{"id":71,"date":"2019-11-07T08:37:17","date_gmt":"2019-11-07T07:37:17","guid":{"rendered":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/?p=71"},"modified":"2021-08-09T08:54:16","modified_gmt":"2021-08-09T07:54:16","slug":"brexit-une-union-europeenne-impuissante","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/brexit-une-union-europeenne-impuissante\/","title":{"rendered":"Brexit : Une Union europ\u00e9enne impuissante"},"content":{"rendered":"<p>Dans un \u00e9ditorial du 27 novembre 2018 r\u00e9dig\u00e9 \u00e0 l\u2019issue de l\u2019accord conclu avec Theresa May, le journal Le Monde se f\u00e9licitait que le Brexit ai \u00e9t\u00e9 le \u00ab\u00a0<i>ciment<\/i>\u00a0\u00bb de l\u2019unit\u00e9 europ\u00e9enne. \u00ab\u00a0<i>Face \u00e0 Londres, les Vingt-Sept ont r\u00e9ussi \u00e0 maintenir une quasi parfaite unit\u00e9<\/i>\u00a0\u00bb, \u00e9crivait le quotidien. Il \u00e9tait alors de bon ton de louer la coh\u00e9rence et la solidit\u00e9 du camp europ\u00e9en, ainsi que l\u2019habilet\u00e9 du n\u00e9gociateur en chef, le Fran\u00e7ais Michel Barnier. La France avait d\u2019ailleurs pris le parti de jouer un r\u00f4le moteur dans le processus de n\u00e9gociation en tenant une ligne intransigeante. Emmanuel Macron esp\u00e9rait ainsi se confectionner une stature de leader europ\u00e9en \u00e0 un moment o\u00f9 l\u2019influence d\u2019Angela Merkel, contest\u00e9e sur le plan int\u00e9rieur, semblait fl\u00e9chir, et favoriser la place financi\u00e8re parisienne, persuad\u00e9 qu\u2019un Brexit sans concession allait pousser les entreprises de la City \u00e0 s\u2019exiler \u00e0 Paris.<!--more--><\/p>\n<p>Si la fermet\u00e9 et l\u2019unit\u00e9 des Europ\u00e9ens \u00e9tait encens\u00e9es, on ne se lassait pas, en revanche, de d\u00e9plorer la division du camp britannique, dont les \u00e9lus et parlementaires \u00e9taient accus\u00e9s d\u2019\u00eatre incapables d\u2019ent\u00e9riner l\u2019accord ou de proposer une solution alternative.<\/p>\n<p>Harmonie d\u2019un c\u00f4t\u00e9, d\u00e9sunion de l\u2019autre. C\u2019est ainsi que le feuilleton du Brexit a \u00e9t\u00e9 racont\u00e9 aux Fran\u00e7ais, avec comme message sous-jacent l\u2019id\u00e9e que les grands choix europ\u00e9ens ne pouvait \u00e9videmment pas \u00eatre tranch\u00e9s par des \u00e9lecteurs inconscients et facilement manipulables par les populistes de tous poils. Mais \u00e0 pr\u00e9sent qu\u2019un nouvel accord a \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9 et que le processus du Brexit appara\u00eet engag\u00e9 pour permettre une sortie d\u00e9finitive au 31 janvier prochain (il faudra cependant attendre le r\u00e9sultat des \u00e9lections parlementaires du 12 d\u00e9cembre pour en \u00eatre certain), un autre bilan du Brexit est sans doute possible.<\/p>\n<p><strong>UN \u00c9TRANGE ENT\u00caTEMENT EUROP\u00c9EN<\/strong><\/p>\n<p>En premier lieu, il convient de se demander si les Europ\u00e9ens ont-ils \u00e9t\u00e9 si habiles et si fermes qu\u2019on l\u2019a racont\u00e9. Car ce nouvel accord n\u00e9goci\u00e9 <i>in extremis<\/i> avec Boris Johnson pour \u00e9viter une sortie d\u00e9sordonn\u00e9e du Royaume-Uni devrait au minimum poser question dans le camp europ\u00e9en. Qu\u2019il ait \u00e9t\u00e9 possible de n\u00e9gocier cet autre accord constitue de fait une grande victoire pour Johnson, un Premier ministre priv\u00e9 de majorit\u00e9 parlementaire. Durant des mois, les autorit\u00e9s europ\u00e9ennes n\u2019avaient cess\u00e9 de refuser toute r\u00e9ouverture des n\u00e9gociation. Cette intransigeance avait pouss\u00e9 Theresa May \u00e0 organiser par trois fois un vote sur le m\u00eame projet d\u2019accord. Des votes qui, logiquement, s\u2019\u00e9taient tous sold\u00e9s par un rejet du texte, avant d\u2019entrainer l\u2019in\u00e9luctable d\u00e9mission de May. Ces rejets successifs et ce changement de Premier ministre ont-ils permis d\u2019assouplir la position europ\u00e9enne\u00a0? Absolument pas. Au lendemain de la nomination de Boris Johnson, Jean-Claude Juncker continuait de r\u00e9p\u00e9ter que l\u2019accord n\u00e9goci\u00e9 avec Theresa May \u00e9tait \u00ab\u00a0<i>le meilleur et le seul possible<\/i>\u00a0\u00bb et la Commission affirmait\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Nous ne rouvrirons pas l\u2019accord\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>Cette obsession europ\u00e9enne \u00e0 faire passer un accord rejet\u00e9 \u00e0 trois reprises par les parlementaires britanniques appara\u00eet <i>a posteriori<\/i> assez incompr\u00e9hensible. Son seul r\u00e9sultat effectif aura \u00e9t\u00e9 de favoriser l\u2019ascension de Johnson, de radicaliser la position de britannique\u2026 et de devoir faire d\u2019importantes concessions \u00e0 quelques semaines de l\u2019\u00e9ch\u00e9ance de sortie.<\/p>\n<p><strong>UNE VICTOIRE DIPLOMATIQUE DE JOHNSON<\/strong><\/p>\n<p>Car il ne faut pas s\u2019y tromper. Si le second accord est bien le fruit d\u2019un nouvel \u00e9quilibre, c\u2019est un \u00e9quilibre qui penche clairement en faveur des Britanniques. Le <i>backstop<\/i>, ce \u00ab\u00a0filet de s\u00e9curit\u00e9\u00a0\u00bb qui visait \u00e0 \u00e9viter le retour d\u2019une fronti\u00e8re entre les deux Irlande, posait clairement un probl\u00e8me de souverainet\u00e9 pour le Royaume-Uni. En effet, il pr\u00e9voyait que l\u2019Irlande du nord devait rester dans le March\u00e9 unique (et donc se soumettre aux directives bruxelloises et \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 de la Cour de justice de l\u2019UE), et que le reste du Royaume-Uni resterait dans l\u2019Union douani\u00e8re pour le commerce des biens et s\u2019engagerait \u00e0 respecter les normes europ\u00e9enne. Cet accord maintenait le Royaume-Uni dans son ensemble dans une d\u00e9pendance europ\u00e9enne et lui imposait de renoncer \u00e0 nouer souverainement des accords commerciaux. Quant \u00e0 l\u2019Irlande du nord, elle devenait une sorte de colonie europ\u00e9enne puisqu\u2019elle \u00e9tait condamn\u00e9e \u00e0 respecter une l\u00e9gislation sur laquelle elle n\u2019avait aucun droit de regard.<\/p>\n<p>Dans le nouvel \u00e9quilibre issu de l\u2019accord n\u00e9goci\u00e9 par Johnson, le Royaume-Uni b\u00e9n\u00e9ficie de nombreuses avanc\u00e9es. Premi\u00e8rement, l\u2019Irlande du nord ne devra respecter que les r\u00e8gles du march\u00e9 unique relatives au commerce des biens et ces r\u00e8gles seront soumises \u00e0 l\u2019approbation du Parlement nord-irlandais. Deuxi\u00e8mement, le Royaume-Uni n\u2019est plus tenu de rester dans l\u2019union douani\u00e8re et pourra donc n\u00e9gocier librement des accords commerciaux avec des pays tiers. Cette importante concession implique que les tarifs douaniers pourraient \u00eatre diff\u00e9rents entre l\u2019Irlande du nord et la R\u00e9publique d\u2019Irlande. Pour que cela soit compatible avec l\u2019absence d\u2019une fronti\u00e8re, il faudra que le d\u00e9douanement des marchandises qui transiteront par le Royaume-Uni tout en \u00e9tant \u00e0 destination du march\u00e9 unique soit effectu\u00e9 par les douanes britanniques. L\u2019Union europ\u00e9enne accepte donc de d\u00e9l\u00e9guer une partie de la gestion de sa fronti\u00e8re commerciale aux autorit\u00e9s douani\u00e8res du Royaume-Uni. Ce n\u2019est pas une mince concession\u00a0!<\/p>\n<p>Certes, l\u2019accord pr\u00e9voit des garde-fous et impose notamment au Royaume-Uni d\u2019organiser des contr\u00f4les r\u00e9glementaires sur les marchandises en mer d\u2019Irlande. Mais ce qui appara\u00eet clairement, c\u2019est que le texte pr\u00e9c\u00e9dent qui maintenait les Britanniques dans le giron europ\u00e9en et que les autorit\u00e9s europ\u00e9ennes refusaient absolument de ren\u00e9gocier a bien \u00e9t\u00e9 r\u00e9vis\u00e9 dans un sens voulu par les partisans d\u2019un Brexit dur. La menace d\u2019une sortie sans accord, brandie de mani\u00e8re inconsid\u00e9r\u00e9e par la France qui s\u2019affirmait pr\u00eate aux cons\u00e9quences d\u2019un <i>no-deal<\/i>, a fini par se retourner contre les Europ\u00e9ens eux-m\u00eames. Lorsque ces derniers se sont rendus compte qu\u2019une sortie sans accord risquait d\u2019affecter s\u00e9rieusement leur propre \u00e9conomie (l\u2019industrie allemande \u00e9tait alors en r\u00e9cession) et que, malgr\u00e9 son co\u00fbt pour l\u2019\u00e9conomie britannique, il pourrait \u00eatre brandie comme une victoire politique par Boris Johnson, ils se sont empress\u00e9s de n\u00e9gocier un nouvel accord \u00e0 partir des exigences britanniques.<\/p>\n<p><strong>LES RACINES INSTITUTIONNELLES DE LA RIGIDIT\u00c9 EUROP\u00c9ENNE<\/strong><\/p>\n<p>Disons-le par souci d\u2019honn\u00eatet\u00e9\u00a0: cet accord n\u2019est pas un drame pour les Europ\u00e9ens et on peut tout-\u00e0-fait le consid\u00e9rer comme un juste \u00e9quilibre pour les deux parties. C\u2019est le pr\u00e9c\u00e9dent accord qui \u00e9tait clairement d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9 et logiquement inacceptable pour les Britanniques. Mais alors pourquoi avoir tant tard\u00e9 \u00e0 le ren\u00e9gocier\u00a0? N\u2019aurait-il pas \u00e9t\u00e9 pr\u00e9f\u00e9rable d\u2019accepter quelques concessions mineures en f\u00e9vrier pour tenter de le faire passer alors qu\u2019une Theresa May plus conciliante \u00e9tait au pouvoir\u00a0?<\/p>\n<p>La position intransigeante des Europ\u00e9ens s\u2019est finalement av\u00e9r\u00e9e contre-productive. Mais ce constat soul\u00e8ve des questions plus fondamentales. La rigidit\u00e9 diplomatique de l\u2019UE est-elle le produit d\u2019une strat\u00e9gie maladroite ou d\u2019une faiblesse structurelle\u00a0? On remarquera que cette rigidit\u00e9 \u00e0 transiger, \u00e0 faire des concessions au moment opportun, n\u2019est pas le propre des n\u00e9gociations sur le Brexit. Lors de la crise grecque, c\u2019est une m\u00eame position intransigeante qui avait \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9e par les autorit\u00e9s europ\u00e9enne face \u00e0 Alexis Tsipras. Jean-Claude Juncker avait m\u00eame pu affirmer \u00e0 cette occasion, dans une interview au Figaro, qu\u2019il \u00ab\u00a0<i>ne peut pas y avoir de choix d\u00e9mocratique contre les trait\u00e9s europ\u00e9ens\u00a0<\/i>\u00bb. Cette posture inflexible avait finalement permis d\u2019obtenir une reddition sans concession de la Gr\u00e8ce qui ne pouvait envisager une sortie effective de l\u2019euro. Dans le cas du Brexit, la position europ\u00e9enne s\u2019est pour heurt\u00e9e au \u00ab\u00a0mur Johnson\u00a0\u00bb, lequel envisageait parfaitement une sortie sans accord.<\/p>\n<p>Cette insistance d\u00e9mesur\u00e9e pour le respect des r\u00e8gles tient largement \u00e0 la nature de l\u2019UE. Cette derni\u00e8re est une institution juridique fond\u00e9e sur le droit et les r\u00e8gles. Ses dirigeants ne sont pas des responsables politiques mais des personnels administratifs. Ils n\u2019incarnent pas un projet collectif d\u00e9battu d\u00e9mocratiquement, mais une entit\u00e9 d\u00e9sincarn\u00e9e qui poursuit un processus d\u2019unification \u00e9conomique et r\u00e9glementaire. Ainsi, telle qu\u2019elle fonctionne, l\u2019Union europ\u00e9enne se donne pour t\u00e2che d\u2019organiser la conformit\u00e9 de ses \u00c9tats membres aux principes g\u00e9n\u00e9raux \u00e9nonc\u00e9s dans les trait\u00e9s. Or, faire de la politique ou de la diplomatie, c\u2019est trouver les moyens, non de se conformer \u00e0 un processus d\u00e9fini \u00e0 l\u2019avance, mais de faire bouger des lignes pour agir consciemment sur le monde dans le sens de ses int\u00e9r\u00eats. Pour faire cela, il faut deux choses qui manquent cruellement \u00e0 l\u2019UE. D\u2019une part, il faut un v\u00e9ritable projet politique qui ne se limite pas \u00e0 organiser le March\u00e9 unique et l\u2019aust\u00e9rit\u00e9 budg\u00e9taire, et qui d\u00e9finisse pr\u00e9cis\u00e9ment les int\u00e9r\u00eats qu\u2019on souhaite d\u00e9fendre\u00a0; d\u2019autre part, il faut une autorit\u00e9 qui dispose d\u2019une l\u00e9gitimit\u00e9 d\u00e9mocratique reconnue et qui incarne ce projet.<\/p>\n<p>Ce que nous enseigne le Brexit, c\u2019est que la rigidit\u00e9 europ\u00e9enne n\u2019est pas conjoncturelle mais structurelle. L\u2019UE n\u2019est pas arm\u00e9e pour s\u2019imposer diplomatiquement dans les affaires du monde ou pour d\u00e9fendre ses int\u00e9r\u00eats, fussent-ils \u00e9conomiques. Son relatif silence dans la guerre commerciale qui oppose les \u00c9tats-Unis et la Chine est \u00e0 ce titre tr\u00e8s \u00e9loquent. \u00c0 l\u2019heure o\u00f9 Emmanuel Macron milite ouvertement pour une \u00ab\u00a0souverainet\u00e9 europ\u00e9enne\u00a0\u00bb et pour la constitution \u00e0 terme d\u2019une arm\u00e9e commune, il serait temps de s\u2019interroger sur l\u2019usage qui pourrait \u00eatre fait de cette arm\u00e9e et de cette souverainet\u00e9 par une entit\u00e9 qui n\u2019est pas con\u00e7ue pour \u00eatre politique ou diplomatique.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans un \u00e9ditorial du 27 novembre 2018 r\u00e9dig\u00e9 \u00e0 l\u2019issue de l\u2019accord conclu avec Theresa May, le journal Le Monde se f\u00e9licitait que le Brexit ai \u00e9t\u00e9 le \u00ab\u00a0ciment\u00a0\u00bb de l\u2019unit\u00e9 europ\u00e9enne. \u00ab\u00a0Face \u00e0 Londres, les Vingt-Sept ont r\u00e9ussi \u00e0 &hellip; <a href=\"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/brexit-une-union-europeenne-impuissante\/\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":4569,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[131,38],"tags":[135,132,201310,134,114,136,133,42],"class_list":["post-71","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-brexit","category-union-europeenne","tag-angela-merkel","tag-boris-johnson","tag-brexit","tag-emmanuel-macron","tag-marche-unique","tag-michel-barnier","tag-theresa-may","tag-union-europeenne-2"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/71","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4569"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=71"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/71\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=71"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=71"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=71"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}