Le Bestiaire Mythologique

Artwork de l'Hydre de Lerne par Arvalis

Artwork de l’Hydre de Lerne par Arvalis

Les Créatures de la Mythologie Gréco-Romaine

Il existe dans la mythologie gréco-romaine de très nombreuses créatures venant se placer entre le héros et sa destinée. Si ces monstres sont pour la plupart maléfiques, certains sont simplement des êtres magiques vivant plus ou moins en paix avec les humains. Dans tous les cas, ces créatures symbolisent souvent une idée ou un concept inexplicable ou dangereux pour les Grecs et les Romains et qu’il est intéressant de décrypter. Je vous propose ici une liste claire et précise de ces bêtes mythiques dans laquelle je préciserai pour chacun ses caractéristiques, sa symbolique et les mythes dans lesquels il apparaît. Attention : je ne parlerai que de la vision gréco-romaine païenne de ces bêtes et non pas de leur signification médiévale (cela vaut notamment pour les créatures comme le Dragon ou la Licorne). Ceci n’est pas une liste exhaustive : aussi, si vous avez des exemples de créatures manquantes, n’hésitez pas à me les signaler.

Les Monstres

Méduse

Artwork de Méduse par Maniakuk

Artwork de Méduse par Maniakuk

Le nom de Méduse nous vient du grec Medousa et du latin Medusa. Quasiment tous les auteurs grecs et latins font référence à ce personnage très célèbre de la mythologie. Elle est l’une des trois Gorgones, les filles de Phorcys et de Céto et fait donc partie des divinités primordiales. Ses deux sœurs se nomment Sthéno et Euryale qui sont immortelles à la différence de Méduse. Son aspect a un peu évolué au cours des siècles : d’abord monstre difforme, elle devient ensuite une femme à la chevelure de serpents et possédant des défenses de sanglier. Quiconque croise son regard se pétrifie sur place, ce qui en fait une arme exceptionnellement redoutable. Selon certains mythes, elle avait obtenu cet aspect à cause d’un châtiment d’Athéna (Minerve) ou d’Aphrodite (Vénus). Le mythe qui la met principalement en scène est celui de Persée, dans lequel le héros, aidé par Athéna et Hermès, tranche la tête de la Gorgone et s’empare de cette dernière (le gorgoneion) qui possède toujours son pouvoir pétrifiant. Son visage est ensuite placé sur le bouclier d’Athéna, l’égide. Du sang de Méduse naissent deux créatures : Pégase et le chevalier d’or Chrysaor. Aujourd’hui, Méduse a obtenu une symbolique féministe, mettant en avant son pouvoir et son autorité obtenue de facto grâce à son regard.

L’Hydre

Hercule et l'Hydre par John Singer Sargent

Hercule et l’Hydre par John Singer Sargent

Nous parlons bien évidemment de l’Hydre de Lerne, l’Hydra Lernaia en grec ou « serpent d’eau de la ville de Lerne ». Plusieurs auteurs en font état dont Apollodore, Hygin et Ovide. Cette créature possède un corps de chien et de très nombreuses têtes de serpents dont le nombre varie grandement : de 5 à 500 selon les auteurs ! L’hydre possède une faculté spéciale : lorsqu’on lui coupe une tête, deux repoussent à la place. Ce monstre, réputé immortel, avait été élevé par Héra (Junon) dans le but de le confronter à Héraclès. Il terrorisait les habitants de la région jusqu’à ce que le héros vienne le combattre dans le cadre des douze travaux. Pour contrer son talent de repousse, Héraclès demanda à son neveu Iolaos de cautériser au feu les têtes coupées afin qu’elles ne puissent plus repousser. Cependant, la dernière tête à vaincre était, elle, immortelle. Héraclès l’enterra sous un immense rocher et ainsi l’hydre fut vaincue. Le sang de la bête servit à empoisonner les flèches du héros.

Les Cyclopes

Statue d'un Cyclope (National History Museum, Londres)

Statue d’un Cyclope (National History Museum, Londres)

Le terme Cyclope provient du latin cyclops, une transcription du grec kuklôps qui se traduit par « œil rond ». Parmi les auteurs qui nous en apprennent plus sur le Cyclope, nous avons tout d’abord Hésiode, Homère, puis Euripide dans sa pièce Le Cyclope ou encore Théocrite, Virgile et Ovide. Les Cyclopes sont des êtres monstrueux comparables à des géants et ne possédant qu’un seul très grand œil à la place des deux yeux habituels. Ils sont nés de Gaia et d’Ouranos et ont été enfermés pendant longtemps par les Titans, puis libérés par les dieux pour qui ils créèrent les armes divines : le foudre, le trident et la kunée. D’autres générations de Cyclopes virent ensuite le jour et trois classes se distinguent. Tout d’abord, il y a les forgerons, intégrés et assistants d’Héphaïstos. Il existe aussi les cyclopes pastoraux, des éleveurs de moutons barbares et cannibales. De cette deuxième classe, nous pouvons citer Polyphème, le Cyclope qu’Ulysse rencontra lors de son retour à Ithaque. Alors qu’il retenait en otage l’équipage du héros en dévorant les marins jour après jour, ils se fit crever son seul œil par Ulysse (« Personne »). La troisième catégorie est celle des bâtisseurs, associés aux vestiges de Mycènes ou de Tirynthe (les murs cyclopéens). Symboliquement, les Cyclopes représentent, pour les Grecs, le refus de la civilisation et de la culture.

Les Centaures

L'Education d'Achilles par Eugène Delacroix

L’Education d’Achilles par Eugène Delacroix

Le terme provient du latin centaurus, issu lui-même du grec kentauros qui a d’abord signifié un peuple barbare de Thessalie, puis les Centaures que nous connaissons. Évidemment, les sources concernant ces créatures sont multiples : Hésiode, Homère, Pindare, Apollodore, Diodore de Sicile, Hygin et Ovide en font partie. Les Centaures sont des monstres à-demi hommes et à-demi chevaux, descendants d’Ixion et de Néphélé. C’est une tribu barbare de Thessalie éloignée du monde civilisé, une bande d’ivrognes qui apparaissent dans de nombreux mythes comme des agresseurs et des personnages lubriques. Cependant, il y a des exceptions comme Chiron, un éducateur bienveillant qui a formé les plus grands héros ou encore Pholos, un gentil centaure ayant aidé Héraclès. Néanmoins, globalement, la symbolique des Centaures est, comme pour les Satyres, celle de créatures bestiales et dangereuses, assimilées aux vices de l’orgueil, de la luxure et de la cupidité. Leur féminin est la Centauresse.

Le Sphinx

Œdipe et le Sphinx par François-Xavier Fabre

Œdipe et le Sphinx par François-Xavier Fabre

Le nom du Sphinx provient du grec sphinx, également sphinx en latin. Son origine est très probablement égyptienne, mais par suite de sa diffusion dans le monde grec, Hésiode nous en parle, suivi par Apollodore et Euripide, Diodore de Sicile, Hygin, Pline l’Ancien et Pausanias. Cet enfant d’Echidna et de Typhon apparait sous la forme d’une lionne ailée possédant une tête et un buste de femme humaine et parfois une queue de serpent. Il est décrit comme un démon ravisseur, monstre dévoreur et gardien funèbre. Le Sphinx apparaît dans le mythe d’Œdipe dans lequel la créature soumet au héros une énigme. La bête a été envoyée par Héra pour punir les Thébains du meurtre du roi Laïos et il gardait la route de Thèbes en dévorant les voyageurs. Lorsqu’Œdipe répondit correctement à l’énigme, le Sphinx fut furieux et se suicida.

Le Minotaure

Artwork de Thésée affrontant le Minotaure par Kolokas

Artwork représentant Thésée affrontant le Minotaure par Kolokas

Du grec Minotauros et du latin Minotaurus, son nom est composé de celui de son père, Minos et de tauros, signifiant tout simplement « taureau ». On retrouve le récit de ses méfaits chez Apollodore, Plutarque ou encore Ovide, dans Les Métamophoses. Cette créature très célèbre est née de l’union de Pasiphaé et du taureau blanc sacré. Le Minotaure est une bête à corps d’homme et à tête de taureau qui se cachait dans le labyrinthe créé par Dédale sur l’ordre du roi Minos. Thésée le tua et mit ainsi fin à la terreur qu’il inspirait. Pour plus d’informations sur cette créature et le mythe qui l’entoure, c’est ICI (article en cours de création !).

Les Satyres

Le Faune par Carlos Schwabe

Le Faune par Carlos Schwabe

Le terme grec saturos désigne une créature mythique de la suite de Dionysos et il a dérivé dans le latin en satyrus avant de devenir notre satyre. Les sources principales pour ces créatures sont l’Hymne à Aphrodite attribué traditionnellement à Homère et les écrits de Pausanias. Les satyres sont pourvus d’un buste d’homme, de longues cornes, d’oreilles pointues et le bas de leur corps est celui d’un bouc. Ce sont des dieux des bois et des montagnes, mais surtout des démons de la nature axés essentiellement sur les plaisirs de la chair, comme l’indique leur membre viril perpétuellement en érection. Cherchant à assouvir leurs désirs, ils poursuivent sans cesse les nymphes entre deux danses et festivités alcoolisées. Leur rôle est minimisé dans les mythes mais nous pouvons citer Marsyas et Silène. Symboliquement, les satyres représentent le reflet agrandi des penchants et des excès de la race humaine. Leurs homologues romains sont les Faunes, des créatures plus gaies et moins brutales.

Les Nymphes

Statue de Nymphe dans les jardins de Versailles

Statue de Nymphe dans les jardins de Versailles

La Nymphe vient du grec numphê signifiant « jeune fille » ou « fiancée ». Ces divinités de la nature sont des femmes personnifiant les activités créatrices de la végétation ou des milieux aquatiques, souvent liées à un endroit en particulier. Elles apparaissent souvent dans les mythes en même temps que les Satyres avec qui elles ont de nombreuses relations sexuelles, d’où le terme de nymphomanie. Belles et jeunes, les Nymphes forment souvent les cortèges de divinités liées à la nature comme Artémis, Déméter, Pan ou Dionysos.

Les Harpies

Artwork d'une Harpie par Rhineville

Artwork d’une Harpie par Rhineville

La Harpie vient du grec harpuia puis du latin harpyia. Hésiode en fait état tout autant qu’Apollonios de Rhodes, Hygin et Virgile. Elles sont trois sœurs, Aello (ou Nicothoé) signifiant « bourrasque », Ocypété signifiant « vole-vite » et Célaeno signifiant « obscurité », filles du dieu Thaumas et de l’Océanide Electre (à ne pas confondre avec la fille d’Agamemnon) et sœurs de la déesse Iris. Ce sont des créatures mi-femmes, mi-oiseaux plus rapides que le vent mais aussi très néfastes. Elles ravissent les enfants et tourmentent les mortels. Leur méchanceté pure est devenue une insulte visant les femmes acariâtres, tout comme l’Erinye Mégère.

Pégase

Mosaïque représentant Bellérophon chevauchant Pégase (Autun)

Mosaïque représentant Bellérophon chevauchant Pégase (Autun)

Le nom de Pégase nous vient du latin pegasus qui provient lui-même du terme grec pegasos, dérivé de pegai, les « sources ». Nous retrouvons la mention de cette créature merveilleuse chez de très nombreux auteurs à commencer par Hésiode dans sa Théogonie. Pindare, Apollodore, Hygin, Ovide, Pline l’Ancien et Pausanias nous parlent également de ce cheval ailé rapide comme le vent. Pégase est né du sang de Méduse décapitée par Persée. Ce dernier se servit de Pégase comme d’une monture pour sauver la jeune Andromède. Il apparait aussi dans le mythe de Bellérophon : difficile à approcher, le cheval ailé se laisse pourtant chevaucher par le pouvoir de mors d’or magiques. Ainsi, Bellérophon peut tuer la Chimère, les Solymes et les Amazones. Cependant, lorsque Bellérophon voulut s’élever vers l’Olympe, Zeus le punit pour son orgueil en le foudroyant. Pégase fut le seul à survivre et rejoint alors les écuries divines ou devint une constellation. La créature est donc purement positive, forte et pure, fidèle alliée de l’humanité.

Cerbère

Cerbère tel qu'il est représenté dans le jeu SMITE

Cerbère tel qu’il est représenté dans le jeu SMITE

Le Cerbère vient du grec Kerberos qui donna en latin Cerberus. A peu près tous les auteurs grecs et latins le citent comme le gardien des Enfers, fils d’Echidna et de Typhon. Cerbère est un chien à trois têtes (bien plus selon Hésiode et Horace) possédant une queue de reptile, parfois avec des pattes de lion et des serpents recouvrant son corps. Il est la propriété d’Hadès (Pluton) et de Perséphone (Proserpine), les souverains du royaume infernal. Gardant l’entrée de ce monde souterrain, il accueille les âmes décédées mais menace de ses crocs les vivants voulant s’aventurer ici. La bête est réputée indomptable, cependant Héraclès (Hercule) réussit à le maîtriser lors de ses douze travaux. Orphée utilisa sa lyre pour l’endormir tandis que Psyché et Enée utilisèrent de la nourriture pour l’amadouer. Il est une créature purement maléfique mais dont le rôle est essentiel à la frontière entre le monde des vivants et celui des morts.

Python

Apollon et Python, gravure de Virgil Solis

Apollon et Python, gravure de Virgil Solis

Le nom de cette créature est le même en grec et elle est représenté généralement comme un dragon femelle aux allures très reptiliennes. Elle est la fille de Gaia. Gigantesque et abominable, Python rodait dans les grottes du Mont Parnasse près de Delphes. Son rôle était de nourrir Typhon et lui avait été donné par Héra. Lorsqu’un oracle déclara qu’il mourrait de la main d’un fils de Léto, Python tenta de tuer cette dernière, mais échoua. A peine enfant, Apollon le vaincu d’une flèche et fut ainsi maître de l’Oracle de Delphes que la bête gardait. Pour apaiser la colère de Gaia devant la mort de sa fille, Apollon créa les Jeux Pythiques.

Charybde et Scylla

Charybde et Scylla

Charybde et Scylla

Ces deux monstres constituent les acteurs d’un passage important de l’Odyssée et sont repris par Apollodore, Hygin, Ovide et Virgile dans son Enéide. Charybde était une fille de Poséidon et Gaia qui vivait près du détroit de Messine. Elle avait un appétit vorace et n’hésitait pas à voler les animaux et à les dévorer. C’est ce qu’elle fit lors du dixième travail d’Héraclès en volant une partie du troupeau de Géryon. Pour cette faute, Zeus la condamna à devenir un gouffre marin qui devait avaler tout sur son passage trois fois par jour. Scylla, quant à elle, était une nymphe qui fut changée en monstre par Circé pour une histoire de jalousie amoureuse. La pauvre Scylla devint une bête terrible : un buste et une tête de femme, des gueules de chien autour de sa taille, le bas du corps terminé par une queue de poisson, mais également douze pieds griffus et six longs cous se terminant par des gueules pleines de crocs. Elle se réfugia près d’une grotte où elle attendit le passage des bateaux pour dévorer les marins. Ulysse, lors de son voyage, choisit de se rapprocher plus de Scylla que de Charybde, croyant pouvoir la combattre. Il s’en sortit mais pas sans avoir perdu six hommes. Ce détroit est traversé par plusieurs autres héros dont Enée et les Argonautes.

Les Sirènes

Stamnos représentant Ulysse et les Sirènes (British Museum)

Stamnos représentant Ulysse et les Sirènes (British Museum)

Le terme de Sirène trouve ses racines dans le grec seireîn qui donna siren en latin. On trouve la première mention de cette créature dans l’Odyssée d’Homère, puis chez bon nombre d’auteurs grecs et romains. L’erreur commune est de confondre la sirène grecque avec la sirène de l’iconographie médiévale, une femme-poisson. Celle dont on parle ici possède un corps d’oiseau pourvu d’une tête et d’une poitrine de femme humaine. Elles vivraient au large de la Sicile et attireraient les marins de leur voix envoûtante avant de les dévorer dans une prairie jonchée d’ossements humains. Ulysse réussit à s’en détourner en s’attachant au mât de son navire et en bouchant les oreilles de ses camarades avec de la cire. Ce sont des créatures purement maléfiques, séductrices redoutables mais surtout funestes.

La Chimère

Artwork de la Chimère par RiverSpirit456

Artwork de la Chimère par RiverSpirit456

Le nom de la Chimère vient du latin Chimaera, tiré du grec khimaira voulant étonnamment dire « jeune chèvre ». Son origine est anatolienne, mais la légende se diffuse en Grèce par le biais d’Homère dans l’Iliade qui nous en parle tout autant qu’Hésiode, Ovide et Apollodore. Dans sa forme la plus admise, la Chimère est composée d’un corps de lion portant une tête de chèvre sur le dos et dont la queue est un serpent. Parfois, son corps est celui d’une chèvre ou d’un autre fauve. Tout comme Cerbère, la Chimère est l’enfant d’Echidna et de Typhon. Elle court très vite, possède une haleine de feu et est immense. Ce fut le jeune Bellérophon qui l’abattu à l’aide de Pégase. Désormais, le terme désigne toute créature hybride ou toute idée irréalisable, qui restera dans le cadre de l’imaginaire.

Les Tritons

Gravure représentant un Triton

Gravure représentant un Triton

Les Tritons sont des dérivés du dieu grec Triton, fils de Poséidon (Neptune) et d’Amphitrite. On les retrouve chez Hésiode, Apollonios de Rhodes, Ovide ou encore Pline l’Ancien. Physiquement, ce sont des hommes, souvent barbus, possédant une queue de poisson, une peau pleine d’écailles et une gueule pleine de crocs. Des sirènes masculines en quelque sorte. Ceux-ci soufflent dans une conque ou une trompe et sont autant bienfaisants que cruels. Ils sont considérés comme les Satyres des mers, accompagnant les cortèges divins.

Les Licornes

Illustration d'une Licorne dans l'Historiae Animalium

Illustration d’une Licorne dans l’Historiae Animalium

Du grec monokéros, transposé en latin unicornis, la Licorne signifie littéralement « qui n’a qu’une corne ». Une Licorne est généralement considérée comme un cheval blanc possédant une corne sur le front. Cependant, cette définition n’est pas celle du départ : Ctésias en parle comme d’un âne sauvage indien au corps blanc, à la tête pourpre et possédant une corne. De même, certains auteurs grecs comme Aristote ne lui donnent pas une forme animale précise, passant du cheval à l’âne, du cerf au porc. En réalité, la licorne est plus un animal imaginé par les voyageurs qu’une créature de mythe.

Les Dragons

Artwork d'un Dragon par Ameeeeba

Artwork d’un Dragon par Ameeeeba

Le mot Dragon vient du grec drakôn, un dérivé du verbe derkomai signifiant « regarder avec intensité ». Il est bien une créature présente dans la mythologie grecque et romaine. Cette bête, probablement la plus connue grâce à l’essor de la littérature fantastique et des folklores locaux, autant occidentaux qu’orientaux, est évoquée par plusieurs auteurs comme Aristote et Pline l’Ancien comme un animal existant réellement. Le Dragon est décrit comme un farouche reptile doté d’ailes, de griffes de lion et d’une longue queue de serpent. Suivant cette base commune, les dragons peuvent ensuite varier au niveau du nombre de têtes, de la taille ou de la forme du corps. Un autre des attributs que l’on retrouve régulièrement chez le dragon est son aptitude à cracher du feu. Son symbolisme est ambigu et peut parfois être associé à la création ou à la destruction. Il est souvent le gardien des trésors.

Les Griffons

Le Griffon tel qu'il est représenté dans le jeu World of Warcraft

Le Griffon tel qu’il est représenté dans le jeu World of Warcraft

Le mot Griffon vient du latin grypus, « oiseau fabuleux », lui-même issu du grec grups désignant précisément la créature. Le Griffon apparaît dans les récits de Pline l’Ancien mais aussi dans d’autres civilisations au Proche-Orient et en Asie. Ce monstre datant du IIIème millénaire av. J-C (tout de même !) est composé des deux animaux les plus hauts dans la chaîne alimentaire terrestre et céleste : le lion et l’aigle. De très grande taille, il vit dans la montagne ou le désert et construit son nid en utilisant l’or caché dans le sol. Dans les mythes grecs, il est le serviteur des dieux et aide les Hommes en cas de besoin. Il a tout autant une fonction de gardien (trésor, caves) que de monture céleste pouvant servir au combat. Il a donc, pour les Grecs et les Romains, une symbolique positive, ce qui n’est pas le cas pour les Chrétiens.

Bibliographie

  • Guédron Martial (dir.), Monstres, Merveilles et Créatures Fantastiques, Paris, Editions Hazan, 2011.
  • Rosen Brenda, La Bible des Créatures Mythiques, Paris, Tredaniel, 2009.
  • Wilkinson Philip (dir.), Le petit Larousse illustré des Légendes et des Mythes, Paris, Larousse, 2013.
Astérion, le Gardien du Temple, une machine géante sous la forme d'un Minotaure-Centaure, une merveille artistique à Toulouse (2018)

Astérion, le Gardien du Temple, une machine géante sous la forme d’un Minotaure-Centaure, une merveille artistique à Toulouse (2018)

Les principaux dieux grecs

Les principales divinités grecques (illustration de Dim. D et Frederico Santagati)

Les principales divinités grecques (illustration de Dim. D et Frederico Santagati)

 

La religion de la Grèce antique

La mythologie grecque (et par extension romaine) se définit par son caractère polythéiste : il y a donc plusieurs divinités. Ainsi, chaque dieu représente un aspect de la nature ou de la vie des hommes, aussi bien concernant l’inné (l’amour, le ciel, la mer, la mort, etc) que l’acquis (la guerre, la chasse, la musique, la forge, etc.). Selon la tradition, le panthéon olympien (dieux résidant au Mont Olympe) se compose de 12 dieux, mais ce nombre peut varier selon les époques (notamment Hestia et Déméter). Ces dieux sont une grande famille, du fait que que plusieurs d’entre-eux se reproduisent entre frères et sœurs. Ils descendent également parmi les mortels et engendrent des demi-dieux (Héraclès, Persée, etc.) avec des humain(es), les héros des légendes et mythes que nous connaissons tous. Il est intéressant de noter le caractère humain des dieux : c’est à dire qu’ils ne sont pas parfaits, ils ont des défauts qui les font se rapprocher des croyants. Par exemple, Zeus est un incorrigible infidèle qui se met régulièrement dans des colères noires. C’est un point important qui différencie la religion des grecs et des romains des religions que nous connaissons actuellement. L’arbre généalogique des dieux est confus, mais la plupart des liens générationnels nous sont connus. En voici  une version schématisée :

Généalogie des dieux grecs (et titans)

Généalogie des dieux grecs (et titans)

Évidemment, certains liens changent en fonction de l’auteur, comme par exemple Aphrodite, fille de Zeus chez Homère et fille d’Ouranos chez Hésiode. Comme on le voit sur le schéma, la génération précédente aux dieux olympiens (Zeus, Poséidon, Hadès, etc.) est composée de douze Titans, divinités primordiales, enfants de Gaïa (la terre) et d’Ouranos (le ciel), dont Cronos et Rhéa. Pour comprendre leur importance, il faut analyser les mythes primordiaux. La religion de Rome est un peu différente car elle se base sur l’appropriation culturelle ou plutôt l’absorption. C’est la raison pour laquelle les dieux et déesses grecs ont été adaptés à la culture romaine (changement de noms, de fonctions et de symboles) mais que beaucoup d’éléments ont été gardés (mythes, héros et symbolique globale des mythes). Les Romains ré-écrivent les mythes et les transforment dans leur propre intérêt. D’ailleurs, la religion grecque n’est pas la seule a avoir été inclue dans celle des Romains comme la mythologie égyptienne par exemple. Ce principe s’appelle le syncrétisme religieux.

 

La Cosmogonie

Au commencement est le Chaos, immensité de ténèbres. Apparaissent ensuite deux divinités : Gaïa, la mère nourricière, et Eros, « l’amour qui amollit les âmes ». Leur union engendre des multitudes de dieux et d’éléments de la nature. Tandis que du Chaos naissent Nyx, la nuit noire et Erèbe, les ténèbres, Gaïa donne naissance à Ouranos (le ciel) d’elle-même, avec qui elle s’unit. En effet, Ouranos et Gaïa sont les premiers à régner sur le monde. A la naissance de chacun de ses enfants, Ouranos les enferme dans dans le sein de Gaïa (les Titans, les Hécatonchires et les Cyclopes). Furieuse, Gaïa demande à ses enfants de se venger de leur père en construisant une faux afin de le castrer (et de le détrôner). C’est Cronos qui répond à l’appel et qui émascule son père.

La mutilation d'Ouranos par Cronos de Giorgio Vasari et Gherardi Christofano

La mutilation d’Ouranos par Cronos de Giorgio Vasari et Gherardi Christofano

Il prend donc le pouvoir, amenant les Titans, ses frères et soeurs, au sommet du pouvoir. Mais Ouranos prédit à Cronos qu’il sera, lui aussi, détrôné par son propre fils. C’est la raison pour laquelle Cronos enferme ses frères Hécatonchires et Cyclopes au Tartare et qu’il avale littéralement ses enfants au moment de leur naissance (qu’il a avec Rhéa). Lors de la sixième naissance, Rhéa décide de se jouer de Cronos afin que leur enfant vive. Elle remplace le bébé emmailloté par une pierre, et celui-ci n’y voit que du feu. Dans le même temps, elle envoie cet enfants, Zeus, en Crète afin qu’il grandisse loin de son père. Zeus accomplit alors la prophétie en faisant recracher à Cronos ses enfants et en l’envoyant, lui et ses frères Titans, au Tartare. Parallèlement, il libère les Hécatonchires et les Cyclopes. C’est ainsi que Zeus devient le roi des dieux et règne en maître sur le monde. Ce n’est, bien sûr, qu’une version simplifiée du mythe qui mérite d’être largement étoffée.

 

Le panthéon des dieux grecs

Zeus

Zeus tel qu'il est représenté dans Smite

Zeus tel qu’il est représenté dans le jeu Smite

Nommé Jupiter à Rome, Zeus est le roi des dieux, père de ces derniers ainsi que des Hommes. Il est aussi le dieu du ciel et maîtrise le tonnerre. En tant que dieu des dieux, il possède une autorité suprême sur la totalité des êtres vivants. Zeus est connu pour deux traits en particulier : il est très colérique et très coureur de jupons. Ce dernier point lui vaut d’ailleurs d’avoir des enfants aux quatre coins du monde, pour le plus grand plaisir de sa femme, Héra. Parmi ses enfants divins, nous pouvons citer Hermès, Héphaïstos, Dionysos, Athéna, Coré et Arès. Il est aussi le père de nombreux demi-dieux comme Héraclès, Persée, Minos et Rhadamanthe. Son arme de prédilection est le Foudre, qu’il obtient des Cyclopes après la Titanomachie. Ses autres attributs sont le sceptre, le trône, l’aigle et la chèvre.

 

Poséidon

Poséidon (artwork de Rod Wong)

Poséidon (artwork de Rod Wong)

Appelé Neptune chez les Romains, Poséidon est le frère de Zeus et le dieu de la mer. Du moins, c’est la définition la plus répandue des fonctions du dieu. En réalité, il est aussi dieu de la terre ! En effet, lorsque Zeus a partagé les trois royaumes entre lui et se frères, il s’est donné le ciel et a donné les Enfers à Hadès. Il reste donc la terre et la mer qui reviennent à Poséidon. C’est la raison pour laquelle il est aussi le dieu des tremblements de terre et, plus étonnant, des chevaux. Lui aussi reçoit une arme des Cyclopes : le célèbre Trident. Il est également souvent représenté chevauchant un char aquatique. Comme son frère, il est colérique et n’hésite pas à déchaîner les eaux contre ses ennemis (Ulysse en sait quelque chose). Enfin, il est le père de pas moins de 43 enfants pour 27 femmes différentes !

 

Hadès

Hadès (artwork de Woe)

Hadès (artwork de Woe)

Le dernier de cette triade divine se nomme Pluton à Rome et Hadès en Grèce. Il est le dieu/roi des Enfers (attention à ne pas le confondre avec le dieu de la mort). Son accessoire de prédilection est la Kunée, un casque d’invisibilité, conféré lui aussi par les Cyclopes. S’il inspire souvent la terreur, Hadès n’est pas un mauvais dieu, bien au contraire, néanmoins il se montre souvent sans pitié voire insensible (si l’on exclue Orphée et sa lyre…). Il est même capable d’amour comme on le voit concernant sa femme Perséphone ainsi qu’avec ses quelques aventures extra-conjugales (Menthé notamment). Un autre de ses attributs est la double-fourche, pas toujours citée ou représentée. Aux Enfers, il est assisté de plusieurs créatures ou divinités : Cerbère, Hypnos, Thanatos, les Erynies, etc. (voir l’article sur les Enfers pour plus d’informations).

 

Athéna

Statue d'Athéna

Statue d’Athéna

Athéna est la Minerve romaine, déesse de la sagesse, de la stratégie guerrière, de la justice, de l’artisanat et, comme son nom l’indique, déesse poliade protectrice de la cité d’Athènes. Elle est la fille de Zeus et de Métis (nymphe océanide) mais sa naissance est un peu particulière car elle est sortie en armes du crâne de Zeus. Athéna est une déesse vierge et l’évènement de la naissance du premier athénien n’y fait pas exception si l’on considère qu’elle n’a jamais eu de rapport avec Héphaïstos. Si Athéna est sage, elle peut aussi se montrer jalouse et cruelle lorsqu’elle n’est pas en position de victoire. Ses symboles sont la chouette et l’olivier auxquels il faut ajouter le bouclier que lui a confié Zeus, l’égide, sur lequel figure la tête de Méduse. Vous trouverez plus d »informations sur Athéna dans CET ARTICLE.

 

Apollon

Illustration du dieu Apollon

Illustration du dieu Apollon

Apollon est le dieu grec des arts (musique et poésie en tête de liste), de la raison, du Soleil et de la guérison. A Rome, on l’appelle Apollo ou Phébus. Apollon est le fils de Zeus et de Léto. Il est aussi considéré comme le dieu de la beauté masculine du fait qu’il soit décrit comme le plus beau de tous les dieux. Mais attention : il n’est en rien le dieu de l’amour ! Apollon possède plusieurs autres prérogatives comme être le dieu des oracles (celles qui prédisent l’avenir, comme à Delphes) et de la médecine (surtout à Rome). A l’inverse, il peut aussi amener la maladie : il est celui qui tire une flèche de peste sur le camp grec dans l’Iliade. Enfin, en tant que dieu des arts, il a la responsabilité des neuf muses qui l’accompagnent régulièrement lors des festivités à l’Olympe (il est donc « musagète »). Ses accessoires fétiches sont l’arc et la lyre tandis que ses attributs sont la beauté, la lumière (du soleil), le laurier et les œuvres d’art.

 

HéRA

Illustration de la déesse Héra

Illustration de la déesse Héra

Héra, ou Junon à Rome, est la femme et sœur de Zeus. Elle est la déesse du mariage, de la fécondité, des femmes et elle est la protectrice des couples mariés (notamment les femmes mariées, les « Gunè »). En tant que reine, elle possède une certaine autorité mais malheureusement pour elle, son propre marie bafoue souvent cette prérogative. Elle est souvent excédée des comportements adultères de son mari qu’elle tolère malgré elle. En revanche, elle se venge facilement : Héraclès, par exemple, en a fait les frais. En bref, il ne vaut mieux pas attirer l’attention de Zeus car c’est vous qui serez victime de la jalousie d’Héra ! Ses attributs sont le paon, la génisse, le sceptre et la couronne.

 

Artémis

Artémis (artwork de Michael C. Hayes)

Artémis (artwork de Michael C. Hayes)

La Diane romaine est l’Artémis grecque. Soeur jumelle d’Apollon, elle est donc également la fille de Zeus et de Léto. Ses fonctions n’ont en revanche rien à voir avec son frère : elle est la déesse de la chasse, de la nature sauvage et de la Lune. Très indépendante, Artémis est une chasseresse éternellement vierge qui veille sur les jeunes filles en les faisant rejoindre ses rangs. Elle a un très fort lien avec les animaux qu’elle patronne. Ses attributs sont l’arc, les flèches d’argent, la Lune, la biche et l’ours. Enfin, si la virginité la caractérise, cela ne l’empêche pas d’avoir des sentiments amoureux pour des hommes comme pour Orion.

 

Aphrodite

Aphrodite telle qu'elle est représentée dans La Naissance de Vénus de Botticelli

Aphrodite telle qu’elle est représentée dans La Naissance de Vénus de Botticelli

Aphrodite, appelée Vénus à Rome, est certes la déesse de l’amour, mais aussi de la beauté, du plaisir charnel et de la procréation. Elle est née de l’émasculation d’Ouranos : son sexe tombe dans la mer et elle nait de l’écume des vagues près de Chypre (on a connu plus glamour). Même si elle est mariée à Héphaïstos, elle a de nombreux amants comme Arès, Adonis ou Hermès dont elle a un fils célèbre : Éros. Elle possède une ribambelle d’attributs dont le coquillage, la rose, le pavot, la colombe, le cygne et le bélier.

Arès

Arès tel qu'il est représenté dans l'univers DC

Arès tel qu’il est représenté dans l’univers DC

Arès est le dieu grec de la guerre, appelé Mars à Rome. Il se différencie d’Athéna car sa guerre à lui, c’est la violence extrême, le crime de sang, la barbarie et les armes. Il est le fils de Zeus et Héra et est lui-même le père des fondateurs de Rome, Rémus et Romulus. Peu apprécié par les Grecs, il est en revanche adulé par les Romains. Ses attributs sont son armure complète, ses armes (dont le glaive), le pivert et le sanglier.

Dionysos

Dionysos (peinture du Caravage)

Dionysos (peinture du Caravage)

Vous connaissez peut être Dionysos sous le nom romain de Bacchus. Fils de Zeus et Sémélé, il a dû être caché dans la cuisse de son père avant même sa naissance, de sorte qu’Héra ne pourrait le trouver pour se venger de cette énième infidélité. Dionysos est le dieu du vin, de la fête et de la folie. Ses prêtresses sont les Bacchantes, des femmes (et parfois hommes) rendues dingues par l’abus d’alcool. A un moment donné, Dionysos a remplacé Hestia dans le panthéon canonique des dieux. Ses attributs sont la thyrse (bâton surmonté d’une pomme de pin), le raisin, la vigne et la panthère.

Hermès

Statue d'Hermès de Schwetzingen (Allemagne)

Statue d’Hermès de Schwetzingen (Allemagne)

Mercure à Rome et Hermès dans le monde grec est le dieu des voyages, du commerce et des voleurs. Il a également pour fonction principale d’être le messager des dieux. Fils de Zeus et de Maïa (fille du titan Atlas), ses deux principales qualités sont la rapidité et la ruse. Hermès est aussi l’accompagnateur des âmes décédées jusqu’aux Enfers, on l’appelle alors Hermès psychopompe. Ses attributs sont la Caducée (le sceptre entouré de deux serpents), la pétase (le chapeau rond), les sandales ailées, la bourse d’argent, le bouc, la tortue et le coq.

DÉMÉTER

Déméter (artwork de Midori Harada)

Déméter (artwork de Midori Harada)

Déméter est connue sous le nom de Cérès à Rome. Soeur de Zeus, elle est la déesse de l’agriculture avec tout ce que cela implique : céréales, fertilité, moissons, etc. Sa fille est Coré/Perséphone qu’elle a eut avec Zeus (voir Perséphone dans l’article les Enfers). Déméter joue un rôle essentiel pour les Hommes qui la prient assidument. Ses attributs sont l’épi de blé, la tourterelle et le cochon.

HÉPHAÏSTOS

Statue de Vulcain (Héphaïstos)

Statue de Vulcain (Héphaïstos)

Héphaïstos est le Vulcain romain, dieu de la forge et du feu avec lequel il peut maîtriser tous les métaux. S’il est le fils de Zeus et d’Héra, il n’en est pas pour autant aimé car il est estropié après que sa propre mère l’ai jeté de l’Olympe sur Terre. Il est marié avec Aphrodite (oui, je vous le jure) mais le couple ne fonctionne pas car madame est très infidèle. Ses attributs sont le marteau, l’enclume, la masse, l’âne et le feu.

 

Hestia

Illustration de la déesse Hestia

Illustration de la déesse Hestia

Hestia, appelée Vesta à Rome, est la déesse protectrice du foyer, symbolisé par le feu sacré qu’elle représente. Elle protège donc le feu familial et la maison et très souvent convoquée pour les rites familiaux.

Vous reconnaîtrez sans doute dans les appellations latines des dieux les noms des planètes, à savoir, dans l’ordre après le soleil : Mercure, Vénus, (la Terre), Mars, Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune et la planète considérée comme naine, Pluton. Nous pouvons aussi évoquer la planète naine Cérès. De même, les différentes lunes portent également des noms mythologiques.

 

Sources

Les sources de base sur le sujet sont :

  • Hésiode, La Théogonie,
  • Homère, L’Iliade,
  • Homère, L’Odyssée,
  • Ovide, Les Métamorphoses,
  • Virgile, L’Enéide.

Le livre Mythologie grecque et romaine de Pierre Commelin explique en détails les mythes des dieux et des héros. Pour plus de détails, l’excellent Grand dictionnaire de la mythologie grecque et romaine de Jean-Claude Belfiore.

La Guerre de Troie

Les mythes gréco-romains sont ponctués d’aventures et d’épopées réalisées par des héros, la plupart du temps des demi-dieux. Dans ces histoires, ils affrontent des monstres ou participent à des épreuves pour le pouvoir ou l’amour. Les héros sont souvent soutenus par un ou plusieurs dieux, et en même temps détestés par d’autres. Héraclès, par exemple, n’a pas du tout la faveur d’Héra. Les héros ne sont pas toujours vu comme des « bons », comme par exemple Agamemnon dans l’Iliade. Je vais tenter de vous raconter très brièvement quelques mythes afin de vous familiariser avec chacun des héros, ou du moins les plus connus.

Le croquis ci-dessous représente quelques-uns des héros présents chez Homère. De gauche à droite : Ménélas, Pâris, Diomède, Ulysse, Nestor, Achille et Agamemnon.

Les héros de Troie

Les héros de Troie

Le récit de la Guerre de Troie provient de l’Iliade d’Homère, épopée composée entre 850 et 750 av J.C. Il raconte le conflit entre les Troyens (Priam, Hector, Pâris, Enée) et les Achéens, venant de toute la Grèce (Agamemnon, Ménélas, Ulysse, Achille, Ajax, Patrocle, Diomède, Nestor). En revanche, cette oeuvre ne raconte qu’une petite partie de la guerre. Tout commence lorsque la déesse Éris, déesse de la discorde, veut se venger de ne pas avoir été conviée au banquet de l’Olympe. Elle cueille une pomme d’or du jardin des Hespérides et y grave « pour la plus belle », avant de la lancer en plein milieu de l’Olympe. Héra, Athéna et Aphrodite se réclament chacune la plus belle. Zeus ne peut pas trancher : il demande à Hermès de lui trouver l’homme le plus beau sur Terre afin que celui-ci choisisse. C’est ainsi que Pâris est choisi. C’est un troyen, exilé sur le mont Hida car il a été prédit qu’il signerait la fin de Troie. Le choix est difficile : Héra lui propose la souveraineté absolue sur l’Europe et l’Asie, Athéna la victoire de tous ses combats et Aphrodite lui offre l’amour de la plus belle femme au monde. Il choisit Aphrodite et se fait haïr par les deux autres. C’est ainsi que Pâris part trouver Hélène, fille de Zeus et de Léda, et, malheureusement pour lui, femme de Ménélas (qui est le frère d’Agamemnon).

L'enlèvement d'Hélène, Gavin Hamilton

L’enlèvement d’Hélène (G. Hamilton)

Alors que Ménélas est en voyage en Crète, Pâris séduit Hélène et l’emmène avec lui à Troie, où son père, Priam, leur donne un bon accueil. La déesse Iris prévient alors Ménélas de « l’enlèvement », et celui-ci demande l’aide de tous les grecs pour aller récupérer sa femme (pour Achille, voir article éponyme). Au moment de larguer les amarres, il n’y a pas de vent, car la déesse Artémis est en colère contre le chef des armées grecques, Agamemnon. Il décide donc de lui sacrifier sa fille en offrande (Iphigénie). Au dernier moment, Artémis revient sur ses paroles et sauve la jeune fille. En revanche, une prophétie annonce que le premier homme à fouler le sol de Troie mourra. C’est le cas de Protésilas. La guerre dure 10 ans. Durant les 9 premières années de la guerre, les grecs n’arrivent pas à prendre Troie.

Achille et Briséis (G. Cadès)

Achille et Briséis (G. Cadès)

Une querelle entre Agamemnon et Achille a lieu, car ce second désire qu’Agamemnon libère sa captive Chryséis. Celui-ci refuse, alors Apollon envoie la peste sur le camp des grecs. Achille fait pression sur Agamemnon qui accepte à une seule condition : un échange entre Chryséis et la compagne d’Achille, Briséis (on voit ici toute l’inspiration des noms…). Achille accepte à contre-cœur mais décide de ne plus se battre.

Alors que la guerre est en trêve (il y a de nombreuses trêves durant ces 10 années), Pâris propose un combat singulier à Ménélas. Le gagnant garde Hélène. Malheureusement pour les troyens, Pâris perd, mais est sauvé de la mort par Aphrodite. La trêve prend alors fin. Lors d’une bataille, Patrocle, le cousin et ami intime d’Achille, empreinte l’armure de ce dernier pour commander à ses troupes. Il réalise des exploits, mais fini tué par Hector, frère de Pâris et commandant des armées de Troie. Achille est hors de lui : il propose un combat à mort entre lui et Hector. Il tue Hector et traîne son corps derrière son char. Priam, père d’Hector et de Pâris, va secrètement chercher le corps d’Hector. Il supplie Achille de lui rendre son fils pour lui organiser des obsèques. Celui-ci accepte et l’Iliade se termine sur les funérailles d’Hector.

Achille sait que sa fin est proche, car il a appris de sa mère que son destin est tracé depuis le début, et qu’il va mourir à Troie. Apollon prend l’apparence de Pâris et décoche une flèche dans son talon, son seul point faible (les versions sur ce passage peuvent diverger). Les grecs comptaient sur la force d’Achille pour prendre Troie, ils désespèrent donc. Ulysse à l’idée de créer un cheval de bois dans lequel il est possible de cacher des hommes, afin de l’offrir aux troyens et d’attaquer la ville de l’intérieur. Croyant avoir gagné la guerre, les troyens font la fête et prennent le cheval. Les grecs sortent alors du cheval et un immense massacre commence alors, n’épargnant qu’Énée, son père Anchise et son fils qui réussissent à s’enfuir, ainsi qu’Hélène. Troie finit pillée et brûlée.

Pour plus d’informations :

- L’Iliade d’Homère et L’Enéide de Virgile.

- Les ouvrages Homère : Le Prince des Poètes, d’Alexandre Famoux et La Guerre de Troie : mythes et réalités de Nic McCarty.

- Mythologies, d’Edith Hamilton.

- Les films Troie de Wolfgang Petersen et Hélène de Troie de Robert Wise.

- Les opéras Les Troyens de Berlioz et La Belle Hélène d’Offenbach.

Pâris (Orlando Bloom) et Hélène (Diane Kruger) dans Troie

Pâris (Orlando Bloom) et Hélène (Diane Kruger) dans Troie