De comment la folie du droit d’auteur peut tuer une seconde fois le fils d’Internet

<update du 10 février> le blocage porte sur un extrait sonore de « Agnes Obel – Fuel to Fire »</update>
<update du 07 février> ça ne s’arrange pas. La vidéo est à nouveau bloquée, cf. le message Youtube ci-desous.

screenshot-mail.google.com-2018-02-07-12-31-32-362</update>

 

Ceux qui suivent un peu se souviennent peut-être du documentaire consacré à Aaron Swartz que j’avais contribué à sous-titrer en français avec l’aide de quelques camarades. S’ils ont vu ce documentaire, je suis certain qu’ils ne l’ont pas oublié…

Depuis cette traduction, la VOSTFR de The Internet’s Own Boy vivait tranquillement sa vie sur Youtube en dépassant tout de même récemment les 150 000 vues — dont une partie, je le sais pour l’avoir pratiqué et avoir eu des échos de tels usages, était par ailleurs effectuée dans le cadre de « projections » évènementielles.

Il y a quelques jours, l’accès à la vidéo a été bloqué dans 238 pays (vous avez bien lu) du fait d’une atteinte au droit d’auteur portée par The Orchard Music / [Merlin] PIAS / [Merlin] Liberation Music au nom de : Play It Again Sam (voilà les infos présentes dans le backoffice de mon gestionnaire de vidéos Youtube)

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La BO est manifestement concernée et, si j’interprète bien le peu d’éléments disponibles, la demande de blocage liée à un enregistrement audio serait effectuée par The Orchard, un distributeur, qui relaierait/ »protègerait » ainsi le label Play It Again Sam, un troisième Larron, Merlin, jouant là-dedans un rôle qui m’échappe (je suis preneur en commentaires d’éclaircissements, si vous en avez).

J’ai contesté ce blocage, et la vidéo est à nouveau visible le temps que ma contestation soit étudiée. Mais ce blocage est révélateur :

  • de la folie du droit d’auteur qui conduit à bloquer la diffusion d’un documentaire gratuit traitant paradoxalement d’une figure interrogeant justement la question de la libre diffusion de certains biens ;
  • du risque qu’il y a à (éventuellement, si cela se vérifie) utiliser dans une production elle-même en Creative Commons des éléments sous droits (oui, faites gaffe à ça, c’est la leçon qu’on peut déjà tirer de ce blocage) ;
  • de l’idiotie que c’est d’essayer par ailleurs de bloquer les contenus de cette manière puisque le film en VOSTFR est disponible à plusieurs endroits et que donc, la démarche autour des DA est totalement vaine.

En attendant le résultat de ma contestation, qui pourrait déboucher sur un nouveau blocage, je vous invite à regarder le film en question. Il est ci-dessous et vous pouvez le trouver un peu partout, en VOSTFR, ailleurs sur le Net.