Les Titans et les Titanides

Artwork de Cronos par MikeAzevedo

Artwork de Cronos par MikeAzevedo

Des Divinités Anciennes

La mythologie gréco-romaine nous raconte bien souvent les aventures des héros et des dieux. Cependant, une autre catégorie de personnage est aussi présente dans les mythes et légendes : les Titans. La première chose qu’il faut savoir est qu’un Titan est, selon la définition, un fils de la Terre et du Ciel, être doué d’une grande force et réalisant des entreprises gigantesques, qui gouvernait le monde avant les dieux (CNRTL). Leur puissance est telle que l’adjectif titanesque est apparu dans notre langue comme un synonyme d’immense ou de surpuissant. Les Titans (et Titanides au féminin) sont donc les enfants de Gaia et d’Ouranos (Uranus), la Terre et le Ciel, frères des Hécatonchires (géants dotés de cent bras et de cinquante têtes) et des Cyclopes. On appelle aussi les Titans les « dieux anciens » qui sont très nombreux, malgré le fait que seule une minorité n’apparaisse dans les récits mythologiques.

Il existe de multiples sources évoquant l’existence et les légendes liées aux Titans. Celui qui nous en apprend le plus est probablement Hésiode dans la Théogonie, qui conte les débuts de la création et le mythe qui va suivre. Cependant, nous pouvons également citer Apollodore et sa Bibliothèque qui apporte des renseignements complémentaires sur le sujet. Ces personnages peuvent également se retrouver dans les récits d’Homère, d’Ovide ou de Virgile. Nous ne possédons finalement que peu d’informations sur eux car ils n’apparaissent pas dans beaucoup de mythes, mais certains sont bien plus connus que d’autres. Je vous propose ici une synthèse globale sur ce thème en reprenant tout d’abord le mythe principal qui met en scène Titans et Titanides, puis en les présentant au cas par cas. Ma bibliographie est principalement constituée des sources, auxquelles nous pouvons ajouter des dictionnaires mythologiques et les synthèses comme celle d’Edith Hamilton.

La Titanomachie

Nous commençons notre histoire par l’union originelle entre Gaia (la déesse-mère de la Terre) et Ouranos (le Ciel) qui donna naissance à l’eau de la vie qui créa les lacs et les mers ainsi que les montagnes avant de donner naissances aux premiers habitants de la Terre. Après avoir enfantés les Hécatonchires (Briarée, Gyès et Cottos) et les Cyclopes (Argès, Brontès et Stéropès) qu’ils enfermèrent au Tartare car ils craignaient leur puissance destructrice, Gaia et Ouranos donnèrent naissance aux Titans : 6 Titans mâles (Cronos, Crios, Coéos, Océan, Japet, Hypérion) et 6 Titanides femelles (Rhéa, Théia, Phoebé, Téthys, Thémis et Mnémosyne).

Statue d'Ouranos à Versailles

Statue d’Ouranos à Versailles

Ouranos régnait encore sur Terre à cette époque, mais cela n’allait pas durer car Gaia lui en voulait terriblement pour avoir emprisonné les Hécatonchires et les Cyclopes. Elle demanda à son fils préféré, Cronos, de la venger en émasculant son père. Celui-ci se saisit d’une faux de diamant et lui trancha les parties tandis que ses frères et sœurs le tenaient. Des gouttes de sang tombant sur le sol naquirent les Erinyes (ou Furies à Rome), Mégère, Alecto et Tisiphone ainsi que les Méliades, des nymphes des bois. Ce sang tomba également dans la nuit (Nyx) et cette union créa la déesse Lyssa, la rage personnifiée, la folie furieuse. Enfin, certains auteurs attribuent la naissance d’Aphrodite à l’union entre le sang d’Ouranos et l’écume de la mer.

Les Titans et Titanides chassèrent le ciel émasculé de la sorte et placèrent Cronos sur le trône. Ils libérèrent les Cyclopes et les Hécatonchires du Tartare à la demande de leur mère. Cependant, ce fut de très courte durée car Cronos les y renvoya peu de temps après. Il se maria avec sa sœur Rhéa et régna sur le monde depuis le Mont Othrys. Ce règne est connu sous le nom de l’âge d’or, une période où les Hommes (la race d’or) vivaient dans la paix et l’abondance du fait de la présence des Titans sur Terre avec eux.

Néanmoins ce tableau parfait n’allait pas durer. Juste avant de se faire chasser, Ouranos avait prédit à son fils Cronos que lui aussi serait chassé du pouvoir par son propre descendant (dans certains récits, c’est un oracle qui le lui dit). Pour éviter cela, il décida d’engloutir chacun des enfants que lui donnerait son épouse Rhéa, malgré les contestations de cette dernière. Ainsi, la prophétie ne se réaliserait jamais ! Il en avait déjà avalé 5 lorsque Rhéa décida de sauver le dernier : Zeus (Jupiter). Elle envoya l’enfant en Crète chez Amalthée, une chèvre ou une nymphe (sa nature est incertaine) qui l’éleva. Amalthée donnait son lait au petit Zeus, mais aussi au petit Pan qu’elle élevait du même coup. Lorsque Cronos demanda à engloutir son sixième enfant, Rhéa lui apporta une pierre cachée dans un linceul. Il avala la pierre d’un seul coup sans se douter de la manigance.

Cronos et Rhéa par Howard David Johnson

Cronos et Rhéa par Howard David Johnson

Lorsque Zeus eut grandi, Amalthée lui révéla qui il était vraiment ainsi que la vérité sur son père. Zeus entra dans une rage plus puissante encore que celles que nous lui connaissons des différents épisodes mythologiques. Il fit la promesse de sauver ses frères et sœurs et de punir son père pour son crime. Dans cette tâche, il fut aidé par la Titanide Métis (qui représente la sagesse et la ruse) qui lui indiqua une potion qui pourrait faire régurgiter à Cronos ses enfants. Zeus administra sans tarder la boisson à son odieux père et ce dernier vomi alors deux dieux : Poséidon (Neptune) et Hadès (Pluton), ainsi que trois déesses : Héra, Hestia et Déméter. Avec l’aide de ses frères et sœurs, Zeus délivra les Cyclopes et les Hécatonchires, qui jurèrent allégeance à leur sauveur. Les Cyclopes excellaient dans l’art de manipuler les métaux et usèrent de leurs talents pour armer les dieux : le Foudre pour Zeus, le Trident pour Poséidon et la Kunée pour Hadès, un casque rendant invisible son porteur. Ainsi équipés, les dieux n’eurent aucun mal à venir à bout des Titans et à les enfermer dans le Tartare, gardé par des geôliers qui connaissent bien l’endroit, les Hécatonchires.

Les Titans et Titanides en Détails

Cronos/Kronos (Κρόνος)

Artwork de Cronos par Genzoman

Artwork de Cronos par Genzoman

Il est le roi des Titans, père des dieux et déesses et mari de Rhéa. Son attribut principal est la faucille ou la faux qui lui a servi à émasculer son père mais qui représente aussi son aspect de bienfaiteur sur Terre, en lien avec l’agriculture. Il a souvent été confondu avec Chronos, le dieu du temps primordial et parfois on lui a même confié cet attribut supplémentaire pour unifier les deux divinités. Chez les Romains, il est appelé Saturne, le dieu de l’agriculture, du temps et de la mort.

Rhéa (Ῥέα)

Cette Titanide est la sœur et femme de Cronos, mère des dieux et déesses. Elle est la représentation des forces naturelles de la terre, associée aux animaux et notamment aux bêtes féroces comme les lions. Elle a vécu un amour avec Attis, un dieu de la végétation, mais celui-ci tourna au drame : le dieu devait se marier avec une nymphe mais Rhéa, très amoureuse, ne voulait pas de ce mariage. Elle y fit obstacle, ce qui rendit fou Attis, qui s’émascula. Prise de remords, Rhéa le transforma en pin. A Rome, Rhéa est assimilée à la déesse phrygienne Cybèle, mais aussi à Ops, une déesse de la fertilité.

Rhéa telle qu'elle est représentée dans le jeu mobile Legend of the Cryptids

Rhéa telle qu’elle est représentée dans le jeu mobile Legend of the Cryptids

Océan (Ὠκεανός)

Océan (ou Océanos) est, comme son nom l’indique, le Titan des océans, des mers et des fleuves. Il est le mari de Téthys avec qui il a 3000 fils, les dieux fleuves ; et 3000 filles, les Océanides. Il serait également le père de Triptolème (un héros offrant aux Hommes la maîtrise de l’agriculture et du culte de Déméter) qu’il aurait eu avec sa mère Gaia, ainsi que des Cercopes : Passalos et Acmon, qu’il aurait eu avec sa fille Théia (une Océanide à distinguer de la Titanide Théia). Océan est souvent représenté à l’image d’un vieillard qui laisse s’échapper de son urne l’eau des mers, des fleuves et des rivières. Lors de la Titanomachie, il ne s’opposa pas aux desseins de Zeus et continua de régner sur les océans avec sa femme. Il n’est donc pas hostile aux dieux : il a d’ailleurs gardé la jeune Héra pendant ces évènements pour la protéger. Il aida aussi Héraclès lors de ses douze travaux en lui confiant la coupe en or d’Hélios.

Téthys (Τηθύς)

La benjamine des Titans et femme d’Océan est la personnification de la fécondité marine. Elle joue généralement un rôle bénéfique dans les mythes dans lesquels elle apparaît. Elle symbolise également la mer lorsque, le soir venu, elle recevait le soleil couchant.

Mosaïque romaine représentant Océan et Téthys

Mosaïque romaine représentant Océan et Téthys

Japet (Ἰαπετός)

Japet est un Titan considéré comme l’un des ancêtres de la race humaine. Il participe à l’émasculation d’Ouranos et aidera les autres Titans pendant la Titanomachie, ce qui lui vaut d’être enfermé au Tartare par Zeus. Sa compagne est Clymène ou Asia et ses fils sont nombreux : Prométhée, Epiméthée, Atlas, Ménétios et Hespéros.

Hypérion (Ὑπερίων)

Hypérion est un Titan marié à sa sœur Théia dont il a trois enfants : Hélios (le soleil), Séléné (la lune), Eos (l’aurore) et Titan (qui est aussi un Titan…). Il symbolise le feu solaire et est un dieu primordial au même titre qu’Océan (le feu et l’eau). Il est le premier être vivant à comprendre le fonctionnement des astres.

Théia (Θεια)

Femme d’Hypérion et Titanide, Théia peut aussi se voir appeler Euryphaessa, voire Basilée par le biais de Diodore de Sicile. Son nom premier veut littéralement dire « déesse », alors qu’elle n’en est même pas une, puisqu’elle est Titanide ! Il ne faut pas confondre Théia la Titanide et Théia l’Océanide, fille d’Océan.

Artwork de Théia

Artwork de Théia

Crios (Κρίος)

Crios est un Titan père d’Astréos, Pallas et Persès et parfois de Python. Sa femme est Eurybie, une déesse marine primordiale également considérée comme une Titanide. Il se battu aux côtés de son frère Cronos lors de la Titanomachie et fut donc emprisonné dans le Tartare en guise de châtiment.

Céos (Κοῖος)

Son nom peut aussi s’écrire Coéos ou Koios, voire Polos. Marié à sa sœur Phoebé, ils ont de cette union deux enfants : Léto et Astéria. C’est un Titan Sidéral, c’est-à-dire qu’il organise les constellations du Zodiaque dans l’univers en étant l’axe central de rotation. On considère également qu’il est le Titan de l’intelligence. Il est lui aussi enfermé au Tartare à l’issue de la Titanomachie.

Phoebé (Φοίϐη)

Cette Titanide est la femme de Céos comme dit ci-dessus. Elle est très liée à la lumière, à la Lune et à sa petite-fille, Artémis, avec qui on la confond parfois. Phoebé possède également le pouvoir de l’oracle de Delphes, qu’elle confia plus tard à Apollon en cadeau d’anniversaire (il reçut alors l’épithète Phébus). Contrairement à son mari, elle conserve sa place au ciel après la Titanomachie.

Thémis (Θέμις)

Statue de Thémis, la Justice

Statue de Thémis, la Justice

Cette Titanide ne s’est pas mariée avec un autre Titan, mais elle la seconde épouse de Zeus (après Métis). Elle représente la Justice, la Loi Divine et l’Equité. A ce titre, elle assiste le dieu des dieux à l’Olympe en rendant la justice à l’aide d’une balance, les yeux bandés et le glaive brandit (symboles présents dans ses représentations). Elle eut plusieurs enfants de Zeus : les Heures, les Moires, Astrée, les nymphes du fleuve Eridan, Homonoia et parfois même les Hespérides. Thémis est une Titanide pleine de sagesse et qui peut savoir l’avenir mieux que Zeus. Il ne faut pas la confondre avec sa fille, Dicé, la Justice Humaine et le Jugement Equitable.

Mnémosyne (Μνημοσύνη)

Mnémosyne est la Titanide de la Mémoire qui aurait également inventé les mots et les langues de la Terre. Elle nomma également les choses du monde afin que chacun puisse s’exprimer. Zeus jeta son dévolu sur elle lorsqu’il l’aperçut et se déguisa en berger pour l’approcher. Ainsi, ils s’unirent neuf nuits de suite et elle accouche de neuf filles, les Muses : Calliope, Clio, Melpomène, Euterpe, Erato, Terpsichore, Uranie, Thalie, et Polymnie.

Les Enfants Titanesques Célèbres

Prométhée (Προμηθεύς)

Prométhée Enchaîné par Nathan Rosario

Prométhée Enchaîné par Nathan Rosario

Il est probablement le plus connu des Titans après Cronos. Ce fils de Japet et de Thémis (ou Clymène) apparaît dans de nombreux mythes comme un bienfaiteur des Hommes. Dès les débuts de l’humanité, il est un protecteur et un enseignant pour les humains : il leur apprend notamment les savoir-faire de la navigation et de la médecine. Il est aussi celui qui établit la norme du rituel du sacrifice aux dieux. Les dieux exigeaient une offrande régulière de nourriture de la part des humains (sous la forme de fumée) alors Prométhée usa d’un stratagème : il tua un bœuf, sépara les entrailles de la viande et place des draps sur les deux tas. Évidemment, le plus gros tas était celui contenant les os et les abas et Zeus le choisit immédiatement. Les Hommes purent donc consommer la viande et laisser le reste aux dieux sous la forme de sacrifice. Furieux, Zeus décida de punir les Hommes en leur enlevant la maîtrise du feu. Ce fut encore une fois Prométhée qui intervint en volant le feu à Zeus et en l’amenant aux Hommes. Pour le châtier, Zeus le condamna de cette façon : il devrait rester enchaîné à un rocher où un aigle viendrait chaque jour lui picorer le foie tandis que cet organe se reconstruirait la nuit. Le seul moyen de le libérer de cette torture serait qu’une autre personne prenne sa place. Des centaines d’années plus tard, le centaure Chiron, qui souffrait d’un mal mortel, passa par là et échangea sa place avec le Titan. Cependant, Zeus décida de faire de Chiron une constellation plutôt que de le voir souffrir. Il fallut attendre la venue d’Héraclès pour que ce dernier tue l’aigle tourmenteur de ses propres mains. Le « transmetteur du feu » fut ainsi sauvé.

Atlas (Ἄτλας)

Atlas est le fils du Titan Japet et d’une nymphe marine, Clymène ou bien d’une Océanide, Asia. Il régnait sur la vaste île de l’Atlantide jusqu’à ce que, son peuple souffrant de dégénérescence, les dieux décident de raser totalement son île de la carte. Ils déchainèrent les flots sur l’Atlantide qui fut immergée avec tous ses habitants. Atlas tenta de se venger mais fut aussitôt vaincu. Il fut alors condamné à porter la voûte du ciel sur ses épaules pour l’éternité. Plus tard, il croisa la route de Persée à qui il refusa l’hospitalité, prétextant que son invité était un fils de Zeus. Le héros le pétrifia grâce à la tête de Méduse, le changeant en une chaîne de montagne, l’Atlas. Il est aussi le père des Hespérides à qui Héraclès (Hercule) devait voler les pommes d’or pour les douze travaux.

Atlas tel qu'il est représenté chez Marvel

Atlas tel qu’il est représenté chez Marvel

Épiméthée (Ἐπιμηθεύς)

Ce Titan est le frère de Prométhée, fils de Japet et de Clymène. D’après les mythes, il aurait créé les animaux. Il avait si bien réparti les qualités entre toutes ces bêtes qu’il oublia d’en donner aux Hommes qui finirent faibles et nus. Épiméthée est surtout connu pour la légende concernant sa femme, Pandore. Pour punir les humains après le rapt du feu par Prométhée, Zeus envoya sur Terre une mortelle de toute beauté nommée Pandore. Elle épousa notre Titan qui ne savait pas à quoi s’attendre. Les dieux confièrent à Pandore un vase rempli de maux qu’elle ne devait absolument pas ouvrir. Cependant, poussée par la curiosité, cette dernière le fit malgré tout, rependant sur Terre les afflictions et les désastres. Néanmoins, une seule bénédiction peuplait le vase : l’espérance. C’est donc là le mythe de la « boîte » de Pandore, en réalité une jarre (un pithos).

Astraeos/Astéros (Ἀστραῖος)

Fils de Crios et d’Eurybie et frère de Pallas et Persès, Astraeos est un Titan dont on sait peu de choses. Il s’unit avec Eos, la déesse de l’aurore, dont il a plusieurs enfants : les divinités des vents (Borée, Zéphyr, Euros et Notos) ainsi que les astres et étoiles. Il est aussi considéré par certains auteurs romains comme un géant, Astrée.

Pallas (Πάλλας)

Ce Titan est lui aussi assez méconnu. Il obtient de sa relation avec Nyx plusieurs enfants : Niké (victoire), Kratos (puissance, pouvoir), Zélos (ardeur, rivalité) et Bia (force, vaillance). Le monstre Scylla serait également son enfant, tout comme Séléné et Eos.

Persès (Πέρσης)

Le dernier de la fratrie est lui aussi un Titan méconnu. Il est considéré comme le géniteur de la déesse Hécate qu’il aurait eu avec Astéria, mais il est peut-être confondu avec le roi Persès, un demi-dieu fils d’Hélios.

Les Adaptations

  • Avant toute chose, vous avez sûrement déjà vu ou entendu parler du film Le Choc des Titans et de sa suite cinématographique. Si ces deux films parlent bien de mythologie et s’inspirent de plusieurs mythes, il a, en revanche, très peu (voire aucun) de liens avec les Titans. De plus, les films s’inspirent des mythes et ne sont absolument pas fidèles aux légendes originales. Ne faites pas trop confiance à Hollywood !
  • Le film Les Titans de 1962 raconte l’histoire de Cadmus, le roi de Crète, qui s’autoproclame dieu. Le Titan Crios est alors dépêché sur Terre pour le châtier. Mais tout ne va pas se passer comme prévu. Une adaptation sympathique du Titan qui, là encore, mixe plusieurs mythes différents.
  • Dans la série de romans Percy Jackson, le héros et ses acolytes sont confrontés au retour du Titan Cronos et de ses frères et sœurs. Après une lutte acharnée dans le dernier tome, Cronos est terrassé par Percy, aidé des demi-dieux et de certains dieux.
Extrait de la bande dessinée La Naissance des Dieux représentant Cronos et Rhéa

Extrait de la bande dessinée La Naissance des Dieux représentant Cronos et Rhéa

  • La bande dessinée La Naissance des Dieux de la collection « La Sagesse des Mythes » de Luc Ferry, Clothilde Bruneau, Dim D et Federico Santagati reprend la conception de l’univers et la Titanomachie. Elle illustre parfaitement le récit hésiodique du combat entre Cronos et ses enfants et la victoire finale de Zeus.
  • Le jeu vidéo Titan Quest reprend le nom des Titans pour signifier son thème mythologique. Ce hack & slash (jeu de rôle et d’action) vous plonge dans l’antiquité afin de combattre les ténèbres au cours d’un périple dans la Grèce, en Égypte et en Asie. L’un des jeux les plus sympathiques sur la thématique de la mythologie gréco-romaine !
  • Cronos est souvent représenté dans l’art sous son nom romain, Saturne. Il est peint dévorant ses enfants par de grands peintres comme Rubens et Goya. Son nom est aussi repris par Verlaine dans ses Poèmes Saturniens pour signifier leur intemporalité. Enfin, plusieurs chansons s’intitulent Saturne, comme chez Brassens ou Nekfeu.
Saturne dévorant un de ses fils par Pierre Paul Rubens

Saturne dévorant un de ses fils par Pierre Paul Rubens

Le Conflit Divin, Première Partie : Osiris

Osiris (artwork de JaniceDuke)

Osiris (artwork de JaniceDuke)

Le grand dieu Osiris

Osiris est le fils ainé de Geb (la terre) et de Nout (le ciel). Il règne sur la Terre avec à son côté sa sœur et épouse Isis. Grand roi, il apporte aux Hommes la connaissance de l’agriculture et les modèle en tant que civilisation. Son destin tragique est le début d’une crise politique sans précédent entre les dieux qui aboutira par la montée sur le trône d’Égypte du premier pharaon, Horus. Je vous propose ici de vous synthétiser ces mythes en deux parties : de la naissance à la mort d’Osiris dans un premier temps, puis de l’enfance d’Horus à sa victoire sur Seth en seconde partie.

Physiquement, Osiris est décrit comme très beau : ses membres sont d’or, sa coiffure de lapis-lazuli et sa couronne turquoise. Il est très intelligent et surtout très grand : bien plus grand que tous les Hommes sur Terre, également plus grand que les autres dieux. Sa taille a été estimée à près de 4,50 mètres !

Étonnamment, la source principale sur ces évènements mythiques n’est pas égyptienne : il s’agit de Plutarque, grand penseur grec de l’époque romaine. Cependant, nous retrouvons dans les textes égyptiens de nombreuses allusions aux épisodes du mythe, comme dans les Textes des Pyramides et les Textes des Sarcophages. Nous pouvons également citer le Grand Hymne à Osiris qui raconte la quête de son épouse Isis et de sa sœur Nephtys pour retrouver les morceaux disséminés de son corps, puis la conception d’Horus. Enfin, plusieurs papyrus nous donnent des détails sur les lamentations divines à Osiris et la tristesse du monde au moment de sa mort.

La naissance d’Osiris et de ses frères et sœurs

, le dieu du soleil, observait avec attention la totalité du monde ainsi que l’au-delà. Un jour, il découvrit que Nout était enceinte après avoir eu une relation avec Geb. Il entra dans une grande colère et interdit à la déesse d’accoucher. Cependant, Nout n’avait pas le choix : lorsqu’elle arriverait à terme, sa progéniture naîtrait et elle serait châtiée par Râ. Elle chercha en vain à se cacher, mais le dieu soleil voyait tout, ne laissant rien au hasard. C’est le dieu Thot qui vint à son secours car il était lui-même amoureux de Nout : il aurait donc tout fait pour elle. Il imagina un plan astucieux pour tromper Râ qui consistait à jouer aux dés avec la Lune. Après une très longue partie, Thot gagna et demanda un gage à la Lune : des jours additionnels dans l’année (jours épagomènes) pendant lesquels Râ ne pourrait pas surveiller ce que faisaient les dieux. C’est ainsi que Nout put mettre au monde ses enfants sans qu’elle n’ait à subir le regard inquisiteur de Râ.

Le premier jour, elle mit au monde Osiris, l’héritier de Geb et donc prochain roi de la Terre. Le second à voir le jour fut Horus l’ancien, puis le lendemain Seth naquit. A cette occasion, il blessa sa mère en déchirant son ventre pour sortir plus vite, comme un présage de la violence du dieu. Ce même jour, des violences éclatèrent dans le pays et Râ dû les calmer par la force. Les deux derniers jours naquirent les filles : Isis et Nephtys. Isis était belle et pleine d’amour, si bien que sa mère, Nout, lui dit « sois légère (is) pour ta mère », ce qui donna son nom, Isis. Il est aussi possible que les cinq enfants n’aient pas eu le même père car Nout avait de nombreux courtisans.

Osiris est né et règne sur le monde

La suite du mythe raconte comme Pamylès, un habitant de Thèbes, entendit une voix céleste lui parler. Elle lui dit que le grand roi et maître de toute chose était né, le bienfaiteur Osiris, et lui demanda de répandre la nouvelle. L’homme obéit sans plus tarder et devant sa discipline, il se vit confier l’enfant Osiris par Geb, qui lui ordonna de l’élever et de prendre soin de lui.

Le grand roi Osiris

Le grand roi Osiris

Aimé de sa mère et admiré par son père, il se vit offrir le trône, devenant ainsi le roi des Hommes et des divinités. En tant que souverain, Osiris choisit pour vizir le dieu Thot comme gage de remerciement pour avoir aidé sa mère. Il choisit comme généraux Hou et Sia. Tous s’inclinèrent devant lui, tandis que ses adversaires baissaient les yeux devant sa puissance. Tous sauf un : son frère Seth, qui préparait un mauvais coup. Ce dernier était très jaloux de son aîné qui était roi alors que lui devait errer dans le désert brûlant de jour comme de nuit. En effet, Seth, en tant que maître du désert, ne profitait pas des bienfaits apportés par Osiris sur le monde. Il était en tous points opposé à son frère : alors que Seth se nourrissait de violence, Osiris faisait tout son possible pour rétablir la paix en Égypte.

Tandis qu’il complotait dans le désert, son frère Osiris multipliait les bonnes actions à l’égard des Hommes : il créa l’orge et le blé, fit croître la végétation et veilla sur les animaux. Il transforma la vie des humains en leur apprenant à cultiver la terre et à s’occuper des troupeaux (l’élevage). Il inventa également un système de lois pour régir la vie ici-bas et ainsi stopper le chaos. Osiris combattit la guerre par l’amour et la violence par les mots qu’il maniait à la perfection grâce à la force de la persuasion. Il développa également l’art, notamment la musique.

Le grand roi était secondé par sa femme et sœur Isis, grande déesse bienfaitrice qui l’aidait dans sa tâche. Elle protégeait aussi le royaume en son absence. Isis était une très belle déesse donc l’éclat divin emplissait le palais d’une chaude lumière dès qu’elle paraissait. Sa beauté n’avait d’égal que son autorité qui amenait le peuple à la vénérer tout autant que son mari et les ennemis du royaume à ne rien tenter contre la grande souveraine d’Égypte. En amour, elle était très fidèle et le couple était très amoureux. Les deux divinités s’aimaient déjà dans le ventre de leur mère !

Isis et Osiris

Isis et Osiris

Un jour, elle découvrit avec effroi que son mari l’avait trompé avec sa sœur Nephtys (qui est l’épouse de Seth). Osiris usa de tous ses talents de persuasion afin qu’Isis lui pardonne son acte et lui refasse confiance. Il lui fit croire qu’il s’était trompé de sœur car les deux déesses étaient quasiment jumelles et Isis accepta de pardonner cet adultère. De cette union naquit Anubis, que Nephtys abandonna, par peur de la réaction de son mari Seth. La réaction d’Isis fut alors inatendue : contrairement à Héra qui châtiait promptement tous les enfants adultérins de Zeus, la déesse décida d’élever Anubis. Il devint son fidèle compagnon et son protecteur, à l’image du chien, le compagnon fidèle de l’Homme.

Le meurtre d’Osiris par Seth

Revenons à Seth, toujours aussi jaloux de son frère et coincé dans sa fonction de maître des terres désertiques. Il développa un sombre désir de mettre fin aux jours d’Osiris et pour ce faire il élabora un plan. Il persuada la reine d’Ethiopie, Aso, de l’aider dans son œuvre mortifère. Ainsi il convia tous ses amis et une multitude de dieux à un banquet somptueux au milieu duquel il plaça un coffre magnifique. Il était si beau que tous les convives se mirent en secret à le convoiter. En effet, il était fait d’or, de bois doré, de verre et de pierres précieuses et personne ne pouvait en détourner les yeux.

Chacun voulait donc l’acquérir et c’était bien ce à quoi s’attendait le vil Seth. Le coffre était très grand et pouvait accueillir un grand corps à l’intérieur. Seth proposa donc un jeu à ses convives : serait maître du coffre celui qui, s’y allongeant, le trouverait à sa taille. Comme vous vous en doutez, Osiris faisait partie de l’assemblée. Chacun l’essaya et s’y allongea, mais personne ne faisait la taille requise, personne n’étant assez grand. Ce fut enfin le tour d’Osiris qui s’y glissa et trouva le coffre parfaitement à sa taille. Avant qu’il n’ait eu le temps de se redresser, soixante-douze hommes de mains de Seth se jetèrent sur lui et scellèrent le coffre. Le coffre fut saisi et envoyé dans le fleuve. Ainsi, Osiris mourut noyé et asphyxié, ce qui signa la fin de son règne sur Terre qui aurait duré près de quatre siècles.

Le dieu Seth (artwork de Kainchaos)

Le dieu Seth (artwork de Kainchaos)

La désolation du monde et la recherche du corps

Un vent de panique balaya le pays à l’annonce de la mort du grand roi. Même la nature était déprimée : le soleil ne se levait presque plus, la lune tardait à monter, la terre était dévastée. Le chaos menaçait à nouveau de s’installer. Chaque être vivant pleurait la mort d’Osiris, mortels comme divinités. Cependant, leurs larmes irriguèrent la terre pour qu’elle continue à vivre. Dans sa douleur, Geb saigna et de son sang naquirent des pins riches en résine. Des pleurs de Chou et Tefnout furent créés les arbres de térébinthe tandis que celles de Râ devinrent des abeilles qui produisirent le miel et la cire. De la sueur versée par le dieu soleil qui tentait d’endiguer le chaos, le lin germa sur Terre. Enfin, ses crachats créèrent le bitume et le papyrus. Même le fils (pas encore conçu !) d’Osiris, Horus (le jeune), pleura et créa l’oliban sec en laissant ses larmes toucher le sol. Même mort, le grand roi continuait donc d’apporter des bienfaits au monde.

Isis, de son côté, était en deuil. La mort de son mari fut une terrible épreuve qui l’attrista au plus haut point, mais elle ne comptait pas rester les bras croisés. Elle parcourut le monde à la recherche du cadavre d’Osiris afin de pouvoir lui rendre les hommages rendus aux morts. Sa sœur, Nephtys, l’aide dans cette tâche en explorant les endroits du monde où Isis ne cherchait pas. Ce fut grâce à un groupe d’enfants qu’elle apprit que le coffre avait dérivé sur le Nil jusqu’à la mer. Elle se mit donc à chercher sans relâche par-delà les eaux et les îles jusqu’à découvrir que le coffre avait échoué près de la ville de Byblos. Cependant, un grand arbre (un tamaris) avait poussé près du coffre et le roi de Byblos avait décidé d’établir son palais en utilisant cet arbre comme colonne maîtresse. Isis l’apprit et s’infiltra parmi la cour du roi en se déguisant en mortelle. Elle réussit si bien que la reine lui confia l’éducation de son enfant. Isis s’occupa du bébé humain comme de son fils et petit à petit, elle le divinisait, jusqu’à ce qu’elle décide de le mettre dans un grand feu pour brûler tout ce qui était humain de lui et en faire un dieu. La reine découvrit ce que la nourrice divine comptait faire et voulut l’interrompre, horrifiée. Isis se révéla alors dans sa nature éblouissante de déesse et obtint de pouvoir récupérer le coffre. Elle laissa au roi et à la reine le tronc d’arbre qui devint un objet sacré.

Isis s’en alla avec le coffre qui contenait Osiris mais elle fut suivie par l’enfant qu’elle avait éduqué pendant tout ce temps. Lorsqu’elle voulut ouvrir l’objet, elle aperçut cet enfant qui l’espionnait et entra dans une colère noire : elle le foudroya à mort et la déesse l’oublia aussitôt au profit de l’amour de sa vie, son époux.

Le dernier rapport charnel du couple divin

Isis ressuscite Osiris

Isis ressuscite Osiris

Osiris était mort, mais Isis voulait absolument s’unir une dernière fois avec lui. Pour ce faire, elle se transforma en rapace portant un ankh (une croix symbole de vie) qu’elle tint entre ses serres, puis passa au-dessus de son défunt époux, ce qui le ranima en partie. Elle put alors profiter une dernière fois de son phallus et donc de sa semence qui put ainsi la féconder. Isis tomba enceinte mais le monde tremblait : cette union n’était pas naturelle et n’aurait pas dû avoir lieu, ce qui provoqua un dérèglement des lois de la nature. Cependant, Isis exultait de savoir qu’elle portait en elle celui qui reprendrait les rennes du royaume et vengerait son père injustement assassiné. La déesse dû tout de même convaincre Râ que le fils qu’elle portait en elle était bien celui d’Osiris, ce qui était difficile à croire. Néanmoins, devant l’insistance d’Isis, le dieu suprême la crut.

Elle déposa le coffre dans un lieu secret du Delta du Nil, puis alla accoucher dans un autre lieu tout aussi secret, un îlot de roseaux. L’accouchement en lui-même fut très douloureux et difficile, à tel point que la déesse eut besoin de l’assistance d’autres divinités pour mettre Horus au monde. Après qu’il fut né, il était capital qu’il soit caché aux yeux du monde et surtout à ceux de Seth.

Le corps éparpillé, puis reconstitué

De son côté, le dieu meurtrier, Seth, partit à la chasse avec sa meute comme de coutume. Cependant cette fois-ci, il tomba sur le coffre contenant le cadavre d’Osiris ! Seth ne savait alors pas pour Horus, mais lorsqu’il vit le corps de son défunt frère, il comprit qu’Isis lui avait joué un mauvais tour. Il entra dans une rage folle, découpa le corps d’Osiris en morceaux et l’éparpilla aux quatre coins de l’Égypte. Le nombre de pièces du « puzzle Osiris » s’élevait selon certains à 14, 26 pour d’autres et enfin 42 pour les plus généreux.

Toujours est-il qu’Isis découvrit la mauvaise action de Seth et se mit en quête de retrouver les morceaux démembrés de son époux. A chaque fois qu’elle trouvait une partie du corps, elle érigeait un temple à la gloire d’Osiris sur les lieux. Le culte du dieu se développa donc drastiquement, notamment à Abydos où avait été trouvée la tête ou encore sur l’île de Biggeh où se cachait la jambe du dieu. Encore une fois, Isis était aidée de sa sœur Nephtys et même peut être de son fils Horus dans cette quête qui dura douze jours.

Isis parvint donc à reconstituer le corps d’Osiris, sauf peut-être son membre viril qui aurait été jeté dans le fleuve et dévoré par trois poissons. C’est Anubis qui se charga de collecter les membres du dieu et de les stocker dans une nébride (une enveloppe de papyrus). Après cela, Anubis sécha soigneusement le cadavre, l’assouplit avec des onguents et l’emmaillota dans du lin. Ce fut la toute première momie. Les humeurs du corps d’Osiris sortirent de son enveloppe corporelle et s’en allèrent se répandre sur Terre pour nourrir et ensemencer la Terre, sur l’ordre d’Isis.

Osiris, roi des morts (papyrus)

Osiris, roi des morts (papyrus)

Sa momie fut enterrée dans l’île de Biggeh, dans un endroit que nul n’avait le droit d’approcher mis à part sa femme, Isis. Désormais, Osiris pouvait partir pour l’occident, le monde des défunts. Lorsqu’il y arriva, il reçut le sceptre, le chasse-mouches et la crosse de berger des mains de Thot. Il devint alors le souverain du monde des morts, le « pays du silence ». Il poursuivit donc son œuvre civilisatrice par-delà la mort. Osiris n’est donc plus matériellement dans le monde des vivants, mais sa lumière habite le ciel sous la forme d’Orion, placée juste au-dessus d’Isis, notre Sirius, appelée Sothis en Egypte. Si tout était réglé pour Osiris, la situation sur Terre était encore tendue. Une véritable guerre se préparait entre l’héritier légitime, Horus et le terrible Seth.

A suivre…

Râ, le Dieu Soleil

Râ (artwork de Katemaxpaint)

Râ (artwork de Katemaxpaint)

Râ (ou Rê) : le dieu des dieux

La mythologie égyptienne est un ensemble de récits et de cultes fait de très nombreux dieux zoomorphes. S’il ne fallait en retenir qu’un seul, alors ce serait peut-être Râ (ou Rê), le dieu soleil et créateur de l’univers. Il est celui avec qui tout commence et se termine. Dieu polymorphe en fonction de l’heure du jour et de la nuit, il est surtout indispensable à la vie sur Terre, si bien qu’il a été placé au sommet de la Grande Ennéade des neuf dieux principaux.

Râ est associé à Amon, le dieu soleil de la ville de Thèbes, qui se fait appeler Amon-Râ lorsqu’il est au sommet de sa gloire dans le ciel. Comprendre sa nature et les mythes qui lui sont associés est capital pour apprécier autant la piété divine que le culte du soleil ou encore l’eschatologie égyptienne de cette large période.

De sa semence sont nés Chou et Tefnout, qui ont eux-mêmes enfantés Geb et Nout, les parents d’Osiris, Isis, Seth, Horus l’ancien et Nephtys. Il est donc à l’origine de tout le panthéon égyptien et n’a pour ascendance que le Noun, cet océan sombre et mystérieux.  Logiquement, il est celui à qui se rattachent les pharaons, qui à leur mort sont censés s’unir à lui.

Râ symbolise bien entendu le Soleil, mais aussi la lumière dans son sens bénéfique, opposée aux ténèbres, elles-mêmes représentées par le serpent Apophis. Il est représenté majoritairement sous la forme d’un homme à tête de faucon, surmontée du disque solaire appelé Horakhty. Nous allons voir ici plusieurs mythes le concernant directement, en commençant bien sûr par le plus important : le cycle du Soleil.

Sources

Il existe plusieurs sources concernant le mythe du dieu soleil Rê-Atoum :

  • Le Livre des Morts

Cet ensemble de papyrus a été conçu entre le 2e millénaire avant J.-C. et le premier siècle. Ce n’est qu’à partir de 1842 que le texte est décrypté. Pendant toute la période de l’Egypte antique, le titre peut se traduire par « Libre pour sortir dans la lumière/le jour ». Il donne des informations sur le parcours du défunt après sa mort pour rejoindre le royaume d’Osiris. L’objectif est d’empêcher les vivants de disparaître dans les ténèbres de la mort et dans l’oubli.

  • Le Livre de l’Amdouat

Ce texte religieux signifie littéralement « ce qu’il y a dans la Douat », donc ce qui se trouve dans le monde des morts. Il date à priori du XVe siècle av. J.-C. et a été retrouvé dans une tombe pharaonique de la vallée des Rois. Ce livre raconte le chemin que parcours Râ pendant le jour et la nuit. Il est censé aider les pharaons à accomplir ce chemin comme le dieu soleil et ainsi s’unir à lui.

  • Le Livre des Portes

Ce troisième texte sacré a lui aussi été retrouvé dans la tombe d’un pharaon, au XIVe siècle av. J.-C. mais nous ne connaissons pas la date de rédaction. Encore une fois, le thème est celui du passage du défunt dans le monde des morts en suivant l’exemple de Râ. Le chemin est jalonné de plusieurs portes qu’il faut traverser en rendant hommage à plusieurs déesses.

  • Le Livre de la Vache Céleste

Aussi appelé Livre de la vache du ciel, cette source évoque la cosmogonie égyptienne. Elle nous intéresse particulièrement sur le mythe de Râ quittant le monde des Hommes avec l’aide de Nout.

  • La Ruse d’Isis

Mythe dans lequel Isis tente de subtiliser le nom secret de Râ, que nous détaillons un peu plus loin.

  • Le Mythe de la Lointaine

Ce dernier texte raconte la disparition de Mout ainsi que l’envoi sur Terre de Sekhmet, la lionne, par Râ, pour punir les Hommes. Des résumés plus détaillés sont présents plus loin.

Globalement, c’est grâce à la cosmogonie d’Héliopolis que nous pouvons établir le mythe de la naissance du dieu. En effet, cette ville était considérée comme le sanctuaire du soleil dans toutes ses formes. Des informations complémentaires sont amenées par les recueils funéraires royaux.

Les mythes

La naissance du créateur

Lors de la naissance de Râ, une autre créature est aussi apparue : Apophis, le serpent. Ils deviennent automatiquement des ennemis, l’un représentant la lumière, l’autre les ténèbres. Alors que le serpent est relégué aux ténèbres, Râ se voit offrir la place d’Atoum : celle de roi des dieux et des Hommes. Son œil veille désormais sur toutes les contrées du monde.

Le voyage de la barque solaire sur le Nil

Représentation de Râ sur la barque solaire

Représentation de Râ sur la barque solaire

L’activité principale de Râ pendant la journée est son parcours du fleuve des cieux durant lequel il se métamorphose, à l’image du soleil. En effet, ce chemin va de l’horizon oriental à l’Ouest en passant au-dessus de la terre en une longue courbe. Ses transformations suivent le cycle de la vie : d’abord enfant, puis parfaitement adulte et enfin vieillard. Mais tentons de faire une chronologie de ce voyage perpétuel du jour et de la nuit :

  • Pendant les dernières heures du jour, la barque traverse la Douat (l’au-delà) pour atteindre le royaume de la nuit en quittant le jour. Seulement, un serpent cracheur de flammes se dresse devant la barque de Râ (peut-être Apophis lui-même). Heureusement, Râ n’est pas seul : il est accompagné de Heqa (la magie protectrice) et de Sia (la connaissance). Parfois, d’autres dieux les accompagnent comme Hou (le verbe créateur) ou Oupouaout (le dieu des chemins). Pendant ce temps où Râ est incapable de gouverner le ciel, c’est Thot qui prend la relève.
  • Durant la première et la deuxième heure, l’eau est abondante et la barque avance bien. Des babouins accueillent chaleureusement le dieu soleil et cette cohue n’effraie en rien les dieux car ils sont protégés par des génies armés.
  • Durant la troisième heure, tout le monde est sous tension : le serpent Apophis apparait et se met en travers de la route de Râ. Même affaiblit à cette heure de la nuit, le dieu soleil réussit à le terrasser. Seulement parfois, ce n’est pas le cas : le soleil est alors prisonnier des ténèbres (c’est peut-être l’explication égyptienne du phénomène d’éclipse solaire). Dans son combat, Râ peut être aidé : il peut parfois revêtir la forme d’Atoum pour augmenter sa puissance.
Artwork d'Apophis

Artwork d’Apophis

  • A la quatrième heure, il fait plus noir que jamais et l’eau n’est plus vraiment abondante, si bien qu’il faut tirer la barque pour qu’elle avance sur le sable. En effet, c’est encore la faute du serpent Apophis qui a avalé toute l’eau du fleuve. Heureusement, Râ n’est pas seul. Cette fois, c’est le dieu Seth, d’habitude réputé pour sa méchanceté, qui vient en aide à son ancêtre. Il transperce le flan du serpent de sa lance et libère toute l’eau du fleuve afin que la barque puisse reprendre son cours.
  • Pendant la cinquième heure, la barque passe près du cadavre d’Osiris et l’espoir renait enfin. Râ s’associe alors à son ancien cadavre, le scarabée Khepri et redémarre donc le cycle.
Fragment représentant l'une des formes de Râ, le scarabée Khépri

Fragment représentant l’une des formes de Râ, le scarabée Khépri

  • La sixième heure marque le retour de l’énergie vitale de Râ. Pour ce faire, il doit se régénérer à l’abri des dangers. Il est alors protégé par le serpent bienfaisant Mehen qui le protège en l’enveloppant de ses anneaux.
  • Lors de la septième et la huitième heure, les Hommes peuvent enfin apercevoir leur dieu. Ils amènent des cadeaux sur les rives du fleuve (armes, tissus, attributs royaux). Mais d’autres ne sont pas de cet avis et tentent d’attaquer le soleil. Ils sont automatiquement capturés et châtiés, attachés à des poteaux de torture et brûlés par des cobras cracheurs de flammes. On en décapite certains et on les met à cuire dans de grands chaudrons (très ragoutant…). Leur sang vient alimenter des lacs de flammes alentours. Pendant ce temps, Apophis n’en a pas terminé avec Râ et tente de revenir à la charge, mais il est directement arrêté par la déesse Serket (ou Serqet) qui le terrasse avec fureur, du moins pour le moment.
La déesse Serket (artwork de Lorenn)

La déesse Serket (artwork de Lorenn)

  • A la neuvième heure et jusqu’à la onzième, le soleil commence à être haut dans le ciel. Apophis fait son grand retour pour un ultime affrontement entre la lumière et les ténèbres. Il essaie encore d’arrêter le temps, mais en est incapable car Râ est presque au sommet de sa puissance.
Râ et Apophis (artwork de Trejoeeee)

Râ et Apophis (artwork de Trejoeeee)

  • A la douzième heure (à midi donc), la barque est hissée par Noun vers la lumière. En traversant le serpent du temps, ils passent de vieillards à enfants. Ainsi tous les habitants reçoivent la lumière : on les appelle les « troupeaux de Râ ».

Ainsi, le dieu soleil fait ce voyage chaque nuit et après midi, il redescend dans les ténèbres pour se régénérer. Il part du jour en tant qu’enfant et arrive à la nuit en vieillard à tête de bélier.

Le nom secret de Râ

Avant que Râ soit trop vieux et cède sa place sur Terre pour se consacrer exclusivement à son périple quotidien sur le fleuve du jour et de la nuit, il vivait auprès des Hommes. En tant que dieu des dieux et des Hommes, il règne sans relâche sur la Terre. Mais en même temps, il vieillit. La déesse Isis a alors une idée pour profiter de la situation : elle veut tenter d’obtenir le nom secret de Râ.

Un nom secret est un titre que seule la personne concernée connait. S’il vient à se faire savoir par Isis, alors elle aura un pouvoir sur Râ et gagnera une partie de sa puissance. En réalité, Isis a besoin de ce pouvoir pour communiquer avec son défunt époux, Osiris ainsi que pour protéger son fils Horus de son terrible destin. Cependant, il n’y a aucune chance que le dieu soleil lui donne ce nom de son plein gré. Elle imagine alors un plan : lui infliger un mal que seule la connaissance de son nom secret pourrait soulager.

Pour ce faire, le mal doit venir de soi-même (donc que Râ se blesse lui-même). Il est très âgé et la salive coule au coin de sa bouche : Isis en profite pour lui en soutirer une goutte. Elle mêle ensuite cette bave à la terre et malaxe la mixture pour lui donner la forme d’un serpent qu’elle anime ensuite par des paroles magiques. Elle le cache dans le sable, juste sur le chemin que prend Râ pour rejoindre la barque céleste. Evidemment, le serpent parvient à mordre Râ et celui-ci s’écroule de douleur. Tous les dieux accourent alors et voient la détresse de leur roi. Ce dernier est pétrifié de peur car il ne peut identifier le mal : il a créé toute chose dans ce monde, mais pas celle-ci (elle a été créée de son propre être). C’est la raison pour laquelle il ne peut rien faire contre elle.

Tandis qu’il souffre le martyr, Isis débarque et tente d’utiliser sa magie pour le soigner – du moins c’est ce qu’elle prétend. Aucune amulette, prière ni formule magique ne soulageait le grand dieu. Elle lui souffle alors à l’oreille que seule la connaissance de son nom secret lui permettrait de la sauver. Il lui donne alors quelques-uns de ses titres : « Celui qui a fait le ciel et la terre », « Celui qui maîtrise la lumière et les ténèbres » ou encore « Celui qui a pour nom Khepri le matin, Râ à midi, Atoum le soir ». Mais aucun ne correspond à son véritable patronyme secret. Lorsqu’il sent qu’il n’a plus d’autre choix, il craque et donne à Isis son nom. La douleur de perdre ce titre estompe directement la douleur du serpent tandis qu’Isis est insufflée du pouvoir divin. Ainsi, Isis devient une grande déesse et peut continuer sa quête pour défaire Seth. Râ, quant à lui, est de plus en plus faible et l’heure de sa retraite dans la Douat se rapproche.

Dispute avec Mout

Si Râ est sage, il peut aussi entrer dans des colères noires. Un jour, il se fâche avec Mout, la déesse protectrice qu’il porte au front constamment, aussi appelée Œil du Soleil. D’habitude, elle est d’une nature calme et sage, mais cette fois-ci, elle explose de colère et s’en va en exile dans le désert nubien. Mais le monde dépérit en son absence : le Nil risque de s’assécher et les récoltes sont inexistantes. Malgré les supplications des Hommes, Mout ne revient pas.

Alors Thot a une idée : envoyer à la déesse un émissaire, une créature mi-chacal, mi-singe, qui pourrait persuader Mout de revenir. Cet animal étrange se met alors à raconter des histoires à Mout dans le but de la distraire et de lui redonner le sourire. Peu à peu, la lueur de fureur dans ses yeux s’estompe et laisse place à celle de l’amour. Elle accepte alors de se réconcilier avec Râ et les ressources reviennent en abondance. Depuis ce jour, on célèbre la crue du Nil et l’abondance des récoltes par de grandes fêtes en l’honneur de Mout.

Râ punit les Hommes

Comme nous l’avons vu auparavant, Râ vieillit et s’affaiblit. La perte de son nom secret a été un coup dur pour lui et les Hommes le savent. Ils pensent pouvoir proclamer leur indépendance du vieux dieu soleil et envisagent une révolte. Mais Râ, même s’il est âgé, voit tout ce qui se passe sur Terre. Il comprend le mépris des Hommes à son égard et comprend qu’il doit les punir pour cette impiété.

Il envoi alors sur Terre soit Hathor, la déesse d’habitude vache mais ici chat, ou Bastet la déesse chat (ce qui peut sembler plus logique) qui pour l’occasion revêt une autre apparence et un autre nom : Sekhmet la Puissante, la déesse lionne, avide de sang et déchainée par les passions. Elle est l’œil furieux du dieu soleil Râ : les vents du désert sont son souffle tandis que de son corps émane un halo rouge. Lâchée à Héracléopolis, elle provoque un véritable massacre, un bain de sang si terrible que Râ lui demande de s’arrêter, concluant que les Hommes ont été assez punis. Cependant, Sekhmet ne veut pas s’arrêter et continue ce qui devient progressivement un génocide de l’espèce humaine ! Les supplications des dieux et les cadeaux n’y font rien.

Gravure représentant la déesse Sekhmet

Gravure représentant la déesse Sekhmet

Alors Râ a une idée : il concocte une boisson de bière de couleur rouge grâce au pigment du sang, l’hématite et offre ce mélange à la déesse en furie. Celle-ci boit jusqu’à plus soif et devient saoule, puis finalement s’endort. Ainsi, elle oublie ses massacres et redevient Hathor la douce. C’est comme cela que Râ, après avoir punis les Hommes, les sauve. En souvenir de cette hécatombe, une fête dédiée à Hathor est célébrée dans le Delta du Nil pendant laquelle tout le monde boit jusqu’à devenir ivre.

Le mythe de la vache céleste

Râ est désormais trop vieux pour régner et totalement las de commander sur la terre et les cieux. Il passe le relais à Chou, son fils, qui lui-même cédera plus tard le trône à Geb. Râ débute alors le cycle du jour qu’il fera jusqu’à la fin des temps. Mais lorsque c’est la nuit, il n’y a personne pour gouverner. Il nomme alors Thot vizir de la nuit et lui attribue la Lune.

Maintenant que tout est en ordre, Râ peut s’en aller tranquille pour aller régner dans l’au-delà. Cependant il ne peut y accéder si simplement. Il demande alors à Chou de soulever sa sœur Nout et ainsi sépare le ciel et la terre. Nout prend alors la forme d’une vache et le dieu-soleil s’installe sur son dos. Il contemple son monde et est satisfait. Nout, elle, prend peur car elle monte de plus en plus haut et a le vertige. Râ dispose alors huit génies bienfaiteurs autour de ses pattes pour l’aider à garder l’équilibre.

Ici, tout là-haut, Râ établit le monde des morts. Il y fait pousser des champs verdoyants et l’alimente en ressources inépuisables. Ainsi, lorsque les Hommes mourront, ils connaitront le repos éternel dans cet endroit « paradisiaque », ils ne connaîtront plus ni la soif, ni la faim. C’est ainsi que Râ continue de veiller sur ses enfants, même après qu’il ait quitté la Terre.

Bibliographie

  • Encyclopedia Universalis (dir.), Dictionnaire de l’Egypte Ancienne, Paris, Albin Michel, 1998.
  • Guilhou Nadine, Peyré Janice, La mythologie égyptienne, Paris, Marabout, 2005.
  • Hagen Rose-Marie, Hagen Rainer, L’Égypte : les hommes, les dieux, les pharaons, Taschen, 2005.

Adaptations dans la culture populaire

  • Yu-gi-oh !

Râ apparait dans le manga Yu-Gi-Oh ! sous la forme d’un dragon fortement inspiré d’un rapace et du soleil. Il est la carte maîtresse d’un égyptien du nom de Marik Ishtar et est considéré comme le plus puissant des trois cartes divines, les deux autres étant Osiris et une personnification de l’Obélisque.

  • Stargate SG1

Dans l’univers de Stargate, Râ est un extra-terrestre de la race des Goa’uld. Il est leur maître suprême. En réalité, il prend la forme d’un serpent qui a parasité le corps d’un humain.

  • SMITE

Râ est présent dans plusieurs jeux vidéo dont SMITE, le Moba mythologique à succès. Dans le jeu, il possède la classe Mage et utilise des attaques en lien avec la lumière du soleil pour se battre.

Le Dragon Ailé de Râ tel qu'il est représenté dans Yu-Gi-Oh !

Le Dragon Ailé de Râ tel qu’il est représenté dans Yu-Gi-Oh !

Le Roi Arthur et le Saint Graal

Le Roi Arthur

Le Roi Arthur

Arthur Pendragon est un roi inspiré d’une légende et du folklore britannique. L’existence de ce seigneur breton n’est absolument pas attestée, et diverses hypothèses demeurent sans réelle conclusion, mais ce personnage apparaît dans plusieurs textes appelés la « Matière de Bretagne », comme par exemple Historia Regum Britanniae (Histoire des Rois de Bretagne) de Geoffroy de Monmouth qui entérine de façon mystique la lignée des rois de l’île, ou encore Le Roman de Brut de Robert Wace qui évoque la table ronde. Il n’existe pas de version unique des événements racontés, c’est pourquoi l’histoire d’Arthur est confuse, mais certains éléments sont récurrents.

Arthur naît entre 456 et 492 dans la presqu’île de Tintagel. Il est le fils d’Uther Pendragon, roi des Bretons et d’Ygraine, la veuve du duc de Cornouailles. Il a 2 sœurs (ou demi-sœurs) : Morgause, reine d’Orcanie et la Fée Morgane. Vers 485, Uther meurt, laissant la place à Arthur qui monte sur le trône entre 460 et 510. Il se marie avec Guenièvre, fille du roi de Carmélide. Arthur est très célèbre car, selon la légende, il réunie tous les peuples de Bretagne sous son égide, ce qui est exceptionnel (bien que très peu probable).

C’est grâce à Merlin, un magicien, qu’Arthur naît et devient roi de Bretagne alors même que sa naissance est illégitime. C’est aussi Merlin qui suggère à Uther Pandragon de construire la table ronde, qui passe ensuite dans les mains du roi de Carmélide, Léodagan, pour enfin devenir la dot de mariage de la future reine Guenièvre. Le fait que cette table soit ronde est expliqué dans La Quête du Saint-Graal :

« Elle est, en effet, appelée Table ronde parce qu’elle signe la rotondité du monde et le cours des planètes et des éléments du firmament dans lequel on peut voir les étoiles et les autres astres. Aussi peut-on à juste titre affirmer que la Table ronde représente le monde. »

Représentation de la table ronde par Evrard d'Espinques

Représentation de la table ronde par Evrard d’Espinques

Arthur rassemble des chevaliers comme Lancelot, Gauvain, Perceval (etc) et réunit l’assemblée à Camelot. Ensemble, ils participent à des quêtes mythiques et notamment celle du Saint-Graal. Dans Merlin de Robert de Boron, on peut lire qu’Arthur obtient le trône grâce au fait qu’il retire d’un rocher (ou enclume) une épée, symbole qu’il est le roi choisit par les dieux. Cette épée est Excalibur. Dans certains récits, cette épée lui est donnée par la Dame du Lac (ou fée Viviane). Elle permet de trancher n’importe quoi et octroie à son porteur l’invincibilité. Plusieurs textes racontent que Lancelot et Guenièvre ont une aventure et qu’elle peut d’ailleurs être la cause de la chute de Camelot.

Le roi Arthur meurt durant la bataille de Camlann contre son fils incestueux Mordred (d’une des 2 sœurs). Il est alors enterré à Avalon.

Le Saint Graal

Le Saint Graal

Qu’est-ce que la légende du Graal ?

La coupe du Graal est un récipient taillé par les anges dans l’émeraude tombée du front de Lucifer (Satan) lors de sa chute. Elle est ensuite confiée à Adam, qui la perd après le péché originel. Elle parvient ensuite au Christ. C’est ce calice donc il se sert durant la Cène (voir La Sainte Bible) et que Joseph d’Arimathie utilise pour recueillir le sang de Jésus. Joseph transmet ensuite ce calice à son beau-frère, puis il se transmet au fils qui l’emporte aux « Vaux d’Avaron », endroit interprété comme étant l’île d’Avalon. Ce Saint Graal ne peut être trouvé que par un être pur et sa découverte annonce la fin des temps aventureux ainsi que l’instauration directe du christianisme en Bretagne s’il est posé au centre de la table ronde. Dans Perceval ou le Conte du Graal de Chrétien de Troyes, l’objet est finalement trouvé par Perceval, Bohort (fils du 1er Bohort) et Galahad (fils de Lancelot).

Perceval, Bohort et Galahad découvrent le Saint Graal

Perceval, Bohort et Galahad découvrent le Saint Graal

Pour plus d’informations :

- Le Dictionnaire des mythes littéraires de Pierre Brunel, Arthur et la Table ronde d’Anne Berthelot ou encore La Légende arthurienne et le Graal de Jean Marx.

- La série française Kaamelott d’Alexandre Astier qui raconte de manière comique les aventures d’Arthur et des chevaliers ou la série fantastique Merlin de Bradley James.

- Les films Le Roi Arthur d’Antoine Fuqua, Perceval le Gallois d’Eric Rohmer ou encore Lancelot, le premier chevalier de Jerry Zucker.

Arthur (Alexandre Astier) et ses chevaliers dans Kaamelott

Arthur (Alexandre Astier) et ses chevaliers dans Kaamelott

L’Épopée de Gilgamesh

Le héros Gilgamesh (artwork de Mateusz Ozminski)

Le héros Gilgamesh (artwork de Mateusz Ozminski)

La Mésopotamie

Le mythe que nous évoquons ici est l’une des principales légendes créées par l’ensemble civilisationnel que l’on appelle les populations mésopotamiennes. Ce sont les civilisations les plus anciennes de l’histoire, basées géographiquement au Moyen-Orient, et qui se développent entre le Tigre et l’Euphrate. Ses bornes géographiques sont au Nord les monts Zagros, au Nord-est le massif du Caucase, au Sud-est le golfe Persique, au Nord la Mer Noire et à l’Ouest la Mer Méditerranée. La majeure partie de son territoire est donc en actuelle Irak.

Pour ce qui concerne les bornes chronologiques que nous utilisons pour évoquer ces civilisations, il faut commencer avec l’invention de l’écriture cunéiforme que nos archéologues ont estimé entre 3400 et 3300 av. J-C. et globalement limiter leur essor géopolitique en 539 lors de la conquête des Perses (Cyrus), bien que son essor culturel dure bien plus longtemps avec un sursaut au moment du règne d’Alexandre le Grand sur ce territoire. Les civilisations qui composent et peuplent cet espace sont, chronologiquement, les Sumériens (de Sumer), les Akkadiens (d’Akkad) et les Babyloniens (de Babylone). Les Mésopotamiens partagent une même culture religieuse, grossièrement de la même manière que les Romains ont absorbés une majeure partie de la mythologie des Grecs. Ce sont évidemment des polythéistes et chaque cité est à elle seule un centre religieux indépendant.

 

Le texte

Tablettes contant l'Épopée de Gilgamesh et le Déluge (British Museum)

Tablettes cunéiforme contant l’Épopée de Gilgamesh et le Déluge (British Museum)

L’Épopée de Gilgamesh est l’un des textes sacrés les plus importants de cet ensemble culturel. Bien que les tablettes constituant ce texte mythique aient été retrouvées (en partie) en akkadien (à Ninive), il est fort possible que la légende soit déjà connue des Sumériens auparavant, peut être sous forme orale. La création de ces fameuses tablettes akkadiennes en terre-cuite daterait des XVIIIe ou XVIIe siècle av. J-C. Ce mythe traverse les civilisations et est donc évidemment connu à Babylone. En France, c’est notamment grâce à l’historien et assyriologue Jean Bottéro (qui en a fait le déchiffrement) que nous pouvons lire et apprécier la traduction française du mythe.

Le texte mythologique raconte l’histoire de Gilgamesh, ses aventures aux côtés de son ami Enkidu et ses déconvenues à la suite d’un affront fait à une certaine déesse. L’épopée se termine par la recherche de la vie éternelle par notre héros. Ce qui rend ce mythe aussi incroyable, sans parler de l’histoire digne des meilleures aventures d’Héraclès, c’est aussi sa pérennité dans l’histoire. Il est en effet possible que cette légende date du troisième millénaire av. J-C. ! La raison serait la possible existence d’un roi d’origine sumérienne nommé Gilgamesh (donc le héros serait inspiré d’un personnage réel) qui aurait régné vers 2600 av. J-C., mais rien n’est sûr. Un véritable grand roi aurait très bien pu être divinisé car la royauté dynastique est souvent liée à l’idée de divin, à l’image du pharaon égyptien. Il faut aussi prendre en compte que l’Épopée n’est pas le seul texte mythologique mettant en scène le héros Gilgamesh et donc que certaines informations à son égard nous proviennent d’autres textes et donc d’autres versions de l’histoire. Sans plus de spoil, plongeons dans cet incroyable mythe ancestral, première « œuvre littéraire » au monde.

L’histoire

 

Un roi incontrôlable

 

Statue de Gilgamesh (Louvre)

Statue de Gilgamesh (Louvre)

Gilgamesh, s’il est un grand héros de la mythologie mésopotamienne, est surtout un roi légendaire : le roi d’Uruk, la « première » cité. Il est le fils du roi Lugalbanda et de la déesse Ninsuna la Bufflesse, ce qui fait de lui un demi-dieu. Il a d’ailleurs été façonné par Aruru et Enki, deux dieux qui ont fait de lui un colosse superbe, une œuvre d’art vivante et une bête humaine divinement parfaite. A la mort de son père, il monte sur le trône et débute un règne controversé.

En effet, Gilgamesh abuse de son pouvoir et maltraite sa population que ce soit par les excès de violence contre les hommes ou par les abus sexuels envers les femmes. Le héros est fort, sage et glorieux, mais il est incontrôlable. Il est donc présenté comme un tyran qu’il faut stopper à tout prix. Pour ce faire, les habitants d’Uruk font appel aux dieux, et notamment à Anu, le roi des dieux et dieu du ciel.

 

La solution : Enkidu

 

Anu entend les plaintes des habitants qui lui reprochent d’avoir hissé lui-même Gilgamesh sur le trône. Il ne peut donc que les écouter et souhaite trouver une solution. Il réunit une assemblée des dieux célestes et ensemble décident de créer un ennemi mortel à Gilgamesh. Ce rival devra être assez puissant pour s’opposer au tyran et ainsi faire en sorte qu’Uruk retrouve sa quiétude. Ils se tournent donc vers Aruru, qui a conçu l’humanité et Gilgamesh, afin qu’elle puisse créer l’adversaire en question. A partir d’argile, elle façonne Enkidu, ses cheveux longs et bouclés, son corps supra-puissant et très velu comme un animal sauvage.

Enkidu devant La Joyeuse (dessin de Rebecca Yanovskaya)

Enkidu devant La Joyeuse (dessin de Rebecca Yanovskaya)

Elle le laisse au milieu de la steppe tout seul, si bien qu’il se met à vivre comme un véritable animal : il broute les plantes, suit une horde, boit dans les points d’eau, etc. Un jour, un chasseur se rend compte de son existence et va se confier à son père qui lui conseille le plan suivant : demander à Gilgamesh une courtisane qu’il puisse présenter à la bête sauvage dans le désert. Ainsi, lorsqu’Enkidu verra la femme nue, il ne pourra réprimer ses pulsions et sa horde lui tournera le dos voyant qu’il n’est pas comme eux. Le chasseur s’exécute donc et Gilgamesh approuve ce plan. La courtisane « La Joyeuse » est emmenée pour rencontrer Enkidu. Lorsqu’ils arrivent au point d’eau, celle-ci se met à nu comme prévu et Enkidu la voit. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le plan fonctionne car l’animal sauvage lui fait l’amour pendant six jours et sept nuits ! Lorsqu’il revient vers sa meute, ses anciens compagnons s’écartent de lui et ne le reconnaissent plus. C’est donc à ce moment qu’Enkidu passe de l’animal à l’homme.

 

La rencontre entre Enkidu et Gilgamesh

 

Il accepte donc cette destinée et devient intelligent. La Joyeuse lui propose d’aller rencontrer le guerrier Gilgamesh qui seul pourra rivaliser avec sa force : il accepte et les deux amants rentrent à Uruk. Mais Gilgamesh est devin : il sait déjà qu’Enkidu arrive vers lui. Il a fait un rêve qu’il a raconté à sa mère et ainsi il sait que ce ne sera pas un ennemi, mais un allié.

Cependant les choses ne sont pas aussi simples car Enkidu va apprendre une nouvelle qui va le mettre très en colère. La coutume d’Uruk veut que chaque femme soit fécondée par Gilgamesh avant que le mari ne la féconde, encore une preuve de la tyrannie exercée par le roi sur les habitants. Justement, un mariage va bientôt être célébré à Uruk et le rituel va donc se faire le jour-même. Enkidu refuse totalement ce principe et s’élance vers Uruk avec la ferme intention d’empêcher ce rituel.

Au moment où Gilgamesh traverse la rue pour aller rejoindre la couche rituelle, il est bloqué par Enkidu. Un combat terrible commence alors entre les deux surhommes. Finalement, Gilgamesh plie le genou devant son adversaire, à peu de choses près plus fort que lui. Le monarque est vaincu. Il propose alors à Enkidu une trêve et même mieux : un pacte d’amitié. Il présente l’homme sauvage à sa mère, Ninsuna et vante ses mérites. Ému d’avoir enfin quelqu’un dans sa vie sur qui compter, Enkidu pleure et avec Gilgamesh, ils deviennent comme des frères.

 

La quête de la destruction d’Humbaba

 

Les deux amis se mettent en quête d’aventure et il se trouve justement qu’un gigantesque démon du nom d’Humbaba sévit dans la forêt des Cèdres, un endroit probablement situé à l’Est de la Mésopotamie. Cependant la tâche n’est pas aisée car Humbaba est un ogre maléfique qui est armé de sept rayons foudroyants appelés les sept effrois. De plus, il a été installé ici par les dieux de l’orage eux-mêmes pour protéger cette forêt. Mais cela excite encore plus Gilgamesh qui réussit à convaincre Enkidu. La mère de Gilgamesh demande humblement à Enkidu de protéger le roi de sa vie, celui-ci accepte. Après avoir fait forger des armes géantes (trois cent kilos d’armes pour chacun…) et fait des offrandes au dieu soleil Shamash, les deux compagnons partent.

S’en suit un voyage dans la montagne où les deux amis font plusieurs rêves censés prédire l’avenir. Lorsqu’ils arrivent dans la forêt, ils tombent sur Humbaba qui les menace des les réduire en poussière. Ils débutent le combat avec l’aide de Shamash se servant des vents pour appuyer Gilgamesh. Lorsque le démon voit qu’il est en train de perdre, il tente d’amadouer le héros, mais rien n’y fait : les deux frères décident de le tuer et Humbaba leur lance une malédiction avant de périr de la main d’Enkidu. Ils coupent ensuite des cèdres pour les ramener à Uruk et construire des aménagements pour les temples.

Le "masque d'Humbaba" (Louvre)

Le « masque d’Humbaba » (Louvre)

L’affront à Ishtar et le funeste présage

 

Ishtar (Inanna en sumérien, Ishtar en akkadien) est la déesse de l’amour (dans le sens charnel, tout comme Aphrodite), de la fertilité et de la guerre. Lorsqu’elle voit Gilgamesh rentrer à Uruk et laver son corps suintant dans les eaux du Tigre et de l’Euphrate, elle est séduite par sa beauté. Elle vient le voir et lui demande d’être son amant. Cependant Gilgamesh refuse. En effet, il est au courant du sort réservé aux anciens amants de la déesse ! Son mari Tammuz par exemple (Dummuzi en summérien, Tammuz en akkadien) a terminé ses jours en Enfer à cause d’elle (aussi appelé Kur ou Arallu).

Ishtar telle qu'elle est représentée dans la franchise Shin Megami Tensei

Ishtar telle qu’elle est représentée dans la franchise Shin Megami Tensei

Pour en savoir plus sur la déesse Ishtar, rendez-vous ICI pour la première partie et ICI pour la seconde partie.

Toujours est-il qu’Ishtar n’apprécie absolument pas ce comportement et retourne chez son père Anu pour lui demander un moyen de se venger. Devant les pleurs de sa fille, il concède à lui accorder le Taureau Céleste, une bête gigantesque et pratiquement invincible. A cause de lui, Uruk pourrait connaître sept années de famine !

Le Taureau descend donc sur Terre et fait trembler la terre de ses ébrouements, tuant ainsi de très nombreuses personnes. Heureusement, les deux héros sont là et ils combattent l’animal, puis le tuent. Voyant cela, Ishtar se sent encore plus humiliée. Seulement Enkidu fait une erreur monumentale en insultant la déesse et en la menaçant. Il ne faut jamais contrarier à ce point une divinité…

 

La fin d’Enkidu

 

Les deux héros rentrent à Uruk pour fêter cette victoire mais les festivités vont être de courte durée. La nuit suivante, Enkidu fait un rêve où il se voit mourir : il descend en Enfer et voit les divinités chtoniennes dont la reine Ereshkigal. C’est malheureusement un présage de mort car les dieux ont décidé de lâcher sur Enkidu une maladie incurable en réponse à son affront suprême à Ishtar. C’est une décision collégiale de tous les dieux, sauf Shamash, toujours du côté de nos héros.

Après plusieurs jours de souffrance, Enkidu meurt dans les bras de son frère d’arme qui a le cœur brisé. Suivent alors de multiples lamentations sur le cadavre du héros. Gilgamesh est traumatisé par la mort et décide qu’il ne veut plus mourir.

 

A la recherche de la vie éternelle

 

Après les funérailles de son ami de toujours, Gilgamesh, le malheur dans l’âme, décide de partir à la recherche du moyen d’obtention de la vie éternelle. Il sait qu’un homme, Uta-Napishtim, a survécu au déluge et vit désormais pour l’éternité sur son île. Il se rend donc à sa rencontre mais avant cela il doit traverser le monde entier et notamment les Monts Jumeaux où il doit combattre des lions et des hommes-scorpions.

Il se retrouve finalement au bout du monde, sur la plage où est installée Siduri, la tavernière. Elle tente de dissuader Gilgamesh de chercher la vie éternelle, mais il tient ses positions. Lorsque le héros rencontre enfin le survivant du déluge après avoir traversé une rivière normalement infranchissable, ce dernier lui raconte son histoire. Il met au défi Gilgamesh de ne pas dormir pendant six jours et sept nuits pour voir s’il est apte à recevoir la vie éternelle. Le héros échoue au bout de quelques minutes et repart bredouille.

Uta-Napishtim et Gilgamesh voguant sur les eaux mortelles

Uta-Napishtim et Gilgamesh voguant sur les eaux mortelles

Au dernier moment Uta-Napishtim révèle à Gilgamesh l’existence d’une plante qui peut confier l’immortalité. Sur ces mots, le roi plonge dans l’eau et trouve la plante en question malgré les épines qui lui transpercent la peau. C’est ainsi qu’il prend le chemin du retour avec cet objet magique.

 

La défaite

 

Sur le chemin d’Uruk, Gilgamesh campe et trouve une fontaine d’eau fraiche dans laquelle il décide de se baigner. C’est à ce moment qu’un serpent passe à l’action et lui vole tout bonnement la plante d’immortalité. Le serpent est ici le symbole de la condition humaine, la mort imposée par les dieux. Lorsqu’il s’en aperçoit, Gilgamesh pleure et se lamente. Il hésite à retourner prendre une plante, mais il abandonne finalement en comprenant que sa quête est vaine.

Enfin, il fait un rêve dans lequel les dieux lui font comprendre qu’en tant que demi-dieux, il ne mourra jamais : il deviendra une divinité de l’Enfer et règnera à jamais sur les âmes. Gilgamesh est donc « immortel » de naissance. Le texte est entrecoupé par un récit d’Enkidu sur l’horreur de la vie au pays des morts. L’Épopée se termine par la célébration de la gloire de Gilgamesh à qui on rendra hommage à Uruk pour les siècles des siècles.

 

Bibliographie

Voici une courte bibliographie contenant quelques uns des ouvrages dont je me suis servi pour étudier le sujet. Je vous invite à vous y référer pour plus d’informations.

  • Bottéro Jean (traduction), L’Epopée de Gilgamesh : le grand homme qui ne voulait pas mourir, Paris, Gallimard, 2001
  • Bottéro Jean, Au commencement étaient les dieux, Paris, Tallandier, 2004
  • Forest Jean-Daniel, L’Epopée de Gilgamesh et sa postérité, Paris, Paris-Méditerranée, 2002
  • Kramer Samuel Noah, L’Histoire commence à Sumer, Paris, Flammarion, 1986
  • McCall Henrietta, Mythes de la Mésopotamie, Paris, Editions Points, 1990.

 

Gilgamesh dans la culture populaire

Gilgamesh a été réutilisé dans la culture contemporaine au sein de plusieurs œuvres bien différentes dont voici brièvement quelques exemples :

- Dans le visual novel Fate/Stay Night, Gilgamesh est un servant, un combattant au sein de la guerre du Saint Graal. Il est d’ailleurs considéré comme le plus puissant. Cette fois, il est un antagoniste et sa personnalité n’est pas si proche de celle du héros de l’Épopée.

Gilgamesh tel qu'il est représenté dans Fate/Stay Night et Fate/Zero (artwork d' Exartia)

Gilgamesh tel qu’il est représenté dans Fate/Stay Night et Fate/Zero (artwork d’ Exartia)

- Marvel a réutilisé le héros pour en faire un personnage de comics. Il se présente comme un super-héros provenant du passé, un surhomme de la race des Eternels qui fait un temps partie des Vengeurs.

- La franchise de jeux vidéo Final Fantasy a beaucoup utilisé le personnage, que ce soit comme invocation, comme boss, comme personnage secondaire ou comme ennemi récurrent, notamment dans Final Fantasy V.

Gilgamesh tel qu'il est représenté dans le jeu World of Final Fantasy

Gilgamesh tel qu’il est représenté dans le jeu World of Final Fantasy

- Le mythe inspire de nombreux ballets, pièces de théâtre, romans de fiction, bandes dessinées, jeux vidéo et même arts plastiques.