Explorer les pratiques illicites dans l’adoption internationale grâce à l’OSINT

Dans un contexte où la diffusion des connaissances scientifiques constitue un enjeu pour la recherche, les formats innovants de médiation se développent. Le parcours OSINT « Pratiques illicites dans l’adoption internationale », conçu dans le cadre du projet AdoptRisk en collaboration avec la Bibliothèque universitaire d’Angers, s’inscrit dans cette tendance. Il propose une approche originale : mobiliser les méthodes de l’Open Source Intelligence pour rendre accessibles des problématiques issues des sciences humaines et sociales. 

L’OSINT (Open Source Intelligence), reposant sur l’exploitation de sources ouvertes, sert ici d’outil pédagogique et scientifique :  

  • sur la forme, ce dispositif place le public en position d’acteur de la connaissance. À l’inverse des formats classiques de vulgarisation, souvent descendants, il suit une logique participative. L’utilisateur ne reçoit pas seulement une information : il la recherche, la croise, l’interprète. Ce changement de posture favorise une appropriation durable des savoirs, tout en développant des compétences critiques utiles à l’ère informationnelle. 
  • sur le fond, l’adoption internationale est un sujet complexe, à l’intersection de plusieurs champs : histoire, droit, sociologie, anthropologie, psychologie, relations internationales. Le dispositif en rend les différentes dimensions intelligibles en les intégrant dans une narration structurée mettant en scène deux protagonistes. L’utilisateur avance ainsi dans une enquête composée de 23 défis successifs où chaque étape traite une problématique précise et s’appuie sur des sources variées : archives publiques, publications académiques, rapports d’ONG, bases de données ou témoignages médiatisés. Autour d’une construction ludique, le parcours constitue un outil d’apprentissage dont les contenus ont été validés par des chercheurs d’AdoptRisk et des personnes directement concernées par l’adoption internationale. 

Le projet se distingue par ailleurs par son aspect pédagogique interne. Réalisé par des étudiant·es du Master Pratiques de la recherche historique de l’Université d’Angers, dans le cadre d’un stage au laboratoire TEMOS encadré par Damien Hamard (BU Université d’Angers) et Yves Denéchère, le dispositif montre la capacité à lier formation à la recherche et production de dispositifs de médiation. 

Lien vers le parcours :  
https://www.osint4fun.eu/challenge/adoption

“Les Berceaux de Rouen dans toutes leurs œuvres” : une première étude du projet AdoptRisk publiée en open access (II)

La première présentation de l’étude sur Les Berceaux de Rouen a été réservée aux personnes concernées par cette histoire.

Cette restitution a constitué une forme de contre-don car leur confiance, leurs récits, leurs documents ont contribué grandement à rendre possible cette recherche.

A Rouen le 13 mars 2026, se sont retrouvés pour un “Café partagé”, organisé par le Collectif des nés sous X d’ici et d’ailleurs, des personnes passées par Les Berceaux, avec des parcours tous différents, qui ont pu partager leurs expériences.

Les échanges avec Yves Denéchère ont été intenses, chacun.e s’enrichissant des autres.

Lien vers l’étude en open access :
https://univ-angers.hal.science/hal-05535131

Article dans Libération : https://www.liberation.fr/societe/familles/pratiques-dadoptions-illegales-de-nouveaux-documents-mettent-en-cause-lassociation-des-berceaux-de-rouen-20260315_6UPBOP65TBBA5IE4XX5UDZI7J4/

Article dans L’Essentiel Rouen : https://www.lessentiel.fr/rouen/idees-sorties/2026-03-13/sur-les-traces-dun-reseau-dadoption-illicite-rouen-17672

“Les Berceaux de Rouen dans toutes leurs œuvres” : une première étude du projet AdoptRisk publiée en open access

Créée en 1941, l’œuvre “Les Berceaux de Rouen” s’est occupée de naissances et d’adoptions pendant plus de 30 ans, sans avoir les autorisations nécessaires pour le faire. Au milieu d’innombrables pratiques irrégulières, la présidente-fondatrice de cette association est allée jusqu’à commettre des délits et des crimes. 

Comment expliquer que ces activités illicites, identifiées et dénoncées comme telles par les services sociaux, aient pu perdurer jusque dans les années 1970 ?  

En replaçant tout cela dans le contexte social et le cadre juridique de l’époque (Seconde Guerre mondiale puis Trente Glorieuses), l’étude d’Yves Denéchère permet de mieux saisir des réalités complexes autour de la naissance sous le secret et de l’adoption.

Elle s’inscrit pleinement dans deux des objectifs d’AdoptRisk : identifier les sources disponibles pour appréhender le phénomène (archives, témoignages de personnes concernées, etc.) et analyser les pratiques des acteurs impliqués afin de repérer les éléments illicites.

Lien vers l’étude en open acess :
https://univ-angers.hal.science/hal-05535131