Athéna, la Déesse de la Sagesse

Illustration d'Athéna par YamaOrce

Illustration d’Athéna par YamaOrce

La grande déesse aux yeux pers

La déesse Athéna (Αθηνη en grec) est l’une des douze divinités olympiennes des Grecs. Ses fonctions symboliques principales sont la sagesse, la stratégie guerrière et l’artisanat. Nous pouvons également ajouter à cela un rôle de protectrice, non seulement des cités (comme Athènes), mais aussi des héros, comme nous le verrons par la suite. La justice peut également entrer dans ses attributions au sein de l’Olympe.

Ses attributs sont multiples, mais chacun symbolise un aspect de la déesse. Tout d’abord, l’égide, son équipement sacré (un bouclier ou un plastron), sur lequel est représenté la tête de Méduse. C’est un symbole de souveraineté incontestable que le regard de la Gorgone illustre : quiconque regarde l’égide est « changé en pierre », donc tout le monde ploie devant Athéna. C’est ce que l’on appelle un Gorgonéion, c’est-à-dire un dessin au pouvoir pétrifiant (dans le monde réel, symboliquement, bien entendu). Son deuxième attribut le plus important est l’olivier, arbre qu’elle a offert à la cité d’Athènes et qui est particulièrement cultivé en Grèce. Le reste de son équipement la caractérise également : sa lance et son casque, toujours à ses côtés sur chaque représentation qui est faite d’elle. Enfin, elle est souvent accompagnée de sa chouette de l’espèce chevêche dont le nom scientifique en latin rappelle sa maîtresse : Athene noctua. L’un de ses attributs est également la chasteté et c’est à ce titre qu’elle est la plus importante des trois déesses vierges, aux côtés d’Artémis et de Hestia.

A Rome, Athéna est identifiée à Minerve avec qui elle partage quasiment les mêmes fonctions. Elle est la protectrice de Rome et fait partie de la triade capitoline, les dieux les plus importants pour les romains.

Fonctions et attributs d’Athéna

Athéna possède plusieurs surnoms ou épithètes qui lui sont attribués en fonction du rôle qu’elle joue dans un contexte précis. Nous pouvons établir une liste non-exhaustive :

  • Παλλάς, Pallas (qui remplace parfois son nom complet et reprend ses caractéristiques de base),
  • Γλαυκῶπις, Glaukôpis (aux yeux pers, brillants ou de chouette),
  • Παρθένος, Parthénos (vierge),
  • Νίκη, Nikè (victorieuse),
  • Πολιάς, Polias (gardienne de la cité),
  • Πολύϐουλος, Polúboulos (bonne conseillère),
  • Ἀτρυτώνης, Atrytoné (invincible),
  • Εργανη, Ergané (patronne des potiers).

Athéna est donc une touche-à-tout qu’il est très utile de prier. Elle patronne plusieurs corps de métiers comme par exemple les potiers, les sculpteurs, les tisseurs, les artistes en général et les professeurs. Elle recevait également de nombreux noms en rapport avec les cultes pratiqués comme par exemple les Apatouries (Athéna Apatouria) ou encore en lien avec les lieux comme l’Agora (Athéna Agoraia). Un culte très important lui était bien évidemment rendu à Athènes, notamment au niveau du Parthénon et de l’Erechthéion (abritant la statue d’Athéna armée, le Palladium). Nous pouvons également parler des cités de Tirynthe, de Tégée, de Rhodes ou encore de Sparte qui possèdent toutes des sanctuaires dédiés à la déesse.

La naissance d’Athéna

Contrairement aux autres dieux, Athéna ne possède qu’un seul parent : pas parce qu’elle n’a jamais connu sa mère, mais bien parce que son père l’a enfanté seul  ! En effet, Zeus a « accouché » de sa fille par le crâne. Mais revenons un peu en arrière pour comprendre les origines de ce récit.

Exaleiptron représentant la naissance d'Athéna (Louvre)

Exaleiptron représentant la naissance d’Athéna (Louvre)

Zeus est du genre à vouloir séduire tout ce qui bouge. Ainsi, lorsqu’il croise la route de la titanide Métis, il n’a qu’une envie : s’unir à elle. Toutefois, Métis est rusée et peut se métamorphoser à volonté, ce qui complique la tâche au dieu des dieux. Cependant rien n’échappe longtemps aux ardeurs de Zeus qui met finalement la main sur Métis et la rend enceinte. Au même moment, un oracle annonce à Zeus que cet enfant est une fille, mais que si Métis enfante une nouvelle fois après celle-ci, ce serait un fils qui détrônerait son père qui naîtrait. En matière de régicide et de détrônement, Zeus s’y connait : il décide donc de remédier à ce problème sans attendre. Il feinte donc de s’unir une nouvelle fois à Métis mais à la place l’avale d’un seul coup avec sa bouche. Ainsi, c’est la fin de Métis et de l’enfant qu’elle porte…

Du moins c’est ce qu’il croyait. Un jour, alors qu’il se promenait aux abords du lac Triton, Zeus a un sacré mal de crâne. Une douleur sans précédent lui taillade la tête et il a l’impression qu’elle va exploser. Aussi se met-il à crier de toutes ses forces, à tel point que le monde entier l’entend. Hermès arrive sur les lieux le premier et comprend tout de suite ce qu’il se passe : il invite Héphaïstos à venir en aide à leur roi au plus vite (selon une autre version, il s’agit de Prométhée). Le dieu forgeron saisit alors son marteau et ouvrit une brèche dans le crâne de Zeus, afin qu’il puisse libérer ce qui s’y trouvait : Athéna, habillée et armée de la tête aux pieds. A partir de ce moment, la sage déesse devient l’enfant préféré de Zeus.

Athéna n’a donc concrètement pas de mère, mais nous pouvons lui attribuer la filiation de Métis, elle-même la personnification de la sagesse. Elle est une sorte de synthèse entre l’esprit de Zeus et Métis toute entière. Évidemment, cette naissance ne plait pas à Héra et de plus Athéna est jalousée de tous les autres dieux car elle est privilégiée par son père (c’est donc sa chouchou).

Les mythes

La création d’Athènes

La cité d’Athènes ne porte pas son nom pour rien. En effet, elle est étroitement liée à la déesse de la sagesse de par son mythe fondateur, son autochtonie. Athéna et Poséidon se disputent la protection de la cité d’Athènes et de sa région, l’Attique. Pour faire comprendre à tous les bienfaits dont il est capable, le dieu des océans frappe le sol de son trident et fait jaillir un flot d’eau qui vient remplir un puits près de l’acropole (selon d’autres légendes, il fait apparaître un cheval remarquable). Toutefois, Athéna ne se laisse pas faire : elle fait jaillir un olivier, le plus prisé des arbres de la Grèce. Ainsi, les athéniens choisissent Athéna en tant que divinité poliade, protectrice de la cité. Poséidon, furieux de cette décision, submerge alors Athènes sous les flots avant de s’apaiser devant les hommages qui lui sont rendus en guise d’excuse.

Le Parthénon, lieu sacré d'Athéna

Le Parthénon, lieu sacré d’Athéna

Un récit quelque peu différent implique une rivalité entre les sexes. A cette époque, les femmes auraient eu le droit de vote à Athènes. Justement, le choix entre Athéna et Poséidon doit se faire par suffrage et ainsi chacun vient donner son avis sur la question. Problème : tous les hommes sont pour Poséidon et toutes les femmes pour Athéna. La déesse l’emporte finalement car il y a une femme de plus que les hommes. Furieux, ces derniers décident donc de supprimer le droit de vote des femmes. Venant de ceux qui ont inventé la démocratie, ce n’est pas très classe…

Athéna la bienfaitrice

Une aide pour les héros

La déesse de la sagesse a été impliquée dans de nombreuses aventures et est très majoritairement d’une grande aide pour les mortels ou les demi-dieux.

Le jeune Bellérophon se voit recevoir ses bienfaits dans un rêve sous la forme d’un mors (un équipement d’harnachement) en or qui lui permet ensuite de dompter Pégase et d’en devenir le maître.

De même, elle est d’un grand renfort à Héraclès durant ses douze travaux : elle lui confie des cymbales d’airain pour effrayer les oiseaux du lac de Stymphale ; elle le guide à travers les Enfers lorsqu’il récupère Cerbère ; enfin elle accueille Héraclès à l’Olympe à la fin de sa vie. Pour la remercier, le demi-dieu lui offre les pommes d’or des Hespérides au cours de ses aventures.

De la même façon, il est impensable de parler du retour d’Ulysse à Ithaque (l’Odyssée) sans évoquer le rôle d’Athéna dans ce périple. En plus de lui accorder une protection permanente, elle aide Télémaque à retrouver son père en prenant la forme de Mentor.

Enfin, Persée reçoit une aide concrète de la déesse sous la forme d’un bouclier de bronze qui lui permettrait de voir le reflet de Méduse sans finir pétrifié. Elle va même jusqu’à guider son bras pour trancher la tête du monstre ! Pour la remercier, Persée lui offre la tête de la Gorgone qu’elle place sur l’égide.

Vase représentant Persée offrant la tête de Méduse à Athéna

Vase représentant Persée offrant la tête de Méduse à Athéna

Inspiratrice et inventrice

Athéna se soucie du bonheur des mortels. Aussi, elle leur offre souvent son aide pour découvrir des techniques et leur donner des idées lumineuses. Elle est celle par qui les Hommes apprennent à dompter les chevaux et à atteler les chars de guerre. Elle supervise également la construction de l’Argo dans le mythe des Argonautes. Athéna enseigne aussi à Dédale l’art de manipuler les métaux. Enfin, elle joue un rôle dans le milieu de la santé, offrant à Périclès une herbe pour sauver son ami et architecte Mnésiclès et à Asclépios le sang de Méduse, ayant des propriétés pouvant soit tuer soit rendre la vie.

Les châtiments dispensés par Athéna

Aglauros et Hersé

Athéna est une belle femme et elle fait nécessairement des émules parmi les dieux. Justement, Héphaïstos, pourtant marié à Aphrodite, tombe amoureux de la sage guerrière et projette en secret de s’unir à elle. Cependant, la parthénos n’a aucune envie de s’accoupler avec le dieu forgeron qui se met à la poursuivre, excité comme jamais. Tellement excité qu’Héphaïstos ne peut se retenir de jouir alors même qu’il n’a pas touché Athéna ! Sa semence vole jusqu’à la cuisse de la déesse aux yeux pers qui, dégoutée, nettoie cet affront à l’aide d’un tissu et le laisse tomber sur le sol terrestre. De ce fluide vital, mêlé à l’aura d’Athéna et aux ressources de la terre, Gaïa, nait un futur roi athénien : Erichtonios. Techniquement, c’est donc la déesse-mère Gaïa qui est la mère de l’enfant, mais elle refuse d’élever le fruit de cet odieux évènement.

Après la naissance d’Erichtonios La divinité de la sagesse décide donc d’élever seule Erichtonios. Toutefois, elle a plus urgent : cacher à Poséidon la naissance de cet enfant pour éviter qu’il ne la raille. Elle le cache donc dans une corbeille qu’elle confie au roi actuel d’Athènes, Cécrops, qu’il décide lui-même de donner à ses filles pour qu’elles en prennent soin. Néanmoins, elles ont l’interdiction formelle de l’ouvrir. Si Pandrosos parvient à réfréner sa curiosité, ce n’est pas le cas de ses sœurs, Aglauros et Hersé. Elles ouvrent alors le récipient sacré et y découvrent un enfant entouré d’un serpent horrible. Épouvantées et rendues folles par Athéna, elles se jettent du haut de l’acropole. Erichtonios, lui, devient plus tard roi d’Athènes et y renforce la prégnance du culte d’Athéna.

Arachné

La jeune Arachné est une lydienne, fille d’un teinturier (ou d’un paysan, ou d’un roi, selon les versions), qui est très douée dans l’art du tissage. Elle est si douée que tout le monde vient admirer ses œuvres et qu’elle ne minimise pas son arrogance à ce sujet. Athéna, déesse patronne des tisserands et elle-même tisseuse de l’Olympe, entend parler d’Arachné et décide de lui rendre une petite visite. Pour cela, elle se change en vieille dame et aborde la jeune tisseuse en lui faisant une leçon sur la modestie. Cependant, Arachné se moque des leçons de la vielle dame et ose même dire que son travail est supérieur à celui des dieux. Quelle erreur !

Athéna reprend alors sa forme habituelle et défie Arachné dans un duel de tissage. Elles s’installent donc face à face devant leur métier à tisser et se mettent à créer. Lorsque les deux concurrentes ont terminées, Athéna présente son œuvre : un tissage splendide, digne d’une déesse. Toutefois, la création d’Arachné est encore plus belle. Athéna est ulcérée de ce résultat et décide de déchirer sa toile de haut en bas pour punir sa rivale. Humiliée et terrifiée, Arachné part se pendre. Prise de remords devant ce triste sort, Athéna décide alors de métamorphoser Arachné en araignée, afin qu’elle puisse continuer à tisser des toiles. La morale de cette histoire est qu’il ne faut jamais se comparer au dieux dans quelque domaine que ce soit : cette impiété est lourdement sanctionnée.

Représentation d'Arachné dans le jeu SMITE

Représentation d’Arachné dans le jeu SMITE

Méduse

Avant de devenir le monstre que nous connaissons bien (une Gorgone), Méduse était une femme magnifique. Elle est d’ailleurs considérée comme une figure primordiale, sœur des Grées tout en étant mortelle. Elle est si belle que Poséidon s’en éprend. Cependant, Méduse ne veut pas de lui, ce qui pousse le dieu des mers à commettre un acte horrible : il la viole au beau milieu du temple d’Athéna. Voyant son lieu sacré souillé de la sorte, Athéna se venge sur Méduse (évidemment…) et la transforme en monstre : ses cheveux se métamorphosent en serpents, son regard devient pétrifiant et des défenses de sanglier lui poussent sur le visage. Une autre version, celle d’Apollodore, raconte qu’Athéna aurait transformé Méduse en Gorgone car elle était trop fière de sa beauté.

Tirésias

Le devin Tirésias n’a pas toujours été aveugle. Il le devint après avoir surpris la déesse de la sagesse qui prenait son bain. Pour se venger d’avoir vu ce que personne d’autre ne verra jamais, elle pose ses mains sur ses yeux et le rend aveugle pour le reste de sa vie. Pour compenser ce châtiment terrible, elle lui offre le pouvoir de la divination.

Ajax

Il existe deux Ajax : le Petit et le Grand. L’un et l’autre ont subi la colère de la déesse.

Le petit, aussi appelé Ajax d’Oïlée, fit l’erreur de kidnapper Casandre alors qu’elle se réfugiait dans un temple d’Athéna. Pour venger cet affront, Athéna demanda à Poséidon de déclencher une tempête meurtrière sur son bateau et envoya la peste sur sa terre natale, la Locride. Cependant, Ajax ne meurt pas de la tempête et se retrouve sur les rochers de Gyras. Il déclare alors qu’il s’en sortira malgré les intentions des dieux. C’en est trop pour Poséidon qui frappe alors le rocher sur lequel il se tient et le fait tomber dans l’eau, le tuant sur le coup.

Ajax le Grand, héros grec lors de la Guerre de Troie, se dispute les armes d’Achille avec Ulysse. Athéna le rend alors fou et Ajax se met à égorger des moutons alors qu’il croie tuer les grecs. Lorsqu’il s’en rend compte, il se tranche la gorge. Ulysse devra insister pour qu’on lui rende une sépulture.

Les combats de la déesse

La Gigantomachie

Les Géants sont le fruit d’une nouvelle tentative de Gaïa pour détrôner son petit-fils Zeus. Ils ne sont pas moins de vingt-cinq à se dresser contre l’Olympe. Cependant, les dieux sont désormais assez puissants pour les affronter et les vaincre. De plus, ils sont aidés du très puissant héros Héraclès. Athéna combat le géant Pallas, qu’elle tue et ensevelit sous un rocher avant qu’Héraclès ne l’achève. Elle porte ensuite sa peau en guise de trophée et d’armure. Elle collabore une fois de plus avec le demi-dieu, fils de Zeus, pour vaincre Encelade et l’enfermer sous l’Etna.

La Guerre de Troie

Bande dessinée tirée du jeu SMITE et représentant le combat entre Athéna et Arès

Bande dessinée tirée du jeu SMITE et représentant le combat entre Athéna et Arès

Athéna participe au conflit légendaire de Troie en prenant le parti des grecs. La raison est simple : Pâris ne l’a pas choisi comme étant la plus belle des trois déesses en compétition. Athéna n’hésite donc pas à encourager ses poulains dans la guerre et même à s’y mêler en participant à la mêlée. Sur le champ de bataille, elle se retrouve confrontée à Arès, qu’elle terrasse facilement. Pour plus de détails sur la guerre de Troie, rendez-vous sur l’article consacré à cet évènement mythologique : ICI.

Sources

  • Hésiode, La Théogonie,
  • Homère, L’Iliade,
  • Homère, L’Odyssée,
  • Ovide, Les Métamorphoses.

Bibliographie

  • Andrieu Gilbert, Athéna ou la Raison, Paris, l’Harmattan, 2017.
  • Hamilton Edith, La Mythologie, Alleur, Marabout, 1940.

Adaptations dans la culture pop

  • La déesse de la sagesse apparaît dans le manga Saint Seiya (en français, Les Chevaliers du Zodiaque) sous la forme de Saori Kido, sa réincarnation japonaise qui dirige l’ensemble des chevaliers de bronze, d’argent et d’or dans une lutte millénaire contre Hadès.
  • Athéna est la mère du personnage d’Annabeth Chase dans les romans de la saga Percy Jackson de Rick Riordan. Elle se caractérise par son absence auprès de ses enfants et par sa grande intelligence.
  • La divinité aux yeux pers est beaucoup représentée dans l’art, que ce soit en sculpture ou en peinture. Nous pouvons citer l’œuvre de Judy Chicago, The Dinner Party, ou la célèbre Pallas Athéna de Gustav Klimt.
  • Les jeux vidéos se sont aussi appropriés Athéna comme par exemple God of War ou SMITE.
Saori Kido, alias Athéna dans Saint Seiya

Saori Kido, alias Athéna dans Saint Seiya

Les principaux dieux grecs

Les principales divinités grecques (illustration de Dim. D et Frederico Santagati)

Les principales divinités grecques (illustration de Dim. D et Frederico Santagati)

 

La religion de la Grèce antique

La mythologie grecque (et par extension romaine) se définit par son caractère polythéiste : il y a donc plusieurs divinités. Ainsi, chaque dieu représente un aspect de la nature ou de la vie des hommes, aussi bien concernant l’inné (l’amour, le ciel, la mer, la mort, etc) que l’acquis (la guerre, la chasse, la musique, la forge, etc.). Selon la tradition, le panthéon olympien (dieux résidant au Mont Olympe) se compose de 12 dieux, mais ce nombre peut varier selon les époques (notamment Hestia et Déméter). Ces dieux sont une grande famille, du fait que que plusieurs d’entre-eux se reproduisent entre frères et sœurs. Ils descendent également parmi les mortels et engendrent des demi-dieux (Héraclès, Persée, etc.) avec des humain(es), les héros des légendes et mythes que nous connaissons tous. Il est intéressant de noter le caractère humain des dieux : c’est à dire qu’ils ne sont pas parfaits, ils ont des défauts qui les font se rapprocher des croyants. Par exemple, Zeus est un incorrigible infidèle qui se met régulièrement dans des colères noires. C’est un point important qui différencie la religion des grecs et des romains des religions que nous connaissons actuellement. L’arbre généalogique des dieux est confus, mais la plupart des liens générationnels nous sont connus. En voici  une version schématisée :

Généalogie des dieux grecs (et titans)

Généalogie des dieux grecs (et titans)

Évidemment, certains liens changent en fonction de l’auteur, comme par exemple Aphrodite, fille de Zeus chez Homère et fille d’Ouranos chez Hésiode. Comme on le voit sur le schéma, la génération précédente aux dieux olympiens (Zeus, Poséidon, Hadès, etc.) est composée de douze Titans, divinités primordiales, enfants de Gaïa (la terre) et d’Ouranos (le ciel), dont Cronos et Rhéa. Pour comprendre leur importance, il faut analyser les mythes primordiaux. La religion de Rome est un peu différente car elle se base sur l’appropriation culturelle ou plutôt l’absorption. C’est la raison pour laquelle les dieux et déesses grecs ont été adaptés à la culture romaine (changement de noms, de fonctions et de symboles) mais que beaucoup d’éléments ont été gardés (mythes, héros et symbolique globale des mythes). Les Romains ré-écrivent les mythes et les transforment dans leur propre intérêt. D’ailleurs, la religion grecque n’est pas la seule a avoir été inclue dans celle des Romains comme la mythologie égyptienne par exemple. Ce principe s’appelle le syncrétisme religieux.

 

La Cosmogonie

Au commencement est le Chaos, immensité de ténèbres. Apparaissent ensuite deux divinités : Gaïa, la mère nourricière, et Eros, « l’amour qui amollit les âmes ». Leur union engendre des multitudes de dieux et d’éléments de la nature. Tandis que du Chaos naissent Nyx, la nuit noire et Erèbe, les ténèbres, Gaïa donne naissance à Ouranos (le ciel) d’elle-même, avec qui elle s’unit. En effet, Ouranos et Gaïa sont les premiers à régner sur le monde. A la naissance de chacun de ses enfants, Ouranos les enferme dans dans le sein de Gaïa (les Titans, les Hécatonchires et les Cyclopes). Furieuse, Gaïa demande à ses enfants de se venger de leur père en construisant une faux afin de le castrer (et de le détrôner). C’est Cronos qui répond à l’appel et qui émascule son père.

La mutilation d'Ouranos par Cronos de Giorgio Vasari et Gherardi Christofano

La mutilation d’Ouranos par Cronos de Giorgio Vasari et Gherardi Christofano

Il prend donc le pouvoir, amenant les Titans, ses frères et soeurs, au sommet du pouvoir. Mais Ouranos prédit à Cronos qu’il sera, lui aussi, détrôné par son propre fils. C’est la raison pour laquelle Cronos enferme ses frères Hécatonchires et Cyclopes au Tartare et qu’il avale littéralement ses enfants au moment de leur naissance (qu’il a avec Rhéa). Lors de la sixième naissance, Rhéa décide de se jouer de Cronos afin que leur enfant vive. Elle remplace le bébé emmailloté par une pierre, et celui-ci n’y voit que du feu. Dans le même temps, elle envoie cet enfants, Zeus, en Crète afin qu’il grandisse loin de son père. Zeus accomplit alors la prophétie en faisant recracher à Cronos ses enfants et en l’envoyant, lui et ses frères Titans, au Tartare. Parallèlement, il libère les Hécatonchires et les Cyclopes. C’est ainsi que Zeus devient le roi des dieux et règne en maître sur le monde. Ce n’est, bien sûr, qu’une version simplifiée du mythe qui mérite d’être largement étoffée.

 

Le panthéon des dieux grecs

Zeus

Zeus tel qu'il est représenté dans Smite

Zeus tel qu’il est représenté dans le jeu Smite

Nommé Jupiter à Rome, Zeus est le roi des dieux, père de ces derniers ainsi que des Hommes. Il est aussi le dieu du ciel et maîtrise le tonnerre. En tant que dieu des dieux, il possède une autorité suprême sur la totalité des êtres vivants. Zeus est connu pour deux traits en particulier : il est très colérique et très coureur de jupons. Ce dernier point lui vaut d’ailleurs d’avoir des enfants aux quatre coins du monde, pour le plus grand plaisir de sa femme, Héra. Parmi ses enfants divins, nous pouvons citer Hermès, Héphaïstos, Dionysos, Athéna, Coré et Arès. Il est aussi le père de nombreux demi-dieux comme Héraclès, Persée, Minos et Rhadamanthe. Son arme de prédilection est le Foudre, qu’il obtient des Cyclopes après la Titanomachie. Ses autres attributs sont le sceptre, le trône, l’aigle et la chèvre.

 

Poséidon

Poséidon (artwork de Rod Wong)

Poséidon (artwork de Rod Wong)

Appelé Neptune chez les Romains, Poséidon est le frère de Zeus et le dieu de la mer. Du moins, c’est la définition la plus répandue des fonctions du dieu. En réalité, il est aussi dieu de la terre ! En effet, lorsque Zeus a partagé les trois royaumes entre lui et se frères, il s’est donné le ciel et a donné les Enfers à Hadès. Il reste donc la terre et la mer qui reviennent à Poséidon. C’est la raison pour laquelle il est aussi le dieu des tremblements de terre et, plus étonnant, des chevaux. Lui aussi reçoit une arme des Cyclopes : le célèbre Trident. Il est également souvent représenté chevauchant un char aquatique. Comme son frère, il est colérique et n’hésite pas à déchaîner les eaux contre ses ennemis (Ulysse en sait quelque chose). Enfin, il est le père de pas moins de 43 enfants pour 27 femmes différentes !

 

Hadès

Hadès (artwork de Woe)

Hadès (artwork de Woe)

Le dernier de cette triade divine se nomme Pluton à Rome et Hadès en Grèce. Il est le dieu/roi des Enfers (attention à ne pas le confondre avec le dieu de la mort). Son accessoire de prédilection est la Kunée, un casque d’invisibilité, conféré lui aussi par les Cyclopes. S’il inspire souvent la terreur, Hadès n’est pas un mauvais dieu, bien au contraire, néanmoins il se montre souvent sans pitié voire insensible (si l’on exclue Orphée et sa lyre…). Il est même capable d’amour comme on le voit concernant sa femme Perséphone ainsi qu’avec ses quelques aventures extra-conjugales (Menthé notamment). Un autre de ses attributs est la double-fourche, pas toujours citée ou représentée. Aux Enfers, il est assisté de plusieurs créatures ou divinités : Cerbère, Hypnos, Thanatos, les Erynies, etc. (voir l’article sur les Enfers pour plus d’informations).

 

Athéna

Statue d'Athéna

Statue d’Athéna

Athéna est la Minerve romaine, déesse de la sagesse, de la stratégie guerrière, de la justice, de l’artisanat et, comme son nom l’indique, déesse poliade protectrice de la cité d’Athènes. Elle est la fille de Zeus et de Métis (nymphe océanide) mais sa naissance est un peu particulière car elle est sortie en armes du crâne de Zeus. Athéna est une déesse vierge et l’évènement de la naissance du premier athénien n’y fait pas exception si l’on considère qu’elle n’a jamais eu de rapport avec Héphaïstos. Si Athéna est sage, elle peut aussi se montrer jalouse et cruelle lorsqu’elle n’est pas en position de victoire. Ses symboles sont la chouette et l’olivier auxquels il faut ajouter le bouclier que lui a confié Zeus, l’égide, sur lequel figure la tête de Méduse. Vous trouverez plus d »informations sur Athéna dans CET ARTICLE.

 

Apollon

Illustration du dieu Apollon

Illustration du dieu Apollon

Apollon est le dieu grec des arts (musique et poésie en tête de liste), de la raison, du Soleil et de la guérison. A Rome, on l’appelle Apollo ou Phébus. Apollon est le fils de Zeus et de Léto. Il est aussi considéré comme le dieu de la beauté masculine du fait qu’il soit décrit comme le plus beau de tous les dieux. Mais attention : il n’est en rien le dieu de l’amour ! Apollon possède plusieurs autres prérogatives comme être le dieu des oracles (celles qui prédisent l’avenir, comme à Delphes) et de la médecine (surtout à Rome). A l’inverse, il peut aussi amener la maladie : il est celui qui tire une flèche de peste sur le camp grec dans l’Iliade. Enfin, en tant que dieu des arts, il a la responsabilité des neuf muses qui l’accompagnent régulièrement lors des festivités à l’Olympe (il est donc « musagète »). Ses accessoires fétiches sont l’arc et la lyre tandis que ses attributs sont la beauté, la lumière (du soleil), le laurier et les œuvres d’art.

 

HéRA

Illustration de la déesse Héra

Illustration de la déesse Héra

Héra, ou Junon à Rome, est la femme et sœur de Zeus. Elle est la déesse du mariage, de la fécondité, des femmes et elle est la protectrice des couples mariés (notamment les femmes mariées, les « Gunè »). En tant que reine, elle possède une certaine autorité mais malheureusement pour elle, son propre marie bafoue souvent cette prérogative. Elle est souvent excédée des comportements adultères de son mari qu’elle tolère malgré elle. En revanche, elle se venge facilement : Héraclès, par exemple, en a fait les frais. En bref, il ne vaut mieux pas attirer l’attention de Zeus car c’est vous qui serez victime de la jalousie d’Héra ! Ses attributs sont le paon, la génisse, le sceptre et la couronne.

 

Artémis

Artémis (artwork de Michael C. Hayes)

Artémis (artwork de Michael C. Hayes)

La Diane romaine est l’Artémis grecque. Soeur jumelle d’Apollon, elle est donc également la fille de Zeus et de Léto. Ses fonctions n’ont en revanche rien à voir avec son frère : elle est la déesse de la chasse, de la nature sauvage et de la Lune. Très indépendante, Artémis est une chasseresse éternellement vierge qui veille sur les jeunes filles en les faisant rejoindre ses rangs. Elle a un très fort lien avec les animaux qu’elle patronne. Ses attributs sont l’arc, les flèches d’argent, la Lune, la biche et l’ours. Enfin, si la virginité la caractérise, cela ne l’empêche pas d’avoir des sentiments amoureux pour des hommes comme pour Orion.

 

Aphrodite

Aphrodite telle qu'elle est représentée dans La Naissance de Vénus de Botticelli

Aphrodite telle qu’elle est représentée dans La Naissance de Vénus de Botticelli

Aphrodite, appelée Vénus à Rome, est certes la déesse de l’amour, mais aussi de la beauté, du plaisir charnel et de la procréation. Elle est née de l’émasculation d’Ouranos : son sexe tombe dans la mer et elle nait de l’écume des vagues près de Chypre (on a connu plus glamour). Même si elle est mariée à Héphaïstos, elle a de nombreux amants comme Arès, Adonis ou Hermès dont elle a un fils célèbre : Éros. Elle possède une ribambelle d’attributs dont le coquillage, la rose, le pavot, la colombe, le cygne et le bélier.

Arès

Arès tel qu'il est représenté dans l'univers DC

Arès tel qu’il est représenté dans l’univers DC

Arès est le dieu grec de la guerre, appelé Mars à Rome. Il se différencie d’Athéna car sa guerre à lui, c’est la violence extrême, le crime de sang, la barbarie et les armes. Il est le fils de Zeus et Héra et est lui-même le père des fondateurs de Rome, Rémus et Romulus. Peu apprécié par les Grecs, il est en revanche adulé par les Romains. Ses attributs sont son armure complète, ses armes (dont le glaive), le pivert et le sanglier.

Dionysos

Dionysos (peinture du Caravage)

Dionysos (peinture du Caravage)

Vous connaissez peut être Dionysos sous le nom romain de Bacchus. Fils de Zeus et Sémélé, il a dû être caché dans la cuisse de son père avant même sa naissance, de sorte qu’Héra ne pourrait le trouver pour se venger de cette énième infidélité. Dionysos est le dieu du vin, de la fête et de la folie. Ses prêtresses sont les Bacchantes, des femmes (et parfois hommes) rendues dingues par l’abus d’alcool. A un moment donné, Dionysos a remplacé Hestia dans le panthéon canonique des dieux. Ses attributs sont la thyrse (bâton surmonté d’une pomme de pin), le raisin, la vigne et la panthère.

Hermès

Statue d'Hermès de Schwetzingen (Allemagne)

Statue d’Hermès de Schwetzingen (Allemagne)

Mercure à Rome et Hermès dans le monde grec est le dieu des voyages, du commerce et des voleurs. Il a également pour fonction principale d’être le messager des dieux. Fils de Zeus et de Maïa (fille du titan Atlas), ses deux principales qualités sont la rapidité et la ruse. Hermès est aussi l’accompagnateur des âmes décédées jusqu’aux Enfers, on l’appelle alors Hermès psychopompe. Ses attributs sont la Caducée (le sceptre entouré de deux serpents), la pétase (le chapeau rond), les sandales ailées, la bourse d’argent, le bouc, la tortue et le coq.

DÉMÉTER

Déméter (artwork de Midori Harada)

Déméter (artwork de Midori Harada)

Déméter est connue sous le nom de Cérès à Rome. Soeur de Zeus, elle est la déesse de l’agriculture avec tout ce que cela implique : céréales, fertilité, moissons, etc. Sa fille est Coré/Perséphone qu’elle a eut avec Zeus (voir Perséphone dans l’article les Enfers). Déméter joue un rôle essentiel pour les Hommes qui la prient assidument. Ses attributs sont l’épi de blé, la tourterelle et le cochon.

HÉPHAÏSTOS

Statue de Vulcain (Héphaïstos)

Statue de Vulcain (Héphaïstos)

Héphaïstos est le Vulcain romain, dieu de la forge et du feu avec lequel il peut maîtriser tous les métaux. S’il est le fils de Zeus et d’Héra, il n’en est pas pour autant aimé car il est estropié après que sa propre mère l’ai jeté de l’Olympe sur Terre. Il est marié avec Aphrodite (oui, je vous le jure) mais le couple ne fonctionne pas car madame est très infidèle. Ses attributs sont le marteau, l’enclume, la masse, l’âne et le feu.

 

Hestia

Illustration de la déesse Hestia

Illustration de la déesse Hestia

Hestia, appelée Vesta à Rome, est la déesse protectrice du foyer, symbolisé par le feu sacré qu’elle représente. Elle protège donc le feu familial et la maison et très souvent convoquée pour les rites familiaux.

Vous reconnaîtrez sans doute dans les appellations latines des dieux les noms des planètes, à savoir, dans l’ordre après le soleil : Mercure, Vénus, (la Terre), Mars, Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune et la planète considérée comme naine, Pluton. Nous pouvons aussi évoquer la planète naine Cérès. De même, les différentes lunes portent également des noms mythologiques.

 

Sources

Les sources de base sur le sujet sont :

  • Hésiode, La Théogonie,
  • Homère, L’Iliade,
  • Homère, L’Odyssée,
  • Ovide, Les Métamorphoses,
  • Virgile, L’Enéide.

Le livre Mythologie grecque et romaine de Pierre Commelin explique en détails les mythes des dieux et des héros. Pour plus de détails, l’excellent Grand dictionnaire de la mythologie grecque et romaine de Jean-Claude Belfiore.