{"id":210,"date":"2023-01-07T14:27:07","date_gmt":"2023-01-07T13:27:07","guid":{"rendered":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/?p=210"},"modified":"2023-03-19T14:34:15","modified_gmt":"2023-03-19T13:34:15","slug":"la-transition-ecologique-implique-un-effort-similaire-a-celui-du-passage-a-une-economie-de-guerre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/la-transition-ecologique-implique-un-effort-similaire-a-celui-du-passage-a-une-economie-de-guerre\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0La transition \u00e9cologique implique un effort similaire \u00e0 celui du passage \u00e0 une \u00e9conomie de guerre\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"\n<p>Entretien accord\u00e9 \u00e0 Jean Bastien pour le site <a href=\"https:\/\/www.nonfiction.fr\/article-11574-le-retour-des-economies-regulees-entretien-avec-david-cayla.htm\">Nonfiction<\/a>.<br><br><strong>Vous avez intitul\u00e9 ce nouvel ouvrage <em>D\u00e9clin et chute du n\u00e9olib\u00e9ralisme<\/em>, mais avant d\u2019envisager cette issue, vous rappelez les conditions qui ont permis l\u2019installation du n\u00e9olib\u00e9ralisme \u00e0 partir des difficult\u00e9s rencontr\u00e9es par les \u00e9conomies r\u00e9gul\u00e9es, qui, elles, faisaient une large place au contr\u00f4le des prix \u00e0 partir de la fin des ann\u00e9es 1960 et du d\u00e9but des ann\u00e9es 1970. Quelles sont ces conditions\u00a0? Pourriez-vous en dire un mot\u00a0?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Rappelons tout d\u2019abord que le principe fondamental de la doctrine n\u00e9olib\u00e9rale est d\u2019organiser le fonctionnement de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 partir des prix de march\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour les n\u00e9olib\u00e9raux, les prix sont cens\u00e9s avoir deux grandes fonctions. La premi\u00e8re est de d\u00e9terminer la valeur et de permettre le calcul \u00e9conomique. En effet, tout choix politique suppose un calcul co\u00fbt \/ avantage. Mais pour effectuer ce type de calcul il faut au pr\u00e9alable quantifier la valeur. C\u2019est \u00e0 cela que servent les prix de march\u00e9. Leur seconde fonction est de coordonner les actions et les choix individuels en \u00e9tablissant un syst\u00e8me d\u2019incitations dynamique. Les agents \u00e9conomiques sont ainsi \u00ab&nbsp;programm\u00e9s&nbsp;\u00bb par les prix. Ils consomment moins et produisent davantage une ressource dont le prix s\u2019accroit et inversement si son prix diminue.<\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p>Si les prix sont si importants, il faut \u00e9viter de les manipuler, estiment les n\u00e9olib\u00e9raux. Voil\u00e0 pourquoi les march\u00e9s sont si importants. Ce ne sont pas de simples lieux d\u2019\u00e9changes, mais des sortes d\u2019algorithmes qui agr\u00e8gent les comportements individuels d\u2019achat et de vente pour faire \u00e9merger des prix. Ce m\u00e9canisme suppose n\u00e9anmoins quelques conditions pour bien fonctionner&nbsp;: une concurrence la plus parfaite possible, une bonne information des agents, une int\u00e9gration la plus large possible aux march\u00e9s mondiaux, une monnaie stable. Ces conditions, c\u2019est \u00e0 l\u2019\u00c9tat de les assurer. Les n\u00e9olib\u00e9raux n\u2019adh\u00e8rent donc pas au \u00ab&nbsp;laissez-faire&nbsp;\u00bb. Ils souhaitent que l\u2019\u00c9tat se mette au service du march\u00e9 afin d\u2019en garantir le bon fonctionnement et d\u2019obtenir des prix de march\u00e9 pertinents.<\/p>\n\n\n\n<p>La doctrine n\u00e9olib\u00e9rale fut con\u00e7ue dans les ann\u00e9es 1920 et 1930 pour r\u00e9pondre \u00e0 la fois \u00e0 la concurrence des mod\u00e8les alternatifs que constituaient alors le sovi\u00e9tisme et le fascisme, et pour r\u00e9pondre \u00e0 la crise des ann\u00e9es 1930 qui avait mis \u00e0 mal le principe du laissez-faire auquel s\u2019accrochaient les lib\u00e9raux du XIXe si\u00e8cle. N\u00e9anmoins, elle ne fut pas mise en \u0153uvre imm\u00e9diatement, ou alors seulement de mani\u00e8re partielle dans l\u2019Allemagne d\u2019apr\u00e8s-guerre.<\/p>\n\n\n\n<p>Le mod\u00e8le des Trente glorieuses est fond\u00e9 sur une logique tr\u00e8s diff\u00e9rente, celle qui consiste \u00e0 r\u00e9guler strictement les prix des moyens de production. En effet, la r\u00e9gulation des Trente glorieuses concerne les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat, les taux de change, l\u2019\u00e9nergie, les mati\u00e8res premi\u00e8res, les produits agricoles et les salaires. Ce que je montre, c\u2019est que ce mod\u00e8le \u00e9merge de mani\u00e8re pragmatique sans qu\u2019il n\u2019y ait eu de th\u00e9orisation pr\u00e9alable. Ce qui l\u2019a rendu indispensable, c\u2019est l\u2019\u00e9conomie de guerre. D\u00e8s le d\u00e9but de 1940, les \u00c9tats-Unis sont contraints d\u2019imposer un contr\u00f4le tr\u00e8s strict de l\u2019\u00e9conomie pour faire face \u00e0 l\u2019imp\u00e9ratif du r\u00e9armement tout en pr\u00e9servant la paix sociale. Par la suite, l\u2019enjeu de la reconstruction en Europe impose \u00e9galement une planification et perp\u00e9tue le contr\u00f4le des prix des moyens de production. Ce n\u2019est qu\u2019au d\u00e9but des ann\u00e9es 1970 que la r\u00e9gulation \u00e9tatique est remise en cause et que le n\u00e9olib\u00e9ralisme s\u2019installe.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette victoire du n\u00e9olib\u00e9ralisme est directement li\u00e9e \u00e0 deux grands facteurs. Le premier c\u2019est la d\u00e9colonisation et la perte d\u2019influence des \u00e9conomies occidentales sur les pays producteurs de mati\u00e8res premi\u00e8res. Avec la nationalisation du secteur p\u00e9trolier par les pays de l\u2019OPEP au tout d\u00e9but des ann\u00e9es 1970, puis le choc p\u00e9trolier de 1973, les prix des mati\u00e8res premi\u00e8res ne peuvent plus \u00eatre r\u00e9gul\u00e9s par les \u00c9tats consommateurs. Ces derniers vont donc faire jouer la concurrence en lib\u00e9ralisant le commerce des mati\u00e8res premi\u00e8res et en organisant de nouveaux circuits commerciaux, notamment avec les pays du bloc communiste. Le second facteur, c\u2019est l\u2019effondrement du syst\u00e8me de Bretton Woods qui a lieu au m\u00eame moment. \u00c0 partir de ce moment, les \u00c9tats vont renoncer \u00e0 coop\u00e9rer sur le plan financier et \u00e0 administrer les taux de change des monnaies. La lib\u00e9ralisation des march\u00e9s financiers devient alors indispensable pour attirer le capital dans un syst\u00e8me financier international de plus en plus marqu\u00e9 par la concurrence.<\/p>\n\n\n\n<p>Les lib\u00e9ralisations des march\u00e9s du travail, de l\u2019agriculture et de nombreux services collectifs (transports, \u00e9nergie, t\u00e9l\u00e9communication) viendront par la suite, ce qui m\u2019am\u00e8ne \u00e0 penser que la transition n\u00e9olib\u00e9rale n\u2019est v\u00e9ritablement achev\u00e9e qu\u2019\u00e0 la toute fin des ann\u00e9es 1990. L\u2019abrogation du Glass-Steagall act (la loi de s\u00e9paration entre les banques d\u2019affaires et les banques de d\u00e9p\u00f4t) par Bill Clinton en 1999 ou la cr\u00e9ation de l\u2019euro la m\u00eame ann\u00e9e peuvent servir de date symbolique du d\u00e9but de l\u2019\u00e8re du n\u00e9olib\u00e9ralisme achev\u00e9, m\u00eame si le processus se poursuivra par la suite, par exemple avec la lib\u00e9ralisation du march\u00e9 de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 dans les ann\u00e9es 2000.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La r\u00e9volution n\u00e9olib\u00e9rale a elle-m\u00eame induit son lot de probl\u00e8mes montrez-vous, dont une mont\u00e9e des in\u00e9galit\u00e9s, une instabilit\u00e9 financi\u00e8re et une incapacit\u00e9 \u00e0 contrecarrer la forte baisse de la croissance. L\u00e0 aussi pourriez-vous en dire un mot, peut-\u00eatre en insistant sur ce dernier point : quel lien faites-vous entre celle-ci et l\u2019h\u00e9g\u00e9monie n\u00e9olib\u00e9rale ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le probl\u00e8me principal du n\u00e9olib\u00e9ralisme c\u2019est qu\u2019il affaiblit et d\u00e9l\u00e9gitimise le r\u00f4le de l\u2019\u00c9tat dans l\u2019\u00e9conomie. Lorsque les \u00c9tats contr\u00f4laient les prix agricoles ou ceux de l\u2019\u00e9nergie, ils pouvaient encore rendre compte de leur action aupr\u00e8s de leurs populations. Ils avaient la possibilit\u00e9 de mener de v\u00e9ritables politiques industrielles. Je montre notamment que le contr\u00f4le des prix agricoles fut indispensable pour moderniser l\u2019agriculture europ\u00e9enne \u00e0 partir des ann\u00e9es 1950, alors qu\u2019elle \u00e9tait tr\u00e8s en retard sur celle des pays anglo-saxons. Or, depuis l\u2019\u00e8re n\u00e9olib\u00e9rale, l\u2019\u00c9tat appara\u00eet de plus en plus impuissant pour agir. Cette situation nourrit la d\u00e9fiance et alimente le populisme ainsi que je l\u2019ai analys\u00e9 dans mon <a href=\"https:\/\/www.deboecksuperieur.com\/ouvrage\/9782807328839-populisme-et-neoliberalisme\">pr\u00e9c\u00e9dent ouvrage<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>La mont\u00e9e des in\u00e9galit\u00e9s est elle aussi une cons\u00e9quence logique de l\u2019expansion du r\u00e8gne du march\u00e9. En mettant en concurrence les \u00e9conomies et les populations par le biais de la mondialisation, les \u00c9tats sont pouss\u00e9s \u00e0 mener des politiques d\u2019attractivit\u00e9 en faveur du capital et au d\u00e9triment du travail. L\u2019abrogation de l\u2019ISF en France est une cons\u00e9quence de cette logique, tout comme les \u00ab&nbsp;lois travail&nbsp;\u00bb, les r\u00e9formes de l\u2019assurance ch\u00f4mage ou la r\u00e9duction des d\u00e9penses des retraites. Toutes ces r\u00e9formes ont \u00e9t\u00e9 prises pour rendre la France plus attractive que ses voisins et m\u00e8nent \u00e0 l\u2019accroissement des in\u00e9galit\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, il est clair que l\u2019\u00e8re n\u00e9olib\u00e9rale n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 une p\u00e9riode de forte croissance dans les pays d\u00e9velopp\u00e9s. En effet, la croissance est la cons\u00e9quence de la hausse de la productivit\u00e9 du travail. Or, ce qui permet d\u2019augmenter la productivit\u00e9 du travail c\u2019est essentiellement la m\u00e9canisation et l\u2019automatisation des t\u00e2ches. Mais cela n\u2019est pas possible dans tous les m\u00e9tiers. Dans les services, en particulier dans les emplois relationnels (le soin, l\u2019\u00e9ducation, la s\u00e9curit\u00e9, la justice, le spectacle vivant\u2026), il n\u2019est pas possible de m\u00e9caniser ou d\u2019automatiser les t\u00e2ches. Ainsi, la croissance est d\u00e9pendante de la part de la main d\u2019\u0153uvre qui travaille dans des m\u00e9tiers automatisables et m\u00e9canisables, qui sont le plus souvent industriels. Autrement dit, la d\u00e9sindustrialisation d\u2019une \u00e9conomie limite le potentiel de gains de productivit\u00e9 et donc la croissance. Or, la mondialisation commerciale a contribu\u00e9 \u00e0 la d\u00e9sindustrialisation des pays d\u00e9velopp\u00e9s au profit des pays en voie de d\u00e9veloppement du fait de salaires et donc de co\u00fbts de production inf\u00e9rieurs.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les crises qu\u2019a connues l\u2019\u00e9conomie mondiale depuis quinze ans ont mis \u00e0 mal la doctrine n\u00e9olib\u00e9rale. L\u2019un des principaux sinon le principal pilier du n\u00e9olib\u00e9ralisme qu\u2019est le mon\u00e9tarisme a en effet perdu toute cr\u00e9dibilit\u00e9, la politique mon\u00e9taire n\u2019ayant cess\u00e9 de lui tourner le dos\u2026 Puis la crise sanitaire et la guerre en Ukraine, sur fond de crise \u00e9cologique, ont jet\u00e9 le doute sur l\u2019efficacit\u00e9 inconditionn\u00e9e des prix de march\u00e9. Peut-\u00eatre pourriez-vous expliciter un peu ces points\u00a0?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le mon\u00e9tarisme est en effet l\u2019un des piliers principaux du n\u00e9olib\u00e9ralisme. Comme je le disais plus haut, du point de vue n\u00e9olib\u00e9ral, pour que le march\u00e9 fonctionne il faut maintenir une certaine stabilit\u00e9 des prix afin d\u2019aider les agents \u00e0 faire des choix \u00e9conomiques. Or, selon les n\u00e9olib\u00e9raux, lorsqu\u2019elle est confi\u00e9e \u00e0 une autorit\u00e9 gouvernementale, la politique mon\u00e9taire est souvent trop expansive. Les responsables politiques ont en effet int\u00e9r\u00eat \u00e0 faciliter le cr\u00e9dit et la cr\u00e9ation mon\u00e9taire, estiment les mon\u00e9taristes, ce qui, selon eux, engendre immanquablement de l\u2019inflation. Pour \u00e9viter cette situation il faudrait donc \u00ab&nbsp;d\u00e9politiser&nbsp;\u00bb les politiques mon\u00e9taires, soit en supprimant les banques centrales et en permettant la concurrence des monnaies (c\u2019est ce que propose Friedrich Hayek), soit en les rendant strictement ind\u00e9pendantes du pouvoir politique ou bien encore en limitant tr\u00e8s strictement leurs marges de man\u0153uvre (ce que propose Milton Friedman ou Wilhelm R\u00f6pke).<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la plupart des pays, le mon\u00e9tarisme fut mis en \u0153uvre via la sacralisation de l\u2019ind\u00e9pendance des banques centrales dont le mandat s\u2019est concentr\u00e9 sur l\u2019objectif de stabilit\u00e9 des prix. Cela a fonctionn\u00e9 quelque temps, avant que la crise financi\u00e8re de 2008 ne transforme en profondeur les politiques mon\u00e9taires.<\/p>\n\n\n\n<p>La crise de 2008 est elle-m\u00eame une cons\u00e9quence de la mise en \u0153uvre du n\u00e9olib\u00e9ralisme et de la d\u00e9r\u00e9gulation des march\u00e9s financiers. C\u2019est aussi une crise ontologique pour cette doctrine dans le sens o\u00f9 elle illustre l\u2019incapacit\u00e9 des march\u00e9s \u00e0 remplir leur r\u00f4le principal, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 d\u00e9terminer une valeur pour les actifs qui \u00e9taient adoss\u00e9s sur les cr\u00e9ances immobili\u00e8res am\u00e9ricaines. Le d\u00e9clenchement de la crise des subprimes se produisit lorsque BNP-Paribas a \u00e9t\u00e9 amen\u00e9e \u00e0 reconnaitre qu\u2019elle ne parvenait plus \u00e0 \u00e9valuer la valeur de trois de ses fonds. En effet, le march\u00e9 avait disparu du fait de l\u2019effondrement de la demande. Sans demande, pas de transaction, sans transaction, pas de prix de march\u00e9, et sans prix de march\u00e9\u2026 pas de valeur quantifiable.<\/p>\n\n\n\n<p>Le probl\u00e8me est aussi ontologique pour la pens\u00e9e \u00e9conomique dominante, incapable d\u2019anticiper et d\u2019int\u00e9grer dans ses mod\u00e8les les ph\u00e9nom\u00e8nes de croyances collectives, de mim\u00e9tisme, qui sont fr\u00e9quents sur les march\u00e9s financiers et peuvent affecter la pertinence des prix. Keynes rappelait avec justesse que les prix de march\u00e9 ne sont, en fin de compte, que des \u00ab&nbsp;conventions&nbsp;\u00bb et que ces conventions sont parfois extr\u00eamement fragiles car elles peuvent \u00e0 tout moment \u00eatre remises en cause.<\/p>\n\n\n\n<p>En somme, la crise financi\u00e8re a montr\u00e9 que l\u2019id\u00e9e qu\u2019il pouvait exister une r\u00e9alit\u00e9 \u00e9conomique \u00ab&nbsp;objective&nbsp;\u00bb, ind\u00e9pendante du politique et des institutions \u00e9tait un leurre et que r\u00e9guler la soci\u00e9t\u00e9 sur la base des prix de march\u00e9 \u00e9tait une utopie.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 partir de ce moment, les banques centrales se sont \u00e9cart\u00e9es des dogmes mon\u00e9taristes. Elles sont intervenues massivement non seulement pour sauver les banques, mais aussi pour d\u00e9terminer les prix de certains actifs financiers ou pour contr\u00f4ler les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat. C\u2019est ainsi qu\u2019il convient d\u2019interpr\u00e9ter les politiques de \u00ab&nbsp;<em>quantitatives easing<\/em>&nbsp;\u00bb (assouplissement quantitatifs) qui se sont d\u00e9velopp\u00e9es dans le monde entier \u00e0 partir de 2008. En cherchant \u00e0 sauver la finance de ses propres turpitudes et \u00e0 permettre aux \u00c9tats de sortir l\u2019\u00e9conomie du marasme, les banquiers centraux se sont mis \u00e0 racheter massivement des titres de dettes publiques afin de faire baisser les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat. La crise du Covid en 2020 a renforc\u00e9 ces politiques, \u00e0 tel point que la banque centrale europ\u00e9enne, par exemple, s\u2019est mise \u00e0 d\u00e9tenir plus du tiers des titres de dette publique europ\u00e9ens.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le monde de la finance, on a donc \u00e9t\u00e9 contraints de sortir du r\u00e9gime des prix de march\u00e9 pour d\u2019entrer dans un r\u00e9gime o\u00f9 les taux longs et courts sont strictement contr\u00f4l\u00e9s par les interventions des banques centrales. Elles sont de ce fait compl\u00e8tement sorties du r\u00f4le de garantes de la stabilit\u00e9 des prix que leur imposait la doctrine mon\u00e9tariste. Cela pose d\u2019ailleurs un probl\u00e8me d\u00e9mocratique car, pour jouer ce nouveau r\u00f4le il leur a \u00e9t\u00e9 n\u00e9cessaire d\u2019interpr\u00e9ter de mani\u00e8re extensive leur propre mandat.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le retour de l\u2019inflation a assez peu de chance de remettre en selle le mon\u00e9tarisme, montrez-vous. Et l\u2019id\u00e9e que l\u2019\u00c9tat doive se mettre au service du march\u00e9 pourrait bien avoir, cette fois, du plomb dans l\u2019aile. Pourriez-vous expliquer pourquoi\u00a0?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Avec le retour de l\u2019inflation, il y a eu un apparent retour \u00e0 la normalit\u00e9 mon\u00e9tariste. Les politiques de <em>quantitative easing<\/em> ont cess\u00e9 et les banques centrales augmentent \u00e0 nouveau leurs taux directeurs. C\u2019est ce qui fait dire \u00e0 certains analystes que les banquiers centraux ont fini par solder la crise de 2008.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais, en r\u00e9alit\u00e9, rien n\u2019est sold\u00e9. Parler du retour du mon\u00e9tarisme quand l\u2019inflation est \u00e0 7-10% et que les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat sont \u00e0 3-4% est une erreur. Si les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat nominaux ont augment\u00e9, le vrai prix de l\u2019argent, le taux d\u2019int\u00e9r\u00eat r\u00e9el, est lui toujours n\u00e9gatif. Il semble surtout que les banquiers centraux cherchent \u00e0 maintenir un \u00e9cart n\u00e9gatif entre l\u2019inflation et les taux nominaux, parce qu\u2019ils ne veulent surtout pas revenir \u00e0 des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat r\u00e9els positifs et sortir du r\u00e9gime mon\u00e9taire accommodant auquel nous sommes habitu\u00e9s depuis 2008. De fait, le co\u00fbt r\u00e9el du cr\u00e9dit reste nul ou faible dans la plupart des pays d\u00e9velopp\u00e9s. Rappelons, par comparaison, que lorsque Paul Volcker fut nomm\u00e9 pr\u00e9sident de la R\u00e9serve f\u00e9d\u00e9rale en 1979, il mit en \u0153uvre une v\u00e9ritable politique mon\u00e9tariste en augmentant les taux directeurs \u00e0 20%, alors que l\u2019inflation est similaire \u00e0 ce qu\u2019elle est aujourd\u2019hui. On est tr\u00e8s loin d\u2019une telle politique aujourd\u2019hui&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>La le\u00e7on que je retiens de tout \u00e7a est qu\u2019il n\u2019y a pas et qu\u2019il n\u2019y aura sans doute pas de retour au n\u00e9olib\u00e9ralisme des ann\u00e9es 2000. Les banquiers centraux ne se mettent plus au service du march\u00e9, ils en ont pris le contr\u00f4le, ils les ont d\u00e9sarm\u00e9s afin d\u2019\u00e9viter l\u2019effondrement du syst\u00e8me. Pourquoi a-t-on renonc\u00e9 \u00e0 laisser les march\u00e9s d\u00e9terminer les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat&nbsp;? Pas par conviction, mais pour des raisons purement pragmatiques. Un retour \u00e0 des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat&nbsp;longs \u00ab&nbsp;normaux&nbsp;\u00bb, qui seraient mettons 2-3&nbsp;points au-dessus du niveau d\u2019inflation pour les taux sans risques, entrainerait in\u00e9vitablement une faillite syst\u00e9mique. Le mon\u00e9tarisme \u00e9tait possible dans une \u00e9conomie o\u00f9 l\u2019endettement global repr\u00e9sentait 1,5 fois le PIB, comme c\u2019\u00e9tait le cas \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1970. Il n\u2019est plus possible dans une \u00e9conomie o\u00f9, comme aux \u00c9tats-Unis ou en Europe, la dette globale repr\u00e9sente 3,5 fois le PIB.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pourquoi l\u2019imp\u00e9ratif de transformation \u00e9cologique serait-il incompatible avec un syst\u00e8me de prix de march\u00e9 ? Et comment concilier l\u2019exigence de r\u00e9gulation mondiale que nous impose l\u2019urgence climatique et le fait que la d\u00e9mocratie a partie li\u00e9e avec la souverainet\u00e9 et s\u2019entend difficilement sans cette derni\u00e8re ? On comprend \u00e0 vous lire qu\u2019il faudrait en passer par un contr\u00f4le de certains prix par l\u2019\u00c9tat\u2026 Mais ce cadre pos\u00e9, quelles institutions ou dispositifs conviendrait-il de mettre en place pour atteindre cet objectif\u00a0?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ce qui est int\u00e9ressant dans le moment que nous vivons, c\u2019est que le contr\u00f4le des prix ne se limite plus aux taux d\u2019int\u00e9r\u00eat. Dans les ann\u00e9es 1970, les march\u00e9s financiers furent les premiers \u00e0 \u00eatre lib\u00e9ralis\u00e9s. Aujourd\u2019hui, on voit un mouvement inverse se produire dans la finance, mais c\u2019est un mouvement qui commence \u00e0 s\u2019\u00e9tendre \u00e0 d\u2019autres secteurs. La guerre en Ukraine a montr\u00e9 la d\u00e9pendance europ\u00e9enne au gaz russe. R\u00e9sultat, les \u00c9tats europ\u00e9ens se sont entendus pour r\u00e9guler les prix du gaz et la Commission propose de r\u00e9former en profondeur le march\u00e9 de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9. De m\u00eame, la r\u00e9cente loi am\u00e9ricaine sur l\u2019inflation (<em>Inflation reductionact<\/em>) a montr\u00e9 que les \u00c9tats-Unis de Biden ne sont pas d\u00e9cid\u00e9s \u00e0 se d\u00e9faire du protectionnisme de Trump. Partout, les politiques de l\u2019\u00e8re n\u00e9olib\u00e9rales sont en train d\u2019\u00eatre remises en cause. Dans l\u2019Union europ\u00e9enne, on se met m\u00eame \u00e0 chercher des moyens pour mener des politiques industrielles au nom de la d\u00e9fense de la \u00ab&nbsp;souverainet\u00e9 europ\u00e9enne&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Beaucoup de choses se font au nom de la transition \u00e9cologique. \u00c0 l\u2019origine, la politique climatique de l\u2019UE \u00e9tait conforme au dogme n\u00e9olib\u00e9ral. Le march\u00e9 carbone fut cr\u00e9\u00e9 dans les ann\u00e9es 2000 afin de disposer d\u2019un prix de march\u00e9 et un m\u00e9canisme d\u2019incitations cens\u00e9 g\u00e9rer nos \u00e9missions. Il apparait n\u00e9anmoins aujourd\u2019hui de plus en plus manifeste que les incitations prix sont insuffisantes pour amorcer s\u00e9rieusement une transition qui implique de transformer en profondeur nos syst\u00e8mes productifs. D\u00e9j\u00e0, la question de la compensation carbone aux fronti\u00e8res est pos\u00e9e depuis <a href=\"https:\/\/www.europarl.europa.eu\/news\/fr\/press-room\/20221212IPR64509\/climat-accord-sur-un-nouvel-instrument-de-lutte-contre-les-fuites-de-carbone\">l\u2019accord europ\u00e9en du 13 d\u00e9cembre<\/a>. Ainsi, le climat tend \u00e0 s\u2019inviter de plus en plus dans la mondialisation commerciale.<\/p>\n\n\n\n<p>Il faut bien s\u00fbr aller plus loin. Organiser la transition suppose de rendre rentables des technologies qui ne sont pas toujours matures et de transformer en profondeur notre syst\u00e8me productif\u2026 tout en \u00e9pargnant le plus possible le niveau de vie des m\u00e9nages.<\/p>\n\n\n\n<p>En termes d\u2019ordre de grandeur, l\u2019organisation de la transition \u00e9cologique implique un effort similaire \u00e0 celui du passage \u00e0 une \u00e9conomie de guerre, surtout si l\u2019on entend aller vite. Or, le temps presse. Si l\u2019on veut, par exemple, limiter notre consommation d\u2019\u00e9nergie fossile on ne peut pas se contenter d\u2019augmenter le prix du carbone. Il faut aussi s\u2019int\u00e9resser aux usages les plus pertinents des \u00e9nergies fossiles. Une hausse des prix du carburant n\u2019emp\u00eachera pas Elon Musk de faire du tourisme spatial et de consommer de pr\u00e9cieuses ressources qui pourrait \u00eatre mobilis\u00e9es pour d\u2019autres fins. En revanche, cette m\u00eame hausse de prix pourrait emp\u00eacher une infirmi\u00e8re de faire sa tourn\u00e9e et d\u2019aller rendre visite \u00e0 ses patients. Envoyer quelques milliardaires dans l\u2019exosph\u00e8re est-il plus important que de soigner des milliers de personnes \u00e2g\u00e9es d\u00e9pendantes&nbsp;? Si l\u2019on r\u00e9pond non \u00e0 cette question, comment faire en sorte que le carburant aille de mani\u00e8re prioritaire \u00e0 l\u2019infirmi\u00e8re et non \u00e0 l\u2019entreprise de Musk&nbsp;? C\u2019est exactement \u00e0 ce type de probl\u00e8mes que cherchaient \u00e0 r\u00e9pondre les r\u00e9gulations prises au nom de l\u2019\u00e9conomie de guerre dans les ann\u00e9es 1940.<\/p>\n\n\n\n<p>On comprend ainsi qu\u2019il faut sortir de la seule r\u00e9gulation par les prix de march\u00e9 car ces derniers sont aveugles aux usages et aux usagers. Quiconque peut payer le prix a le droit d\u2019utiliser une ressource non renouvelable et de spolier ainsi le reste de l\u2019humanit\u00e9. Cela n\u2019est pas acceptable.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 la fin de mon livre, je propose quelques principes pour mettre en \u0153uvre une \u00e9conomie fond\u00e9e sur une r\u00e9gulation d\u00e9mocratique. L\u2019id\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale est assez simple. Au lieu d\u2019organiser notre soci\u00e9t\u00e9 autour du march\u00e9, il faut mettre le march\u00e9 au service de nos besoins sociaux. L\u2019une des id\u00e9es que je d\u00e9fends c\u2019est de limiter le r\u00f4le du march\u00e9 dans la d\u00e9termination de certains prix en r\u00e9habilitant des institutions de concertation.<\/p>\n\n\n\n<p>Il reste encore quelques lois qui permettent de r\u00e9guler les prix. Tout n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9mantel\u00e9 par le n\u00e9olib\u00e9ralisme. Par exemple, la loi sur le prix unique du livre est assez int\u00e9ressante. Elle interdit de vendre un livre neuf \u00e0 un autre prix que celui d\u00e9cid\u00e9 par l\u2019\u00e9diteur. Quand on y pense, c\u2019est une r\u00e8gle extr\u00eamement simple et pertinente. Ce qui lui a permis d\u2019\u00eatre sauvegard\u00e9, c\u2019est le principe \u00ab&nbsp;d\u2019exception culturelle&nbsp;\u00bb d\u00e9fendu par la France et int\u00e9gr\u00e9 au droit europ\u00e9en. Autre exemple que l\u2019on a vu plus haut, celui des banques centrales qui contr\u00f4lent d\u00e9sormais les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e0 long terme. C\u2019est sans doute une bonne chose, sauf que pour l\u2019instant, comme il n\u2019est pas inclus dans leur mandat, ce contr\u00f4le se fait en dehors de toute r\u00e8gle. Normalisons donc cette pratique, et encadrons-l\u00e0 par la mise en \u0153uvre d\u2019un contr\u00f4le politique de l\u2019action des banques centrales.<\/p>\n\n\n\n<p>En fait, l\u2019id\u00e9e de d\u00e9politiser les politiques \u00e9conomiques en mettant les march\u00e9s au centre de la r\u00e9gulation \u00e9conomique et sociale \u00e9tait absurde. C\u2019\u00e9tait une id\u00e9e qui partait du principe que l\u2019\u00e9conomie existe en dehors de la soci\u00e9t\u00e9 et n\u2019a pas \u00e0 \u00eatre influenc\u00e9e par elle. De fait, la grande force du march\u00e9, c\u2019est d\u2019appara\u00eetre faussement neutre et apolitique, alors m\u00eame que les forces du march\u00e9 engendrent une hi\u00e9rarchie sociale qui est tout sauf apolitique. Changeons donc radicalement de logique et reconnaissons que l\u2019\u00e9conomie est l\u2019un des attributs de la soci\u00e9t\u00e9 et qu\u2019il est vain de vouloir en d\u00e9politiser le fonctionnement. Admettons aussi qu\u2019un prix n\u2019est pas plus l\u00e9gitime lorsqu\u2019il proc\u00e8de de l\u2019offre et de la demande que lorsqu\u2019il est d\u00e9cid\u00e9 par un repr\u00e9sentant \u00e9lu.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour autant, il faut garder en t\u00eate que toute d\u00e9cision politique n\u2019est pas forc\u00e9ment per\u00e7ue comme l\u00e9gitime et que le march\u00e9 est une institution tr\u00e8s pratique pour \u00e9tablir des prix qui sont en g\u00e9n\u00e9ral accept\u00e9s. L\u2019enjeu, pour construire le monde qui vient et pour organiser la transition \u00e9cologique, sera de b\u00e2tir des institutions per\u00e7ues comme l\u00e9gitimes afin de r\u00e9organiser notre syst\u00e8me \u00e9conomique en le d\u00e9marchandisant. Cela, \u00e0 mon sens, ne peut se faire qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9chelle o\u00f9 se d\u00e9roule le d\u00e9bat d\u00e9mocratique et o\u00f9 s\u2019exprime la souverainet\u00e9 populaire. C\u2019est la raison pour laquelle je suis persuad\u00e9 que la transition \u00e9cologique n\u00e9cessite la r\u00e9affirmation de l\u2019\u00c9tat national comme acteur central de la transition. Ce principe n\u2019est d\u2019ailleurs pas contradictoire avec le fait qu\u2019il faudra organiser des coop\u00e9rations internationales pour g\u00e9rer les mati\u00e8res premi\u00e8res et limiter nos \u00e9missions. \u00c0 ce titre, l\u2019organisation la plus l\u00e9gitime n\u2019est sans doute ni l\u2019Union europ\u00e9enne ni le G20, mais l\u2019ONU et le syst\u00e8me des COP (conf\u00e9rences des parties). Ces institutions ont en effet l\u2019immense avantage de repr\u00e9senter l\u2019ensemble de la population mondiale et de d\u00e9boucher sur des pratiques qui cherchent le consensus le plus large possible.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Entretien accord\u00e9 \u00e0 Jean Bastien pour le site Nonfiction. 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