{"id":26,"date":"2013-04-07T08:22:24","date_gmt":"2013-04-07T07:22:24","guid":{"rendered":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/?p=26"},"modified":"2021-08-07T08:35:15","modified_gmt":"2021-08-07T07:35:15","slug":"chypre-la-crise-qui-change-tout","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/chypre-la-crise-qui-change-tout\/","title":{"rendered":"Chypre : La crise qui change tout"},"content":{"rendered":"<p>\u00ab Ultimatum \u00bb, \u00ab blocus \u00bb&#8230; On peine \u00e0 croire que de telles expressions aient pu \u00eatre utilis\u00e9es pour commenter l&rsquo;actualit\u00e9 europ\u00e9enne. C&rsquo;\u00e9tait la guerre. La guerre \u00e9conomique. Au petit matin du 16 mars, apr\u00e8s une nuit de n\u00e9gociations, les autorit\u00e9s europ\u00e9ennes avaient convaincu le pr\u00e9sident chypriote d&rsquo;imposer une s\u00e9rie de mesures de rigueur et une taxation des comptes bancaires pour \u00e9viter la faillite du syst\u00e8me bancaire de l&rsquo;\u00eele. La population \u00e9tait sens\u00e9e se soumettre, le Parlement devait ent\u00e9riner. Ainsi va la d\u00e9mocratie en Europe ; la Tro\u00efka devient l&rsquo;instance proconsulaire de tout pays qui demande l&rsquo;aide europ\u00e9enne. Ainsi va la solidarit\u00e9 en Europe ; on fait payer aux peuples les mesures qui sont sens\u00e9es \u00e9viter la faillite g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e du syst\u00e8me bancaire europ\u00e9en.<!--more--><\/p>\n<p><strong>Le laxisme financier de l&rsquo;Union europ\u00e9enne<\/strong><\/p>\n<p>Car telle est l&rsquo;ironie de la situation pr\u00e9sente. Pendant des ann\u00e9es, l&rsquo;Union n&rsquo;a cess\u00e9 d&rsquo;encenser des \u00ab mod\u00e8les \u00bb \u00e9conomiques tels que l&rsquo;Espagne et l&rsquo;Irlande dans lesquels se sont d\u00e9velopp\u00e9es de gigantesques bulles financi\u00e8res et immobili\u00e8res ; elle a activement favoris\u00e9 la d\u00e9r\u00e9gulation et l&rsquo;autor\u00e9gulation des banques sans jamais en mesurer les risques ; elle a accept\u00e9 que se d\u00e9veloppent en son sein des paradis fiscaux, des places financi\u00e8res g\u00e9antes et hors de tout contr\u00f4le qui ont prosp\u00e9r\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 la souplesse de leur l\u00e9gislation et \u00e0 l&rsquo;opacit\u00e9 de leur syst\u00e8me bancaire. Riv\u00e9s sur les chiffres des d\u00e9ficits et des dettes publiques, obnubil\u00e9s par la flexibilisation du march\u00e9 du travail, les dirigeants europ\u00e9ens n&rsquo;ont \u00e9t\u00e9 capables ni de pr\u00e9venir, ni de comprendre la gigantesque bulle financi\u00e8re qui s&rsquo;est cr\u00e9\u00e9e depuis l&rsquo;instauration de la monnaie unique.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/files\/2021\/08\/Dette-UE.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/files\/2021\/08\/Dette-UE.jpg\" alt=\"Evolution de la dette de la zone euro\" width=\"600\" height=\"332\" class=\"alignnone size-medium wp-image-27\" srcset=\"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/files\/2021\/08\/Dette-UE.jpg 865w, https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/files\/2021\/08\/Dette-UE-300x166.jpg 300w, https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/files\/2021\/08\/Dette-UE-500x276.jpg 500w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Les chiffres de la Banque centrale europ\u00e9enne sont pourtant \u00e9loquents. En d\u00e9cembre 1999, l&rsquo;endettement total de la zone euro s&rsquo;\u00e9levait \u00e0 environ deux fois et demi son PIB (258%). En juin 2010, quelques dix ans plus tard, cet endettement atteignait 375% du PIB. D&rsquo;o\u00f9 cette explosion de la dette est-elle venue ? Clairement pas des \u00c9tats, dont l&rsquo;endettement n&rsquo;a pratiquement pas augment\u00e9 sur cette p\u00e9riode. C&rsquo;est principalement la dette du secteur financier qui explique la hausse de l&rsquo;endettement de l&rsquo;\u00e9conomie europ\u00e9enne. Une dette qui a plus que doubl\u00e9 en \u00e0 peine dix ans, pour repr\u00e9senter pr\u00e8s de 100 % du PIB en 2010. Cette dette du syst\u00e8me financier, qui s&rsquo;est accrue ind\u00e9pendamment de l&rsquo;activit\u00e9 \u00e9conomique est bien \u00e9videmment un facteur important d&rsquo;instabilit\u00e9 et de fragilisation du syst\u00e8me bancaire europ\u00e9en.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/files\/2021\/08\/Stocks-obligataires-Zone-euro.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/files\/2021\/08\/Stocks-obligataires-Zone-euro.jpg\" alt=\"Evolution des stocks obligataires de la zone euro\" width=\"600\" height=\"420\" class=\"alignnone size-medium wp-image-28\" srcset=\"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/files\/2021\/08\/Stocks-obligataires-Zone-euro.jpg 704w, https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/files\/2021\/08\/Stocks-obligataires-Zone-euro-300x210.jpg 300w, https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/files\/2021\/08\/Stocks-obligataires-Zone-euro-427x300.jpg 427w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Ce qui \u00e9tait tr\u00e8s pr\u00e9visible a donc fini par arriver : la crise am\u00e9ricaine des subprimes et la faillite de Lehman Brother ont \u00e9t\u00e9 les facteurs d\u00e9clenchants, l&rsquo;\u00e9tincelle qui a mis le feu \u00e0 syst\u00e8me bancaire profond\u00e9ment malade. Or, face \u00e0 cette crise, la r\u00e9ponse europ\u00e9enne a \u00e9t\u00e9 remarquable de constance. Quoi qu&rsquo;il arrive, il ne fallait surtout pas faire payer ceux qui avaient accumul\u00e9s un tel stock de dettes, les banques et les cr\u00e9anciers.<\/p>\n<p><strong>Prot\u00e9ger les cr\u00e9anciers et faire payer les \u00c9tats<\/strong><\/p>\n<p>Qui dit dette dit cr\u00e9ance. Qui dit hausse de la dette, dit hausse des cr\u00e9ances. On ne mesure bien l&rsquo;effet de cette bulle qu&rsquo;en comparant la situation actuelle avec celle de 1999. Dans cette logique, revenir au ratio d&rsquo;endettement qui pr\u00e9valait \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque reviendrait \u00e0 faire dispara\u00eetre une dette \u00e9quivalent \u00e0 120 % du PIB de la zone euro soit&#8230; environ 11 000 milliards d&rsquo;euros. 11 000 milliards d&rsquo;euros de dettes en moins, soit 11 000 milliards d&rsquo;euros de cr\u00e9ances en moins.<\/p>\n<p>Or, si la logique politique est d&rsquo;\u00e9viter de faire payer les cr\u00e9anciers, il devient n\u00e9cessaire d&rsquo;intervenir \u00e0 chaque d\u00e9part de feu. Si une banque fait faillite, l&rsquo;\u00c9tat doit se porter \u00e0 son secours ; si un \u00c9tat fait faillite, d&rsquo;autres \u00c9tats doivent assurer le remboursement des cr\u00e9ances. Cette logique de sapeur Camembert ne pouvait conduire qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9 g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e. L&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9 doit ici \u00eatre entendue comme le produit d&rsquo;une strat\u00e9gie qui consiste \u00e0 rembourser 11 000 milliards d&rsquo;euros de dettes en ponctionnant l&rsquo;activit\u00e9 \u00e9conomique, c&rsquo;est \u00e0 dire en taxant ceux qui produisent des richesses, les travailleurs, les entreprises ; et en diminuant les prestations sociales, la qualit\u00e9 des services publics.<\/p>\n<p>Le souci est que cette strat\u00e9gie a pr\u00e9cipit\u00e9 de nombreux pays dans la d\u00e9pression et n&rsquo;a rien r\u00e9solu du tout ; car au fur et \u00e0 mesure que les cr\u00e9ances sont pay\u00e9es, l&rsquo;activit\u00e9 \u00e9conomique d\u00e9croit, souvent de mani\u00e8re plus que proportionnelle. Ainsi, il n&rsquo;est pas rare que la dette diminue moins vite que ne dispara\u00eet l&rsquo;activit\u00e9 \u00e9conomique. Sch\u00e9matiquement, plus le pays rembourse, plus sa situation \u00e9conomique se d\u00e9grade, et plus sa sant\u00e9 financi\u00e8re se pr\u00e9carise. Au lieu de r\u00e9soudre le probl\u00e8me on l&rsquo;aggrave.<\/p>\n<p><strong>Le malade mourra malade<\/strong><\/p>\n<p>Peut-on d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 mesurer le r\u00e9sultat de cette politique ? Entre juin 2010 et septembre 2012, la dette domestique de la zone euro est pass\u00e9e de 375 % du PIB \u00e0&#8230; 371 %, soit un rythme de r\u00e9duction de la dette de l&rsquo;ordre de deux points de pourcentage par an. Allez, \u00e0 cette vitesse encore 60 ans d&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9 et l&rsquo;Union europ\u00e9enne pourra retrouver son niveau d&rsquo;endettement de 1999 !&#8230; A condition toutefois que l&rsquo;\u00e9conomie europ\u00e9enne existe toujours \u00e0 cette date. Ce qui n&rsquo;est pas dit. En Gr\u00e8ce, les mesures d&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9 ont fait dispara\u00eetre pr\u00e8s du quart de l&rsquo;activit\u00e9 \u00e9conomique en cinq ans. Si l&rsquo;on continue sur cette voie, on n&rsquo;ose imaginer ce que sera devenue la population grecque dans 10 ou 15 ans.<\/p>\n<p>Mais l&rsquo;\u00e9vidence des faits est, lentement, en train de s&rsquo;imposer aux cerveaux embrum\u00e9s par les dogmes et les id\u00e9es simples. Il est impossible \u00e0 la zone euro de rembourser 11 000 milliards d&rsquo;euros. Aucune mesure d&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9 ne sera assez forte pour y parvenir. Certes, \u00e0 force d&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9, l&rsquo;\u00e9conomie europ\u00e9enne finira tr\u00e8s certainement par dispara\u00eetre : mais elle dispara\u00eetra endett\u00e9e. C&rsquo;est en quelque sorte ce qu&rsquo;\u00e0 admis Olivier Blanchard, l&rsquo;\u00e9conomiste en chef du FMI, lorsqu&rsquo;il a d\u00fb reconna\u00eetre, en janvier dernier, que le \u00ab coefficient multiplicateur \u00bb des d\u00e9penses publiques \u00e9tait sup\u00e9rieur \u00e0 1 ; c&rsquo;est \u00e0 dire que toute r\u00e9duction des d\u00e9penses, toute hausse des recettes publiques, entra\u00eene immanquablement une r\u00e9duction de l&rsquo;activit\u00e9 \u00e9conomique sup\u00e9rieure aux \u00e9conomies r\u00e9alis\u00e9es. Autrement dit, toute ponction sur l&rsquo;activit\u00e9 \u00e9conomique g\u00e9n\u00e8re une perte d&rsquo;activit\u00e9 plus grande que le montant de dette qu&rsquo;elle rembourse. Si l&rsquo;on part du principe qu&rsquo;il faut r\u00e9duire la dette de 120 % du PIB, on en d\u00e9duit assez logiquement que la zone euro sera encore tr\u00e8s endett\u00e9e lorsque son PIB tombera \u00e0 z\u00e9ro.<\/p>\n<p><strong>Un insoluble probl\u00e8me de plomberie<\/strong><\/p>\n<p>Tout cela peut se comprendre simplement. L&rsquo;erreur est de confondre les stocks et les flux. La dette est un stock, le PIB est un flux. La strat\u00e9gie de la rigueur consiste \u00e0 pr\u00e9lever sur le flux pour abonder le stock. Sauf que ce flux est un flux circulaire. Toute d\u00e9pense d&rsquo;un agent \u00e9conomique est une recette pour un autre agent \u00e9conomique. En pr\u00e9levant sur les d\u00e9penses, on diminue le volume du flux et donc la capacit\u00e9 \u00e0 pr\u00e9lever plus tard sur les recettes qu&rsquo;auraient entra\u00een\u00e9es ces d\u00e9penses. Imaginons de l&rsquo;eau qui circule dans un bassin en circuit ferm\u00e9. S&rsquo;il y a cent litres d&rsquo;eau qui circulent, vous ne pourrez certainement pas remplir un seau de 120 litres en pr\u00e9levant l&rsquo;eau du bassin.<\/p>\n<p>Voil\u00e0 pourquoi le plan de sauvetage de Chypre change tout. Pour la premi\u00e8re fois, les autorit\u00e9s europ\u00e9ennes ont admis qu&rsquo;on pouvait g\u00e9rer un probl\u00e8me de stocks par&#8230; un pr\u00e9l\u00e8vement sur les stocks, et que la meilleure fa\u00e7on de le faire c&rsquo;\u00e9tait de diminuer d&rsquo;autorit\u00e9 les dettes et les cr\u00e9ances. En effet, quelle que soit la mani\u00e8re dont on le prend, le plan europ\u00e9en de taxation des comptes bancaires revient \u00e0 un plan de restructuration des dettes.<br \/>\n<strong><br \/>\nChypre : laboratoire d&rsquo;une solution nouvelle ?<\/strong><\/p>\n<p>En quoi a consist\u00e9 ce plan ? Les banque chypriotes sont en situation de faillite. Elles ont besoin de 17 milliards d&rsquo;euros. Une partie de ces 17 milliards devait \u00eatre financ\u00e9e par l\u2019\u00c9tat chypriote via un pr\u00eat de 10 milliards accord\u00e9 par les autres \u00c9tats europ\u00e9ens, ce surcro\u00eet de dette publique devant \u00eatre rembours\u00e9 par d&rsquo;absurdes mesures d&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9. C&rsquo;est le jeu classique de la socialisation des pertes auquel la Tro\u00efka nous a habitu\u00e9s. Mais c&rsquo;est dans l&rsquo;autre partie que r\u00e9side l&rsquo;originalit\u00e9 du plan : taxer les d\u00e9p\u00f4ts et l&rsquo;\u00e9pargne des clients des banques chypriotes, notamment les d\u00e9p\u00f4ts de plus de 100 000 euros. En effet, les d\u00e9posants sont aussi les principaux cr\u00e9anciers des banques. C&rsquo;est bien une partie de cet argent qui a \u00e9t\u00e9 mal plac\u00e9e et qui a \u00e9t\u00e9 perdue. Si on laissait les banques chypriotes faire faillite, la plus grande partie des 17 milliards d&rsquo;euros de pertes serait de toute fa\u00e7on pay\u00e9e par leurs clients. Au final, le plan a donc consist\u00e9 \u00e0 ne faire contribuer les d\u00e9posants qu&rsquo;\u00e0 hauteur de 7 milliards. 7 milliards de cr\u00e9ances et de dettes qui ont disparus en quelques heures, soit l&rsquo;\u00e9quivalent du tiers du PIB de l&rsquo;\u00eele.<\/p>\n<p>Certes, de l&rsquo;argent qui dispara\u00eet, ce qui signifie un appauvrissement de la population. Mais ce n&rsquo;est pas le m\u00eame argent que celui qu&rsquo;on taxe lorsqu&rsquo;on m\u00e8ne une politique d&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9. Ici, il s&rsquo;agit d&rsquo;argent stock\u00e9 dans les comptes d&rsquo;\u00e9pargne et qui n&rsquo;avait pas forc\u00e9ment vocation \u00e0 \u00eatre d\u00e9pens\u00e9 dans l&rsquo;imm\u00e9diat, surtout si l&rsquo;on consid\u00e8re qu&rsquo;on parle d&rsquo;une taxe qui ne devrait concerner que les sommes sup\u00e9rieures \u00e0 100 000 euros. A la diff\u00e9rence des comptes d&rsquo;\u00e9pargne des classes moyennes, l&rsquo;argent des gros \u00e9pargnant est bien souvent st\u00e9rile, car il nourrit la sp\u00e9culation financi\u00e8re au lieu d&rsquo;alimenter les flux \u00e9conomiques.<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;alternative \u00e0 l&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9 : faire payer les cr\u00e9anciers<\/strong><\/p>\n<p>Au final, le plan chypriote est le signe d&rsquo;un vrai changement de paradigme. On commence \u00e0 comprendre que ce ne sera pas par le remboursement des dettes que se r\u00e9glera la crise europ\u00e9enne, mais par l&rsquo;organisation d&rsquo;une restructuration globale des dettes. Cette restructuration impliquera m\u00e9caniquement des pertes pour les cr\u00e9anciers, c&rsquo;est \u00e0 dire pour toute personne qui aura accumul\u00e9 des stocks de cr\u00e9ances et d&rsquo;argent dans le syst\u00e8me financier europ\u00e9en.<\/p>\n<p>On peut donc s&rsquo;attendre \u00e0 ce que cette solution soit imit\u00e9e, sans doute dans des modalit\u00e9s diff\u00e9rentes. Si cela fait peur aux \u00e9pargnant europ\u00e9ens et les incite \u00e0 d\u00e9penser leur argent, ce sera au b\u00e9n\u00e9fice des flux \u00e9conomiques et de l&#8217;emploi. Si cela incite les \u00c9tats europ\u00e9ens \u00e0 contr\u00f4ler plus s\u00e9rieusement les mouvements financiers pour \u00e9viter la panique et l&rsquo;exode de leur \u00e9pargne nationale (comme on le voit actuellement \u00e0 Chypre), ce sera aussi une tr\u00e8s bonne chose. Si cela permet de r\u00e9soudre la crise selon des modalit\u00e9s discut\u00e9es, o\u00f9 l&rsquo;on d\u00e9cide qui paie et combien, quels \u00e9pargnants sont mis \u00e0 contribution et selon quelle r\u00e8gles, alors ce ne pourra que renforcer le contr\u00f4le d\u00e9mocratique des forces \u00e9conomiques et ce sera aussi une tr\u00e8s bonne chose. Enfin, si cela permet d&rsquo;\u00e9viter l&rsquo;absurde aust\u00e9rit\u00e9 actuelle, ce sera toujours \u00e7a de gagn\u00e9 pour tous ceux qui souffrent et qui sont victimes depuis cinq ans d&rsquo;une crise dont ils ne sont pas responsables.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab Ultimatum \u00bb, \u00ab blocus \u00bb&#8230; On peine \u00e0 croire que de telles expressions aient pu \u00eatre utilis\u00e9es pour commenter l&rsquo;actualit\u00e9 europ\u00e9enne. C&rsquo;\u00e9tait la guerre. La guerre \u00e9conomique. 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