{"id":113,"date":"2005-02-15T09:45:56","date_gmt":"2005-02-15T08:45:56","guid":{"rendered":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/?p=113"},"modified":"2021-09-06T09:52:19","modified_gmt":"2021-09-06T08:52:19","slug":"largentine-du-chaos-au-redressement-petites-lecons-deconomie-neo-liberale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/largentine-du-chaos-au-redressement-petites-lecons-deconomie-neo-liberale\/","title":{"rendered":"L&rsquo;argentine du chaos au redressement: petites le\u00e7ons d&rsquo;\u00e9conomie n\u00e9o-lib\u00e9rale"},"content":{"rendered":"<h2><strong>En d\u00e9cembre 2001, apr\u00e8s avoir pendant plus de dix ans respect\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;absurde les dogmes de rigueur pr\u00f4n\u00e9s par les institutions \u00e9conomiques internationales, l&rsquo;Argentine conna\u00eet la plus grave crise \u00e9conomique de son histoire. Son redressement passera par le retour \u00e0 des pratiques keyn\u00e9siennes classiques et par l&rsquo;affirmation de son ind\u00e9pendance vis-\u00e0-vis du FMI. Une le\u00e7on \u00e0 m\u00e9diter.<!--more--><\/strong><\/h2>\n<p>En juin 2001 <a href=\"http:\/\/www.oecd.org\/document\/47\/0,2340,fr_2649_33731_2727023_1_1_1_1,00.html\">une note de l&rsquo;OCDE<\/a> affirmait, pleine d&rsquo;optimisme, que l&rsquo;\u00e9conomie argentine \u00e9tait en train de \u00abrena\u00eetre de ses cendres\u00bb et qu&rsquo;elle renouerait bient\u00f4t avec \u00absa destin\u00e9e prometteuse du d\u00e9but du si\u00e8cle\u00bb. C&rsquo;\u00e9tait bien le moins. Depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 90, la politique \u00e9conomique de ce pays avait scrupuleusement respect\u00e9 les principes lib\u00e9raux pr\u00f4n\u00e9s par cette m\u00eame OCDE.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" alt=\"menem\" src=\"https:\/\/p5.storage.canalblog.com\/55\/11\/281794\/12428992.jpg\" border=\"0\" \/><\/p>\n<p>Lorsque <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Carlos_Menem\">Carlos Menem<\/a> arrive au pouvoir en 1989, l&rsquo;Argentine est d\u00e9j\u00e0 en crise. La dictature militaire (1976-1983) et la guerre des Malouines ont ruin\u00e9 l&rsquo;\u00e9conomie, <a href=\"http:\/\/blog.argentine-news.com\/?p=113\">la charge de la dette <\/a>est devenue insupportable et l&rsquo;inflation rappelle celle de l&rsquo;Allemagne des ann\u00e9es 20 (en 1989 les prix sont multipli\u00e9s par 50). Pour en sortir, et notamment pour combattre l&rsquo;inflation, le nouveau gouvernement d\u00e9cide d&rsquo;indexer le peso au dollar au taux de 1 pour 1 et l&rsquo;inscrit dans la Constitution (!). Cette mesure, qui avait l&rsquo;avantage d&rsquo;\u00e9liminer d&rsquo;un coup l&rsquo;hyper-inflation co\u00fbtait cependant fort cher car il fallait que chaque peso trouve sa contrepartie en dollar dans les r\u00e9serves de la banque centrale. Il \u00e9tait donc essentiel d&rsquo;obtenir des dollars des organismes internationaux et des investisseurs \u00e9trangers et de se plier aux normes lib\u00e9rales du \u00ab<a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Consensus_de_Washington\">consensus de Washington<\/a>\u00bb. Apr\u00e8s un premier programme de rigueur, l&rsquo;Argentine approfondit la lib\u00e9ralisation de son commerce ext\u00e9rieur et de ses march\u00e9s financiers et se lance dans un vaste programme de privatisation. Jamais \u00c9tat ne vendit autant et si vite : entre 1990 et 1996, t\u00e9l\u00e9phone, radios, t\u00e9l\u00e9visions, chemins de fer, \u00e9lectricit\u00e9, eau, gaz, frappe de la monnaie, centrales nucl\u00e9aires, p\u00e9trochimie, poste, a\u00e9roports et p\u00e9trole sont privatis\u00e9s, souvent brad\u00e9s, presque toujours au profit d&rsquo;entreprises europ\u00e9ennes ou am\u00e9ricaines d\u00e9tentrices de devises.<br \/>\n<strong><br \/>\nTutelle du FMI<\/strong><\/p>\n<p>Mais le d\u00e9veloppement \u00e9conomique promis ne viendra pas. Apr\u00e8s une p\u00e9riode de croissance, les <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Crise_%C3%A9conomique_asiatique\">crises asiatique<\/a> (1997) et russe (1998) conduisent les investisseurs \u00e0 quitter brutalement l&rsquo;Argentine. Alors que le Br\u00e9sil choisit de d\u00e9valuer sa monnaie, le gouvernement argentin pr\u00e9f\u00e8re maintenir co\u00fbte que co\u00fbte la parit\u00e9 avec le dollar. La manne des privatisations s&rsquo;\u00e9tant tarie et la balance commerciale \u00e9tant structurellement d\u00e9ficitaire, il n&rsquo;y a que le FMI qui est en mesure d&rsquo;alimenter l&rsquo;\u00e9conomie argentine en devises. Il pose n\u00e9anmoins des conditions strictes \u00e0 son engagement et, \u00e0 partir de 1999, la politique \u00e9conomique argentine est proprement mise sous sa tutelle .<\/p>\n<p>En 1999, le <a href=\"http:\/\/www.ladocumentationfrancaise.fr\/dossiers\/argentine\/prets-fmi.shtml\">premier programme d&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9 du FMI<\/a> pr\u00e9voit la hausse des taxes et des imp\u00f4ts, l&rsquo;assouplissement de la l\u00e9gislation du travail, la r\u00e9duction des salaires et des pensions des fonctionnaires, la privatisation et la mise en concurrence de la s\u00e9curit\u00e9 sociale. Ce plan ne fait cependant qu&rsquo;approfondir la crise. A peine un an plus tard, le FMI est \u00e0 nouveau appel\u00e9 pour un nouveau pr\u00eat. Les conditions pos\u00e9es se traduisent cette fois par le gel des d\u00e9penses publiques pour 5 ans, la d\u00e9r\u00e9gulation du syst\u00e8me de sant\u00e9, l&rsquo;abolition totale du syst\u00e8me \u00e9tatique de s\u00e9curit\u00e9 sociale, une nouvelle hausse des taxes et la r\u00e9forme des retraites. Ce second plan d&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9 n&rsquo;a cependant pas plus de succ\u00e8s que le premier et l&rsquo;\u00e9conomie argentine continue de s&rsquo;enfoncer dans la crise. Au printemps 2001, un ultime programme de rigueur est concoct\u00e9 par le FMI, fixant des normes rigides de baisse des d\u00e9penses publiques pour un montant de pr\u00e8s de 8 milliards de dollars sur trois ans. Rejet\u00e9 par la population, il n&rsquo;entrera jamais en application mais sera remplac\u00e9 par d&rsquo;autres mesures de rigueur.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"fmi\" src=\"https:\/\/p6.storage.canalblog.com\/69\/24\/281794\/12429263.gif\" width=\"355\" height=\"278\" border=\"0\" \/><\/p>\n<p>Le bilan de la tutelle du FMI est d\u00e9sastreux. Entre 1998 et 2001, l&rsquo;Argentine conna\u00eetra quatre ann\u00e9es cons\u00e9cutives de r\u00e9cession, son PIB baissant de pr\u00e8s de 14 % sur la p\u00e9riode. La dette argentine, qui \u00e9tait de 65 milliards de dollars au d\u00e9but des ann\u00e9es 90 et de 7 milliards avant la dictature est mont\u00e9e \u00e0 plus de 155 milliards. Les privatisations ont essentiellement profit\u00e9 aux investisseurs internationaux : 90 % des banques et 40 % de l&rsquo;industrie argentine sont d\u00e9tenus par des capitaux \u00e9trangers. Quant aux indicateurs sociaux, ils sont catastrophiques : le pouvoir d&rsquo;achat des m\u00e9nages a diminu\u00e9 de pr\u00e8s de moiti\u00e9 en cinq ans, le ch\u00f4mage s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve \u00e0 18 %, la pauvret\u00e9, qui atteignait \u00e0 peine un million de personnes dans les ann\u00e9es 70 (pour 34 millions d&rsquo;habitants) touche \u00e0 pr\u00e9sent 14 millions d&rsquo;Argentins ; l&rsquo;analphab\u00e9tisme est multipli\u00e9 par six et concerne 12% de la population.<\/p>\n<p>Voil\u00e0 donc le pays qui, selon les lib\u00e9raux de l&rsquo;OCDE, \u00e9tait en train d&rsquo;accomplir sa \u00abdestin\u00e9e prometteuse\u00bb en juin 2001.<\/p>\n<p>Mais le fragile ch\u00e2teau de carte de l&rsquo;\u00e9conomie argentine ne tardera pas \u00e0 s&rsquo;effondrer. Le 5 d\u00e9cembre 2001, le FMI refuse d&rsquo;accorder un nouveau pr\u00eat au gouvernement social-d\u00e9mocrate argentin. La population, exc\u00e9d\u00e9e, n&rsquo;accepte plus les nouvelles mesures d&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9 pos\u00e9es comme conditions par le FMI. Priv\u00e9 de ressources en devises et voulant \u00e0 tout prix pr\u00e9server la parit\u00e9 peso &#8211; dollar qu&rsquo;il avait lui-m\u00eame instaur\u00e9 sous le gouvernement Menem, le tr\u00e8s lib\u00e9ral ministre des finances <a href=\"http:\/\/blog.argentine-news.com\/?p=68\">Domingo Cavallo<\/a> va d&rsquo;abord chercher \u00e0 diminuer la masse mon\u00e9taire en limitant drastiquement les retraits bancaires. Ces mesures sont tr\u00e8s mal v\u00e9cues par la population qui a l&rsquo;impression qu&rsquo;on lui vole son \u00e9pargne alors m\u00eame que les Argentins les plus fortun\u00e9s ont eu tout le temps de placer leur argent \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger. C&rsquo;est le d\u00e9but d&rsquo;une r\u00e9volte populaire g\u00e9n\u00e9rale qui va aboutir, en quelques jours, \u00e0 la d\u00e9mission du pr\u00e9sident De la Rua.<\/p>\n<p><strong>Que se vayan todos!<\/strong><\/p>\n<p>Le gouvernement int\u00e9rimaire ne rompt pas pour autant avec le FMI et continue d&rsquo;appliquer les recettes lib\u00e9rales. Le peso est d\u00e9valu\u00e9, mais la convertibilit\u00e9 avec le dollar est pr\u00e9serv\u00e9e. Or, les r\u00e9serves en dollar sont trop faibles pour maintenir une masse mon\u00e9taire suffisante au fonctionnement de l&rsquo;activit\u00e9 normale. Pendant quelques mois, l&rsquo;\u00e9conomie argentine est en partie d\u00e9mon\u00e9tis\u00e9e. Les Argentins sont contraints d&rsquo;inventer des syst\u00e8mes de troc pour pouvoir travailler et \u00e9changer, et les provinces \u00e9mettent des \u00abpatacones\u00bb, des coupons sans valeur qui permettent de payer les fonctionnaires et les imp\u00f4ts.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 les mesures de rigueur du nouveau gouvernement, les institutions internationales critiquent ces \u00e9missions de \u00abfausse monnaie\u00bb qui \u00e9chappent totalement au pouvoir central. En avril 2002 apr\u00e8s la d\u00e9mission de son ministre de l&rsquo;\u00e9conomie, l&rsquo;Argentine rompt avec les institutions internationales (G7, FMI, Banque mondiale) et aucun nouveau pr\u00eat ne lui sera plus accord\u00e9.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"que_se_vayan_todos\" src=\"https:\/\/p8.storage.canalblog.com\/85\/16\/281794\/12429012.gif\" width=\"240\" height=\"400\" border=\"0\" \/><\/p>\n<p>La crise \u00e9conomique et sociale conna\u00eet son apog\u00e9e au milieu de l&rsquo;ann\u00e9e 2002. Entre juin 2001 et juin 2002, le produit int\u00e9rieur brut a diminu\u00e9 de 13,5 % ; le taux de ch\u00f4mage est mont\u00e9 \u00e0 21,5 % et le salaire r\u00e9el a chut\u00e9 de 25 % ; le nombre de pauvres s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve \u00e0 19 millions de personnes et concerne plus de la moiti\u00e9 de la population. Malnutrition et faim font leur apparition, notamment chez les enfants ; des sc\u00e8nes de pillage de magasins alimentaires se multiplient. Dans la province de Buenos Aires, la violence juv\u00e9nile a augment\u00e9 de 142 % par rapport \u00e0 son niveau de 1998.<\/p>\n<p>Tous les jours, les \u00ab<a href=\"http:\/\/risal.collectifs.net\/article.php3?id_article=1608\">piqueteros<\/a>\u00bb manifestent devant les si\u00e8ges des institutions politiques en tapant sur des casseroles. L&rsquo;ensemble de la classe politique argentine est discr\u00e9dit\u00e9. \u00abQue se vayan todos !\u00bb (Qu&rsquo;ils s&rsquo;en aillent tous !) est le slogan favori des manifestants.<\/p>\n<p>Les \u00e9lections pr\u00e9sidentielles d&rsquo;avril 2003 institu\u00e9es pour mettre fin \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rim d&rsquo;Eduardo Duhalde se d\u00e9roulent dans l&rsquo;indiff\u00e9rence et l&rsquo;apathie g\u00e9n\u00e9rale. A l&rsquo;issue du premier tour, aucun candidat n&rsquo;est parvenu \u00e0 rassembler plus de 25 % des voix et le vainqueur se trouve \u00eatre&#8230;Carlos Menem, l&rsquo;initiateur des politiques lib\u00e9rales des ann\u00e9es 90.<\/p>\n<p>Rejet\u00e9 par l&rsquo;immense majorit\u00e9 de la population, Menem n&rsquo;a cependant aucune chance de l&#8217;emporter au second tour et se retire le 14 mai, laissant Nestor Kirchner emporter l&rsquo;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle avec son m\u00e9diocre 22 % du\u00a0 premier tour. Avec ce retrait, Menem fait de Kirchner le pr\u00e9sident le plus mal \u00e9lu de toute l&rsquo;histoire de la r\u00e9publique argentine.<\/p>\n<p><strong>Politiques keyn\u00e9siennes<\/strong><\/p>\n<p>Malgr\u00e9 ce handicap, le nouveau gouvernement fait preuve d&rsquo;une v\u00e9ritable autorit\u00e9 et m\u00e8ne une politique \u00e9conomique \u00e0 l&rsquo;exact oppos\u00e9 de celle de ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs. Kirchner ne cherche pas les accords avec le FMI mais veut avant tout r\u00e9affirmer la puissance de l&rsquo;\u00c9tat et relancer l&rsquo;activit\u00e9 par des politiques keyn\u00e9sienne de stimulation de la demande. Ses premi\u00e8res mesures permettent les hausses des salaires, le gel des tarifs publics, la relance de la consommation, la baisse des taux d&rsquo;int\u00e9r\u00eat et l&rsquo;augmentation des d\u00e9penses publiques.<\/p>\n<p>En septembre 2003, le FMI propose de nouvelles mesures de rigueur et des privatisations qui sont rejet\u00e9es par le gouvernement Kirchner. Fondamentalement, l&rsquo;\u00e9conomie argentine n&rsquo;a pas besoin de capitaux ext\u00e9rieurs \u00e0 partir du moment o\u00f9 elle n&rsquo;indexe pas sa monnaie sur une devise \u00e9trang\u00e8re. L&rsquo;\u00e9conomie argentine poss\u00e8de en effet beaucoup de mati\u00e8res premi\u00e8res et b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;un tissu industriel riche et diversifi\u00e9. En suspendant sa collaboration avec le FMI et en laissant librement flotter sa monnaie, non seulement l&rsquo;Argentine ne sombre pas dans la crise, mais elle va au contraire conna\u00eetre un spectaculaire redressement. En 2003, le PIB augmente de 11,3 %, le taux d&rsquo;inflation recule \u00e0 3,7% et le nombre de ch\u00f4meurs chute de 29 %.<\/p>\n<p>Un bras de fer est engag\u00e9 avec les <a href=\"http:\/\/www.elcorreo.eu.org\/article.php3?id_article=1858\">d\u00e9tenteurs priv\u00e9s de la dette argentine. <\/a>Avant la crise de d\u00e9cembre 2001, les taux d&rsquo;int\u00e9r\u00eat sur la dette s&rsquo;\u00e9levaient \u00e0 pr\u00e8s de 30 %, alors m\u00eame que celle-ci \u00e9tait \u00e9mise en dollar et qu&rsquo;il n&rsquo;existait aucun risque de change. De nombreux investisseurs (parfois m\u00eame des Argentins qui avaient plac\u00e9 leurs avoirs \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger) se sont ainsi consid\u00e9rablement enrichis en sp\u00e9culant sur la dette argentine. Le gouvernement Kirchner propose depuis plus d&rsquo;un an de ne rembourser que 25 cents pour chaque dollar pr\u00eat\u00e9. Il a de fortes chances d&rsquo;y parvenir, ce qui lui permettrait d&rsquo;effacer 60 milliards de dollars du montant total de sa dette.<\/p>\n<p>Sur le front int\u00e9rieur, la politique \u00e9conomique est marqu\u00e9e par la reprise en main des services publics. Bien que d\u00e9sormais aux mains du priv\u00e9, les services publics argentins sont soumis \u00e0 des r\u00e8gles tarifaires strictes et \u00e0 une obligation de service. Or ces r\u00e8gles ne sont pas respect\u00e9es par les multinationales \u00e9trang\u00e8res (dont Suez et EDF) qui r\u00e9clament des augmentations de tarif pour proc\u00e9der aux investissements n\u00e9cessaires au maintien de leur r\u00e9seau. Pour l&rsquo;instant le gouvernement argentin reste ferme et menace ces entreprises de retirer leurs licences d&rsquo;exploitation ou de leur infliger des amendes.<\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;\u00e9conomie argentine est en plein redressement, bien qu&rsquo;elle n&rsquo;ait toujours pas conclu d&rsquo;accord d\u00e9finitif avec le FMI et les institutions internationales. Au d\u00e9but de l&rsquo;ann\u00e9e 2004, la production industrielle a d\u00e9pass\u00e9 le niveau qu&rsquo;elle avait en 1997. La balance commerciale est devenue exc\u00e9dentaire (17 milliards de dollars d&rsquo;exc\u00e9dent en 2003), le taux de ch\u00f4mage a continu\u00e9 de baisser et les chiffres officiels estiment que plus de 800 000 emplois ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s en un an au second semestre 2004.<\/p>\n<p>Nestor Kirchner n&rsquo;est pas un r\u00e9volutionnaire. C&rsquo;est avant tout un nationaliste social-d\u00e9mocrate (p\u00e9roniste) qui a tout simplement pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 appliquer une politique keyn\u00e9sienne standard, fond\u00e9e sur la r\u00e9gulation \u00e9conomique de l&rsquo;\u00c9tat, plut\u00f4t que de poursuivre jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;absurde l&rsquo;application des dogmes n\u00e9o-lib\u00e9raux impos\u00e9s par les institutions internationales. De son c\u00f4t\u00e9 le FMI (mais aussi l&rsquo;OCDE, le G7, la Banque mondiale et les gouvernements des pays industrialis\u00e9s qui contr\u00f4lent ces institutions) n&rsquo;a cess\u00e9 de se tromper dans ses analyses et s&rsquo;est discr\u00e9dit\u00e9 en alignant les recommandations \u00e9conomiques absurdes. Voici une le\u00e7on que les institutions europ\u00e9ennes et nos gouvernements feraient bien de m\u00e9diter \u00e0 l&rsquo;heure o\u00f9 les principes lib\u00e9raux tendent \u00e0 devenir les r\u00e9f\u00e9rences ind\u00e9passables des politiques \u00e9conomiques.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En d\u00e9cembre 2001, apr\u00e8s avoir pendant plus de dix ans respect\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;absurde les dogmes de rigueur pr\u00f4n\u00e9s par les institutions \u00e9conomiques internationales, l&rsquo;Argentine conna\u00eet la plus grave crise \u00e9conomique de son histoire. Son redressement passera par le retour \u00e0 &hellip; <a href=\"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/largentine-du-chaos-au-redressement-petites-lecons-deconomie-neo-liberale\/\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":4569,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[59,161],"tags":[73,75,216,94,218,69,217,215],"class_list":["post-113","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-histoire-de-leconomie","category-neoliberalisme-2","tag-argentine","tag-carlos-menem","tag-crise-argentine","tag-crise-financiere","tag-currency-board","tag-fmi","tag-ocde","tag-peso"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/113","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4569"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=113"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/113\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=113"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=113"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=113"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}