La petite minute Drupal

En reprenant mon CV, je me suis aperçu que cela faisait maintenant 3 années au moins que j’intervenais modestement dans le cadre du Master LiMés de l’Université de Poitiers sans avoir expliqué ici ce que j’y faisais, et pourquoi. Il est temps.

Une fois par an, donc, les étudiant/e/s du M1 ont droit en guise de punition à passer quelques 18 heures avec bibi autour d’un seul sujet : Drupal.

Il s’agit bien d’un TD : en nous appuyant sur les espaces d’hébergement ouverts par le très efficace service informatique de la Fac de Lettres de Poitiers, nous installons un Drupal par personne présente, puis explorons ensemble, les mains dans le moteur, les principaux concepts, outils et modules du CMS (types de contenus, formats de texte, champs, users, rôles, gestion des images, sons et vidéos, cartes, et évidemment, le module Views).

18 heures, c’est certes court pour aborder un outil dont la courbe d’apprentissage peut sembler pentue, mais le but n’est pas que les étudiant/e/s sortent de là comme experts Drupal : le temps disponible est évidemment insuffisant, je ne me considère pas moi-même comme un expert Drupal (et donc, je pourrais difficilement former des experts) et de toutes les manières, l’objectif n’est pas là.

Mon objectif est de fait tout différent. En résumé, il s’agit, par une prise en main effective de l’outil, de faire toucher de la souris plusieurs idées :

  • l’installation, l’usage d’un CMS même réputé ardu comme Drupal ne l’est pas tant que ça et est à la portée d’à peu près n’importe quelle personne un peu vive ;
  • il est tout à fait possible pour chacun.e de se monter un site web en quelques poignées de minutes ;
  • la connaissance et la maîtrise d’un outil web type CMS font partie de la culture technique de base pour quelqu’un qui va travailler dans (je cite l’à propos de la formation) « le domaine des médiations du livre (papier ou numérique) » ;

En transversal, je veux faire passer aussi aux étudiant/e/s que :

  • il est toujours bon de savoir de quoi il retourne quand on aura à interagir avec des prestataires techniques (un prestataire qui vous facture une semaine de travail pour l’installation d’un Drupal de base est en train de vous berner, et vous le savez une fois que vous avez installé vous-même un Drupal) ;
  • ce n’est pas en théorisant sur un sujet, mais bien en faisant qu’on comprend ce qu’on fait et qu’on peut le penser/piloter dans ses visées et son éco-système ;
  • le web est un lieu incontournable (de la médiation) du livre et de l’écrit : vous pouvez soit faire semblant de l’ignorer (mais dans ce cas, vu l’intitulé de la formation et l’évolution du monde, votre carrière va être compliquée), soit prendre le truc en main y compris dans ses dimensions techniques — et ce sera plus qu’inspirant.

Évidemment, tout ce qui précède vaut aussi dans les métiers des bibliothèques mais ça, vous l’aviez compris, n’est-ce pas ?

What a wonderful world (of data)


BO : Louis Amstrong, What a wonderful world, via Archive.org

Or donc me voici de retour d’un stage organisé par la formation continue de notre maison mère, stage concernant la gestion des données de la recherche et par ricochet la place que nous pouvons/devons avoir dans l’éco-système de ce « nouvel » composant de notre paysage professionnel.

Stage intéressant dans l’ensemble, bien que me laissant l’impression bizarre d’un encore mystère global sur la manière dont ce déluge va être organisé/digéré de notre côté : il y a un côté totale impro qui me surprend toujours, surtout venant de très grosses structures mais bon, ce doit être ça, la French Touch*.

Un moment m’a particulièrement interpellé, celui où nos collègues bibliothécaires de l’EPFL sont intervenues (juste pour information, leur bibliothèque aligne sur le pont 7 personnes soit 3 ETP dédiés à l’accompagnement des chercheurs sur la gestion de leurs données sachant que globalement, la bibliothèque compte 39,6 ETP en date du 30 septembre 2015 — je vous laisse réfléchir à ce chiffre).

L’exercice par elles proposé consistait donc à dégager de X offres d’emploi issues de boutiques anglo-saxonnes des éléments du type « quels sont les compétences métier recherchées » et de produire en retour synthétique des post-it (ceux qui me connaissent savent à quel point j’aime les plans post-it, mon rêve secret étant, si mon Karma m’y autorise, de me réincarner en post-it, mais ça reste entre nous).

La conclusion manifeste de cet exercice était simple : toute une partie des compétences attendues dans ce domaine par les (futurs) employeurs (ici émergent déjà des besoins auxquels il va falloir nécessairement répondre, et vite) sont d’une part très techniques ; d’autre part bien loin des compétences actuelles d’une majeure part des professionnels des bibliothèques (je m’inclus).

Ce moment post-it a eu le mérite de faire émerger deux questions :

A/ Quand et comment la profession va-t-elle répondre à ces besoins, et surtout via quelles formations initiales et continues concrètes à la fois pour profiler rapidement des professionnels type data librarians ; et des cadres en mesure de piloter des équipes de data librarians ? (nous étions à l’Enssib, c’est aussi pour cela que l’interrogation allait de soi)

B/ Autre interrogation initiée par Solenn Bihan, que je reprends/remouline ici : ces équipes de data librarians sont/seront souvent de petites équipes (comme le sont les équipes bibnum d’ailleurs) très techniques. Comment ces compétences atypiques seront-elles reconnues dans les parcours des agents, quand on sait à quels points la reconnaissance pro semble généralement porter sur des critères fort différents de ceux esquissés ici en filigrane ? Par ailleurs, comment l’encadrement de ces équipes à compétences particulières sera-t-il valorisé dans l’évaluation et l’évolution de carrière de leurs cadres (on retombe là sur l’histoire déjà connue de tous les responsables de team techniques qui se voient quasi systématiquement écartés au moment des promotions au motif que leurs équipes ne font pas le poids numéraire face à des sections traditionnelles) ? Dit autrement, quand la compétence technique viendra-t-elle enfin égaler dans l’évaluation la compétence bibliothéconomique traditionnelle ?

Je pose ça là. Les commentaires vous sont ouverts.

PS : sinon, toujours le même plaisir trouble à revenir dans notre Vatican à nous, entre agacement (ah cet énorme potentiel que je sens sous-exploité) et agrément des discussions avec celles et ceux que l’on y recroise et qui tentent de préparer au mieux les jeunes recrues que nous enverrons au feu dans la bataille de l’information dès demain (LOL)

* en français dans le texte

La petite leçon de transparence des Amériques

Je ne sais pas si vous vous souvenez de ça et de tout le pataquès qui avait suivi avec, entre autres, les arguments plus que vaseux du consortium, dans divers mails, sur la nécessité absolue de conserver le plus grand secret sur les chiffres et sommes en jeu, au risque de voir capoter à l’époque toute négociation avec Elsevier (la sacro-sainte loi du silence étant par ailleurs la même sur toutes les négociations).

Manifestement, d’autres pays,  pas forcément mieux ou plus mal servis, négociant pourtant avec les mêmes requins, sont beaucoup plus transparents, comme me l’apprenait tantôt Jean-Claude Guédon, que je salue amicalement au passage.

Ainsi du Chili dont les rapports mis en ligne donnent tous les chiffres nécessaires. Ou ici, de l’Argentine (et je vous mets aussi dans le colis plusieurs documents officiels publics concernant l’Argentine et les marchés de documentation électronique signés là-bas).

Je ne vous fais pas à nouveau le couplet sur la transparence qui est (c’est une pure évidence) l’une de nos rares armes dans ce qui est une guerre ; et je ne redis pas que je reste persuadé que nous aurions beaucoup à gagner à l’être, transparents.

Quoi qu’il en soit, cette position de nos amis d’Amérique montre assez, en creux, à quel point l’opacité dans laquelle nous avançons de ce côté de l’Atlantique n’a strictement aucun fondement sinon celui d’une vieille habitude ridicule (j’allais écrire soumission).

Vivement l’OpenData…

Les bibliothécaires peuvent-ils alimenter Wikipédia ?

(up du 2 mai, 14h06 : attention, ma question est bien de savoir si des fiches de postes comportent explicitement la mention « Alimentation de Wikipédia » ou quelque chose comme ça ; même question sur SRV + Wikipédia ensuite - voir ceci dans les commentaires. Je ne demande pas si des bibs forment à l’encyclopédie ou organisent des ateliers sur Wikipédia, je sais bien que oui.)

Récemment, dans le cadre du Lab’UA, nous avons monté une séquence pédagogique autour de Wikipédia (c’est l’une des missions du Lab’UA, monter et tester des dispositifs d’enseignements réutilisables ensuite par les enseignants de l’UA)

Le dispositif ayant bien fonctionné, contact a été pris depuis avec les collègues en charge des dispositifs de formation initiale et continue de notre maison mère (que je salue – les collègues et la maison-mère), pour leur proposer de mettre en place quelque chose de cet ordre auprès des jeunes (ou pas) padawans découvrant le métier, ou des moins jeunes (ou pas) bénéficiant d’une remise à jour de leurs compétences.

Bien entendu, l’insertion d’un tel dispositif dans des formations déjà lancées ne se fait pas comme cela, et l’idée est donc encore à traiter/intégrer éventuellement dans les formations côté Enssib.

Un échange avec la collègue en charge de la formation continue m’a toutefois interpellé, lorsque ladite collègue m’a indiqué fort à propos que les attentes côté formation continue et, plus précisément, hiérarchie des formés (entendre, validateurs des demandes de stages côté établissement), étaient plutôt sur des modules (je la cite avec son accord) :

« à visée d’adaptation au poste de travail ou de développement des compétences dans un cadre professionnel (…) la formation doit avoir une application immédiate et directe dans un cadre professionnel. »

On voit le point qui me pose question. C’est celui de savoir si la production de savoirs et plus spécifiquement ici, le travail dans Wikipédia, peut être une priorité professionnelle dans les bibliothèques ou, formulé autrement, s’il est envisageable d’avoir, dans les équipes et les fiches de poste, des ressources humaines dédiées officiellement, peu ou prou, à l’alimentation (et à la maintenance) de Wikipédia.

On se doute que je vais répondre « Oui », pour plusieurs raisons :

  • Wikipédia étant largement utilisé par nos publics (et nous), il ne me semble pas absurde que nous « renvoyions » l’ascenseur vers l’encyclopédie en participant à sa qualité générale ;
  • la logique des Communs dont Wikipédia est une manifestation devrait nous parler intimement en tant que professionnels et nous amener à des actions concrètes ;
  • lorsque l’on parle d’approche encyclopédique et de neutralité, on parle en même temps de Wikipédia ET des bibliothèques : cette proximité d’approche devrait/pourrait conduire à une convergence de fait ;
  • au-delà des logiques d’entrepôt qui sont toujours les nôtres et qui à l’évidence sont destinées à muter (je pense disparaître), la médiation vers les savoirs et, par « percolation », la production de savoirs, est manifestement un champ dont nous devons/pouvons nous saisir ;
  • enfin, s’il y a bien une catégorie professionnelle qui, me semble-t-il, est armée intellectuellement et culturellement, mais aussi concrètement (nous avons le cul assis sur des monceaux de documentation qui ne demandent qu’à servir à soutenir une démarche encyclopédique) et du point rédactionnel (nous savons toutes et tous écrire) pour être une profession de Wikipédien/nes c’est les bibliothécaires, non ?

Quoi qu’il en soit, je suis curieux de savoir si, dans vos boutiques, des personnels sont chargés via leur fiche de poste d’alimenter et maintenir Wikipédia. Les commentaires sont ouverts pour vos témoignages.

Des choses cachées depuis…

MàJ du 26 février 2016
Ouverture par l’ADBU d’une bourse à l’emploi :)

MàJ du 19 février — 08h28
Une autre piste est le service emplois de l’Enssib (signalé par je ne sais plus qui)
On modère les offres qui passent sur le Forum ADBU,
on les redirige toutes vers l’Enssib,
et voilà.

MàJ du 18 février — 09h40
Preuve du concept, ce ne serait pas si compliqué que ça à faire, ce que je dis…
Je continue ce soir.
(ce lien pointait vers une démo de site d’annonce maintenant supprimé puisque l’ADBU a ouvert une bourse à l’emploi — MàJ du 30 mai 2016)

MàJ du 17 fév 2016 — 20h15
Précision du directeur exécutif de l’ABDU — je ne vois pas ce que ça change mais bon, voilà, la précision est faite

 

(Copie du message posté sur le forum ADBU ce 17 février)

Je regarde peu les postes qui apparaissent sur Poppée, pour deux raisons : j’aime bien le projet Lab’UA sur lequel je suis depuis une année ; et surtout, je n’ai pas terminé d’explorer les secrets viticoles de l’Anjou. Je n’ai donc aucune envie de mutation, et je ne m’intéresse que peu au mercato quand il arrive. Persuadé de plus dans ma naïveté que tous les postes étaient publiés sur Poppée, je ne comprenais pas par ailleurs pourquoi je voyais passer sur le forum de l’ADBU des profils de poste. Jusqu’à hier soir.

Lors d’un échange sur les réseaux sociaux, j’ai en effet compris que certains des profils circulant sur ce forum accessible uniquement aux adhérents ADBU n’étaient pas publiés par ailleurs. Hum. Hum hum.

Il me semble assez évident que cette pratique pose un réel problème de rupture d’égalité des agents face à la connaissance qu’ils peuvent avoir de l’état du marché des postes vacants ou susceptibles de l’être. Les adhérents auront l’information ; les autres non. Et au-delà du problème éthique, il y a certainement un « souci » administratif : nous sommes là dans le contournement flagrant de la nécessité de publicité publique des postes vacants ou susceptibles de l’être.

C’est assez gênant, comme situation. Et plutôt injustifiable. Je propose donc à l’ADBU, dont je suis persuadé qu’elle n’a qu’à gagner de cette transparence, deux choses :

  • Qu’une règle claire soit édictée, indiquant que cette pratique de diffusion de profils de poste non publiés ailleurs en accès libre ne sera plus tolérée sur le forum fermé ;
  • Que les profils qui parviennent à l’ADBU soient par contre publiés dans un espace public dédié sur le site de l’association.

Pour ce qui me concerne, j’ai commencé à diffuser via mes comptes twitter et facebook les profils de poste diffusés sur le forum depuis le 15 février. Et évidemment, je n’ai pas l’intention de cesser.

PS : quand on y pense, nous sommes en l’espèce face à une situation où une information se trouve enfermée derrière une barrière payante. Cela nous vous rappelle rien ? C’est assez croquignolesque, non, sur le site d’une association de professionnels des bibliothèques ?

PS2 : les liens vers les fichiers diffusés le 16 février et ce 17 février / 17 février bis

 

Rendez-vous 12h15

Puisque nous avons maintenant un peu de recul, c’est le moment pour moi de revenir sur un dispositif précis lancé dans le cadre du lab’UA (structure sur laquelle je suis détaché depuis maintenant presque une année) : les midis du lab’UA.

Le principe des midis est simple : à une heure facilement mémorisable (12h15), pour un temps contraint (45 minutes), dans une ambiance décontractée (sandwichs welcome, café offert) et face à un public volontairement restreint (en moyenne, une dizaine de personnes, avec une capacité maximale de 20 places), faire découvrir des outils ou services en ligne dont nous pensons qu’ils pourraient être intéressants pour les enseignants-chercheurs, soit dans un cadre pédagogique, soit dans leurs pratiques de recherche.

Le dispositif croise une des missions générales du lab’UA (accompagner les demandes « numériques » des enseignants-chercheurs) en la prenant à rebours : plutôt que d’attendre des demandes du type « j’ai telle chose à faire, pouvez-vous m’aider » (demandes auxquelles évidemment, nous répondons aussi), il s’agit de montrer des existants qui pourraient, soit aider notre public dans son travail (Zotero est ici l’exemple parfait) ; soit lui ouvrir des horizons (pédagogiques mais pas seulement, cf. Orcid) nouveaux (c’est dans cette optique que le midi du lab’UA de ce huit décembre a été l’occasion de présenter Framapad : il nous semblait assez évident que l’outil pouvait donner lieu à des applications pédagogiques).

La ligne directrice du dispositif comporte aussi lorsque possible un objectif de présentation et de diffusion d’outils (libres) déployés par la DDN (Direction du Développement Numérique) qui, dans un certain nombre de cas (citons Owncloud), se veulent une réponse « locale » et « maitrisée » à des outils anglo-saxons sur lesquelles nous savons que nombre de fichiers et données sensibles sont/étaient diffusés, avec tous les risques possibles que l’on sait (coucou la NSA).

Le bilan à cette heure est très positif. Les personnes inscrites (via le site du lab’UA, grâce un module Drupal parfaitement adapté à cet usage, Registration), nous font de très bons retours : le créneau de 45 minutes permet aux présents de ne pas perdre de temps, et de repartir avec des idées et/ou des outils qui, pour certains, ont été mis en oeuvre dès après une de nos présentations. L’ambiance décontractée (quelques tables, un vidéo-projecteur, le tout dans nos locaux encore « roots ») comme la taille réduite du groupe aident à la discussion et aux échanges. Et les retours, questions, remarques, trouvent des réponses immédiates (nous sommes en face à face).

En bref : le dispositif continue, dès après les fêtes, et le programme est déjà finalisé. Encore quelques jours et il sera en ligne sur notre agenda où, au passage, vous pouvez voir le programme du trimestre passé en téléchargeant le « flyer » pdf sur la droite, pour vous faire une idée.

PS : je n’évoque pas pour l’instant ici (entre autres par souci de compacité du billet) l’autre versant de ces rendez-vous réguliers du lab’UA, à savoir les matinales — ces matinales, orientées plus spécifiquement vers la pédagogie, sont pilotées par les collègues e-pédagogie du lab’UA et traitent, sur un temps plus long (deux heures), spécifiquement, de pratiques pédagogiques. Par contre, je peux déjà vous dire, en avant-première, qu’une de ces matinales à venir consistera en un retour d’expérience de l’atelier Wikipédia dont nous avons déjà rendu compte ici.

La Loi, c’est toi

MàJ : en plus d’appuyer mes propositions concernant les sets de données issus de la recherche (voir plus bas), je vous invite également à soutenir celle de Christine Ollendorff portant sur un alignement des délais d’embargo sur ceux de la Communauté Européenne (6 et 12 mois).

_________________

Or donc, notre gouvernement travaille actuellement sur Le projet de loi pour une République numérique — le titre est suffisant pour dire de quoi il s’agit.

So what, pensez-vous, endormi/e devant Drucker.
La démarche d’abord. Ledit projet de loi est soumis à une discussion publique ouverte et interactive en ligne, avant son envoi au conseil d’Etat et son adoption en conseil des ministres (oui, rien que ça).

Pour ceux qui se demandent encore de quoi on parle, je résume : ledit projet de loi est discutable en ligne, par nous, toi, moi, Mme Michu, ici.

Et puis, quand même, il y a dans ce projet un certain nombre de points qui nous concernent directement (franchement, un texte de loi sur le numérique, vous pensez vraiment que vous n’êtes pas concernés ?)

Pour ce qui nous concerne, nous, bibliothécaires ou assimilés, je vous fais remarquer tout particulièrement

Comme le truc est ouvert aux suggestions et ce que cela me semblait manquer, j’ai fait deux propositions qui me paraissent relever de la libre circulation du savoir (notre fond de commerce, si vous n’avez pas oublié depuis la signature des accords Elsevier — oups) :

Je vous invite à voter pour les propositions qui vous semblent les plus intéressantes, parce ce sont elles qui seront étudiées de plus près par les services du gouvernement ; et évidemment, à amender, corriger, proposer des évolutions pour ce texte qui pourrait avoir des conséquences énormes dans nos quotidiens professionnels (et personnels).

Et j’espère aussi que nos associations pros, ADBU, ABF, utiliseront au mieux cette opportunité.

PS : certes, on peut discuter de détails dans l’outil, etc ; certes, on peut se demander ce qu’il adviendra des propositions faites par ce biais. Quoi qu’il en soit, ce n’est quand même pas tous les jours que la Loi, c’est toi…

PS2 : mes deux petites propositions, c’est vraiment à l’arrache, pour poser l’idée dans le champ des possibles, comme on dit dans les réunions ; à vous d’étoffer le truc.

Des sites littéraires, de l’ISSN et du catalogue des bibliothèques

(Petit billet qui n’a strictement rien à voir avec mes activités
au lab’UA — bib un jour, bib toujours)

Or donc : je suis le tenancier de Face Écran, un site littéraire à ISSN (oui madame, et même que mon ISSN, donc, c’est 2428-7709). Et hier, alors que j’étais dans un état semi-somnolent, il me vient une question : est-ce que les bibliothécaires cataloguent/signalent ce type de publications ?

L’interrogation peut paraître étrange, mais il faut que les non-bibliothécaires (soit 99,99% de la population mondiale) sachent que les bibliothécaires aiment cataloguer et signaler, tout cataloguer et signaler, et par là, ordonner le monde, y mettre de l’ordre. Le catalogage, c’est une des grosses affaires du métier et donc, finalement, ma question n’est pas si absurde que cela peut paraître.

Je pose donc la question ici (après l’avoir posée sur mes comptes sociaux mais bon, ici, c’est bien aussi) : toi, collègue bibliothécaire, est-ce que tu catalogues/signales les sites/blogs littéraires avec ISSN ? Si oui, pourquoi, et à quoi cela te sert-il ? Si non, même question. Les commentaires te sont ouverts, tu peux te lâcher : témoignages, avis, welcome.

MàJ : un échange a déjà eu lieu sur twitter entre bibi et @Amyviolet, échange auquel @vocivelo a répondu ici — je vous colle les Q/R ci-dessous, pour les feignasses (je vous connais)

  • vous cataloguez les blogs littéraires à ISSN ?
    Si le blog a reçu un ISSN il est déjà catalogué. La question est plutôt : faut-il le signaler ? au SUDOC => créer un exemplaire ABES a minima pour rendre visible la ressource ou créer un exemplaire pour mon scd pour récupérer la notice dans mon sigb.
    Pourquoi récupérer la notice ? question de politique documentaire => décision de l’acquéreur.
  • D’autre part je doute de la pertinence de cataloguer le web=trop mouvant
    Tout comme le web, les périodiques papier sont très mouvants. Ils ont parfois des durées de vie de quelques semaines ou quelques mois. Cela n’empêche pas de les cataloguer et leur attribuer un ISSN
  • C’est pas celle-la que je prioiserais si je menais un programme de médiation à la littérature sur le web
    ça prend peu de temps d’exemplariser au SUDOC
  • L’intérêt de cataloguer les revues en ligne à ISSN
    La question est plutôt faut-il cataloguer et demander  un ISSN pour les revues en ligne ? => oui

PS1 : je n’ai pas vraiment d’avis sur la question. Cataloguer/signaler ces sites, c’est quelque part cataloguer le web et bon… Par contre, on pourrait considérer que cataloguer/signaler ces sites peut faire partie d’une politique générale de certaines bibliothèques autour du web et de la littérature en train de s’écrire et dans ce cas, ça aurait un intérêt. Vaste débat, n’est-il pas ?

PS : la BNF, elle, le fait, comme en témoigne cette réponse à la question qui m’occupe ici

Le lab est là

Un tout petit billet pour donner des nouvelles, et mettre RJ45 en pause. Donc :

  • Je suis passé à 100 % sur le dispositif du labUA depuis janvier 2015, pour la durée de l’expérience au moins (deux années) ;
  • L’ex-section bibnum BUA est devenue une mission transversale dont je n’ai plus la responsabilité, logiquement, vu l’item #1 ;
  • Le labUA a pris ses quartiers dans des espaces vides de la Bu Belle-Beille, en mode camping amélioré (il y a de l’eau pour rester propre, une cafetière et du réseau, c’est parfait), en attendant une restructuration des locaux à venir ;
  • l’équipe du labUA travaille à ses premiers projets ;

En attendant la suite, vous pouvez déjà suivre nos aventures sur notre compte twitter tout neuf.

Je m’éloigne donc des bibliothèques un moment, et il est fort probable que RJ45 passe en mode roupillon.

That’s all folks. A bientôt peut-être, ailleurs. On s’embrasse.

Felix Baumgartner

Nos premiers pas

Un tout petit billet pour accompagner la mise en place du lab ici évoqué, en attendant que ledit lab dispose de ses propres canaux de diffusion, ce qui ne devrait pas tarder.

Le lab fait donc ses premiers pas en ce moment avec force réunions de mise en place, calage et discussions puisque tout est à mettre sur pied. Concrètement, afin d’accompagner l’équipe (pour mémoire, cinq personnes issues de la DDN UA et deux personnes issues de la Bibnum BUA), il a été décidé qu’un comité de pilotage validerait à la fois les feuilles de route et les réalisations de l’équipe.

Ce comité de pilotage s’est déjà réuni une première fois afin de se mettre en place et de régler son propre fonctionnement et les GT que j’évoque plus bas, il doit se réunir à nouveau à la fin décembre pour acter la naissance officielle du lab, ce qui déclenchera les premières actions que nous lancerons sous sa bannière.

Par ailleurs, deux groupes de travail sont en train d’oeuvrer. Le premier groupe se focalise sur le lab proprement dit et esquisse actuellement les grandes lignes de force le long desquelles nous nous concentrerons après top départ du comité de pilotage. Le second groupe est pour sa part chargé en parallèle de réfléchir à la montée en charge d’un SUP (service universitaire de pédagogie) qui constituera avec le lab, à terme, un teaching center également sur les rails (du coup).

Les chantiers sont immenses, mais c’est justement tout l’intérêt d’un tel projet où des personnes issues de cultures et milieux professionnels très différents, pas forcément habitués à travailler ensemble, se croisent enfin sur des thématiques transversales. Dit autrement, nous avons la grande chance de pouvoir sortir de nos petits prés carrés pour confronter nos méthodes et visions du monde : les expertises se renforcent mutuellement, et l’équipe commence concrètement à travailler sur un projet n’existant jusqu’alors que sur le papier.

Nos premiers pas sont comme tous les premiers pas : on se cale les uns les autres, on découvre qui prend du sucre (ou pas) dans son café, on sent la dynamique positive s’enclenchant entre des personnes qui ne se croisaient que de manière très très occasionnelle et vont pouvoir passer les deux prochaines années (au moins) sur les mêmes dossiers. Cette ambiance-là, il faut le dire, est particulièrement plaisante, qui a le goût de l’aventure comme celui du travail.