{"id":249,"date":"2017-07-04T11:40:52","date_gmt":"2017-07-04T10:40:52","guid":{"rendered":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/dictionnairefeministes\/?p=249"},"modified":"2017-07-10T11:21:13","modified_gmt":"2017-07-10T10:21:13","slug":"bouvard-stephanie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/dictionnairefeministes\/2017\/07\/04\/bouvard-stephanie\/","title":{"rendered":"BOUVARD St\u00e9phanie"},"content":{"rendered":"<p align=\"justify\">Marie Videbien, masterante \u00e0 Universit\u00e9 Paris-Est-Marne-La-Vall\u00e9e (Master II Histoire europ\u00e9enne compar\u00e9e),\u00a0 constatant l\u2019absence d\u2019une notice sur St\u00e9phanie Bouvier nous en a aimablement fait parvenir une.<\/p>\n<p><strong><\/strong>N\u00e9e le 27 mai 1872 \u00e0 Lyon (Rh\u00f4ne), d\u00e9c\u00e9d\u00e9e \u00e0 16 Juillet 1956 \u00e0 Argenteuil (Val-d\u2019Oise).<\/p>\n<p align=\"justify\">St\u00e9phanie Bouvard est une militante syndicaliste, socialiste et pacifiste. Elle est n\u00e9e dans une famille d\u2019enseignants socialistes et libre penseurs qui particip\u00e8rent \u00e0 la Commune de Lyon. Son p\u00e8re, F\u00e9licien Charles Bouvard, l\u2019un des pr\u00e9sidents du comit\u00e9 central durant cette p\u00e9riode, est condamn\u00e9 \u00e0 deux mois de prison pour son implication durant l\u2019insurrection. Son \u00e9pouse Am\u00e9lie Ang\u00e9lique Bouvard, n\u00e9e Berger, institutrice la\u00efque et anticl\u00e9ricale, amie proche de la f\u00e9ministe Marie Bonnevial, s\u2019engage elle aussi au sein de la Commune, puis quitte son poste d\u2019enseignante pour s\u2019installer \u00e0 Paris avec ses enfants, qu\u2019elle sensibilise aux questions syndicales et f\u00e9ministes. En mars 1896, St\u00e9phanie Bouvard participe avec sa m\u00e8re et sa s\u0153ur Marguerite \u00e0 la cr\u00e9ation du Syndicat des fleuristes-plumassi\u00e8res lors d\u2019une gr\u00e8ve. Syndicat adh\u00e9rent \u00e0 la CGT, il fait partie de la F\u00e9d\u00e9ration de l\u2019habillement. Marguerite Bouvard et sa m\u00e8re sont d\u00e9l\u00e9gu\u00e9es au XI<sup>e<\/sup> Congr\u00e8s national corporatif \u2013 5<sup>e<\/sup> de la CGT\u2013 tenu \u00e0 la Bourse du Travail de Paris en septembre 1900 o\u00f9 elle est pr\u00e9sidente d\u2019honneur. La m\u00eame ann\u00e9e Mme Bouvard est la premi\u00e8re femme \u00e0 \u00e9crire dans la <i>Voix du Peuple,<\/i> appelant les femmes \u00e0 se syndicaliser.<\/p>\n<p>Par la suite, St\u00e9phanie Bouvard est d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e du Syndicat \u00e0 la Bourse du Travail, organisme o\u00f9 les Bouvard y sont tr\u00e8s actives : elles sont candidates \u00e0 l\u2019\u00e9lection de la commission administrative, collaborent aux r\u00e9unions de la commission de contr\u00f4le et organisent des f\u00eates antimilitaristes au sein de la Bourse. Tr\u00e8s investie au sein de son syndicat, St\u00e9phanie Bouvard se bat avec la Bourse du Travail \u00e0 partir de 1903 pour que celui-ci reste exclusivement f\u00e9minin et se pr\u00e9sente \u00e0 l\u2019\u00e9lection des prud\u2019hommes en 1911 au nom du Syndicat des fleuristes-plumassi\u00e8res.<\/p>\n<p>Le syndicat entretient aussi des rapports avec la f\u00e9ministe Marguerite Durand, qui le soutient financi\u00e8rement. Militante en faveur du droit de vote des femmes, St\u00e9phanie Bouvard est d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e du Syndicat au Congr\u00e8s international de la condition et des droits des femmes tenu \u00e0 Paris du 5 au 8 septembre 1900 et anim\u00e9 par Marguerite Durand. Membre du Conseil national des femmes fran\u00e7aises (CNFF), elle est d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e au Congr\u00e8s du travail f\u00e9minin en 1907 et participe \u00e0 des s\u00e9ries de conf\u00e9rences \u00e9galement organis\u00e9es par Marguerite Durand, ainsi qu\u2019au Congr\u00e8s national des droits civils et du suffrage des femmes, en qualit\u00e9 de rapporteuse en juin 1908.<\/p>\n<p>Soutenue \u00e0 la fois par Marguerite Durand et la Bourse du Travail, elle cr\u00e9e une coop\u00e9rative de production pour les ouvri\u00e8res fleuristes-plumassi\u00e8re \u00ab\u00a0La fleur de Paris\u00a0\u00bb en 1908, appliquant les principes de la coop\u00e9ration ouvri\u00e8re afin d\u2019acqu\u00e9rir un meilleur salaire. Mais les probl\u00e8mes d\u2019argent provoquent la fin pr\u00e9matur\u00e9e de la coop\u00e9rative. St\u00e9phanie Bouvard devient par la suite g\u00e9rante de la coop\u00e9rative socialiste \u00ab\u00a0La Solidarit\u00e9\u00a0\u00bb dans le XVIII<sup>e<\/sup> arrondissement de Paris (attest\u00e9 en 1915).<\/p>\n<p>Au Congr\u00e8s de la f\u00e9d\u00e9ration socialiste de la Seine en 1914, elle soutient Louise Saumoneau dans sa ligne lutte de classe et son opposition au f\u00e9minisme \u00ab\u00a0bourgeois\u00a0\u00bb. Quand cette derni\u00e8re est \u00e9lue secr\u00e9taire du Groupe des femmes socialiste, St\u00e9phanie Bouvard est \u00e9lue suppl\u00e9ante \u00e0 sa commission ex\u00e9cutive, et y entre en avril 1914.<\/p>\n<p>\u00c9vinc\u00e9e du groupe en 1915 par la majorit\u00e9 socialiste du fait de son opposition \u00e0 la guerre, Louise Saumoneau fonde le Comit\u00e9 d\u2019action f\u00e9minin socialiste pour la paix contre le chauvinisme\u00a0; St\u00e9phanie Bouvard est sa lieutenante principale. C\u2019est cette organisation qu\u2019elle repr\u00e9sente \u00e0 la Conf\u00e9rence internationale des femmes socialistes qui se tient \u00e0 Berne \u00e0 l\u2019initiative de Clara Zetkin, en mars 1915. Louise Saumoneau est arr\u00eat\u00e9e en octobre pour avoir distribu\u00e9 des tracts du Comit\u00e9 et St\u00e9phanie Bouvard la remplace \u00e0 la t\u00eate du Comit\u00e9. Entre temps, en septembre, se tient la fameuse Conf\u00e9rence internationale socialiste (des hommes) \u00e0 Zimmerwald.<\/p>\n<p>St\u00e9phanie Bouvard agit pour la lib\u00e9ration de Louise Saumoneau. Lors d\u2019un meeting zimmerwaldien le 7 novembre 1915, elle s\u2019\u00e9l\u00e8ve et proteste, finissant\u00a0: \u00ab\u00a0l\u2019on tait que Louise Saumoneau est emprisonn\u00e9e comme une criminelle de droit commun. Les socialistes ne veulent rien faire. Il r\u00e8gne une conspiration du silence.\u00a0\u00bb Les larmes aux yeux, l\u2019orateur implore l\u2019assembl\u00e9e de se rappeler la terrible danse des morts. (ce discours est couvert de longs et forts applaudissements). Un ami de Pierre Monatte lui \u00e9crit\u00a0: \u00ab\u00a0extr\u00eamement \u00e9mue, elle a des paroles \u00e9mouvantes et justes\u00a0\u00bb (selon un rapport de police du 7 novembre 1915). St\u00e9phanie Bouvard repr\u00e9sente ce petit groupe de femmes pacifistes au Comit\u00e9 d\u2019action international, fond\u00e9 en 1916 pour soutenir le mouvement zimmerwaldien contre la guerre. En 1917, ce groupe se rebaptise Comit\u00e9 pour la reprise des relations internationales et St\u00e9phanie Bouvard reste dans le comit\u00e9 ex\u00e9cutif. Elle sera la seule femme dans un tel r\u00f4le et donc \u00e0 la pointe de l\u2019action de la guerre. Suivant Louise Saumoneau, St\u00e9phanie Bouvard refuse la d\u00e9cision des socialistes d\u2019entrer dans la III<sup>e<\/sup> Internationale et participe \u00e0 la reconstruction de la SFIO. Quand le Groupe des femmes socialistes se reconstitue apr\u00e8s la guerre, elle joue un r\u00f4le important jusqu\u2019en 1924. Elle continuera son action pacifiste jusqu\u2019\u00e0 la fin de sa vie en combattant contre l\u2019arme atomique au d\u00e9but des ann\u00e9es cinquante.<\/p>\n<p>St\u00e9phanie Bouvard, militante de base et ouvri\u00e8re, r\u00e9ussit \u00e0 soutenir efficacement un syndicat, des groupes f\u00e9ministes et pacifistes pendant trente ans. Elle n\u2019occupe que rarement le premier plan, mais reste fid\u00e8le \u00e0 Louise Saumoneau et la seconde dans toute son action. Ultime reconnaissance de ce parcours, l\u2019Union des femmes fran\u00e7aises de Seine-et-Oise offre un album comm\u00e9moratif de la vie militante de St\u00e9phanie Bouvard \u00e0 l\u2019attention de Maurice Thorez lors de son cinquanti\u00e8me anniversaire. Elle finit ses jours dans une maison de vieillards d\u2019Argenteuil.<\/p>\n<p><i>\u2192 <\/i>Arch. d\u00e9partementales du Rh\u00f4ne,\u00a04 M289 ; Arch. de la pr\u00e9fecture de police de Paris, Bourse du Travail, BA 1610, BA 1611, BA 1612\u00a0; Arch. municipales d\u2019Ivry-sur-Seine, \u00a080Z-2-36\u00a0;<i> La Fran\u00e7aise <\/i>3 d\u00e9cembre 1911, BMD, dossier 396. <i>DBMOF<\/i>.<\/p>\n<p align=\"right\">Marie Videbien<\/p>\n<p><i>\u2192 <\/i>Conseil national des femmes fran\u00e7aises (CNFF)\u00a0; Ouvri\u00e8res\u00a0; Socialistes\u00a0; Syndicats.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<!-- AddThis Advanced Settings generic via filter on the_content --><!-- AddThis Share Buttons generic via filter on the_content -->","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Marie Videbien, masterante \u00e0 Universit\u00e9 Paris-Est-Marne-La-Vall\u00e9e (Master II Histoire europ\u00e9enne compar\u00e9e),\u00a0 constatant l\u2019absence d\u2019une notice sur St\u00e9phanie Bouvier nous en a aimablement fait parvenir une. N\u00e9e le 27 mai 1872 \u00e0 Lyon (Rh\u00f4ne), d\u00e9c\u00e9d\u00e9e \u00e0 16 Juillet 1956 \u00e0 Argenteuil &hellip; <a href=\"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/dictionnairefeministes\/2017\/07\/04\/bouvard-stephanie\/\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><!-- AddThis Advanced Settings generic via filter on get_the_excerpt --><!-- AddThis Share Buttons generic via filter on get_the_excerpt --><\/p>\n","protected":false},"author":12310,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[18],"tags":[],"class_list":["post-249","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-esprit-de-suite"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/dictionnairefeministes\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/249","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/dictionnairefeministes\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/dictionnairefeministes\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/dictionnairefeministes\/wp-json\/wp\/v2\/users\/12310"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/dictionnairefeministes\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=249"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/dictionnairefeministes\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/249\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":250,"href":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/dictionnairefeministes\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/249\/revisions\/250"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/dictionnairefeministes\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=249"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/dictionnairefeministes\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=249"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/dictionnairefeministes\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=249"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}