À propos

AdoptRisk est un projet de recherche financé par l’ANR et porté par l’Université d’Angers avec l’Université Paris 8 et le CNRS. Il vise à étudier, dans une perspective socio-historique, les pratiques illicites dans l’adoption nationale et internationale d’enfants en France depuis 1923.

Depuis l’étude historique réalisée en 2022-2023 par des chercheurs du présent projet (https://univ-angers.hal.science/hal-03972497v1), on sait que les pratiques illicites dans l’adoption internationale étaient connues et dénoncées par des protagonistes dès les années 1980. En revanche aucune étude historique dédiée n’a été menée jusqu’à présent sur les pratiques illicites dans l’adoption d’enfants français. Depuis les années 2010, les témoignages de personnes adoptées évoquant les conditions douteuses de leur processus d’adoption se multiplient. Une étude permettant de brosser un tableau général du phénomène répondra à cette demande sociale grandissante, en permettant aux personnes concernées d’inscrire leurs histoires personnelles dans un contexte historique fiable.

Sur le plan scientifique, la connaissance des pratiques illicites dans l’adoption se heurte à plusieurs obstacles qu’AdoptRisk entend contribuer à dépasser.

  • Le premier objectif est d’identifier les sources disponibles pour appréhender le phénomène : archives, témoignages de personnes concernées, etc.;
  • le deuxième est d’analyser les pratiques des acteurs impliqués et de repérer les éléments illicites ;
  • le troisième est de proposer une démarche permettant de quantifier le phénomène ;
  • enfin, le quatrième objectif vise à évaluer les effets de la découverte de pratiques illicites sur les personnes adoptées et leurs proches.

 Ce projet collaboratif mobilise trois Unités Mixtes de Recherche CNRS : TEMOS UMR 9016-Université d’Angers (Y. Denéchère), LISST UMR 5193-Université Toulouse Jean-Jaurès (responsable A. Martial) et IHTP UMR 8244-Universté Paris 8 (responsable A. Rivière), qui ont développé des collaborations antérieures : projets de recherche, manifestations scientifiques, publications collectives. En s’appuyant sur des travaux menés et des approches complémentaires, AdoptRisk se situe au croisement de l’archivistique, de l’histoire, de l’anthropologie, de la psychologie, de la sociologie et du droit. La réalisation des objectifs du projet nécessite la conception et la mise en œuvre de méthodes à la fois quantitatives et qualitatives. 

Les chercheur·es engagé·es dans le projet sont des spécialistes reconnu·es des thématiques développées dans le projet. Yves Denéchère (PU, Université d’Angers, TEMOS), a rédigé la première histoire de l’adoption internationale en France, dirigé plusieurs thèses sur ce sujet et organisé à Angers le colloque du centenaire de l’adoption en France (2023). Ses récents travaux portent spécifiquement sur les pratiques illicites dans l’adoption internationale. Agnès Martial (Directrice de recherche CNRS,  LISST-CAS) est une anthropologue spécialiste de la parenté contemporaine et travaille actuellement sur les redéfinitions occasionnées par la question des origines dans les situations adoptives. Elle a coordonné le programme ANR ORIGINES (Aux marges de la parenté. Origines et nouvelles configurations familiales). Antoine Rivière (MCF, Université Paris 8, IHTP) est un historien spécialiste de l’enfance abandonnée aux XIXe et XXe siècles, et travaille actuellement sur les usages contemporains des dossiers individuels de la protection de l’enfance, notamment en matière d’accès aux origines personnelles et familiales. Fabio Macedo (docteur en histoire et civilisations), reconnu pour ses travaux sur l’adoption internationale et ses dérives est ingénieur de recherche sur le projet. Patrice Marcilloux (PU, UA) et Bénédicte Grailles (MCF, UA) apportent leurs expertises en archivistique, sources orales et ego-archives. Aurélie Hess (IT, CNRS) est chargée du traitement des données et du PGD. Olivier de Frouville (PU, droit international, U. Paris-Panthéon-Assas) est le président du Comité sur les disparitions forcées des Nations Unies. Claudine Veuillet-Combier (PU, psychologie clinique, UA) spécialiste de l’adoption. Adélaïde Laloux (archiviste départementale) a fait une thèse sur le dossier de l’enfant. Jean-François Mignot (CR CNRS) apportera son expertise de sociologue quantitativiste.  

Pour une prise de contact, merci d’écrire à yves.denechere@univ-angers.fr et fabio.macedo@univ-angers.fr