Adonis : la Beauté Tragique

Vénus et Adonis par Antonio Canova

Vénus et Adonis par Antonio Canova

Un jeune mortel d’une beauté sans pareille

Vous avez probablement déjà entendu ce nom quelque part et les mots qui vous viennent à l’esprit sont peut être du champ lexical de la beauté. Si c’est le cas, alors vous êtes sur le bon chemin. Adonis (Ἄδωνις en grec ancien) est traditionnellement le fils de Cinyras, roi de Chypre, et de sa fille Myrrha. Cela fait de lui le petit-fils d’Apollon. Cependant, il est tout à fait mortel. Il n’a donc pas de pouvoir spécifique à une divinité, mais Adonis représente la nature de par la symbolique de son mythe. Le jeune homme est très lié à la déesse grecque de l’amour, Aphrodite (Vénus à Rome), devenant presque l’un de ses attributs : Adonis symbolise la myrte, l’une des plantes sacrées d’Aphrodite. Il est aussi célèbre pour son destin éminemment tragique qui donna naissance à l’anémone pourprée ou la rose, selon les versions. Adonis est un personnage qui prend ses origines en Orient, son nom Adon signifiant « seigneur » ou « maître ». Il a donc également une signification royale. D’ailleurs, la fille d’Adonis et d’Aphrodite se nomme Béroé, qui donne son nom à la future capitale libanaise Beyrouth.

Les sources

Adonis apparaît dans plusieurs œuvres antiques qui délivrent globalement toutes le même mythe. Le premier auteur que nous pouvons citer est Théocrite, qui rédige les Idylles au IIIe siècle. Dans ce recueil poétique, il évoque la vie d’Adonis, de sa naissance à sa mort tragique, ainsi que ses relations amoureuses avec Aphrodite. De la même époque, Bion de Smyrne nous raconte les évènements qui surviennent à sa mort dans son Chant funèbre en l’honneur d’Adonis. On le retrouve aussi dans la Bibliothèque de Pseudo-Apollodore (que l’on place au IIe siècle), dans une version proche de celle du poète Panyasis d’Halicarnasse du Ve siècle, que nous avons perdue. Ce sont ensuite les auteurs latins du Ier siècle qui reprennent le mythe d’Adonis, comme Hygin dans ses Fables, et Ovide dans les Métamorphoses. Le nom d’Adonis reste le même, alors que celui de son amante change et devient Vénus, comme pour les noms des autres dieux. La trame du récit est toujours la même malgré les changements stylistiques. De nombreux autres auteurs évoquent le personnage par le biais des rites qui lui sont associés, comme Platon et Aristophane au Ve siècle ou Lucien de Samosate au IIe siècle après J-C. Ici, nous vous présenterons une version synthétisée du mythe, reprenant la majorité des éléments essentiels.

Adonis tel qu'il est représenté dans le jeu mobile Ensemble Stars

Adonis tel qu’il est représenté dans le jeu mobile Ensemble Stars

Le mythe

Notre récit commence sur l’île de Chypre, où le roi Cirynas règne pacifiquement et est accompagné de son fils Oxyporos et de ses filles, Euné et Myrrha. Un jour, la reine se vante que sa fille Myrrha est plus belle qu’Aphrodite elle-même. Sitôt dit, la déesse souhaite se venger d’un tel affront et s’y emploie en poussant Myrrha à tomber amoureuse de son propre père. La situation devient alors très compliquée : Cirynas veut marier sa fille alors que celle-ci est éprise de lui ! Après plusieurs tentatives de suicide, Myrrha ne parvient pas à réfréner son amour interdit et élabore un plan pour rejoindre la couche de son père. Avec l’aide de sa nourrice, elle parvient à entrer dans le lit de Cirynas alors qu’il est complètement ivre. Ces relations incestueuses se reproduisent plus fois, jusqu’à ce que le roi daigne enfin demander l’identité de sa partenaire de coït.

C’est alors qu’il comprend que la femme en question est sa fille. Il entre alors dans une rage folle, accentuée par le fait que Myrrha est tombée enceinte de son père. Cirynas tire alors son poignard et tente d’assassiner sa fille qui s’enfuit dans la forêt. Elle ne désire alors plus qu’être invisible aux yeux de son père et Aphrodite, qui a pitié d’elle, la transforme en un arbre à myrrhe. L’écorce de l’arbre s’ouvre alors (ou alors Cirynas la fend d’un coup d’épée) et laisse apparaître un bébé : Adonis. Ainsi, un enfant est né de cette union incestueuse et celui-ci est imprégné des forces de la nature.

Lorsqu’Aphrodite aperçoit Adonis, elle ne peut que remarquer son infinie beauté et tombe irrémédiablement amoureuse de lui. Elle décide alors de prendre soin du bébé en le cachant dans un coffre, qu’elle confie à Perséphone, la reine des Enfers, afin qu’elle l’éduque en secret. Cependant, cette dernière tombe elle aussi amoureuse d’Adonis ! Le jour où Aphrodite descend aux Enfers pour récupérer l’objet de son amour, Perséphone refuse de lui rendre Adonis, devenu son amant. Un conflit les oppose alors et la seule personne qui peut départager ce genre de situation est Zeus. Ce dernier se dédouane alors complètement de l’affaire en la confiant à la muse Calliope entourée d’un tribunal divin.

Adonis et Perséphone (artwork de Luamerava0)

Adonis et Perséphone (artwork de Luamerava0)

Il est donc décidé qu’Adonis passerait autant de temps avec Aphrodite qu’avec Perséphone : dans l’année, il passera quatre mois avec chacune et quatre mois seul, pour se reposer. Toutefois, Adonis, de son propre chef ou par le biais d’un stratagème magique de la part d’Aphrodite, décide de passer son temps libre avec cette dernière. Ainsi débute un cycle représentant les saisons, car l’hiver vient lorsque le jeune homme est aux Enfers. Son passage vers le monde des vivants est vu comme une résurrection du personnage.

Adonis et Aphrodite débutent alors une relation passionnée et la déesse s’abandonne totalement à lui :

caelo praefertur Adonis (« au ciel elle préfère Adonis ») – Ovide, Les Métamorphoses (10, 532)

Tout va bien jusqu’à ce jour terrible où le jeune homme, passionné de chasse, arpente les bois à la recherche d’un sanglier. D’habitude, Aphrodite l’accompagne dans cette activité pour veiller à sa sécurité, mais ce jour-là, elle n’est pas présente. Adonis réussit à débusquer l’animal et à le blesser, mais celui-ci parvient à l’entailler mortellement à la cuisse. Aphrodite, aux rennes de son char ailé, très haut dans le ciel, entend les gémissements d’Adonis et se rend immédiatement à ses côtés. Malheureusement, ce dernier se meurt et il rend son dernier souffle sans même savoir que la déesse l’a embrassé pour la dernière fois. La blessure d’Adonis était douloureuse, mais ce n’est rien en comparaison avec la déchirure qu’Aphrodite ressent dans son cœur. Des gouttes de sang versées sur le sol nait l’anémone pourprée ou la rose.

La Mort d'Adonis par Benjamin West

Vénus se lamentant sur la mort d’Adonis par Benjamin West

Il existe plusieurs versions des raisons de la mort d’Adonis et chacune d’elles implique une vengeance divine :

  • Perséphone apprend qu’Adonis passe son temps libre avec Aphrodite et décide de ruiner leur histoire en allant raconter à Arès, amoureux de la déesse de l’amour, qu’elle lui préfère Adonis. Celui-ci, furieux et jaloux, met le sanglier féroce sur le chemin du jeune mortel.
  • Apollon se venge d’Aphrodite pour une histoire antérieure, car elle a rendu aveugle son fils Erymanthos qui l’a accidentellement vu nue dans son bain ou qui a espionné le couple qui faisait l’amour. Apollon aurait donc changé son fils en sanglier pour qu’il tue Adonis.
  • Artémis peut être la meurtrière d’Adonis, du fait de sa jalousie vis à vis des talents de chasseur du mortel.

Bibliographie

Frazer James George, Adonis : Étude de religions orientales comparées, Paris, Geuthner, 1921.

Hamilton Edith, La Mythologie, Alleur, Marabout, 1940.

Adaptations

- Adonis est un Webcomic (bande dessinée disponible sur Internet) de Delitoon qui met en scène un conflit entre Ianna et Arhad sur fond d’intrigue amoureuse. Le récit implique la mort, puis la résurrection d’un personnage, ce qui rappelle le mythe d’Adonis.

- Adonis est un personnage du manga Berserk. Fils du frère du roi de Midland, Julius, sa vie est stoppée très tôt lorsque Guts (le héros) tue son père. Adonis arrive sur les lieux et se fait malencontreusement tuer par Guts qui s’en veut énormément d’avoir tué un être si innocent.

- Le personnage d’Adonis est très présent dans la littérature, notamment moderne. Jean de la Fontaine est l’auteur d’un poème intitulé simplement Adonis, dans lequel il raconte l’histoire tragique de l’amant d’Aphrodite. Jean-Baptiste Rousseau reprend aussi le personnage dans un poème tandis que Guillaume le Breton en fait une pièce de théâtre.

L'Adonis Mazarin (Louvre)

L’Adonis Mazarin (Louvre)

Les principaux dieux grecs

Les principales divinités grecques (illustration de Dim. D et Frederico Santagati)

Les principales divinités grecques (illustration de Dim. D et Frederico Santagati)

 

La religion de la Grèce antique

La mythologie grecque (et par extension romaine) se définit par son caractère polythéiste : il y a donc plusieurs divinités. Ainsi, chaque dieu représente un aspect de la nature ou de la vie des hommes, aussi bien concernant l’inné (l’amour, le ciel, la mer, la mort, etc) que l’acquis (la guerre, la chasse, la musique, la forge, etc.). Selon la tradition, le panthéon olympien (dieux résidant au Mont Olympe) se compose de 12 dieux, mais ce nombre peut varier selon les époques (notamment Hestia et Déméter). Ces dieux sont une grande famille, du fait que que plusieurs d’entre-eux se reproduisent entre frères et sœurs. Ils descendent également parmi les mortels et engendrent des demi-dieux (Héraclès, Persée, etc.) avec des humain(es), les héros des légendes et mythes que nous connaissons tous. Il est intéressant de noter le caractère humain des dieux : c’est à dire qu’ils ne sont pas parfaits, ils ont des défauts qui les font se rapprocher des croyants. Par exemple, Zeus est un incorrigible infidèle qui se met régulièrement dans des colères noires. C’est un point important qui différencie la religion des grecs et des romains des religions que nous connaissons actuellement. L’arbre généalogique des dieux est confus, mais la plupart des liens générationnels nous sont connus. En voici  une version schématisée :

Généalogie des dieux grecs (et titans)

Généalogie des dieux grecs (et titans)

Évidemment, certains liens changent en fonction de l’auteur, comme par exemple Aphrodite, fille de Zeus chez Homère et fille d’Ouranos chez Hésiode. Comme on le voit sur le schéma, la génération précédente aux dieux olympiens (Zeus, Poséidon, Hadès, etc.) est composée de douze Titans, divinités primordiales, enfants de Gaïa (la terre) et d’Ouranos (le ciel), dont Cronos et Rhéa. Pour comprendre leur importance, il faut analyser les mythes primordiaux. La religion de Rome est un peu différente car elle se base sur l’appropriation culturelle ou plutôt l’absorption. C’est la raison pour laquelle les dieux et déesses grecs ont été adaptés à la culture romaine (changement de noms, de fonctions et de symboles) mais que beaucoup d’éléments ont été gardés (mythes, héros et symbolique globale des mythes). Les Romains ré-écrivent les mythes et les transforment dans leur propre intérêt. D’ailleurs, la religion grecque n’est pas la seule a avoir été inclue dans celle des Romains comme la mythologie égyptienne par exemple. Ce principe s’appelle le syncrétisme religieux.

 

La Cosmogonie

Au commencement est le Chaos, immensité de ténèbres. Apparaissent ensuite deux divinités : Gaïa, la mère nourricière, et Eros, « l’amour qui amollit les âmes ». Leur union engendre des multitudes de dieux et d’éléments de la nature. Tandis que du Chaos naissent Nyx, la nuit noire et Erèbe, les ténèbres, Gaïa donne naissance à Ouranos (le ciel) d’elle-même, avec qui elle s’unit. En effet, Ouranos et Gaïa sont les premiers à régner sur le monde. A la naissance de chacun de ses enfants, Ouranos les enferme dans dans le sein de Gaïa (les Titans, les Hécatonchires et les Cyclopes). Furieuse, Gaïa demande à ses enfants de se venger de leur père en construisant une faux afin de le castrer (et de le détrôner). C’est Cronos qui répond à l’appel et qui émascule son père.

La mutilation d'Ouranos par Cronos de Giorgio Vasari et Gherardi Christofano

La mutilation d’Ouranos par Cronos de Giorgio Vasari et Gherardi Christofano

Il prend donc le pouvoir, amenant les Titans, ses frères et soeurs, au sommet du pouvoir. Mais Ouranos prédit à Cronos qu’il sera, lui aussi, détrôné par son propre fils. C’est la raison pour laquelle Cronos enferme ses frères Hécatonchires et Cyclopes au Tartare et qu’il avale littéralement ses enfants au moment de leur naissance (qu’il a avec Rhéa). Lors de la sixième naissance, Rhéa décide de se jouer de Cronos afin que leur enfant vive. Elle remplace le bébé emmailloté par une pierre, et celui-ci n’y voit que du feu. Dans le même temps, elle envoie cet enfants, Zeus, en Crète afin qu’il grandisse loin de son père. Zeus accomplit alors la prophétie en faisant recracher à Cronos ses enfants et en l’envoyant, lui et ses frères Titans, au Tartare. Parallèlement, il libère les Hécatonchires et les Cyclopes. C’est ainsi que Zeus devient le roi des dieux et règne en maître sur le monde. Ce n’est, bien sûr, qu’une version simplifiée du mythe qui mérite d’être largement étoffée.

 

Le panthéon des dieux grecs

Zeus

Zeus tel qu'il est représenté dans Smite

Zeus tel qu’il est représenté dans le jeu Smite

Nommé Jupiter à Rome, Zeus est le roi des dieux, père de ces derniers ainsi que des Hommes. Il est aussi le dieu du ciel et maîtrise le tonnerre. En tant que dieu des dieux, il possède une autorité suprême sur la totalité des êtres vivants. Zeus est connu pour deux traits en particulier : il est très colérique et très coureur de jupons. Ce dernier point lui vaut d’ailleurs d’avoir des enfants aux quatre coins du monde, pour le plus grand plaisir de sa femme, Héra. Parmi ses enfants divins, nous pouvons citer Hermès, Héphaïstos, Dionysos, Athéna, Coré et Arès. Il est aussi le père de nombreux demi-dieux comme Héraclès, Persée, Minos et Rhadamanthe. Son arme de prédilection est le Foudre, qu’il obtient des Cyclopes après la Titanomachie. Ses autres attributs sont le sceptre, le trône, l’aigle et la chèvre.

 

Poséidon

Poséidon (artwork de Rod Wong)

Poséidon (artwork de Rod Wong)

Appelé Neptune chez les Romains, Poséidon est le frère de Zeus et le dieu de la mer. Du moins, c’est la définition la plus répandue des fonctions du dieu. En réalité, il est aussi dieu de la terre ! En effet, lorsque Zeus a partagé les trois royaumes entre lui et se frères, il s’est donné le ciel et a donné les Enfers à Hadès. Il reste donc la terre et la mer qui reviennent à Poséidon. C’est la raison pour laquelle il est aussi le dieu des tremblements de terre et, plus étonnant, des chevaux. Lui aussi reçoit une arme des Cyclopes : le célèbre Trident. Il est également souvent représenté chevauchant un char aquatique. Comme son frère, il est colérique et n’hésite pas à déchaîner les eaux contre ses ennemis (Ulysse en sait quelque chose). Enfin, il est le père de pas moins de 43 enfants pour 27 femmes différentes !

 

Hadès

Hadès (artwork de Woe)

Hadès (artwork de Woe)

Le dernier de cette triade divine se nomme Pluton à Rome et Hadès en Grèce. Il est le dieu/roi des Enfers (attention à ne pas le confondre avec le dieu de la mort). Son accessoire de prédilection est la Kunée, un casque d’invisibilité, conféré lui aussi par les Cyclopes. S’il inspire souvent la terreur, Hadès n’est pas un mauvais dieu, bien au contraire, néanmoins il se montre souvent sans pitié voire insensible (si l’on exclue Orphée et sa lyre…). Il est même capable d’amour comme on le voit concernant sa femme Perséphone ainsi qu’avec ses quelques aventures extra-conjugales (Menthé notamment). Un autre de ses attributs est la double-fourche, pas toujours citée ou représentée. Aux Enfers, il est assisté de plusieurs créatures ou divinités : Cerbère, Hypnos, Thanatos, les Erynies, etc. (voir l’article sur les Enfers pour plus d’informations).

 

Athéna

Statue d'Athéna

Statue d’Athéna

Athéna est la Minerve romaine, déesse de la sagesse, de la stratégie guerrière, de la justice, de l’artisanat et, comme son nom l’indique, déesse poliade protectrice de la cité d’Athènes. Elle est la fille de Zeus et de Métis (nymphe océanide) mais sa naissance est un peu particulière car elle est sortie en armes du crâne de Zeus. Athéna est une déesse vierge et l’évènement de la naissance du premier athénien n’y fait pas exception si l’on considère qu’elle n’a jamais eu de rapport avec Héphaïstos. Si Athéna est sage, elle peut aussi se montrer jalouse et cruelle lorsqu’elle n’est pas en position de victoire. Ses symboles sont la chouette et l’olivier auxquels il faut ajouter le bouclier que lui a confié Zeus, l’égide, sur lequel figure la tête de Méduse. Vous trouverez plus d »informations sur Athéna dans CET ARTICLE.

 

Apollon

Illustration du dieu Apollon

Illustration du dieu Apollon

Apollon est le dieu grec des arts (musique et poésie en tête de liste), de la raison, du Soleil et de la guérison. A Rome, on l’appelle Apollo ou Phébus. Apollon est le fils de Zeus et de Léto. Il est aussi considéré comme le dieu de la beauté masculine du fait qu’il soit décrit comme le plus beau de tous les dieux. Mais attention : il n’est en rien le dieu de l’amour ! Apollon possède plusieurs autres prérogatives comme être le dieu des oracles (celles qui prédisent l’avenir, comme à Delphes) et de la médecine (surtout à Rome). A l’inverse, il peut aussi amener la maladie : il est celui qui tire une flèche de peste sur le camp grec dans l’Iliade. Enfin, en tant que dieu des arts, il a la responsabilité des neuf muses qui l’accompagnent régulièrement lors des festivités à l’Olympe (il est donc « musagète »). Ses accessoires fétiches sont l’arc et la lyre tandis que ses attributs sont la beauté, la lumière (du soleil), le laurier et les œuvres d’art.

 

HéRA

Illustration de la déesse Héra

Illustration de la déesse Héra

Héra, ou Junon à Rome, est la femme et sœur de Zeus. Elle est la déesse du mariage, de la fécondité, des femmes et elle est la protectrice des couples mariés (notamment les femmes mariées, les « Gunè »). En tant que reine, elle possède une certaine autorité mais malheureusement pour elle, son propre marie bafoue souvent cette prérogative. Elle est souvent excédée des comportements adultères de son mari qu’elle tolère malgré elle. En revanche, elle se venge facilement : Héraclès, par exemple, en a fait les frais. En bref, il ne vaut mieux pas attirer l’attention de Zeus car c’est vous qui serez victime de la jalousie d’Héra ! Ses attributs sont le paon, la génisse, le sceptre et la couronne.

 

Artémis

Artémis (artwork de Michael C. Hayes)

Artémis (artwork de Michael C. Hayes)

La Diane romaine est l’Artémis grecque. Soeur jumelle d’Apollon, elle est donc également la fille de Zeus et de Léto. Ses fonctions n’ont en revanche rien à voir avec son frère : elle est la déesse de la chasse, de la nature sauvage et de la Lune. Très indépendante, Artémis est une chasseresse éternellement vierge qui veille sur les jeunes filles en les faisant rejoindre ses rangs. Elle a un très fort lien avec les animaux qu’elle patronne. Ses attributs sont l’arc, les flèches d’argent, la Lune, la biche et l’ours. Enfin, si la virginité la caractérise, cela ne l’empêche pas d’avoir des sentiments amoureux pour des hommes comme pour Orion.

 

Aphrodite

Aphrodite telle qu'elle est représentée dans La Naissance de Vénus de Botticelli

Aphrodite telle qu’elle est représentée dans La Naissance de Vénus de Botticelli

Aphrodite, appelée Vénus à Rome, est certes la déesse de l’amour, mais aussi de la beauté, du plaisir charnel et de la procréation. Elle est née de l’émasculation d’Ouranos : son sexe tombe dans la mer et elle nait de l’écume des vagues près de Chypre (on a connu plus glamour). Même si elle est mariée à Héphaïstos, elle a de nombreux amants comme Arès, Adonis ou Hermès dont elle a un fils célèbre : Éros. Elle possède une ribambelle d’attributs dont le coquillage, la rose, le pavot, la colombe, le cygne et le bélier.

Arès

Arès tel qu'il est représenté dans l'univers DC

Arès tel qu’il est représenté dans l’univers DC

Arès est le dieu grec de la guerre, appelé Mars à Rome. Il se différencie d’Athéna car sa guerre à lui, c’est la violence extrême, le crime de sang, la barbarie et les armes. Il est le fils de Zeus et Héra et est lui-même le père des fondateurs de Rome, Rémus et Romulus. Peu apprécié par les Grecs, il est en revanche adulé par les Romains. Ses attributs sont son armure complète, ses armes (dont le glaive), le pivert et le sanglier.

Dionysos

Dionysos (peinture du Caravage)

Dionysos (peinture du Caravage)

Vous connaissez peut être Dionysos sous le nom romain de Bacchus. Fils de Zeus et Sémélé, il a dû être caché dans la cuisse de son père avant même sa naissance, de sorte qu’Héra ne pourrait le trouver pour se venger de cette énième infidélité. Dionysos est le dieu du vin, de la fête et de la folie. Ses prêtresses sont les Bacchantes, des femmes (et parfois hommes) rendues dingues par l’abus d’alcool. A un moment donné, Dionysos a remplacé Hestia dans le panthéon canonique des dieux. Ses attributs sont la thyrse (bâton surmonté d’une pomme de pin), le raisin, la vigne et la panthère.

Hermès

Statue d'Hermès de Schwetzingen (Allemagne)

Statue d’Hermès de Schwetzingen (Allemagne)

Mercure à Rome et Hermès dans le monde grec est le dieu des voyages, du commerce et des voleurs. Il a également pour fonction principale d’être le messager des dieux. Fils de Zeus et de Maïa (fille du titan Atlas), ses deux principales qualités sont la rapidité et la ruse. Hermès est aussi l’accompagnateur des âmes décédées jusqu’aux Enfers, on l’appelle alors Hermès psychopompe. Ses attributs sont la Caducée (le sceptre entouré de deux serpents), la pétase (le chapeau rond), les sandales ailées, la bourse d’argent, le bouc, la tortue et le coq.

DÉMÉTER

Déméter (artwork de Midori Harada)

Déméter (artwork de Midori Harada)

Déméter est connue sous le nom de Cérès à Rome. Soeur de Zeus, elle est la déesse de l’agriculture avec tout ce que cela implique : céréales, fertilité, moissons, etc. Sa fille est Coré/Perséphone qu’elle a eut avec Zeus (voir Perséphone dans l’article les Enfers). Déméter joue un rôle essentiel pour les Hommes qui la prient assidument. Ses attributs sont l’épi de blé, la tourterelle et le cochon.

HÉPHAÏSTOS

Statue de Vulcain (Héphaïstos)

Statue de Vulcain (Héphaïstos)

Héphaïstos est le Vulcain romain, dieu de la forge et du feu avec lequel il peut maîtriser tous les métaux. S’il est le fils de Zeus et d’Héra, il n’en est pas pour autant aimé car il est estropié après que sa propre mère l’ai jeté de l’Olympe sur Terre. Il est marié avec Aphrodite (oui, je vous le jure) mais le couple ne fonctionne pas car madame est très infidèle. Ses attributs sont le marteau, l’enclume, la masse, l’âne et le feu.

 

Hestia

Illustration de la déesse Hestia

Illustration de la déesse Hestia

Hestia, appelée Vesta à Rome, est la déesse protectrice du foyer, symbolisé par le feu sacré qu’elle représente. Elle protège donc le feu familial et la maison et très souvent convoquée pour les rites familiaux.

Vous reconnaîtrez sans doute dans les appellations latines des dieux les noms des planètes, à savoir, dans l’ordre après le soleil : Mercure, Vénus, (la Terre), Mars, Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune et la planète considérée comme naine, Pluton. Nous pouvons aussi évoquer la planète naine Cérès. De même, les différentes lunes portent également des noms mythologiques.

 

Sources

Les sources de base sur le sujet sont :

  • Hésiode, La Théogonie,
  • Homère, L’Iliade,
  • Homère, L’Odyssée,
  • Ovide, Les Métamorphoses,
  • Virgile, L’Enéide.

Le livre Mythologie grecque et romaine de Pierre Commelin explique en détails les mythes des dieux et des héros. Pour plus de détails, l’excellent Grand dictionnaire de la mythologie grecque et romaine de Jean-Claude Belfiore.