{"id":81,"date":"2005-06-01T09:30:06","date_gmt":"2005-06-01T08:30:06","guid":{"rendered":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/?p=81"},"modified":"2021-08-15T09:51:37","modified_gmt":"2021-08-15T08:51:37","slug":"referundum-europeen-le-deni-democratique-des-elites","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/referundum-europeen-le-deni-democratique-des-elites\/","title":{"rendered":"R\u00e9f\u00e9rundum europ\u00e9en: Le d\u00e9ni d\u00e9mocratique des \u00e9lites"},"content":{"rendered":"<p><strong>Les \u00e9lites politiques et m\u00e9diatiques ont \u00e9t\u00e9 presque unanimes \u00e0 consid\u00e9rer le scrutin du 29 mai comme un vote de crise et de \u00ab repli \u00bb, contredisant le message port\u00e9 par le non de gauche pendant la campagne. Ce faisant, elles ont r\u00e9pondu par le conservatisme \u00e0 une demande de changement.<!--more--><\/strong><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/p7.storage.canalblog.com\/71\/50\/281794\/104424312_o.jpg\" target=\"_blank\" name=\"IMG_104424312\"><img decoding=\"async\" alt=\"29 mai 2005\" src=\"https:\/\/p7.storage.canalblog.com\/71\/50\/281794\/104424312.jpg\" border=\"0\" \/><\/a><\/p>\n<p>Les partisans du \u00ab non \u00bb de gauche ont pass\u00e9 une dr\u00f4le de semaine. Ils avaient gagn\u00e9. La campagne s\u2019\u00e9tait jou\u00e9e \u00e0 gauche, le r\u00e9sultat aussi. Le \u00ab non \u00bb avait \u00e9t\u00e9 port\u00e9 par les leurs : les jeunes, les actifs, les moins de 3000 euros par mois. Le poids de l\u2019extr\u00eame droite et des souverainistes ne d\u00e9passait pas le quart de l\u2019\u00e9lectorat du \u00ab non \u00bb (enqu\u00eate Ipsos). Enfin, une grande majorit\u00e9 (57%) des partisans du \u00ab non \u00bb \u00e9tait favorable \u00e0 la poursuite de la construction europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>Ils avaient gagn\u00e9, mais nulle part ils ne trouv\u00e8rent trace de leur victoire. Au contraire, dans les journaux, on pouvait lire qu\u2019une majorit\u00e9 de Fran\u00e7ais n\u2019avait plus envie d\u2019Europe. Leur demande d\u2019alternative, leurs espoirs pour une autre Europe s\u2019\u00e9taient transform\u00e9s en \u00ab col\u00e8re \u00bb, en \u00ab nihilisme \u00bb, en \u00ab x\u00e9nophobie \u00bb. C\u2019est une valse \u00e0 trois temps que l\u2019on a fait danser au suffrage universel.<\/p>\n<p><strong>Premier temps : nier la port\u00e9 europ\u00e9enne du vote et accuser Chirac<\/strong><\/p>\n<p>Pendant des mois les Fran\u00e7ais ont pris d\u2019assaut les rayons politiques des librairies, ont lu massivement la presse, ont suivi tous les d\u00e9bats t\u00e9l\u00e9vis\u00e9s. Est-il raisonnable de croire qu\u2019ils ont d\u00e9battu avec tant d\u2019\u00e2pret\u00e9 pour n\u2019exprimer qu\u2019un \u00ab vote d\u2019humeur \u00bb contre leur gouvernement ?<\/p>\n<p>Paradoxalement, ce sont ceux qui avaient ni\u00e9 pendant la campagne tout amalgame entre la politique nationale et le r\u00e9f\u00e9rendum qui ont \u00e9t\u00e9 les premiers \u00e0 br\u00fbler le monsieur Carnaval de la politique. \u00ab Chirac est responsable \u00bb, reprennent en ch\u0153ur \u00e9ditorialistes et politologues. \u00ab L\u2019Europe n\u2019y est pour rien \u00bb clame Serge July. Mais cette strat\u00e9gie de \u00ab renationalisation \u00bb de l\u2019interpr\u00e9tation du vote ne vise ni plus ni moins qu\u2019\u00e0 nier a posteriori le r\u00e9sultat du r\u00e9f\u00e9rendum. Responsabiliser Chirac pour d\u00e9responsabiliser l\u2019Europe, transformer un \u00ab non \u00bb qui portait sur un projet constitutionnel en un \u00ab non \u00bb \u00e0 une politique gouvernementale.<\/p>\n<p><strong>Deuxi\u00e8me temps : transformer un vote social en vote x\u00e9nophobe<\/strong><\/p>\n<p>Ce 29 mai, une forte revendication sociale s\u2019est exprim\u00e9e dans les urnes. Cette revendication n\u2019avait rien d\u2019ill\u00e9gitime pour qui s\u2019est un peu pench\u00e9 sur le contenu du trait\u00e9 et sur les politiques \u00e9conomiques europ\u00e9ennes men\u00e9es depuis l\u2019Acte Unique. Les responsables politiques auraient pu \u00e9couter ce message ou \u00e0 tout le moins en prendre acte. Au lieu de cela, l\u2019analyse s\u2019est content\u00e9e de reprendre jusqu\u2019\u00e0 la caricature des arguments de campagne d\u00e9j\u00e0 contredits par les urnes, en insultant l\u2019ensemble du \u00ab non \u00bb, en le \u00ab lepenisant \u00bb et en jetant les deux tiers de la gauche dans le camps des x\u00e9nophobes.<\/p>\n<p>\u00ab Les anti-europ\u00e9ens de gauche n&rsquo;ont pas seulement additionn\u00e9 leurs voix avec celles de Jean-Marie Le Pen et Philippe de Villiers. Ils ont m\u00eal\u00e9 leurs voix \u00bb estime Jean-Marie Colombani. Incapables de prendre en consid\u00e9ration le message social des Fran\u00e7ais, les experts se r\u00e9fugient dans l\u2019analyse bien pratique du vote protestataire en rappelant l\u2019\u00e9pisode du 21 avril : \u00ab le \u00ab non \u00bb fait tr\u00e8s fort partout o\u00f9 Le Pen a cartonn\u00e9 en 2002 \u00bb, analyse cr\u00fbment Renaud Dely. L\u2019analogie semble pourtant bien hasardeuse. Le 21 avril, au contraire du 29 mai, avait conclu une campagne sans enjeux de laquelle les Fran\u00e7ais s\u2019\u00e9taient d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9s et qui avait conduit \u00e0 une abstention record.<\/p>\n<p>Mais la grande diff\u00e9rence vient surtout du score \u00e9lectoral. Le Pen p\u00e8se 18% en 2002 au second tour et la gauche a largement contribu\u00e9 \u00e0 le cantonner \u00e0 ce niveau. A-t-on per\u00e7u le danger de lui donner aujourd\u2019hui une l\u00e9gitimit\u00e9 \u00e0 55% ? Car le risque existe qu\u2019en traitant de x\u00e9nophobe les 55% de fran\u00e7ais qui ont vot\u00e9 \u00ab non \u00bb on s\u2019ali\u00e8ne durablement un \u00e9lectorat qui n\u2019avait voulu exprimer qu\u2019une revendication sociale.<\/p>\n<p><strong>Troisi\u00e8me temps : nier toute perspective de sortie et d\u00e9velopper une rh\u00e9torique de crise<\/strong><\/p>\n<p>Pourquoi nos \u00e9lites politiques et m\u00e9diatiques ont-elles pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 Jean-Marie \u00e0 Marie-George ? Sans doute parce qu\u2019ainsi elles peuvent r\u00e9pondre par le conservatisme \u00e0 une demande de changement en rel\u00e9guant tout ce qui est porteur d\u2019alternative \u00e0 une logique x\u00e9nophobe. Pour les responsables politiques, ce ne sont pas les conditions de travail ou le salaire du \u00ab plombier polonais \u00bb qui ont inqui\u00e9t\u00e9 les \u00e9lecteurs du \u00ab non \u00bb, c\u2019est sa nationalit\u00e9. Les Fran\u00e7ais n\u2019ont pas peur des d\u00e9localisations, ils ont peur du monde ext\u00e9rieur. Dans cette Novlangue de la pens\u00e9e unique, le<a href=\"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/2001\/05\/02\/liberte-ou-liberalisme\/#more-84\"> lib\u00e9ralisme devient libert\u00e9<\/a>, la mondialisation se pare des habits du cosmopolitisme et le <a href=\"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/2007\/02\/01\/limpasse-du-libre-echange\/#more-82\">protectionnisme <\/a>se transforme en nationalisme. \u00ab La comp\u00e9tition internationale est une donn\u00e9e dont aucun pays ne peut s&rsquo;abstraire, sauf \u00e0 faire le choix de l&rsquo;immobilisme et de la pauvret\u00e9 \u00bb \u00e9crit Jean-Marie Colombani au lendemain du scrutin. Le choix des Fran\u00e7ais n\u2019en est donc pas un. Il n\u2019est pas porteur d\u2019alternative et ne peut conduire qu\u2019\u00e0 \u00ab l\u2019immobilisme \u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab Surtout que rien ne change ! \u00bb, telle est la conclusion paradoxale que tirent les \u00e9lites du scrutin de dimanche. Le peuple fran\u00e7ais a r\u00e9pondu clairement \u00e0 la question qui lui \u00e9tait pos\u00e9e, mais ses repr\u00e9sentants ne veulent pas de cette r\u00e9ponse. Il y a donc bien une crise. Ce n\u2019est pas celle de la France ni de l\u2019Europe, c\u2019est surtout celle de leurs dirigeants.<\/p>\n<p><strong>France, que sont devenues tes \u00e9lites ?<\/strong><\/p>\n<p>Comment ces gens qui font \u00e0 longueur de temps l\u2019apologie du \u00ab r\u00e9alisme \u00bb peuvent-ils se retrouver \u00e0 ce point coup\u00e9s de la France \u00ab r\u00e9elle \u00bb ?<\/p>\n<p>Le premier constat explicatif est que la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise est de plus en plus in\u00e9galitaire. La mont\u00e9e prodigieuse des prix des loyers a encore accentu\u00e9 ce ph\u00e9nom\u00e8ne en expulsant les classes moyennes des centres-villes. Parall\u00e8lement, dans les entreprises, dans la classe politique, dans les r\u00e9dactions, le prix de la responsabilit\u00e9 s\u2019envole. Une petite caste se forme, \u00e0 l\u2019abri de ces bouleversements.<\/p>\n<p>Le vote du 29 mai s\u2019explique avant tout comme un vote de classes. Le \u00ab oui \u00bb n\u2019a pas perdu partout ; il d\u00e9passe largement les 80% dans certains quartiers. Les \u00e9lites pouvaient-elles \u00e9chapper \u00e0 ce ph\u00e9nom\u00e8ne ? Et m\u00eame si elles ont sinc\u00e8rement cherch\u00e9 \u00e0 incarner l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral, n\u2019ont-elles pas plus prosa\u00efquement traduit les int\u00e9r\u00eats d\u2019une classe dont elles font objectivement partie ? Sont-elles capables de comprendre les difficult\u00e9s d\u2019une banlieue o\u00f9 elles ne mettent jamais les pieds ? On a surtout l\u2019impression que le 29 mai, les \u00e9lites se sont retrouv\u00e9es devant le peuple comme Chirac devant ses jeunes : \u00ab je ne vous comprends pas \u00bb. C\u2019\u00e9tait tout aussi triste.<\/p>\n<p><strong>Th\u00e9orisation de l\u2019impuissance<\/strong><\/p>\n<p>Le deuxi\u00e8me constat explicatif est que nos \u00e9lites sont devenues extr\u00eamement conservatrices. Les ph\u00e9nom\u00e8nes \u00e9conomiques mondiaux, la construction europ\u00e9enne, semblent \u00e9chapper au contr\u00f4le des hommes politiques. Mais au lieu de le d\u00e9plorer et de chercher \u00e0 \u00e9tendre la sph\u00e8re de leur pouvoir, on s\u2019y soumet et on para\u00eet m\u00eame s\u2019en satisfaire. N\u2019est-il pas choquant d\u2019avoir tellement entendu qu\u2019aucune ren\u00e9gociation du trait\u00e9 ne serait possible et qu\u2019il serait inimaginable de demander une inflexion de la politique \u00e9conomique de l\u2019Europe ?<\/p>\n<p>La faute \u00e0 nos \u00ab partenaires \u00bb qui seraient unanimement hostiles \u00e0 un changement. Mais un raisonnement sym\u00e9trique peut \u00eatre fait par chacun des 25 pays de l\u2019Union. Chaque pays peut estimer le changement impossible en invoquant l\u2019immobilisme des autres. L\u2019argument tellement entendu du \u00ab compromis pr\u00e9caire \u00bb s\u2019apparente en r\u00e9alit\u00e9 beaucoup \u00e0 une th\u00e9orisation de l\u2019impuissance. Impuissants \u00e0 changer le monde, \u00e0 changer l\u2019Europe, et donc impuissants \u00e0 changer la France, quel que soit le niveau de m\u00e9contentement exprim\u00e9 par les \u00e9lecteurs.<\/p>\n<p>Les responsables politiques se r\u00e9v\u00e8lent en d\u00e9finitive ni responsables, ni politiques. \u00ab La politique n&rsquo;est pas l&rsquo;art du possible, mais l&rsquo;art de rendre possible ce qui est n\u00e9cessaire \u00bb, disait Richelieu. Aujourd\u2019hui, \u00e0 force d\u2019invoquer la \u00ab r\u00e9alit\u00e9 europ\u00e9enne \u00bb, de stigmatiser les \u00ab utopies de rupture \u00bb et de s\u2019interdire de porter une alternative d\u2019esp\u00e9rance pour \u00ab ne pas d\u00e9cevoir \u00bb, on a surtout l\u2019impression que la politique est devenue l\u2019art de restreindre le domaine du possible.<\/p>\n<p><strong>L\u2019esprit d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration ?<\/strong><\/p>\n<p>Dans son \u00e9ditorial du 31 mai 2005, Serge July \u00e9tale ses \u00ab illusions en perdition \u00bb, comme un amant tromp\u00e9. Le ton, le vocabulaire des \u00e9ditorialistes, ne sont pas ceux qu\u2019on utilise en g\u00e9n\u00e9ral dans un d\u00e9bat politique. Il y a l\u00e0 des sentiments, de la passion. Ce trait\u00e9 qui modifiait \u00e0 la marge les institutions europ\u00e9ennes m\u00e9ritait-il autant d\u2019exaltation ?<br \/>\nLa cl\u00e9, cette fois, se trouve peut-\u00eatre dans l\u2019explication g\u00e9n\u00e9rationnelle. Au fond pour un July ou un Cohn-Bendit, l\u2019Europe \u00e9tait surtout \u00ab la derni\u00e8re utopie \u00bb. De mai 68 \u00e0 mai 81, de la Chine de Mao \u00e0 l\u2019Europe de Giscard, la g\u00e9n\u00e9ration de nos \u00e9lites est sans doute celle qui a le plus perdu d\u2019utopies et qui s\u2019est le plus fourvoy\u00e9e dans le fatalisme. Elle n\u2019a pas eu sa grande guerre, mais elle s\u2019est battue pour de trop nombreuses causes. Finalement, il ne lui est rest\u00e9 que l\u2019Europe. Non l\u2019Europe comme projet mais l\u2019Europe comme simple processus, sans contenu politique, et finalement, sans id\u00e9al.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les \u00e9lites politiques et m\u00e9diatiques ont \u00e9t\u00e9 presque unanimes \u00e0 consid\u00e9rer le scrutin du 29 mai comme un vote de crise et de \u00ab repli \u00bb, contredisant le message port\u00e9 par le non de gauche pendant la campagne. 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