{"id":10,"date":"2021-02-19T14:44:34","date_gmt":"2021-02-19T13:44:34","guid":{"rendered":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/?p=10"},"modified":"2021-08-07T08:06:27","modified_gmt":"2021-08-07T07:06:27","slug":"2008-2018-une-decennie-perdue-pour-la-jeunesse-et-les-actifs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/2008-2018-une-decennie-perdue-pour-la-jeunesse-et-les-actifs\/","title":{"rendered":"2008-2018 : Une d\u00e9cennie perdue pour la jeunesse et les actifs"},"content":{"rendered":"<p><strong>1. Quelques constats<\/strong><\/p>\n<p>La crise du Covid frappe une soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise durement touch\u00e9e par une d\u00e9cennie de crise et de stagnation salariale. La comparaison des d\u00e9cennies 1998-2008 d\u2019un c\u00f4t\u00e9 et 2008-2018 de l\u2019autre est \u00e9loquente. En d\u00e9pit d\u2019une fragile reprise apr\u00e8s 2014, le niveau de vie moyen des fran\u00e7ais n\u2019a pratiquement pas progress\u00e9 selon des donn\u00e9es de l\u2019INSEE.<\/p>\n<p>Rappelons que le <strong>niveau de vie<\/strong> selon l\u2019INSEE est calcul\u00e9 \u00e0 partir du revenu disponible brut des m\u00e9nages, qui int\u00e8gre les revenus du travail, du patrimoine, les allocations en esp\u00e8ces ainsi que les loyers imput\u00e9s, c\u2019est-\u00e0-dire les loyers que les m\u00e9nages qui sont propri\u00e9taires se paieraient \u00e0 eux-m\u00eames s\u2019ils \u00e9taient locataires. Ce revenu, \u00e9tabli en fonction des d\u00e9clarations fiscales des m\u00e9nages, est ensuite divis\u00e9 par le nombre de personnes du foyer. Les enfants de 14 \u00e0 18 ans sont pond\u00e9r\u00e9s d\u2019un coefficient de 0,5 et ceux de moins de 14 ans d\u2019un coefficient de 0,3.<!--more--><\/p>\n<p>Le graphique 1 ci-dessous montre le choc qu\u2019a \u00e9t\u00e9 la d\u00e9cennie 2008-2018 par rapport \u00e0 la d\u00e9cennie pr\u00e9c\u00e9dente (1998-2008). En moyenne, le niveau vie des Fran\u00e7ais n\u2019a progress\u00e9 que de 0,82% sur toute la p\u00e9riode contre 17,83% lors de la d\u00e9cennie pr\u00e9c\u00e9dente, soit 1,65% par an (tableau 2).<\/p>\n<p>Toutes les classes sociales ont \u00e9t\u00e9 fortement touch\u00e9es par cette \u00ab d\u00e9cennie perdue \u00bb, mais le choc a \u00e9t\u00e9 plus violent pour les classes populaires (les cinq premiers d\u00e9ciles) qui \u00e9taient globalement en phase de rattrapage par rapport aux classes moyennes au cours de la d\u00e9cennie pr\u00e9c\u00e9dente <sup>1<\/sup>. La \u00ab bosse \u00bb des d\u00e9ciles 2 \u00e0 5 de la d\u00e9cennie 1998-2008 contraste avec la droite croissante des d\u00e9ciles 1 \u00e0 8 de la d\u00e9cennie suivante. Par ailleurs, le dixi\u00e8me d\u00e9cile, correspondant aux revenus les plus \u00e9lev\u00e9s, apparait tr\u00e8s prot\u00e9g\u00e9 puisqu\u2019il est syst\u00e9matiquement le d\u00e9cile dont les revenus croissent le plus fortement. Avec +2,66% entre 2008 et 2018, il voit son niveau de vie augmenter 3,2 fois plus vite que la moyenne, contre 1,5 fois plus vite entre 1998 et 2008.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/files\/2021\/02\/Sans-titre-2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/files\/2021\/02\/Sans-titre-2.jpg\" alt=\"Evolution du niveau de vie moyen par d\u00e9cile\" width=\"600\" height=\"358\" class=\"alignnone size-medium wp-image-16\" srcset=\"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/files\/2021\/02\/Sans-titre-2.jpg 1285w, https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/files\/2021\/02\/Sans-titre-2-300x179.jpg 300w, https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/files\/2021\/02\/Sans-titre-2-1024x612.jpg 1024w, https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/files\/2021\/02\/Sans-titre-2-500x298.jpg 500w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/a><\/p>\n<p>La progression des revenus dont les classes populaires ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 avant 2008 s\u2019explique en grande partie par la forte hausse du SMIC, dont le niveau a progress\u00e9 de 19,2% (en euros constants) entre 1998 et 2008 contre 2,6% au cours de la d\u00e9cennie suivante.<\/p>\n<p>Les m\u00e9canismes de soutien accord\u00e9s aux classes populaires telles que la Prime pour l\u2019emploi (2001), le RSA (2008), puis la Prime d\u2019activit\u00e9 qui a remplac\u00e9 les deux dispositifs pr\u00e9c\u00e9dents apr\u00e8s 2015 n\u2019ont pas emp\u00each\u00e9 le fort d\u00e9clin du niveau de vie des classes populaires.<\/p>\n<p>Dans le d\u00e9tail, ce sont les actifs qui ont souffert le plus de effets de la crise, en particulier les classes populaires actives dont la progression du niveau de vie est pass\u00e9e de +18,34% entre 1998 et 2008 \u00e0 -0,26% entre 2008 et 2018. Les classes moyennes actives ont connu une d\u00e9croissance moins forte tandis que les m\u00e9nages retrait\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 logiquement \u2013 un peu \u2013 prot\u00e9g\u00e9s du fait de leur statut (tableau 1).<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/files\/2021\/08\/Sans-titre-22.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/files\/2021\/08\/Sans-titre-22.jpg\" alt=\"\u00c9volution du niveau de vie selon le type de m\u00e9nages\" width=\"800\" height=\"300\" class=\"alignnone size-medium wp-image-12\" \/><\/a><\/p>\n<p>La situation fran\u00e7aise depuis 2008 fait appara\u00eetre une d\u00e9gradation g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019emploi en quantit\u00e9, mais surtout en qualit\u00e9. Les r\u00e9formes successives du march\u00e9 du travail, la diminution des emplois aid\u00e9s et la disparition des emplois jeunes ont pouss\u00e9 les jeunes \u00e0 accepter des emplois souvent moins qualifi\u00e9s et moins r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s. Une \u00e9tude du C\u00e9r\u00e9q de 2019 pointait qu\u2019en 2015 le salaire m\u00e9dian en d\u00e9but de carri\u00e8re des jeunes dipl\u00f4m\u00e9s de master, des grandes \u00e9coles et de doctorat \u00e9tait inf\u00e9rieur de 200 \u00e0 220\u20ac (euros constants 2015) \u00e0 celui des jeunes de m\u00eame niveau de formation en 1997 <sup>2<\/sup>.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la crise de 2008, la situation financi\u00e8re de la jeunesse s\u2019est gravement d\u00e9t\u00e9rior\u00e9e par rapport \u00e0 la d\u00e9cennie pr\u00e9c\u00e9dente, comme l\u2019illustre le tableau 2. Si presque tous les m\u00e9nages des cat\u00e9gories actives connaissent une d\u00e9croissance de leur niveau de vie, les moins de 30 ans constituent incontestablement la cat\u00e9gorie la plus touch\u00e9e, avec une perte de 3,3% du niveau de vie m\u00e9dian entre 2008 et 2018, alors que les retrait\u00e9s sont relativement \u00e9pargn\u00e9s. La hausse de plus de 7% du niveau de vie des retrait\u00e9s ne doit cependant pas faire illusion. Elle est essentiellement le r\u00e9sultat d\u2019un effet de composition : les retrait\u00e9s d\u2019aujourd\u2019hui b\u00e9n\u00e9ficiant globalement d\u2019une meilleure carri\u00e8re que ceux d\u2019il y a dix ans. De plus, lors de la d\u00e9cennie pr\u00e9c\u00e9dente marqu\u00e9e par une forte croissance de l\u2019emploi, les retrait\u00e9s ont connu une hausse du niveau de vie inf\u00e9rieure \u00e0 la moyenne.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/files\/2021\/08\/Sans-titre-23.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/files\/2021\/08\/Sans-titre-23.jpg\" alt=\"\u00c9volution du niveau de vie m\u00e9dian\" width=\"400\" height=\"248\" class=\"alignnone size-medium wp-image-13\" srcset=\"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/files\/2021\/08\/Sans-titre-23.jpg 1012w, https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/files\/2021\/08\/Sans-titre-23-300x186.jpg 300w, https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/files\/2021\/08\/Sans-titre-23-483x300.jpg 483w\" sizes=\"auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Enfin, pour mesurer pr\u00e9cis\u00e9ment le niveau de vie des Fran\u00e7ais, il faut \u00e9galement int\u00e9grer les prestations en nature re\u00e7ues par les m\u00e9nages, ce que l\u2019INSEE appelle le <strong>revenu disponible brut ajust\u00e9<\/strong> (RDBA). Une r\u00e9cente \u00e9tude de l\u2019INSEE souligne le r\u00f4le essentiel des services publics pour amortir les crises et r\u00e9duire les in\u00e9galit\u00e9s <sup>3<\/sup>. Elle souligne n\u00e9anmoins ces transferts ne b\u00e9n\u00e9ficient pas \u00e9galement \u00e0 tous les m\u00e9nages et que \u00ab les transferts sociaux en nature baissent l\u00e9g\u00e8rement chez les moins de 30 ans alors qu\u2019ils s\u2019accroissent de 10 % chez les 70 ans ou plus. Ce sont surtout les transferts en sant\u00e9 qui augmentent dans cette cat\u00e9gorie, en raison de la part plus importante des personnes tr\u00e8s \u00e2g\u00e9es, qui souffrent plus fr\u00e9quemment de pathologies lourdes. \u00bb On pourrait ajouter que, pour les moins de trente ans, le d\u00e9clin des d\u00e9penses par \u00e9tudiants depuis 2012 explique partiellement la diminution des transferts en nature dont b\u00e9n\u00e9ficient les moins de 30 ans.<\/p>\n<p><strong>2. Quelles propositions ?<\/strong><\/p>\n<p>Les constats pr\u00e9c\u00e9dents ouvrent quelques r\u00e9flexions.<\/p>\n<p>   \u2022 En premier lieu, <strong>la crise du niveau de vie que connaissent aujourd\u2019hui les Fran\u00e7ais est tr\u00e8s importante, in\u00e9dite depuis la fin de la seconde guerre mondiale<\/strong>. Elle devrait \u00eatre un sujet majeur de d\u00e9bat.<\/p>\n<p>   \u2022 Cette crise touche prioritairement les <strong>actifs<\/strong>, les <strong>classes populaires<\/strong> et <strong>les jeunes de moins de 30 ans<\/strong>. Or, ce sont les m\u00eames cat\u00e9gories de population qui sont touch\u00e9es par les cons\u00e9quences \u00e9conomiques de la crise actuelle du Covid-19.<\/p>\n<p>   \u2022 \u00c0 cette crise du revenu, il faut ajouter <strong>une crise du logement <\/strong>et une difficult\u00e9 croissante pour se loger qui touche, l\u00e0 encore, prioritairement la jeunesse \u00e9duqu\u00e9e et les \u00e9tudiants qui r\u00e9sident dans les grandes villes.<\/p>\n<p>   \u2022 Enfin, <strong>l\u2019action de l\u2019\u00c9tat n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 \u00e0 la hauteur du probl\u00e8me<\/strong>. En tant que premier employeur il n\u2019a rien fait pour cr\u00e9er des emplois, am\u00e9liorer les salaires dans la fonction publique ou r\u00e9duire la pr\u00e9carit\u00e9. Bien au contraire ! En tant que prestataire de services publics il a largement abandonn\u00e9 la jeunesse. Ainsi, la d\u00e9pense par \u00e9tudiant dans les universit\u00e9s n\u2019a cess\u00e9 de baisser depuis 2012, comme l\u2019a tr\u00e8s bien montr\u00e9 Piketty <sup>4<\/sup>.<\/p>\n<p>Ces constats nous am\u00e8nent \u00e0 faire trois grands axes de propositions :<\/p>\n<p>   1. <strong>Agir pour des emplois publics bien r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s<\/strong>. L\u2019\u00c9tat s\u2019est comport\u00e9 comme un employeur d\u00e9plorable depuis 2008. Cela fait maintenant plus de dix ans que le point d\u2019indice est gel\u00e9 (avec une exception en 2016), ce qui non seulement p\u00e8se sur le pouvoir d\u2019achat des agents, mais pose aussi des probl\u00e8mes de recrutement et d\u2019attractivit\u00e9 pour la fonction publique (notamment pour les enseignants et les personnels hospitaliers). Face \u00e0 cette aust\u00e9rit\u00e9 salariale, la multiplication des primes et les mesures cat\u00e9gorielles ne sont pas \u00e0 la hauteur, d\u2019autant que ces primes sont distribu\u00e9es de mani\u00e8re extr\u00eamement in\u00e9galitaire. La pr\u00e9carisation de l\u2019emploi public s\u2019est accrue, en particulier dans la recherche et l\u2019enseignement. Les besoins en services publics dans la sant\u00e9 et l\u2019\u00e9ducation sont pourtant \u00e9normes.<\/p>\n<p>   2. <strong>Contribuer activement \u00e0 l\u2019emploi et \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 \u00e9conomique de la jeunesse<\/strong>. La crise du Covid renforce les probl\u00e8mes sp\u00e9cifiques de la jeunesse quant \u00e0 son insertion professionnelle. Les \u00e9tudiants ont beaucoup de mal \u00e0 trouver des stages et un premier emploi dans le secteur marchand lorsqu\u2019ils sont dipl\u00f4m\u00e9s. <strong>Face \u00e0 un secteur priv\u00e9 d\u00e9faillant, c\u2019est \u00e0 l\u2019\u00c9tat de proposer des emplois de qualit\u00e9 \u00e0 cette jeunesse<\/strong>. Il faut urgemment mettre en place un plan de recrutement de 500 000 emplois jeunes (18-30 ans) dans les domaines essentiels dont l\u2019\u00c9tat a la charge : l\u2019\u00e9ducation, la sant\u00e9, la s\u00e9curit\u00e9, la protection de l\u2019environnement\u2026 Ces emplois d\u2019une dur\u00e9e de cinq ans pourront \u00eatre l\u2019occasion pour les jeunes qui le souhaitent de b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019une formation et pourraient \u00e0 terme entrainer une titularisation. Il est d\u2019autant plus important de prot\u00e9ger la jeunesse que <strong>le taux de natalit\u00e9 r\u00e9gresse en France<\/strong>, principalement pour des raisons de pr\u00e9carit\u00e9 \u00e9conomique et \u00e0 cause des difficult\u00e9s de logement que connaissent les jeunes actifs.<\/p>\n<p>   3. <strong>Accompagner la reconstruction industrielle de la France<\/strong>. En abandonnant son industrie, la France a fait le choix de la pr\u00e9carit\u00e9 et du sous-emploi. C\u2019est un fait historique v\u00e9rifi\u00e9 \u00e0 de multiples reprises : l\u2019\u00e9mergence des classes moyennes dans tous les pays est ins\u00e9parable de son industrialisation. Les emplois industriels ont un effet d\u2019entrainement sur les salaires des autres secteurs d\u2019activit\u00e9. Relancer l\u2019industrie n\u00e9cessite de mener une politique industrielle ambitieuse qui doit \u00eatre actionn\u00e9e par la commande publique. Il faut bien s\u00fbr favoriser le d\u00e9veloppement de nouveaux secteurs d\u2019activit\u00e9, tels que les nouvelles \u00e9nergies, mais il faut aussi d\u00e9velopper les secteurs plus traditionnels, tels que le textile, l\u2019\u00e9lectronique ou le mat\u00e9riel m\u00e9dical. L\u2019\u00c9tat pourrait par exemple d\u00e9velopper une fili\u00e8re autonome pour la fourniture des uniformes et autres tenues de fonction pour ses agents. Un bras de fer doit \u00eatre engag\u00e9 avec Bruxelles si n\u00e9cessaire pour cr\u00e9er une fili\u00e8re textile compl\u00e8te sur notre territoire capable de produire massive-ment les uniformes dont nous avons besoin.<\/p>\n<p>   4. <strong>D\u00e9fendre les salaires et augmenter le SMIC<\/strong>. La strat\u00e9gie men\u00e9e par l\u2019\u00c9tat depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 2000 qui consiste \u00e0 compl\u00e9ter les salaires les plus faibles par des allocations a clairement montr\u00e9 ses limites. Non seulement elle g\u00e9n\u00e8re des effets pervers en constituant une forme de subvention aux bas salaires, mais surtout elle n\u2019a pas permis de hausser v\u00e9ritablement les revenus des cat\u00e9gories populaires. Par ailleurs, elle tend \u00e0 d\u00e9-responsabiliser les entreprises de la question du partage de la valeur ajout\u00e9e. <strong>Il faut r\u00e9affirmer le principe qui fait du salaire l\u2019\u00e9l\u00e9ment fondamental du partage des richesses<\/strong>. Les allocations et les minimas sociaux doivent rester des filets de s\u00e9curit\u00e9s pour les personnes priv\u00e9es de ressources.<br \/>\n      <strong>La r\u00e9habilitation du travail passe par une hausse du SMIC et une ren\u00e9gociation des conventions collectives<\/strong>. Une hausse du salaire minimum p\u00e8sera peu sur la comp\u00e9titivit\u00e9 industrielle de la France, car les b\u00e9n\u00e9ficiaires travaillent tr\u00e8s majoritairement dans le secteur des services. De plus, les hausses salariales dans le priv\u00e9 comme dans le public, coupl\u00e9s \u00e0 une politique industrielle ambitieuse, peuvent contribuer \u00e0 d\u00e9velopper les d\u00e9-bouch\u00e9s pour relancer l\u2019industrie \u00e0 un moment o\u00f9 la mondialisation r\u00e9gresse et o\u00f9 la culture du \u00ab made in France \u00bb se d\u00e9veloppe.<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8211;<\/p>\n<p><sup>1<\/sup> Cette courbe de la d\u00e9cennie 1998-2008 rappelle en partie la \u00ab courbe de l\u2019\u00e9l\u00e9phant \u00bb de Branko Milanovic sur l\u2019\u00e9volution des in\u00e9galit\u00e9s mondiales. Elle explique aussi l\u2019angoisse ressentie durant cette p\u00e9riode par les classes moyennes qui \u00ab a pu se sentir tout \u00e0 la fois distanc\u00e9 par les plus hauts salaires, et rattrap\u00e9 par les salaires plus faibles \u00bb comme l\u2019avait justement not\u00e9 Jean-Philippe Cotis dans son <a href=\"https:\/\/www.vie-publique.fr\/rapport\/30455-partage-valeur-ajoutee-partage-profits-et-ecarts-de-remuneration\">rapport sur le partage de la valeur<\/a> ajout\u00e9e en 2009.<\/p>\n<p><sup>2<\/sup> C\u00e9req 2019, <a href=\"https:\/\/www.cereq.fr\/que-gagne-t-se-former-zoom-sur-20-ans-devolution-des-salaires-en-debut-de-vie-active\">\u00ab Que gagne-t-on \u00e0 se former ? Zoom sur 20 ans d\u2019\u00e9volution des salaires en d\u00e9but de vie active \u00bb<\/a><\/p>\n<p><sup>3<\/sup> Accardo et Billot 2020, <a href=\"https:\/\/www.insee.fr\/fr\/statistiques\/4764600\">\u00ab Plus d\u2019\u00e9pargne chez les plus ais\u00e9s, plus de d\u00e9penses contraintes chez les plus modestes \u00bb<\/a>, INSEE Premi\u00e8re, n\u00b01818, Septembre 2020.<\/p>\n<p><sup>4<\/sup> Piketty 2017, <a href=\"https:\/\/www.lemonde.fr\/blog\/piketty\/2017\/10\/12\/budget-2018-la-jeunesse-sacrifiee\/\">\u00ab Budget 2018: la jeunesse sacrifi\u00e9e \u00bb<\/a>, en ligne.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. Quelques constats La crise du Covid frappe une soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise durement touch\u00e9e par une d\u00e9cennie de crise et de stagnation salariale. La comparaison des d\u00e9cennies 1998-2008 d\u2019un c\u00f4t\u00e9 et 2008-2018 de l\u2019autre est \u00e9loquente. En d\u00e9pit d\u2019une fragile reprise &hellip; <a href=\"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/2008-2018-une-decennie-perdue-pour-la-jeunesse-et-les-actifs\/\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":4569,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[15,13,12,14],"class_list":["post-10","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-richesse-et-revenus","tag-covid","tag-crise-de-2008","tag-inegalites","tag-jeunesse"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4569"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":15,"href":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10\/revisions\/15"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=10"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.univ-angers.fr\/davidcayla\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=10"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}