Le Conflit Divin, Première Partie : Osiris

Osiris (artwork de JaniceDuke)

Osiris (artwork de JaniceDuke)

Le grand dieu Osiris

Osiris est le fils ainé de Geb (la terre) et de Nout (le ciel). Il règne sur la Terre avec à son côté sa sœur et épouse Isis. Grand roi, il apporte aux Hommes la connaissance de l’agriculture et les modèle en tant que civilisation. Son destin tragique est le début d’une crise politique sans précédent entre les dieux qui aboutira par la montée sur le trône d’Égypte du premier pharaon, Horus. Je vous propose ici de vous synthétiser ces mythes en deux parties : de la naissance à la mort d’Osiris dans un premier temps, puis de l’enfance d’Horus à sa victoire sur Seth en seconde partie.

Physiquement, Osiris est décrit comme très beau : ses membres sont d’or, sa coiffure de lapis-lazuli et sa couronne turquoise. Il est très intelligent et surtout très grand : bien plus grand que tous les Hommes sur Terre, également plus grand que les autres dieux. Sa taille a été estimée à près de 4,50 mètres !

Étonnamment, la source principale sur ces évènements mythiques n’est pas égyptienne : il s’agit de Plutarque, grand penseur grec de l’époque romaine. Cependant, nous retrouvons dans les textes égyptiens de nombreuses allusions aux épisodes du mythe, comme dans les Textes des Pyramides et les Textes des Sarcophages. Nous pouvons également citer le Grand Hymne à Osiris qui raconte la quête de son épouse Isis et de sa sœur Nephtys pour retrouver les morceaux disséminés de son corps, puis la conception d’Horus. Enfin, plusieurs papyrus nous donnent des détails sur les lamentations divines à Osiris et la tristesse du monde au moment de sa mort.

La naissance d’Osiris et de ses frères et sœurs

, le dieu du soleil, observait avec attention la totalité du monde ainsi que l’au-delà. Un jour, il découvrit que Nout était enceinte après avoir eu une relation avec Geb. Il entra dans une grande colère et interdit à la déesse d’accoucher. Cependant, Nout n’avait pas le choix : lorsqu’elle arriverait à terme, sa progéniture naîtrait et elle serait châtiée par Râ. Elle chercha en vain à se cacher, mais le dieu soleil voyait tout, ne laissant rien au hasard. C’est le dieu Thot qui vint à son secours car il était lui-même amoureux de Nout : il aurait donc tout fait pour elle. Il imagina un plan astucieux pour tromper Râ qui consistait à jouer aux dés avec la Lune. Après une très longue partie, Thot gagna et demanda un gage à la Lune : des jours additionnels dans l’année (jours épagomènes) pendant lesquels Râ ne pourrait pas surveiller ce que faisaient les dieux. C’est ainsi que Nout put mettre au monde ses enfants sans qu’elle n’ait à subir le regard inquisiteur de Râ.

Le premier jour, elle mit au monde Osiris, l’héritier de Geb et donc prochain roi de la Terre. Le second à voir le jour fut Horus l’ancien, puis le lendemain Seth naquit. A cette occasion, il blessa sa mère en déchirant son ventre pour sortir plus vite, comme un présage de la violence du dieu. Ce même jour, des violences éclatèrent dans le pays et Râ dû les calmer par la force. Les deux derniers jours naquirent les filles : Isis et Nephtys. Isis était belle et pleine d’amour, si bien que sa mère, Nout, lui dit « sois légère (is) pour ta mère », ce qui donna son nom, Isis. Il est aussi possible que les cinq enfants n’aient pas eu le même père car Nout avait de nombreux courtisans.

Osiris est né et règne sur le monde

La suite du mythe raconte comme Pamylès, un habitant de Thèbes, entendit une voix céleste lui parler. Elle lui dit que le grand roi et maître de toute chose était né, le bienfaiteur Osiris, et lui demanda de répandre la nouvelle. L’homme obéit sans plus tarder et devant sa discipline, il se vit confier l’enfant Osiris par Geb, qui lui ordonna de l’élever et de prendre soin de lui.

Le grand roi Osiris

Le grand roi Osiris

Aimé de sa mère et admiré par son père, il se vit offrir le trône, devenant ainsi le roi des Hommes et des divinités. En tant que souverain, Osiris choisit pour vizir le dieu Thot comme gage de remerciement pour avoir aidé sa mère. Il choisit comme généraux Hou et Sia. Tous s’inclinèrent devant lui, tandis que ses adversaires baissaient les yeux devant sa puissance. Tous sauf un : son frère Seth, qui préparait un mauvais coup. Ce dernier était très jaloux de son aîné qui était roi alors que lui devait errer dans le désert brûlant de jour comme de nuit. En effet, Seth, en tant que maître du désert, ne profitait pas des bienfaits apportés par Osiris sur le monde. Il était en tous points opposé à son frère : alors que Seth se nourrissait de violence, Osiris faisait tout son possible pour rétablir la paix en Égypte.

Tandis qu’il complotait dans le désert, son frère Osiris multipliait les bonnes actions à l’égard des Hommes : il créa l’orge et le blé, fit croître la végétation et veilla sur les animaux. Il transforma la vie des humains en leur apprenant à cultiver la terre et à s’occuper des troupeaux (l’élevage). Il inventa également un système de lois pour régir la vie ici-bas et ainsi stopper le chaos. Osiris combattit la guerre par l’amour et la violence par les mots qu’il maniait à la perfection grâce à la force de la persuasion. Il développa également l’art, notamment la musique.

Le grand roi était secondé par sa femme et sœur Isis, grande déesse bienfaitrice qui l’aidait dans sa tâche. Elle protégeait aussi le royaume en son absence. Isis était une très belle déesse donc l’éclat divin emplissait le palais d’une chaude lumière dès qu’elle paraissait. Sa beauté n’avait d’égal que son autorité qui amenait le peuple à la vénérer tout autant que son mari et les ennemis du royaume à ne rien tenter contre la grande souveraine d’Égypte. En amour, elle était très fidèle et le couple était très amoureux. Les deux divinités s’aimaient déjà dans le ventre de leur mère !

Isis et Osiris

Isis et Osiris

Un jour, elle découvrit avec effroi que son mari l’avait trompé avec sa sœur Nephtys (qui est l’épouse de Seth). Osiris usa de tous ses talents de persuasion afin qu’Isis lui pardonne son acte et lui refasse confiance. Il lui fit croire qu’il s’était trompé de sœur car les deux déesses étaient quasiment jumelles et Isis accepta de pardonner cet adultère. De cette union naquit Anubis, que Nephtys abandonna, par peur de la réaction de son mari Seth. La réaction d’Isis fut alors inatendue : contrairement à Héra qui châtiait promptement tous les enfants adultérins de Zeus, la déesse décida d’élever Anubis. Il devint son fidèle compagnon et son protecteur, à l’image du chien, le compagnon fidèle de l’Homme.

Le meurtre d’Osiris par Seth

Revenons à Seth, toujours aussi jaloux de son frère et coincé dans sa fonction de maître des terres désertiques. Il développa un sombre désir de mettre fin aux jours d’Osiris et pour ce faire il élabora un plan. Il persuada la reine d’Ethiopie, Aso, de l’aider dans son œuvre mortifère. Ainsi il convia tous ses amis et une multitude de dieux à un banquet somptueux au milieu duquel il plaça un coffre magnifique. Il était si beau que tous les convives se mirent en secret à le convoiter. En effet, il était fait d’or, de bois doré, de verre et de pierres précieuses et personne ne pouvait en détourner les yeux.

Chacun voulait donc l’acquérir et c’était bien ce à quoi s’attendait le vil Seth. Le coffre était très grand et pouvait accueillir un grand corps à l’intérieur. Seth proposa donc un jeu à ses convives : serait maître du coffre celui qui, s’y allongeant, le trouverait à sa taille. Comme vous vous en doutez, Osiris faisait partie de l’assemblée. Chacun l’essaya et s’y allongea, mais personne ne faisait la taille requise, personne n’étant assez grand. Ce fut enfin le tour d’Osiris qui s’y glissa et trouva le coffre parfaitement à sa taille. Avant qu’il n’ait eu le temps de se redresser, soixante-douze hommes de mains de Seth se jetèrent sur lui et scellèrent le coffre. Le coffre fut saisi et envoyé dans le fleuve. Ainsi, Osiris mourut noyé et asphyxié, ce qui signa la fin de son règne sur Terre qui aurait duré près de quatre siècles.

Le dieu Seth (artwork de Kainchaos)

Le dieu Seth (artwork de Kainchaos)

La désolation du monde et la recherche du corps

Un vent de panique balaya le pays à l’annonce de la mort du grand roi. Même la nature était déprimée : le soleil ne se levait presque plus, la lune tardait à monter, la terre était dévastée. Le chaos menaçait à nouveau de s’installer. Chaque être vivant pleurait la mort d’Osiris, mortels comme divinités. Cependant, leurs larmes irriguèrent la terre pour qu’elle continue à vivre. Dans sa douleur, Geb saigna et de son sang naquirent des pins riches en résine. Des pleurs de Chou et Tefnout furent créés les arbres de térébinthe tandis que celles de Râ devinrent des abeilles qui produisirent le miel et la cire. De la sueur versée par le dieu soleil qui tentait d’endiguer le chaos, le lin germa sur Terre. Enfin, ses crachats créèrent le bitume et le papyrus. Même le fils (pas encore conçu !) d’Osiris, Horus (le jeune), pleura et créa l’oliban sec en laissant ses larmes toucher le sol. Même mort, le grand roi continuait donc d’apporter des bienfaits au monde.

Isis, de son côté, était en deuil. La mort de son mari fut une terrible épreuve qui l’attrista au plus haut point, mais elle ne comptait pas rester les bras croisés. Elle parcourut le monde à la recherche du cadavre d’Osiris afin de pouvoir lui rendre les hommages rendus aux morts. Sa sœur, Nephtys, l’aide dans cette tâche en explorant les endroits du monde où Isis ne cherchait pas. Ce fut grâce à un groupe d’enfants qu’elle apprit que le coffre avait dérivé sur le Nil jusqu’à la mer. Elle se mit donc à chercher sans relâche par-delà les eaux et les îles jusqu’à découvrir que le coffre avait échoué près de la ville de Byblos. Cependant, un grand arbre (un tamaris) avait poussé près du coffre et le roi de Byblos avait décidé d’établir son palais en utilisant cet arbre comme colonne maîtresse. Isis l’apprit et s’infiltra parmi la cour du roi en se déguisant en mortelle. Elle réussit si bien que la reine lui confia l’éducation de son enfant. Isis s’occupa du bébé humain comme de son fils et petit à petit, elle le divinisait, jusqu’à ce qu’elle décide de le mettre dans un grand feu pour brûler tout ce qui était humain de lui et en faire un dieu. La reine découvrit ce que la nourrice divine comptait faire et voulut l’interrompre, horrifiée. Isis se révéla alors dans sa nature éblouissante de déesse et obtint de pouvoir récupérer le coffre. Elle laissa au roi et à la reine le tronc d’arbre qui devint un objet sacré.

Isis s’en alla avec le coffre qui contenait Osiris mais elle fut suivie par l’enfant qu’elle avait éduqué pendant tout ce temps. Lorsqu’elle voulut ouvrir l’objet, elle aperçut cet enfant qui l’espionnait et entra dans une colère noire : elle le foudroya à mort et la déesse l’oublia aussitôt au profit de l’amour de sa vie, son époux.

Le dernier rapport charnel du couple divin

Isis ressuscite Osiris

Isis ressuscite Osiris

Osiris était mort, mais Isis voulait absolument s’unir une dernière fois avec lui. Pour ce faire, elle se transforma en rapace portant un ankh (une croix symbole de vie) qu’elle tint entre ses serres, puis passa au-dessus de son défunt époux, ce qui le ranima en partie. Elle put alors profiter une dernière fois de son phallus et donc de sa semence qui put ainsi la féconder. Isis tomba enceinte mais le monde tremblait : cette union n’était pas naturelle et n’aurait pas dû avoir lieu, ce qui provoqua un dérèglement des lois de la nature. Cependant, Isis exultait de savoir qu’elle portait en elle celui qui reprendrait les rennes du royaume et vengerait son père injustement assassiné. La déesse dû tout de même convaincre Râ que le fils qu’elle portait en elle était bien celui d’Osiris, ce qui était difficile à croire. Néanmoins, devant l’insistance d’Isis, le dieu suprême la crut.

Elle déposa le coffre dans un lieu secret du Delta du Nil, puis alla accoucher dans un autre lieu tout aussi secret, un îlot de roseaux. L’accouchement en lui-même fut très douloureux et difficile, à tel point que la déesse eut besoin de l’assistance d’autres divinités pour mettre Horus au monde. Après qu’il fut né, il était capital qu’il soit caché aux yeux du monde et surtout à ceux de Seth.

Le corps éparpillé, puis reconstitué

De son côté, le dieu meurtrier, Seth, partit à la chasse avec sa meute comme de coutume. Cependant cette fois-ci, il tomba sur le coffre contenant le cadavre d’Osiris ! Seth ne savait alors pas pour Horus, mais lorsqu’il vit le corps de son défunt frère, il comprit qu’Isis lui avait joué un mauvais tour. Il entra dans une rage folle, découpa le corps d’Osiris en morceaux et l’éparpilla aux quatre coins de l’Égypte. Le nombre de pièces du « puzzle Osiris » s’élevait selon certains à 14, 26 pour d’autres et enfin 42 pour les plus généreux.

Toujours est-il qu’Isis découvrit la mauvaise action de Seth et se mit en quête de retrouver les morceaux démembrés de son époux. A chaque fois qu’elle trouvait une partie du corps, elle érigeait un temple à la gloire d’Osiris sur les lieux. Le culte du dieu se développa donc drastiquement, notamment à Abydos où avait été trouvée la tête ou encore sur l’île de Biggeh où se cachait la jambe du dieu. Encore une fois, Isis était aidée de sa sœur Nephtys et même peut être de son fils Horus dans cette quête qui dura douze jours.

Isis parvint donc à reconstituer le corps d’Osiris, sauf peut-être son membre viril qui aurait été jeté dans le fleuve et dévoré par trois poissons. C’est Anubis qui se charga de collecter les membres du dieu et de les stocker dans une nébride (une enveloppe de papyrus). Après cela, Anubis sécha soigneusement le cadavre, l’assouplit avec des onguents et l’emmaillota dans du lin. Ce fut la toute première momie. Les humeurs du corps d’Osiris sortirent de son enveloppe corporelle et s’en allèrent se répandre sur Terre pour nourrir et ensemencer la Terre, sur l’ordre d’Isis.

Osiris, roi des morts (papyrus)

Osiris, roi des morts (papyrus)

Sa momie fut enterrée dans l’île de Biggeh, dans un endroit que nul n’avait le droit d’approcher mis à part sa femme, Isis. Désormais, Osiris pouvait partir pour l’occident, le monde des défunts. Lorsqu’il y arriva, il reçut le sceptre, le chasse-mouches et la crosse de berger des mains de Thot. Il devint alors le souverain du monde des morts, le « pays du silence ». Il poursuivit donc son œuvre civilisatrice par-delà la mort. Osiris n’est donc plus matériellement dans le monde des vivants, mais sa lumière habite le ciel sous la forme d’Orion, placée juste au-dessus d’Isis, notre Sirius, appelée Sothis en Egypte. Si tout était réglé pour Osiris, la situation sur Terre était encore tendue. Une véritable guerre se préparait entre l’héritier légitime, Horus et le terrible Seth.

A suivre…

Râ, le Dieu Soleil

Râ (artwork de Katemaxpaint)

Râ (artwork de Katemaxpaint)

Râ (ou Rê) : le dieu des dieux

La mythologie égyptienne est un ensemble de récits et de cultes fait de très nombreux dieux zoomorphes. S’il ne fallait en retenir qu’un seul, alors ce serait peut-être Râ (ou Rê), le dieu soleil et créateur de l’univers. Il est celui avec qui tout commence et se termine. Dieu polymorphe en fonction de l’heure du jour et de la nuit, il est surtout indispensable à la vie sur Terre, si bien qu’il a été placé au sommet de la Grande Ennéade des neuf dieux principaux.

Râ est associé à Amon, le dieu soleil de la ville de Thèbes, qui se fait appeler Amon-Râ lorsqu’il est au sommet de sa gloire dans le ciel. Comprendre sa nature et les mythes qui lui sont associés est capital pour apprécier autant la piété divine que le culte du soleil ou encore l’eschatologie égyptienne de cette large période.

De sa semence sont nés Chou et Tefnout, qui ont eux-mêmes enfantés Geb et Nout, les parents d’Osiris, Isis, Seth, Horus l’ancien et Nephtys. Il est donc à l’origine de tout le panthéon égyptien et n’a pour ascendance que le Noun, cet océan sombre et mystérieux.  Logiquement, il est celui à qui se rattachent les pharaons, qui à leur mort sont censés s’unir à lui.

Râ symbolise bien entendu le Soleil, mais aussi la lumière dans son sens bénéfique, opposée aux ténèbres, elles-mêmes représentées par le serpent Apophis. Il est représenté majoritairement sous la forme d’un homme à tête de faucon, surmontée du disque solaire appelé Horakhty. Nous allons voir ici plusieurs mythes le concernant directement, en commençant bien sûr par le plus important : le cycle du Soleil.

Sources

Il existe plusieurs sources concernant le mythe du dieu soleil Rê-Atoum :

  • Le Livre des Morts

Cet ensemble de papyrus a été conçu entre le 2e millénaire avant J.-C. et le premier siècle. Ce n’est qu’à partir de 1842 que le texte est décrypté. Pendant toute la période de l’Egypte antique, le titre peut se traduire par « Libre pour sortir dans la lumière/le jour ». Il donne des informations sur le parcours du défunt après sa mort pour rejoindre le royaume d’Osiris. L’objectif est d’empêcher les vivants de disparaître dans les ténèbres de la mort et dans l’oubli.

  • Le Livre de l’Amdouat

Ce texte religieux signifie littéralement « ce qu’il y a dans la Douat », donc ce qui se trouve dans le monde des morts. Il date à priori du XVe siècle av. J.-C. et a été retrouvé dans une tombe pharaonique de la vallée des Rois. Ce livre raconte le chemin que parcours Râ pendant le jour et la nuit. Il est censé aider les pharaons à accomplir ce chemin comme le dieu soleil et ainsi s’unir à lui.

  • Le Livre des Portes

Ce troisième texte sacré a lui aussi été retrouvé dans la tombe d’un pharaon, au XIVe siècle av. J.-C. mais nous ne connaissons pas la date de rédaction. Encore une fois, le thème est celui du passage du défunt dans le monde des morts en suivant l’exemple de Râ. Le chemin est jalonné de plusieurs portes qu’il faut traverser en rendant hommage à plusieurs déesses.

  • Le Livre de la Vache Céleste

Aussi appelé Livre de la vache du ciel, cette source évoque la cosmogonie égyptienne. Elle nous intéresse particulièrement sur le mythe de Râ quittant le monde des Hommes avec l’aide de Nout.

  • La Ruse d’Isis

Mythe dans lequel Isis tente de subtiliser le nom secret de Râ, que nous détaillons un peu plus loin.

  • Le Mythe de la Lointaine

Ce dernier texte raconte la disparition de Mout ainsi que l’envoi sur Terre de Sekhmet, la lionne, par Râ, pour punir les Hommes. Des résumés plus détaillés sont présents plus loin.

Globalement, c’est grâce à la cosmogonie d’Héliopolis que nous pouvons établir le mythe de la naissance du dieu. En effet, cette ville était considérée comme le sanctuaire du soleil dans toutes ses formes. Des informations complémentaires sont amenées par les recueils funéraires royaux.

Les mythes

La naissance du créateur

Lors de la naissance de Râ, une autre créature est aussi apparue : Apophis, le serpent. Ils deviennent automatiquement des ennemis, l’un représentant la lumière, l’autre les ténèbres. Alors que le serpent est relégué aux ténèbres, Râ se voit offrir la place d’Atoum : celle de roi des dieux et des Hommes. Son œil veille désormais sur toutes les contrées du monde.

Le voyage de la barque solaire sur le Nil

Représentation de Râ sur la barque solaire

Représentation de Râ sur la barque solaire

L’activité principale de Râ pendant la journée est son parcours du fleuve des cieux durant lequel il se métamorphose, à l’image du soleil. En effet, ce chemin va de l’horizon oriental à l’Ouest en passant au-dessus de la terre en une longue courbe. Ses transformations suivent le cycle de la vie : d’abord enfant, puis parfaitement adulte et enfin vieillard. Mais tentons de faire une chronologie de ce voyage perpétuel du jour et de la nuit :

  • Pendant les dernières heures du jour, la barque traverse la Douat (l’au-delà) pour atteindre le royaume de la nuit en quittant le jour. Seulement, un serpent cracheur de flammes se dresse devant la barque de Râ (peut-être Apophis lui-même). Heureusement, Râ n’est pas seul : il est accompagné de Heqa (la magie protectrice) et de Sia (la connaissance). Parfois, d’autres dieux les accompagnent comme Hou (le verbe créateur) ou Oupouaout (le dieu des chemins). Pendant ce temps où Râ est incapable de gouverner le ciel, c’est Thot qui prend la relève.
  • Durant la première et la deuxième heure, l’eau est abondante et la barque avance bien. Des babouins accueillent chaleureusement le dieu soleil et cette cohue n’effraie en rien les dieux car ils sont protégés par des génies armés.
  • Durant la troisième heure, tout le monde est sous tension : le serpent Apophis apparait et se met en travers de la route de Râ. Même affaiblit à cette heure de la nuit, le dieu soleil réussit à le terrasser. Seulement parfois, ce n’est pas le cas : le soleil est alors prisonnier des ténèbres (c’est peut-être l’explication égyptienne du phénomène d’éclipse solaire). Dans son combat, Râ peut être aidé : il peut parfois revêtir la forme d’Atoum pour augmenter sa puissance.
Artwork d'Apophis

Artwork d’Apophis

  • A la quatrième heure, il fait plus noir que jamais et l’eau n’est plus vraiment abondante, si bien qu’il faut tirer la barque pour qu’elle avance sur le sable. En effet, c’est encore la faute du serpent Apophis qui a avalé toute l’eau du fleuve. Heureusement, Râ n’est pas seul. Cette fois, c’est le dieu Seth, d’habitude réputé pour sa méchanceté, qui vient en aide à son ancêtre. Il transperce le flan du serpent de sa lance et libère toute l’eau du fleuve afin que la barque puisse reprendre son cours.
  • Pendant la cinquième heure, la barque passe près du cadavre d’Osiris et l’espoir renait enfin. Râ s’associe alors à son ancien cadavre, le scarabée Khepri et redémarre donc le cycle.
Fragment représentant l'une des formes de Râ, le scarabée Khépri

Fragment représentant l’une des formes de Râ, le scarabée Khépri

  • La sixième heure marque le retour de l’énergie vitale de Râ. Pour ce faire, il doit se régénérer à l’abri des dangers. Il est alors protégé par le serpent bienfaisant Mehen qui le protège en l’enveloppant de ses anneaux.
  • Lors de la septième et la huitième heure, les Hommes peuvent enfin apercevoir leur dieu. Ils amènent des cadeaux sur les rives du fleuve (armes, tissus, attributs royaux). Mais d’autres ne sont pas de cet avis et tentent d’attaquer le soleil. Ils sont automatiquement capturés et châtiés, attachés à des poteaux de torture et brûlés par des cobras cracheurs de flammes. On en décapite certains et on les met à cuire dans de grands chaudrons (très ragoutant…). Leur sang vient alimenter des lacs de flammes alentours. Pendant ce temps, Apophis n’en a pas terminé avec Râ et tente de revenir à la charge, mais il est directement arrêté par la déesse Serket (ou Serqet) qui le terrasse avec fureur, du moins pour le moment.
La déesse Serket (artwork de Lorenn)

La déesse Serket (artwork de Lorenn)

  • A la neuvième heure et jusqu’à la onzième, le soleil commence à être haut dans le ciel. Apophis fait son grand retour pour un ultime affrontement entre la lumière et les ténèbres. Il essaie encore d’arrêter le temps, mais en est incapable car Râ est presque au sommet de sa puissance.
Râ et Apophis (artwork de Trejoeeee)

Râ et Apophis (artwork de Trejoeeee)

  • A la douzième heure (à midi donc), la barque est hissée par Noun vers la lumière. En traversant le serpent du temps, ils passent de vieillards à enfants. Ainsi tous les habitants reçoivent la lumière : on les appelle les « troupeaux de Râ ».

Ainsi, le dieu soleil fait ce voyage chaque nuit et après midi, il redescend dans les ténèbres pour se régénérer. Il part du jour en tant qu’enfant et arrive à la nuit en vieillard à tête de bélier.

Le nom secret de Râ

Avant que Râ soit trop vieux et cède sa place sur Terre pour se consacrer exclusivement à son périple quotidien sur le fleuve du jour et de la nuit, il vivait auprès des Hommes. En tant que dieu des dieux et des Hommes, il règne sans relâche sur la Terre. Mais en même temps, il vieillit. La déesse Isis a alors une idée pour profiter de la situation : elle veut tenter d’obtenir le nom secret de Râ.

Un nom secret est un titre que seule la personne concernée connait. S’il vient à se faire savoir par Isis, alors elle aura un pouvoir sur Râ et gagnera une partie de sa puissance. En réalité, Isis a besoin de ce pouvoir pour communiquer avec son défunt époux, Osiris ainsi que pour protéger son fils Horus de son terrible destin. Cependant, il n’y a aucune chance que le dieu soleil lui donne ce nom de son plein gré. Elle imagine alors un plan : lui infliger un mal que seule la connaissance de son nom secret pourrait soulager.

Pour ce faire, le mal doit venir de soi-même (donc que Râ se blesse lui-même). Il est très âgé et la salive coule au coin de sa bouche : Isis en profite pour lui en soutirer une goutte. Elle mêle ensuite cette bave à la terre et malaxe la mixture pour lui donner la forme d’un serpent qu’elle anime ensuite par des paroles magiques. Elle le cache dans le sable, juste sur le chemin que prend Râ pour rejoindre la barque céleste. Evidemment, le serpent parvient à mordre Râ et celui-ci s’écroule de douleur. Tous les dieux accourent alors et voient la détresse de leur roi. Ce dernier est pétrifié de peur car il ne peut identifier le mal : il a créé toute chose dans ce monde, mais pas celle-ci (elle a été créée de son propre être). C’est la raison pour laquelle il ne peut rien faire contre elle.

Tandis qu’il souffre le martyr, Isis débarque et tente d’utiliser sa magie pour le soigner – du moins c’est ce qu’elle prétend. Aucune amulette, prière ni formule magique ne soulageait le grand dieu. Elle lui souffle alors à l’oreille que seule la connaissance de son nom secret lui permettrait de la sauver. Il lui donne alors quelques-uns de ses titres : « Celui qui a fait le ciel et la terre », « Celui qui maîtrise la lumière et les ténèbres » ou encore « Celui qui a pour nom Khepri le matin, Râ à midi, Atoum le soir ». Mais aucun ne correspond à son véritable patronyme secret. Lorsqu’il sent qu’il n’a plus d’autre choix, il craque et donne à Isis son nom. La douleur de perdre ce titre estompe directement la douleur du serpent tandis qu’Isis est insufflée du pouvoir divin. Ainsi, Isis devient une grande déesse et peut continuer sa quête pour défaire Seth. Râ, quant à lui, est de plus en plus faible et l’heure de sa retraite dans la Douat se rapproche.

Dispute avec Mout

Si Râ est sage, il peut aussi entrer dans des colères noires. Un jour, il se fâche avec Mout, la déesse protectrice qu’il porte au front constamment, aussi appelée Œil du Soleil. D’habitude, elle est d’une nature calme et sage, mais cette fois-ci, elle explose de colère et s’en va en exile dans le désert nubien. Mais le monde dépérit en son absence : le Nil risque de s’assécher et les récoltes sont inexistantes. Malgré les supplications des Hommes, Mout ne revient pas.

Alors Thot a une idée : envoyer à la déesse un émissaire, une créature mi-chacal, mi-singe, qui pourrait persuader Mout de revenir. Cet animal étrange se met alors à raconter des histoires à Mout dans le but de la distraire et de lui redonner le sourire. Peu à peu, la lueur de fureur dans ses yeux s’estompe et laisse place à celle de l’amour. Elle accepte alors de se réconcilier avec Râ et les ressources reviennent en abondance. Depuis ce jour, on célèbre la crue du Nil et l’abondance des récoltes par de grandes fêtes en l’honneur de Mout.

Râ punit les Hommes

Comme nous l’avons vu auparavant, Râ vieillit et s’affaiblit. La perte de son nom secret a été un coup dur pour lui et les Hommes le savent. Ils pensent pouvoir proclamer leur indépendance du vieux dieu soleil et envisagent une révolte. Mais Râ, même s’il est âgé, voit tout ce qui se passe sur Terre. Il comprend le mépris des Hommes à son égard et comprend qu’il doit les punir pour cette impiété.

Il envoi alors sur Terre soit Hathor, la déesse d’habitude vache mais ici chat, ou Bastet la déesse chat (ce qui peut sembler plus logique) qui pour l’occasion revêt une autre apparence et un autre nom : Sekhmet la Puissante, la déesse lionne, avide de sang et déchainée par les passions. Elle est l’œil furieux du dieu soleil Râ : les vents du désert sont son souffle tandis que de son corps émane un halo rouge. Lâchée à Héracléopolis, elle provoque un véritable massacre, un bain de sang si terrible que Râ lui demande de s’arrêter, concluant que les Hommes ont été assez punis. Cependant, Sekhmet ne veut pas s’arrêter et continue ce qui devient progressivement un génocide de l’espèce humaine ! Les supplications des dieux et les cadeaux n’y font rien.

Gravure représentant la déesse Sekhmet

Gravure représentant la déesse Sekhmet

Alors Râ a une idée : il concocte une boisson de bière de couleur rouge grâce au pigment du sang, l’hématite et offre ce mélange à la déesse en furie. Celle-ci boit jusqu’à plus soif et devient saoule, puis finalement s’endort. Ainsi, elle oublie ses massacres et redevient Hathor la douce. C’est comme cela que Râ, après avoir punis les Hommes, les sauve. En souvenir de cette hécatombe, une fête dédiée à Hathor est célébrée dans le Delta du Nil pendant laquelle tout le monde boit jusqu’à devenir ivre.

Le mythe de la vache céleste

Râ est désormais trop vieux pour régner et totalement las de commander sur la terre et les cieux. Il passe le relais à Chou, son fils, qui lui-même cédera plus tard le trône à Geb. Râ débute alors le cycle du jour qu’il fera jusqu’à la fin des temps. Mais lorsque c’est la nuit, il n’y a personne pour gouverner. Il nomme alors Thot vizir de la nuit et lui attribue la Lune.

Maintenant que tout est en ordre, Râ peut s’en aller tranquille pour aller régner dans l’au-delà. Cependant il ne peut y accéder si simplement. Il demande alors à Chou de soulever sa sœur Nout et ainsi sépare le ciel et la terre. Nout prend alors la forme d’une vache et le dieu-soleil s’installe sur son dos. Il contemple son monde et est satisfait. Nout, elle, prend peur car elle monte de plus en plus haut et a le vertige. Râ dispose alors huit génies bienfaiteurs autour de ses pattes pour l’aider à garder l’équilibre.

Ici, tout là-haut, Râ établit le monde des morts. Il y fait pousser des champs verdoyants et l’alimente en ressources inépuisables. Ainsi, lorsque les Hommes mourront, ils connaitront le repos éternel dans cet endroit « paradisiaque », ils ne connaîtront plus ni la soif, ni la faim. C’est ainsi que Râ continue de veiller sur ses enfants, même après qu’il ait quitté la Terre.

Bibliographie

  • Encyclopedia Universalis (dir.), Dictionnaire de l’Egypte Ancienne, Paris, Albin Michel, 1998.
  • Guilhou Nadine, Peyré Janice, La mythologie égyptienne, Paris, Marabout, 2005.
  • Hagen Rose-Marie, Hagen Rainer, L’Égypte : les hommes, les dieux, les pharaons, Taschen, 2005.

Adaptations dans la culture populaire

  • Yu-gi-oh !

Râ apparait dans le manga Yu-Gi-Oh ! sous la forme d’un dragon fortement inspiré d’un rapace et du soleil. Il est la carte maîtresse d’un égyptien du nom de Marik Ishtar et est considéré comme le plus puissant des trois cartes divines, les deux autres étant Osiris et une personnification de l’Obélisque.

  • Stargate SG1

Dans l’univers de Stargate, Râ est un extra-terrestre de la race des Goa’uld. Il est leur maître suprême. En réalité, il prend la forme d’un serpent qui a parasité le corps d’un humain.

  • SMITE

Râ est présent dans plusieurs jeux vidéo dont SMITE, le Moba mythologique à succès. Dans le jeu, il possède la classe Mage et utilise des attaques en lien avec la lumière du soleil pour se battre.

Le Dragon Ailé de Râ tel qu'il est représenté dans Yu-Gi-Oh !

Le Dragon Ailé de Râ tel qu’il est représenté dans Yu-Gi-Oh !

Les principaux dieux égyptiens

Les principaux dieux égyptiens

Les principaux dieux égyptiens

La mythologie égyptienne est complexe et pleine de mystères. Cette religion polythéiste se distingue par plusieurs caractéristiques : les multiples visages donnés aux dieux (ce qui complique la compréhension), l’importance donnée aux symbole à travers les animaux, la localité de la plupart des dieux et les cycles qui rythment les mythes. La panthéon égyptien se compose de plusieurs dieux mais n’est pas clairement définit. Voici une version schématisée de la généalogie des dieux :

Généalogie des dieux

Généalogie des dieux

La Cosmogonie

Il existe plusieurs mythes de la création du monde, mais le plus répandu est celui d’Héliopolis. Je vais vous raconter brièvement ce mythe sans trop entrer dans les détails. Au tout début, il n’y a rien, si ce n’est un océan d’eau et de ténèbres appelé le Noun. Puis apparaît le démiurge Atoum (« Celui qui est complet »), qui peut aussi prendre le nom de Ptah. Le dieu imagine alors une masse de roseau au milieu de l’eau et elle apparaît pour qu’il s’y pose. Atoum n’a pas de compagne, donc il se masturbe, et 2 enfants sont le fruit de cet acte : un fils Chou et une fille Tefnout. Il met ensuite au monde Geb et Nout (ou peut être sont-ce les enfans de Chou et Tefnout), qu’il sépare pour que Geb soit la terre et Nout le ciel. L’union de Geb et Nout donne naissance à des enfants. Malheureusement, au cours de l’année, Nout mange ses enfants, ce qui ne plaît pas à Geb. Chou le rassure en lui expliquant :

« Nout ne mange pas ses enfants, elle les prend en son sein et les préserve pour les faire renaître. Quand l’un disparaît à l’Occident, un autre naît à l’Orient. Ainsi, tout au long de l’année, ils se succèdent. De même que, chaque soir, on dit qu’elle avale Rê, lui faisant traverser son corps la nuit pour le mettre de nouveau au monde au petit matin. »

Geb et Nout on plusieurs enfants, dans l’ordre : Osiris, Horus l’Ancien, Seth, Isis et Nephtys. En séparant le jour et la nuit, Atoum cède sa place à Rê, le dieu soleil et roi des dieux, mais sans se retirer pour autant car, selon les heures, il devient Rê.

La déesse Nout, plafond de la salle funéraire de la tombe de Ramsès V et VI

La déesse Nout, plafond de la salle funéraire de la tombe de Ramsès V et VI

Les Dieux

  • Râ (ou Rê) : fils de Neith. Dieu soleil, le plus important d’Égypte. Il change de nom et d’apparence en fonction du moment de la journée, devenant Amon et Khnoum (le cycle solaire). Râ possède une tête de faucon surmontée du disque solaire Horakhty. Le pharaon, considéré comme faisant partie de la lignée des dieux, prend le titre de « fils de Rê ». Il veille sur le monde à l’aide de son œil et règne sur le monde des morts. Pour plus d’informations sur Râ, rendez-vous sur l’article lui étant consacré :

Lien vers l’article consacré au dieu soleil Râ

Râ (Rê)

Râ (Rê)

Illustration de Râ par el Grimlock

Illustration de Râ par el Grimlock

  • Osiris : fils de Nout et de Geb et époux d’Isis, il est le dieu de la mort et de la renaissance. Osiris est représenté avec la peau verte et noire ainsi qu’avec les attributs du pharaon (fouet, crosse de berger, barbe postiche).

Lien vers l’article consacré au dieu Osiris

Osiris

Osiris

 

  • Seth : ou le « dieu rouge », fils de Nout et de Geb et époux de Nephtys. Maître du tonnerre, il règne sur le désert. Seth représente le mal de par sa brutalité et son comportement agressif (notamment sexuellement), mais sa force contribue à équilibrer les cycles. Il est représenté avec la tête d’un animal imaginaire, pouvant aller de l’okapi à la girafe.
Seth

Seth

 

  • Isis : fille de Nout et de Geb et épouse d’Osiris. C’est une déesse funéraire et de l’amour, considérée comme étant une magicienne astucieuse. Elle est représentée avec une tête de femme surmontée d’un disque solaire pris entre eux cornes.
Illustration d'Isis (Smite)

Illustration d’Isis (Smite)

  • Horus : fils d’Osiris et d’Isis. Il est le dieu du ciel et du soleil, ainsi que le protecteur des pharaons (il est d’ailleurs le premier d’entre eux). A l’instar de Râ, il arbore une tête de faucon surmonté d’une double couronne.
Illustration d'Horus

Illustration d’Horus

  • Toth : fils de Râ, dieu lunaire (il remplace le dieu soleil, la nuit), patron des scribes et grand magicien. Il est représenté avec une tête d’Ibis portant une couronne atef.
Illustration de Toth

Illustration de Toth

 

  • Anubis : fils adoptif d’Isis (fils adultérin de Nephtys et d’Osiris), Anubis est un dieu funéraire, protecteur des défunts, des tombes et des funérailles. Il est représenté avec une tête de chacal noir.
Illustration d'Anubis

Illustration d’Anubis

  • Apophis : fils de Neith. Dieu du chaos et des forces obscures, il cherche à anéantir la création divine et notamment à arrêter le cycle solaire. Il est représenté comme un serpent géant.
Apophis

Mise à mort d’Apophis par Atoum dans la 3e section du Livre des Portes

Pour plus d’informations :

- La mythologie égyptienne de Nadine Guilhou ou Dictionnaire de mythologie égyptienne de Isabelle Franco.

- Les jeux vidéos Age of Mythology, Sphinx et la Malédiction de la Momie ou encore Egypte III.

- La trilogie de Rick Riordan Les Chroniques de Kane, romans fantastiques mettant en scène les dieux à notre époque.

Illustration d'Osiris sous la forme d'un dragon dans Yu-Gi-Oh !

Illustration d’Osiris sous la forme d’un dragon dans Yu-Gi-Oh !