{"id":123,"date":"2017-01-30T10:42:47","date_gmt":"2017-01-30T09:42:47","guid":{"rendered":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/dictionnairefeministes\/?p=123"},"modified":"2017-01-30T11:31:03","modified_gmt":"2017-01-30T10:31:03","slug":"despentes-virginie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/dictionnairefeministes\/2017\/01\/30\/despentes-virginie\/","title":{"rendered":"DESPENTES Virginie"},"content":{"rendered":"<p align=\"justify\" style=\"text-indent:2em\">N\u00e9e le 13 juin 1969 \u00e0 Nancy (Meurthe-et-Moselle). Despentes est un pseudonyme en r\u00e9f\u00e9rence aux Pentes de la Croix-Rousse, quartier de Lyon o\u00f9 Virginie Despentes r\u00e9sida de nombreuses ann\u00e9es. L\u2019\u00e9crivaine est fille unique. Ses parents travaillent \u00e0 la Poste. Son p\u00e8re a d\u00e9but\u00e9 guichetier et a gravi les \u00e9chelons pour \u00eatre cadre. Il est socialiste. Sa m\u00e8re a eu une activit\u00e9 de d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e syndicale \u00e0 la CGT et de militante au Planning familial. Virginie Despentes quitte le lyc\u00e9e en 1985, passe son baccalaur\u00e9at en candidate libre, quitte Nancy pour Lyon en 1986, et \u00e9crit un premier roman, non publi\u00e9, en 1992.<\/p>\n<p align=\"justify\" style=\"text-indent:2em\">Elle exerce diverses activit\u00e9s : m\u00e9nage, \u00ab salons de massage \u00bb et <em>peep shows<\/em>, vendeuse chez un disquaire, puis pigiste pour des journaux <em>rock<\/em> et critique de films pornographiques. Alors qu\u2019elle est vendeuse au Virgin Megastore \u00e0 Paris, elle publie chez Florent Massot en 1994 son premier roman, <em>Baise-moi<\/em>, dont le manuscrit a \u00e9t\u00e9 refus\u00e9 par plusieurs \u00e9diteurs. Elle y publiera, en 1996, <em>Les Chiennes savantes<\/em>, avant d\u2019\u00eatre \u00e9dit\u00e9e ensuite chez Grasset.<\/p>\n<p align=\"justify\" style=\"text-indent:2em\">Elle obtient plusieurs prix litt\u00e9raires : le prix de Flore en 1998, le prix litt\u00e9raire Saint-Valentin en 1999 pour <em>Les Jolies Choses<\/em> ainsi que le prix Renaudot pour <em>Apocalypse b\u00e9b\u00e9<\/em> en 2010 qui atteste sa reconnaissance litt\u00e9raire. Virginie Despentes est \u00e9galement r\u00e9alisatrice. Elle adapte \u00e0 l\u2019\u00e9cran deux de ses romans ; le premier, <em>Baise-moi<\/em> (2000), est cor\u00e9alis\u00e9 avec Coralie Trinh Thi (avec Karen Lancaume et Rapha\u00ebla Anderson). Dans le second, <em>Bye Bye Blondie<\/em> (2012), elle fait jouer l\u2019histoire d\u2019amour initialement h\u00e9t\u00e9rosexuelle, dans le roman, par deux femmes, B\u00e9atrice Dalle et Emmanuelle B\u00e9art. Elle r\u00e9alise \u00e9galement un documentaire, <em>Mutantes (F\u00e9minisme Porno Punk)<\/em>, en 2009. Virginie Despentes, en couple avec la philosophe queer Beatriz Preciado, d\u00e9clare \u00eatre devenue lesbienne \u00e0 35 ans (<em>T\u00e9l\u00e9rama.fr<\/em>, 20 mars 2012).<\/p>\n<p align=\"justify\" style=\"text-indent:2em\">Son premier film, projet\u00e9 en marge du Festival de Cannes en 2000, fait l\u2019objet d\u2019une pol\u00e9mique en raison des sc\u00e8nes de sexe et de violence exerc\u00e9es par les personnages principaux du film, deux femmes. \u00c9valu\u00e9 par la commission de classification des films du Centre national de la cin\u00e9matographie, le film a pour visa d\u2019exploitation une interdiction aux moins de 16 ans. Le 30 juin 2000, suite \u00e0 une demande de l\u2019association religieuse Promouvoir proche du parti d\u2019extr\u00eame droite Mouvement national r\u00e9publicain (MNR), le Conseil d\u2019\u00c9tat annule le visa d\u2019exploitation du film et demande son classement en X, ce qui restreint sa distribution aux salles disposant de ce label. En 2001, la ministre de la Culture Catherine Tasca accorde au film une interdiction aux moins de 18 ans.<\/p>\n<p align=\"justify\" style=\"text-indent:2em\">Virginie Despentes d\u00e9clare \u00eatre f\u00e9ministe dans ses activit\u00e9s de cr\u00e9ation. Elle publie en 2009 un essai autobiographique, <em>King Kong th\u00e9orie<\/em>, o\u00f9 elle poursuit la d\u00e9construction de la f\u00e9minit\u00e9 \u2013 d\u00e9j\u00e0 travaill\u00e9e dans ses premiers romans \u2013, fa\u00e7onn\u00e9e par les pr\u00e9jug\u00e9s traditionnels, les m\u00e9dias et autres supports de repr\u00e9sentation de sens commun. Elle prolonge dans cet ouvrage l\u2019exploration de figures multiples de femmes dot\u00e9es d\u2019une agentivit\u00e9 qui les conduit \u00e0 assumer des choix de vie et des pratiques sociales ou professionnelles d\u00e9cid\u00e9es par elles-m\u00eames. Elle contribue ainsi, au long de son oeuvre, \u00e0 l\u2019appui de son v\u00e9cu et de ses observations critiques de la soci\u00e9t\u00e9, \u00e0 fonder empiriquement des possibilit\u00e9s d\u2019existence g\u00e9n\u00e9ralement marqu\u00e9es du sceau de la marginalit\u00e9, assum\u00e9es ou non, stigmatis\u00e9es ou non. Elle cr\u00e9e, par exemple, dans ses livres des figures de femmes viol\u00e9es qui rompent avec les repr\u00e9sentations les renvoyant la plupart du temps au silence \u00e0 force de culpabilisation et d\u2019int\u00e9riorisation de la honte. Elle traite, en outre, des femmes engag\u00e9es dans la prostitution, comme les travailleuses du sexe, et r\u00e9alise enfin un documentaire sur le travail de cr\u00e9ation pornographique (<em>Mutantes<\/em>, documentaire f\u00e9ministe prosexe).<\/p>\n<p align=\"justify\" style=\"text-indent:2em\">Dans ses oeuvres, Virginie Despentes mine les cat\u00e9gories morales conventionnelles et propose une lecture critique du syst\u00e8me capitaliste. Elle travaille toutes ces repr\u00e9sentations en se saisissant des rapports sociaux, qu\u2019il s\u2019agisse des rapports de classe, de race ou des stigmatisations qui frappent des choix en mati\u00e8re de sexualit\u00e9, de religion, ou d\u2019identification de genre. En sorte que son oeuvre et ses tribunes au style frontal contestent le syst\u00e8me patriarcal, h\u00e9t\u00e9rosexuel et raciste majoritaire socialement.<\/p>\n<p align=\"justify\" style=\"text-indent:2em\">&bull; Livres [s\u00e9lection] : <em>Baise-moi<\/em>, Paris, Florent Massot, 1993. \u2013 <em>Les Chiennes savantes<\/em>, Paris, Florent Massot, 1996. \u2013 <em>Les Jolies Choses<\/em>, Paris, Grasset, 1998. \u2013 <em>Bye Bye Blondie<\/em>, Paris, Grasset, 2004. \u2013 <em>King Kong th\u00e9orie<\/em>, Paris, Grasset, 2006. \u2013 <em>Apocalypse b\u00e9b\u00e9<\/em>, Paris, Grasset, 2010. \u2013 <em>Vernon Subutex<\/em>, 1, 2, Paris, Grasset, 2015.<\/p>\n<p align=\"justify\" style=\"text-indent:2em\">&bull; Films : <em>Baise-moi<\/em>, 2000. \u2013 <em>Mauvaise \u00e9toile<\/em> (Patrick Eudeline), clip musical, 2006. \u2013 <em>Mutantes (F\u00e9minisme Porno Punk)<\/em>, 2009. \u2013 <em>Bye Bye Blondie<\/em>, 2011.<\/p>\n<p align=\"justify\" style=\"text-indent:2em\">&bull; Sources : <em>Lib\u00e9ration<\/em>, 22 janvier 1996. \u2013 \u00ab Les hyperr\u00e9alistes \u00bb, <em>Nouvel Observateur<\/em>, 28 mai-3 juin 1998. \u2013 <em>Le Matin Dimanche<\/em>, 2 octobre 2010. \u2013 <em>T\u00e9l\u00e9rama.fr<\/em>, 20 mars 2012, http:\/\/www.telerama.fr\/cinema\/virginie-despentes-j-avais-envie-de-faire-une-comedie-amoureuse-gouine,79162.php (consult\u00e9 le 12\/11\/2015).<\/p>\n<p align=\"justify\" style=\"text-indent:2em\">&bull; Bibliographie : DUC<\/p>\n<p align=\"right\"><strong>Delphine Naudier<\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\">&rarr; Cin\u00e9ma ; Lesbiennes ; lgbt ; Litt\u00e9rature ; Pornographie ; Queer.<\/p>\n<!-- AddThis Advanced Settings generic via filter on the_content --><!-- AddThis Share Buttons generic via filter on the_content -->","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>N\u00e9e le 13 juin 1969 \u00e0 Nancy (Meurthe-et-Moselle). 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