{"id":155,"date":"2006-10-01T08:50:00","date_gmt":"2006-10-01T07:50:00","guid":{"rendered":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/?p=155"},"modified":"2022-05-10T09:17:14","modified_gmt":"2022-05-10T08:17:14","slug":"ou-nous-entraine-leconomie-americaine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/ou-nous-entraine-leconomie-americaine\/","title":{"rendered":"O\u00f9 nous entra\u00eene l\u2019\u00e9conomie am\u00e9ricaine?"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Pour relancer leur \u00e9conomie apr\u00e8s les attentats du 11 septembre, les \u00c9tats-Unis ont conduit une politique de relance mon\u00e9taire et ont massivement emprunt\u00e9 aupr\u00e8s du reste du monde. Cette strat\u00e9gie, risqu\u00e9e, p\u00e8se actuellement sur l\u2019\u00e9conomie mondiale.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En 2003, le d\u00e9ficit commercial am\u00e9ricain allait afficher un montant historique de pr\u00e8s de 500 milliards de dollars et le monde entier s\u2019inqui\u00e9tait. L\u2019\u00e9conomie de la premi\u00e8re puissance mondiale devait trouver plus d\u20191 milliard de dollars chaque jour aupr\u00e8s du reste du monde pour financer sa croissance et sa consommation. Ces d\u00e9ficits consid\u00e9rables pesaient sur le dollar, d\u2019autant que les taux d\u2019int\u00e9r\u00eats de la <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/R%C3%A9serve_f%C3%A9d%C3%A9rale_des_%C3%89tats-Unis\">Federal Reserve<\/a> (la r\u00e9mun\u00e9ration du billet vert) \u00e9taient historiquement bas.<br>\n<\/p><p><!--more--><\/p>\n\n\n<p><!-- \/wp:post-content --><\/p>\n<p>Des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat faibles ont l\u2019avantage d\u2019inciter les m\u00e9nages et les entreprises \u00e0 emprunter et permettent de relancer l\u2019investissement et la consommation, donc la croissance. Apr\u00e8s les attentats du 11 septembre, les Etats-Unis avaient utilis\u00e9 \u00e0 fond la carte de la relance mon\u00e9taire et pendant 4 ans, les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat ont \u00e9t\u00e9 voisins de l\u2019inflation. Cons\u00e9quence : les m\u00e9nages et les entreprises ont massivement emprunt\u00e9, ce qui a cr\u00e9\u00e9 un v\u00e9ritable appel d\u2019air dans le reste du monde qui s\u2019est mis \u00e0 financer sans compter l\u2019\u00e9conomie am\u00e9ricaine.<\/p>\n<p><!-- wp:image --><\/p>\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/p8.storage.canalblog.com\/86\/90\/281794\/12340987.jpg\" alt=\"money\" \/><\/figure>\n<p><!-- \/wp:image --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p>Mais cette strat\u00e9gie n\u2019\u00e9tait pas sans risque. D\u00e9ficits et taux d\u2019int\u00e9r\u00eats faibles ont tendance \u00e0 faire chuter une monnaie. Du coup, le dollar s\u2019est effondr\u00e9 entre 2002 et 2004 et pr\u00eater au consommateur am\u00e9ricain devenait de plus en plus risqu\u00e9 pour des \u00e9trangers qui ne voulaient pas \u00eatre rembours\u00e9s dans une monnaie faible. A partir de 2004, la Federal Reserve fut donc contrainte de modifier sa politique et de faire remonter progressivement les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat pour d\u00e9fendre sa monnaie. Ceux-ci pass\u00e8rent de 1% \u00e0 plus de 5% aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p><strong>Une marge de man\u0153uvre \u00e9troite<\/strong><\/p>\n<p>En toute logique on aurait pu s\u2019attendre \u00e0 ce que, le cr\u00e9dit devenant plus cher, la consommation et les d\u00e9ficits am\u00e9ricains se r\u00e9duisent. Or, c\u2019est exactement le contraire qui se produisit. D&rsquo;apr\u00e8s le <a href=\"http:\/\/www.bea.gov\/\">Bureau d&rsquo;analyse \u00e9conomique<\/a> am\u00e9ricain, les d\u00e9ficits continu\u00e8rent de se creuser : 635 milliards en 2004, 791 milliards en 2005, et on est aujourd\u2019hui sur un rythme de plus de 850 milliards de dollars par an (<a href=\"http:\/\/www.bea.gov\/international\/xls\/table1.xls\">statistiques d\u00e9taill\u00e9es<\/a>). Au total, pr\u00e8s 6,5% du PIB am\u00e9ricain est int\u00e9gralement financ\u00e9 par l\u2019\u00e9tranger !<\/p>\n<p>Bien qu\u2019elle ait permis d\u2019enrayer la chute de la monnaie am\u00e9ricaine, la strat\u00e9gie d\u2019augmentation des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat a donc \u00e9chou\u00e9 \u00e0 r\u00e9duire les d\u00e9ficits. Il y a deux raisons \u00e0 cela. La premi\u00e8re c\u2019est que l\u2019augmentation des prix du p\u00e9trole et des mati\u00e8res premi\u00e8res ont fortement pes\u00e9 sur la balance commerciale am\u00e9ricaine. La seconde est plus probl\u00e9matique : les Etats-Unis doivent en effet payer des int\u00e9r\u00eats \u00e0 ces \u00e9trangers qui les financent, et ces int\u00e9r\u00eats augmentent dangereusement au fur et \u00e0 mesure que les taux s\u2019\u00e9l\u00e8vent. R\u00e9sultat : la balance des revenus am\u00e9ricaine s\u2019est d\u00e9grad\u00e9e de 25 milliards de dollars en deux ans.<\/p>\n<p>Cette situation cr\u00e9e un pi\u00e8ge redoutable : d\u2019une part, les am\u00e9ricains sont oblig\u00e9s d\u2019augmenter les taux d\u2019int\u00e9r\u00eats pour soutenir leur devise. Cela leur permet de continuer d\u2019emprunter \u00e0 l\u2019\u00e9tranger et de sauvegarder la p\u00e9rennit\u00e9 de 6,5% de leur richesse. D\u2019autre part, en augmentant les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat, ils ralentissent leur croissance et d\u00e9gradent leurs finances puisqu\u2019ils doivent payer des int\u00e9r\u00eats de plus en plus \u00e9lev\u00e9s, ce qui <a href=\"http:\/\/www.promethee.fr\/index.php?2007\/03\/14\/515-deficit-record-des-comptes-courants-americains-en-2006\">creuse leurs d\u00e9ficits<\/a>. La marge de man\u0153uvre est donc devenue particuli\u00e8rement \u00e9troite.<\/p>\n<p><strong>Argent plus cher<\/strong><\/p>\n<p>Plus largement, l\u2019\u00e9tat des finances am\u00e9ricaines a aussi des cons\u00e9quences sur l\u2019\u00e9conomie mondiale. En siphonnant plus de 2 milliards par jour, les Etats-Unis ass\u00e8chent le financement des autres \u00e9conomies. Les pays en voie de d\u00e9veloppement non producteurs de p\u00e9trole sont particuli\u00e8rement touch\u00e9s. Pour attirer des capitaux ils doivent augmenter les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e0 des niveaux consid\u00e9rables. En <a href=\"http:\/\/www.lefigaro.fr\/eco\/20060627.FIG000000268_la_turquie_cherche_a_enrayer_la_crise_financiere.html\">Turquie par exemple<\/a>, ceux-ci s\u2019\u00e9l\u00e8vent \u00e0 15%. M\u00eame en tenant compte de l\u2019inflation, les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat r\u00e9els y sont sup\u00e9rieurs \u00e0 5%. L\u2019Europe n\u2019est pas \u00e9pargn\u00e9e. Alors que la croissance de la zone euro reste faible, la BCE doit augmenter r\u00e9guli\u00e8rement ses taux pour maintenir \u00e0 un niveau raisonnable le diff\u00e9rentiel avec la Fed.<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:image --><\/p>\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/p9.storage.canalblog.com\/98\/83\/281794\/12340995.jpg\" alt=\"economie_americaine\" \/><\/figure>\n<p><!-- \/wp:image --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p>Au final, avec l\u2019augmentation des prix du p\u00e9trole et le creusement des d\u00e9ficits am\u00e9ricains, l\u2019\u00e9conomie mondiale est en train de sortir d\u2019une p\u00e9riode o\u00f9 l\u2019argent \u00e9tait particuli\u00e8rement bon march\u00e9 pour entrer dans une p\u00e9riode o\u00f9 le capital sera de plus en plus rare et donc cher. Ce n\u2019est bon ni pour la croissance, ni pour l\u2019emploi, ni pour les revenus du travail. Avec en plus la menace d\u2019une crise financi\u00e8re grave si l\u2019\u00e9conomie am\u00e9ricaine ne parvient pas \u00e0 se sortir de ses d\u00e9ficits abyssaux ou si le dollar venait \u00e0 s\u2019effondrer.<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pour relancer leur \u00e9conomie apr\u00e8s les attentats du 11 septembre, les \u00c9tats-Unis ont conduit une politique de relance mon\u00e9taire et ont massivement emprunt\u00e9 aupr\u00e8s du reste du monde. Cette strat\u00e9gie, risqu\u00e9e, p\u00e8se actuellement sur l\u2019\u00e9conomie mondiale. 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