive ouverte institutionnelle qui fut mont\u00e9e au sein du p\u00f4le Donn\u00e9es et Publications de la Recherche<\/a> que je pilotais alors\u00a0\u2014 pour Okina, je n&rsquo;ai pas fait grand chose sinon pousser \u00e0 la roue, mais c&rsquo;est une fiert\u00e9, assur\u00e9ment, d&rsquo;avoir <a href=\"http:\/\/okina.univ-angers.fr\/publications\/ua14437\">montr\u00e9 avec mon \u00e9quipe d&rsquo;alors<\/a> qu&rsquo;un tel projet pouvait parfaitement \u00eatre mont\u00e9, et tr\u00e8s rapidement encore, si l&rsquo;on se remontait vraiment les manches.<\/p>\n<p>Depuis ? Depuis, je reste \u00e0 la\u00a0Direction du D\u00e9veloppement Num\u00e9rique de l&rsquo;Universit\u00e9 d&rsquo;Angers, en responsable cette fois du tout r\u00e9cent <em>Service de Transformation Num\u00e9rique<\/em>, un petit service (par la taille, mais <a href=\"http:\/\/okina.univ-angers.fr\/publications\/ua15097\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">les gerboises vont toujours plus vite que les \u00e9l\u00e9phants<\/a>) dont la mission est d&rsquo;accompagner l&rsquo;Universit\u00e9 sur l&rsquo;int\u00e9gralit\u00e9 de sa strat\u00e9gie num\u00e9rique (vaste programme, li\u00e9 aussi de fait \u00e0 mon statut officiel r\u00e9cent de <a href=\"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/rj45\/2017\/06\/06\/le-general-en-chef-des-doigts\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">CDO<\/a>\u00a0de l&rsquo;Universit\u00e9).<\/p>\n<p>Voil\u00e0, esquiss\u00e9e en quelques lignes, dix ann\u00e9es. L&rsquo;exercice en cours ici est celui d&rsquo;un bilan, d&rsquo;un regard r\u00e9trospectif sur le chemin fait, les ann\u00e9es \u00e9coul\u00e9es. Si dix ann\u00e9es constituent un vaste vivier o\u00f9 piocher de quoi r\u00e9fl\u00e9chir, \u00e0 m&rsquo;y pencher, je vois que des lignes de forces se dessinent dans mon parcours, qui ne sont pas si nombreuses qu&rsquo;elles ne puissent pas \u00eatre \u00e9voqu\u00e9es toutes ici.<\/p>\n<h1>Des biblioth\u00e8ques pour tout et puis pour tous<\/h1>\n<p>Lors du concours de conservateur, au moment du grand oral (appelons-le comme cela histoire de rendre ce rite de passage solennel), l&rsquo;un des membres du jury m&rsquo;avait pos\u00e9 une question dont je savais qu&rsquo;elle arriverait<sup><a id=\"ref3\" href=\"#fn3\">3<\/a><\/sup> : passant ledit concours en interne, mais comme Conseiller Principal d&rsquo;\u00c9ducation, m\u00e9tier qui peut para\u00eetre lointain des biblioth\u00e8ques, je sentais qu&rsquo;il me faudrait justifier cette bifurcation professionnelle. Cela me manqua pas : <em>Pourquoi voulez-vous donc devenir Conservateur des biblioth\u00e8ques, vous qui \u00eates CPE ? Ce sont des m\u00e9tiers tr\u00e8s diff\u00e9rents, non ?<\/em>, me demanda-t-il.<\/p>\n<p>La r\u00e9ponse est facile. Les m\u00e9tiers paraissent certes diff\u00e9rents, et de beaucoup, et rien ne semble relier le CPE intervenant au milieu d&rsquo;un conflit, voire d&rsquo;une bagarre, au Conservateur des Biblioth\u00e8ques en charge du num\u00e9rique. Mais il y a des points communs, qu&rsquo;on peut r\u00e9sumer par cette phrase qui a \u00e9t\u00e9, peu ou prou, ma r\u00e9ponse alors :\u00a0<em>dans une biblioth\u00e8que, dans un \u00e9tablissement scolaire, l&rsquo;enjeu est d&rsquo;accueillir tout le monde, de faire vivre tout le monde ensemble, l&rsquo;enjeu est de faire que tout le monde ait progress\u00e9 vers le meilleur quand le jour se termine, l&rsquo;enjeu est que chaque personne apprenne quelque chose au cours de son passage, dans la biblioth\u00e8que, dans l&rsquo;\u00e9tablissement scolaire, donc non, ces deux m\u00e9tiers, dans leurs vis\u00e9es, ne sont pas tellement diff\u00e9rents quand seuls les \u00e9loignent les moyens dont ils disposent, et encore<\/em>.<\/p>\n<p>Cette r\u00e9ponse est certes un peu grandiloquente, il faut s&rsquo;imaginer le cadre, le jury, le candidat dans son costume \u00e0 peine \u00e9trenn\u00e9 et qu&rsquo;il ne portera plus gu\u00e8re, la tension qui r\u00e8gne, quoi qu&rsquo;on dise. Mais le fond, lui, n&rsquo;a pas pris une ride et de ces dix ann\u00e9es, chacune de mes actions, chacun de mes projets, au final, a tendu vers cela, participer \u00e0 ce que nous, usagers que nous sommes ou servons, professionnels avec lesquels nous travaillions, progressions ensemble vers un meilleur dont je crois profond\u00e9ment qu&rsquo;il passe par le savoir et la culture, tous les savoirs, toutes les cultures.<\/p>\n<p>De l\u00e0, \u00e9videmment, on rejoint facilement d&rsquo;autres th\u00e9matiques qui me sont ch\u00e8res, celles de l&rsquo;acc\u00e8s ouvert, libre, et gratuit autant que faire se peut, \u00e0 des savoirs, des cultures, des outils, en fait, tous ces mouvements dont le nom commence par <em>Open<\/em> ou se termine, francis\u00e9, par <em>Ouvert.e\u00a0<\/em>et parmi lesquels \u00e9videmment, la th\u00e9matique de l&rsquo;Open Access, dont je pense, pour en avoir parl\u00e9 ailleurs, ce qui m&rsquo;\u00e9vitera d&rsquo;y revenir ici, qu&rsquo;<a href=\"http:\/\/okina.univ-angers.fr\/publications\/ua15943\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">elle est un combat fondamental pour les Biblioth\u00e8ques universitaires<\/a>, combat qui, en dix ann\u00e9es, n&rsquo;a pas \u00e0 mes yeux avanc\u00e9 assez<sup><a id=\"ref4\" href=\"#fn4\">4<\/a><\/sup>.<\/p>\n<p>Mais pour ne pas quitter le sillon premier, ce que j&rsquo;ai appris en ces ann\u00e9es, c&rsquo;est que la biblioth\u00e8que, assur\u00e9ment, \u00e9tait l&rsquo;un des hauts lieux o\u00f9 il m&rsquo;\u00e9tait possible d&rsquo;\u0153uvrer aussi, comme auparavant dans la cour du lyc\u00e9e, \u00e0 un bien-vivre ensemble, \u00e0 un bien-vivre mieux, intelligent ; et aussi, que la biblioth\u00e8que, comme hub, lieu de croisements, de partages, \u00e9tait certainement l&rsquo;un des lieux les plus ad\u00e9quats pour y faire preuve d&rsquo;humanit\u00e9, fut-elle num\u00e9rique (ce qu&rsquo;elle est et sera, sans aucun doute).<\/p>\n<h1>\u00c9loge de la biblioth\u00e8que (num\u00e9rique)<\/h1>\n<p>Ces ans entass\u00e9s, je les ai pass\u00e9s quasi exclusivement \u00e0 travailler des projets num\u00e9riques, par choix, par go\u00fbt, par envie, et aussi, clairement, parce que j&rsquo;ai l&rsquo;absolue certitude que la biblioth\u00e8que, c&rsquo;est la biblioth\u00e8que num\u00e9rique ou plut\u00f4t, qu&rsquo;une biblioth\u00e8que ne peut qu&rsquo;\u00eatre num\u00e9rique, ou encore, qu&rsquo;il n&rsquo;y a nulle rupture entre le monde des biblioth\u00e8ques \u00ab\u00a0physiques\u00a0\u00bb et celui, \u00e9th\u00e9r\u00e9, dans le cloud, qui serait celui o\u00f9 j&rsquo;\u00e9volue quotidiennement, comme jadis \u00e0 la BU d&rsquo;Angers, comme ensuite au Lab&rsquo;UA, comme maintenant \u00e0 un niveau plus global o\u00f9 finalement se croisent exactement, toujours, les m\u00eames enjeux, que je viens d&rsquo;\u00e9voquer, <em>le tout, pour tous.<\/em><\/p>\n<p>Lorsque je me suis install\u00e9 dans mon premier poste, je r\u00e9p\u00e9tais souvent que de disposer d&rsquo;une section num\u00e9rique, affich\u00e9e comme telle dans la structure d&rsquo;ensemble de la biblioth\u00e8que, \u00e9tait r\u00e9el signe politique quand souvent, le num\u00e9rique n&rsquo;est qu&rsquo;une vague mission transversale, voire un th\u00e8me externalis\u00e9. C&rsquo;\u00e9tait aussi pour moi un espoir, celui de voir consid\u00e9r\u00e9es les t\u00e2ches num\u00e9riques non pas comme une sp\u00e9cialit\u00e9 hors les biblioth\u00e8ques<sup><a id=\"ref5\" href=\"#fn5\">5<\/a><\/sup>, mais bien, comme une part enti\u00e8re du m\u00e9tier des biblioth\u00e8ques, au m\u00eame titre que la gestion physique des collections ou l&rsquo;accueil des flux d&rsquo;usagers, dans le continuum qui est le n\u00f4tre et se d\u00e9plie du papier toilette au cloud.<\/p>\n<p>La place du num\u00e9rique dans la biblioth\u00e8que me semble toujours pourtant aujourd&rsquo;hui faire d\u00e9bat, et mes constats vont tous encore dans le m\u00eame sens d&rsquo;une sorte de dichotomie, de coupure, entre la biblioth\u00e8que des biblioth\u00e9caires \u00ab\u00a0classiques\u00a0\u00bb, et son versant num\u00e9rique cens\u00e9ment r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 une sorte particuli\u00e8re des biblioth\u00e9caires un peu geeks rel\u00e9gu\u00e9s dans leur particularisme. Les jours o\u00f9 le pessimisme gagne, j&rsquo;ai m\u00eame tendance \u00e0 penser que la bataille est perdue parce que globalement, je constate un affaiblissement de la fonction num\u00e9rique et informatique rep\u00e9r\u00e9e comme telle dans les biblioth\u00e8ques, qui devrait \u00eatre confi\u00e9e \u00e0 des biblioth\u00e9caires sp\u00e9cialis\u00e9s<sup><a id=\"ref6\" href=\"#fn6\">6<\/a><\/sup> mais qui, donc, dispara\u00eet lentement des radars.<\/p>\n<p>Je ne sais qu&rsquo;en dire de nouveau. Je ne peux que r\u00e9p\u00e9ter ce que je ne cesse de dire, que l&rsquo;explosion faramineuse des outils num\u00e9riques, des pratiques num\u00e9riques<sup><a id=\"ref7\" href=\"#fn7\">7<\/a><\/sup>, que l&rsquo;outil fantastique que sont le Web, les terminaux mobiles que nous avons toutes et tous, comme nos usagers, dans nos poches et nos cartables, nos sacs \u00e0 dos, sont autant d&rsquo;occasions historiques, pour nous, biblioth\u00e8ques, de remplir nos missions. Je ne peux que r\u00e9p\u00e9ter que, \u00e0 un moment o\u00f9 un flot d&rsquo;informations absolument in\u00e9dit dans l&rsquo;histoire de l&rsquo;humanit\u00e9 d\u00e9boule de toutes parts, nous n&rsquo;avons jamais \u00e9t\u00e9 aussi n\u00e9cessaires pour aider \u00e0 organiser, valoriser, structurer, comprendre, critiquer, assimiler, et que cela passe par la prise en main directe et franche de ce monde num\u00e9rique, parce que la biblioth\u00e8que, en 2018, c&rsquo;est la biblioth\u00e8que num\u00e9rique (et inversement). Je ne peux que r\u00e9p\u00e9ter, enfin, de mani\u00e8re plus imag\u00e9e, que nous avons le cul sur un tas d&rsquo;or, mais que nous dormons en r\u00eavant du pass\u00e9.<\/p>\n<h1>Vers le pr\u00e9sent<\/h1>\n<p>Le pourquoi de cette situation, j&rsquo;en vois quelques explications, assez claires, d\u00e9j\u00e0 sensibles il y a dix ans, et toujours \u00e9videntes maintenant, tenant principalement au recrutement des personnels de biblioth\u00e8ques et en particulier des conservateurs. On le sait, le concours, sas d&rsquo;entr\u00e9e et filtre, ne porte aucunement sur la capacit\u00e9 \u00e0 faire, mais sur celle \u00e0 dire\u00a0\u2014 il ne s&rsquo;agit pas de montrer qu&rsquo;on sait faire, mais de dire qu&rsquo;on saura faire, dans une sorte de logique performative : <em>je sais r\u00e9fl\u00e9chir, je sais le dire, je saurai le faire, et du num\u00e9rique, comme du reste, je ne ferai qu&rsquo;une bouch\u00e9e, puisque je sais penser<\/em>.<\/p>\n<p>Il y a loin toutefois du discours au concret du monde, et pour ce qui concerne la partie qui est la mienne, il y a loin du discours sur le num\u00e9rique \u00e0 sa compr\u00e9hension \u00ab\u00a0intime\u00a0\u00bb, comme il y a loin entre les ouvrages savants d\u00e9crivant par le menu comment l&rsquo;on fait de la bicyclette, et les chutes, les crampes, le mal au fondement, qu&rsquo;est l&rsquo;exp\u00e9rience d&rsquo;une promenade \u00e0 v\u00e9lo.<\/p>\n<p>Ce ph\u00e9nom\u00e8ne, par ailleurs, est amplifi\u00e9 par les logiques de miroir, d&rsquo;entre-soi, propre \u00e0 tout concours organis\u00e9 par des structures encore tr\u00e8s classiques, regroupant des jurys dont souvent, les membres sont loin d&rsquo;avoir une exp\u00e9rience concr\u00e8te du num\u00e9rique, de celle qu&rsquo;on acquiert les mains dans le cambouis. In fine, tout est ainsi en place pour une sorte de reproduction des sch\u00e9mas et des modes de fonctionnement, tout est en place pour que les recruteurs, trop souvent loin du num\u00e9rique, recrutent leurs m\u00eames, bouclant la boucle d&rsquo;un monde qui ne saute pas le pas pour aller dans ce qui est simplement notre pr\u00e9sent, au moins, celui de tous nos usagers.<\/p>\n<p>Peut-\u00eatre qu&rsquo;il serait enfin temps ici de r\u00e9fl\u00e9chir aux missions des biblioth\u00e8ques,\u00a0au levier que repr\u00e9sentent les outils num\u00e9riques pour atteindre \u00e0 ces missions, peut-\u00eatre qu&rsquo;il serait temps de consid\u00e9rer que ces outils ne peuvent plus \u00eatre ignor\u00e9s, connus, explor\u00e9s, ma\u00eetris\u00e9s, par ceux, celles qui sont amen\u00e9s \u00e0 piloter les biblioth\u00e8ques, peut-\u00eatre qu&rsquo;il serait temps de se rendre compte, collectivement, qu&rsquo;un espace nouveau est l\u00e0, qui ne rel\u00e8ve pas d&rsquo;un ph\u00e9nom\u00e8ne de mode qu&rsquo;il suffit de laisser passer, dans lequel nous devons \u00eatre, si nous ne voulons pas qu&rsquo;il se fasse sans nous. Et peut-\u00eatre, sans doute, qu&rsquo;il serait temps de modifier radicalement les r\u00e8gles du jeu qui fonde le recrutement de ces pilotes cens\u00e9ment \u00e9clair\u00e9s en faisant de la pratique num\u00e9rique un incontournable des \u00e9preuves du concours.<\/p>\n<p>Par ailleurs, je pense aussi qu&rsquo;il est plus que temps d&rsquo;horizontaliser nos fonctionnements, que le moment est venu de d\u00e9monter les cha\u00eenes hi\u00e9rarchiques, parce que nous perdons beaucoup \u00e0 ne pas \u00e9couter, entendre, consid\u00e9rer ce qui nous vient d&rsquo;id\u00e9es, d&rsquo;envies, d&rsquo;aptitudes, de comp\u00e9tences num\u00e9riques, de la part de nos coll\u00e8gues<sup><a id=\"ref8\" href=\"#fn8\">8<\/a><\/sup> (et je pourrais ajouter, de nos usagers). Ici, mon propos est bien de dire que nos organigrammes doivent \u00eatre d\u00e9mont\u00e9s et que peut-\u00eatre, cela commence, dans le monde physique, par des choses simples, des lieux professionnels o\u00f9 le cadre, le conservateur, ne travaille plus seul dans son bureau tour d&rsquo;ivoire mais est assis aupr\u00e8s de son \u00e9quipe, dans des bureaux communs.<\/p>\n<h1>Du collectif-web<\/h1>\n<p>De tout ce temps, on tire des le\u00e7ons, sauf \u00e0 avancer sans jamais se retourner, et encore. Les lignes qui pr\u00e9c\u00e9dent esquissent les contours de certaines de ces le\u00e7ons, et peut-\u00eatre que l&rsquo;on sentira, en filigrane, une certaine d\u00e9sillusion : le d\u00e9butant qui quittait l&rsquo;Enssib en juin 2007, et le quinquag\u00e9naire l\u00e9g\u00e8rement plus aguerri maintenant, auraient beaucoup \u00e0 se dire, et s&rsquo;engueuleraient tr\u00e8s probablement s&rsquo;ils devaient se rencontrer \u00e0 la faveur de quelque pli de l&rsquo;espace-temps, le premier pensant que tout est possible rapidement, le second le temp\u00e9rant certainement avec cette sorte de lassitude\u00a0qui vient \u00e0 force de pousser sa pierre dans un environnement, des fonctionnements, qui ne changent pas, ou en tous cas, pas aussi vite que le monde autour.<\/p>\n<p>Il y a cependant un point qu&rsquo;il faut relever, pour terminer, et qui redonne espoir. J&rsquo;ai dit plus haut comment, lors des s\u00e9ances de l&rsquo;Enssib parall\u00e8le, j&rsquo;avais senti poindre la force du collectif, ce qui pouvait se passer quand des individus, si h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes qu&rsquo;ils soient, partageaient leurs connaissances et leurs diff\u00e9rences. Dans le m\u00eame temps, et je l&rsquo;ai d\u00e9couvert l\u00e0-bas, naissaient de petites choses comme Twitter ou Facebook, et grossissait une biblio-blogosph\u00e8re<sup><a id=\"ref9\" href=\"#fn9\">9<\/a><\/sup>, tous \u00e9v\u00e8nements alors anodins mais qui, \u00e0 mes yeux et avec le recul, ont particip\u00e9 \u00e0 la mise en place, dans mon domaine professionnel, d&rsquo;un collectif dont je vois s&rsquo;exprimer chaque jour la force dans les \u00e9changes \u00e0 distance qu&rsquo;il permet, dans l&rsquo;entraide qu&rsquo;il autorise, dans le rire qu&rsquo;il apporte. Mes coll\u00e8gues sont ainsi autant mes voisins de bureaux que ceux, celles dont parfois je n&rsquo;ai jamais vu le visage, mais avec qui je suis, travaille, chaque jour, au travers de l&rsquo;\u00e9cran.<\/p>\n<p>Ce changement-l\u00e0, cette extension vers l&rsquo;immat\u00e9riel d&rsquo;une force de travail, cette naissance d&rsquo;un collectif,\u00a0 cela, pour moi, est assur\u00e9ment le point positif qui surnage des dix ans et dont, je crois, peu de personnes prennent encore conscience dans mon entourage professionnel comme dans les structures de pilotage des biblioth\u00e8ques, clairement, par absence de pratique. Ici, en dix ann\u00e9es, j&rsquo;ai le sentiment tr\u00e8s fort que mon espace professionnel, et les puissances de travail comme de r\u00e9flexions que je peux y mobiliser, s&rsquo;est ouvert au-del\u00e0 de tout ce que je pouvais imaginer en quittant l&rsquo;Enssib, me donnant la possibilit\u00e9, \u00e0 tout moment, de r\u00e9ellement \u00e9changer avec un groupe de professionnels dans un espace immat\u00e9riel surplombant mon quotidien et, pour tout dire, le d\u00e9passant, comme une couche qui viendrait en plus et donnerait \u00e0 tout \u00e9norm\u00e9ment plus de force et de go\u00fbt.<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 de la reconnaissance toujours insuffisante du num\u00e9rique comme pivot essentiel des biblioth\u00e8ques, au-del\u00e0 de que nous pourrions faire pour l&rsquo;<em>Ouvert<\/em> et que nous ne faisons pas, au-del\u00e0 des lourdeurs terribles qui nous plombent, faisant dispara\u00eetre dans le sable nos \u00e9nergies et nos projets, cette naissance d&rsquo;un collectif-web, que je retrouve par ailleurs dans d&rsquo;autres de mes activit\u00e9s lorsque je sors de la biblioth\u00e8que ou du bureau ; cette naissance d&rsquo;un collectif-web qui est aussi un \u00ab\u00a0corps-web\u00a0\u00bb, assur\u00e9ment, est le principal point positif qui surnage sur les dix ann\u00e9es pass\u00e9es. Pour le reste, qui doit \u00eatre encore am\u00e9lior\u00e9 ou m\u00eame tout simplement entam\u00e9, r\u00e9alis\u00e9, on y travaille.<\/p>\n<hr \/>\n<p><sup id=\"fn1\">1. Il y en a d&rsquo;autres \u00e9videmment, dont les soir\u00e9es de la <a href=\"http:\/\/lacoquettedelyon.dcb15.fr\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Coquette de Lyon<\/a>, atelier d&rsquo;\u00e9criture o\u00f9, assur\u00e9ment, nous avons bien ri.<a title=\"Retourner \u00e0 l'appel de note.\" href=\"#ref1\">\u21a9<\/a><\/sup><br \/>\n<sup id=\"fn2\">2. Certains, certaines d&rsquo;entre nous ne l&rsquo;\u00e9taient pas, arriv\u00e9.e.s d&#8217;embl\u00e9e plein d&rsquo;une exp\u00e9rience dont les d\u00e9butants, les vrais, dont j&rsquo;\u00e9tais, avaient pu profiter.<a title=\"Retourner \u00e0 l'appel de note.\" href=\"#ref2\">\u21a9<\/a><\/sup><br \/>\n<sup id=\"fn3\">3. C&rsquo;est l&rsquo;un de mes conseils de pr\u00e9paration du concours, d&rsquo;ailleurs : chercher les questions qu&rsquo;in\u00e9vitablement, votre parcours ant\u00e9rieur fera appara\u00eetre, pour mieux pr\u00e9parer votre r\u00e9ponse. L&rsquo;autre conseil, c&rsquo;est de passer des oraux blancs pour que d&rsquo;autres rep\u00e8rent les points <em>questionnants<\/em> de votre parcours, points qui attireront forc\u00e9ment l&rsquo;attention du jury.<a title=\"Retourner \u00e0 l'appel de note.\" href=\"#ref3\">\u21a9<\/a><\/sup><br \/>\n<sup id=\"fn4\">4. Nous aurions pu aller plus vite, gagner des batailles plus d\u00e9cisives, mais je ne sais pourquoi, il r\u00e8gne ici une pesanteur, une inertie, qui g\u00e2chent tout.<a title=\"Retourner \u00e0 l'appel de note.\" href=\"#ref4\">\u21a9<\/a><\/sup><br \/>\n<sup id=\"fn5\">5. Ce qu&rsquo;elles sont d\u00e8s lors que les missions num\u00e9riques relevant de la biblioth\u00e8que sont externalis\u00e9es, \u00e9loign\u00e9es, renvoy\u00e9es aux services sp\u00e9cialis\u00e9s de type D.S.I. o\u00f9, quoi qu&rsquo;on fasse, elles (ces missions) se diluent parmi d&rsquo;autres t\u00e2ches.<a title=\"Retourner \u00e0 l'appel de note.\" href=\"#ref5\">\u21a9<\/a><\/sup><br \/>\n<sup id=\"fn6\">6. Cette sp\u00e9cialisation, n\u00e9cessaire \u00e0 mes yeux parce que le num\u00e9rique ou l&rsquo;informatique documentaires ont des sp\u00e9cificit\u00e9s techniques et culturelles dont les coll\u00e8gues informaticiens sont loin, chacun son m\u00e9tier, n&rsquo;\u00e9tant en rien incompatible avec, d&rsquo;une part, la n\u00e9cessaire acculturation de tous les personnels de biblioth\u00e8ques \u00e0 ces outils et probl\u00e9matiques ; d&rsquo;autre part, un travail conjoint avec les D.S.I. support, les sp\u00e9cialistes \u00ab\u00a0internes\u00a0\u00bb que j&rsquo;\u00e9voque jouant le r\u00f4le, litt\u00e9ralement, <em>d&rsquo;interfaces<\/em> entre ces diff\u00e9rents acteurs.<a title=\"Retourner \u00e0 l'appel de note.\" href=\"#ref6\">\u21a9<\/a><\/sup><br \/>\n<sup id=\"fn7\">7. Et je ne parle m\u00eame pas des Humanit\u00e9s num\u00e9riques sur lesquelles pourtant nous devrions nous jeter, nous, conservateurs issus pour notre tr\u00e8s grande majorit\u00e9 de fili\u00e8res strictement litt\u00e9raires.<a title=\"Retourner \u00e0 l'appel de note.\" href=\"#ref7\">\u21a9<\/a><\/sup><br \/>\n<sup id=\"fn8\">8. C&rsquo;est souvent que l&rsquo;on m&rsquo;a racont\u00e9, ici ou l\u00e0, comment tel ou telle, venant avec son id\u00e9e de service, sa proposition num\u00e9rique, avait \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9.e. dans les cordes dans un m\u00e9pris hi\u00e9rarchique cachant aussi, de mani\u00e8re visible, une incompr\u00e9hension technique ou soci\u00e9tale.<a title=\"Retourner \u00e0 l'appel de note.\" href=\"#ref8\">\u21a9<\/a><\/sup><br \/>\n<sup id=\"fn9\">9. Biblio-blogosph\u00e8re qui depuis a quelque peu \u00e9t\u00e9 ass\u00e9ch\u00e9e au profit des \u00e9changes sur les r\u00e9seaux sociaux, mais c&rsquo;est une autre probl\u00e9matique.<a title=\"Retourner \u00e0 l'appel de note.\" href=\"#ref9\">\u21a9<\/a><\/sup><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: right\"><em>NB : <a href=\"https:\/\/www.flickr.com\/photos\/134947886@N02\/20857921875\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">le clich\u00e9 illustrant cet article<\/a> a \u00e9t\u00e9 plac\u00e9 <a href=\"https:\/\/creativecommons.org\/publicdomain\/zero\/1.0\/deed.fr\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">sous licence CC0<\/a> par <a href=\"https:\/\/www.flickr.com\/photos\/134947886@N02\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">David Verbrugge<\/a>.<\/em><\/p>\n<!-- AddThis Advanced Settings generic via filter on the_content --><!-- AddThis Share Buttons generic via filter on the_content -->","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Contexte : voici dix ans, la promotion DCB15, dite\u00a0promotion Flora Tristan, quittait l&rsquo;Enssib.\u00a0Afin de marquer cet anniversaire, l&rsquo;id\u00e9e de cr\u00e9er un site web regroupant des t\u00e9moignages des membres de cette promotion se penchant sur leurs parcours\u00a0 professionnels individuels a \u00e9merg\u00e9 &hellip; <a href=\"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/rj45\/2018\/11\/11\/un-an-et-et-puis-un-autre\/\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><!-- AddThis Advanced Settings generic via filter on get_the_excerpt --><!-- AddThis Share Buttons generic via filter on get_the_excerpt --><\/p>\n","protected":false},"author":4543,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[16,5,7],"tags":[],"class_list":["post-979","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-enssib","category-formation","category-metier"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/rj45\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/979","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/rj45\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/rj45\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/rj45\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4543"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/rj45\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=979"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/rj45\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/979\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/rj45\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=979"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/rj45\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=979"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/rj45\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=979"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}