La Sorcière

Illustration d'une Sorcière

Illustration d’une Sorcière

Qu’est-ce qu’une sorcière ? Entre histoire et légende

Du latin sors (« sort » et « destin »), les sorcières (ou sorciers) sont des personnes démoniaques possédant les secrets de la magie. En Occident, elles sont considérées comme les femmes du démon ou du diable. Elles incarnent la nature dans son aspect occulte, mais aussi l’étrangeté qui se cache derrière les apparences. Les capacités de la sorcière sont vastes, allant du talent de lancer des sortilèges à celui de se métamorphoser à volonté pour se déguiser. Techniquement, ce sont des magiciennes dans le sens qu’elles sont liées au surnaturel, à la différence qu’elles sont clairement liées aux ténèbres, au domaine diabolique. Il est globalement admis qu’elles peuvent aussi voler à l’aide d’un balai.

Dès l’antiquité, on considère qu’il existe des sorcières en Thessalie. Elles puiseraient leur énergie magique dans la Lune qu’elles attirent près de la Terre pour augmenter leur pouvoir. Elle possède déjà des outils que l’on retrouve aujourd’hui dans nos légendes : une boule de cristal, un chaudron et un miroir magique. Déjà, ses pouvoirs sont étoffés : elle peut voir les choses que les humains ne peuvent voir grâce à sa « seconde vue », peut entrer en relation avec les morts, prédire l’avenir et revenir dans le temps. Elle fait donc office autant de diseuse de bonne-aventure, que de prêtresse, de guérisseuse et de nécromancienne.

Dans l’imaginaire populaire, la sorcière est laide, vieille et coiffée d’un chapeau pointu. Avec ses traits difformes et son nez crochu, elle fait peur à voir et se prépare toujours pour un mauvais coup, généralement armée d’un grimoire pour lancer une incantation. Il faut savoir que cette image n’est pas partagée par l’ensemble des cultures dans laquelle la sorcière apparaît. De prime abord, lorsque l’on pense aux Grecs, les belles Circé et Médée n’ont rien de la vieille et hideuse femme qui se cache sous son chapeau. Parmi les sorcières du folklore japonais, la Yama-Uba est dépeinte comme assez hideuse alors qu’une autre créature pouvant utiliser la magie, la Yuki-Onna, est d’une beauté glaciale. En Indonésie, c’est Rangda qui représente la sorcière maléfique. Elle est certes laide, mais cette fois son aspect est plus proche du monstre que d’une vieille femme. Pour plus d’informations sur Rangda, cliquez ICI.

Alors pourquoi la sorcière est-elle toujours considérée comme malfaisante ? En réalité, c’est son usage de la magie qui effraie. Déjà en Mésopotamie, la magie est divisée en deux parties : celle faisant partie des cultes (magie blanche) et celle pratiquée par les sorciers, servant à faire le mal (magie noire). La magie et ses effets ont, dans le monde grec et à Rome, été considérés au mieux comme de la charlatanerie, au pire comme un acte démoniaque. Elle était « utilisée » pour lire dans le destin ou pour entrer en transe et comprendre les secrets de la vie après la mort. Toutes sortes d’amulettes et de maléfices furent inventés pour se protéger ou maudire ses ennemis. La magie n’a donc rien à voir avec la piété religieuse (la foi) et ceci dans quasiment toutes les mythologies mondiales de même que dans les religions monothéistes actuelles.

Le Sabbat des Sorcières, Fancisco de Goya (1798)

Le Sabbat des Sorcières, Fancisco de Goya (1798)

Il est évident que la magie ou les sorcières ne sont que fiction.  Toutefois, la chasse aux sorcières a véritablement existé : les institutions religieuses chrétiennes, considérant que cette pratique ésotérique existe vraiment (en se basant sur le fait que ce n’est pas beaucoup plus incroyable que de croire en une force surnaturelle suprême ayant créé le monde) mais qu’elle ne provient pas des bienfaits de Dieu, ils ont associé la magie à Satan. Elles sont positionnées en contradiction avec la pureté de la Vierge Marie, « idéal » de la femme chrétienne. Rapidement, ce lien avec le diable devient très puissant et on considère que la sorcière est l’épouse ou l’amante de Lucifer. On leur donne pour réputation de répandre les épidémies, la famine et la mort par leur sortilèges.

Cette chasse aux sorcières a eu lieu entre 1450 et 1700, une époque où l’Église possède un immense pouvoir sur les sociétés occidentales. Concrètement, la chasse concrète a plus ou moins eu lieu entre 1560 et 1700 (comme à Salem en 1692). On estime à près de 100 000 les victimes de cette purge ! Les femmes sont les cibles de cette lutte pour plusieurs raisons : premièrement, cette époque est connue pour sa misogynie spectaculaire. Deuxièmement, selon la religion chrétienne, les femmes sont souillées de naissance par le péché originel. C’est-à-dire qu’elles payent la conduite d’Ève cueillant le fruit défendu dans le récit de la Genèse. L’imagerie du balai volant est sans doute une stigmate de ce sexisme poussé à l’extrême.

La chasse vise en particulier les femmes étranges, majoritairement les célibataires, qui pratiqueraient des rites et dont la vie quotidienne serait mystérieuse pour le reste de la population locale. On cherche sur elles les preuves de leur nature : la stigma diaboli. La technique la plus répandue est la torture qui vise à les faire avouer. Au bout d’un moment, ces innocentes femmes, à bout, avouaient être des sorcières pour ne plus avoir à souffrir. Certains penseurs mettront fin à ces affabulations en expliquant qu’il ne s’agit que de superstitions irrationnelles. Finalement, la sorcière deviendra une véritable légende de contes pendant la période romantique.

Les sorcières célèbres dans les mythes et légendes…

Il existe bon nombre de mythes et de légendes évoquant la sorcellerie, mais en voici une liste non-exhaustive.

Isis

Isis est une déesse égyptienne, sœur et épouse d’Osiris et mère d’Horus. Contrairement au stéréotype de la sorcière occidentale, Isis est de toute beauté. Elle se sert de la magie pour infliger des malédictions, mais peut également faire le bien. Dans un mythe, elle soigne un enfant piqué par un scorpion en récitant une formule magique. Elle est également métamorphe, puisqu’elle peut faire pousser des ailes sur ses bras. Isis était déjà une magicienne à la base, mais c’est en piégeant qu’elle a obtenu des pouvoirs phénoménaux. Pour plus d’informations sur ce mythe et sur Râ, cliquez ICI et pour en savoir plus sur Isis, c’est ICI.

Hécate

Hécate est une déesse grecque chthonienne associée à la Lune et à la mort. Si elle a pour fonction de relier les Enfers, la terre et le ciel, elle est aussi la déesse des ombres mortelles et de la magie noire. Hécate est la plus grande magicienne/sorcière et la maîtresse de cet art infernal. Elle est également polymorphe, pouvant arborer l’aspect d’une chimère à trois têtes : lion, chien et cheval avec un corps de femme. Hécate est liée à tous le domaine de l’ésotérisme et patronne les sorciers et sorcières.

Circé

Représentation de Circé par Soni Alcorn Hender

Représentation de Circé par Soni Alcorn Hender

Circé est un personnage de la mythologie grecque qui apparaît dans l’Odyssée d’Homère. Vivant dans le royaume d’Aea, elle est décrite comme la plus belle et dangereuse des magiciennes. Ulysse la rencontra au cours de son voyage de retour à Ithaque : il envoya des émissaires rencontrer les habitants de cette île, mais un seul revint pour lui expliquer que tous les autres avaient été changés en pourceaux par une sorcière. Ulysse se rendit au palais de Circé pour sauver ses camarades et, aidé en chemin par Hermès qui lui confia une herbe magique, il rencontra la magicienne. Il ingéra l’herbe et ainsi aucune formule magique ni potion de Circé ne pouvait rien lui faire. Impressionnée par cet homme hors du commun, la magicienne tomba amoureuse de lui. Elle libéra les hommes transformés en cochons et Ulysse resta une année entière avec elle à profiter des joies du palais et des plaisirs de la vie…

Médée

Médée est aussi un personnage provenant d’un mythe grec. Elle est la princesse de Colchide, apparaissant dans la légende de la conquête de la Toison d’Or, contant les aventures de Jason et des Argonautes. Alors que Jason et son équipage voguait vers la Colchide pour y récupérer la toison d’or, Héra convint avec Aphrodite qu’Eros tirerait une flèche d’amour dans le cœur de Médée afin qu’elle s’éprenne de Jason et ainsi qu’elle l’aide. En effet, la jeune femme était douée de magie et pourrait donner un coup de main au héros. C’est ce qu’elle fit en donnant à Jason un onguent magique le rendant invulnérable lorsqu’il était appliqué sur la peau. La magicienne s’échappa même de son royaume avec son nouvel amour en tuant son frère au passage ! Sur le voyage du retour, Médée pria les dieux infernaux de leur accorder leur protection et cela fonctionna. Cependant, à leur retour à Corinthe, Jason l’abandonna pour une autre femme. Elle entra dans une rage folle et tua la nouvelle femme de Jason en lui faisant porter une robe ensorcelée. Le mythe se termine avec Médée tuant ses propres enfants et s’enfuyant de Corinthe en femme blessée et en sorcière convaincue.

Les stryges

Les stryges sont des démons féminins, hybrides entre une femme et un oiseau. Elles font partie du bestiaire de la mythologie romaine, selon une ancienne croyance qui n’est pas grecque d’origine. Il est difficile de les mettre dans une case précise : entre sorcières et vampires, elles visent avant tout les enfants qu’elles kidnappent ou tuent en leur suçant le sang. La stryge existe également chez les Saxons et chez les Arabes (elle est identifiée à la goule).

Morgane

Morgan Le Fay, Anthony Frederick Augustus Sandys (1864)

Morgan Le Fay, Anthony Frederick Augustus Sandys (1864)

La fée Morgane est un personnage du cycle arthurien, un thème fort de la Matière de Bretagne. Elle est la demi-sœur du roi Arthur et est une magicienne qui a tout appris de Merlin. Son rôle est parfois positif, mais l’on retient essentiellement son conflit permanent avec son demi-frère. La raison est floue, mais elle pourrait détester son frère à cause des chevaliers de la table ronde qui l’auraient rejetée en termes sentimentaux. Elle cherche alors la mort de tous les personnages principaux de la légende, de Genièvre à Gauvain. Morgane utilise ses pouvoirs à des fins maléfiques, mais elle possède également des pouvoirs de guérisseuse. Son fils (ou neveu selon les texte) est Mordred, qu’elle a eu d’une relation incestueuse avec Arthur.

Grimhild

Grimhild est une sorcière apparaissant des les mythes nordiques. Cette magnifique reine, épouse du roi Gjuki, voulait absolument que le héros Siegfried épouse sa fille, Gudrun. Malheureusement, il était marié : elle lui fit donc boire une potion magique pour qu’il oublie son épouse. La sorcière ne s’arrêta pas là car elle fit tout ce qui était en son pouvoir pour que Gunnarr, son fils, se marie avec l’ex-épouse de Siegfried, Brunhild. Finalement, Brunhild, apprenant la traitrise (contrainte par la magie) de Siegfried, le tua et se donna aussi la mort. Finalement, Grimhild mourut, consumée par ses pouvoirs.

La Banshee

La banshee est une créature fantastique de la mythologie celtique d’apparence féminine et considérée comme une messagère de la mort. Elle est une sorcière démoniaque qui a la particularité de se mettre à hurler lorsque quelqu’un est sur le point de mourir. Elles sont d’une grande beauté, peuvent se métamorphoser et infliger autant de bénédictions qu’elles peuvent lâcher d’épidémies sur leurs cibles.

Baba Yaga

Baba Yaga est un personnage provenant des légendes russes et plus généralement du folklore slave. Présente dans toute l’Europe centrale sous différents noms, cette sorcière est connue pour se repaître de la chair des enfants. Son originalité est son moyen de transport : un mortier géant qu’elle dirige avec un pilon géant. Sa maison aussi est magique : montée sur des pattes de poules, Baba Yaga pouvait la lancer à la poursuite de ses victimes. Plusieurs enfants lui échappèrent par des stratagèmes et c’est à la suite de l’évasion de Vassilissa que Baba Yaga fut changée en corbeau et perdit ses pouvoirs. Selon certaines légendes, la sorcière pouvait exaucer des vœux si des roses lui étaient offertes, mais il fallait tout de même rester sur ses gardes !

Représentation de Baba Yaga dans le comics Fables

Représentation de Baba Yaga dans les comics Fables

Okuninushi

Le kami japonais Okuninushi est autant le créateur de l’agriculture et de la médecine que de la sorcellerie. Pour plus d’informations à son sujet, cliquez ICI.

… et dans la culture populaire

La fée Carabosse

La fée malfaisante Carabosse est un personnage apparaissant dans Les Contes de Ma Mère l’Oye, un recueil de contes de Charles Perrault. Cette sorcière correspond au stéréotype listé plus haut : vieille, laide, très méchante et même bossue. Carabosse est mis en opposition avec les bonnes fées (les marraines) et est ainsi à l’origine de la malédiction qui touche la princesse dans La Belle au Bois Dormant. Son histoire la rapproche de la déesse grecque de la discorde, Eris.

La sorcière d’Hansel et Gretel

Hansel et Gretel rencontrent la Sorcière

Hansel et Gretel rencontrent la Sorcière

Ce personnage provient du conte Hansel et Gretel que l’on retrouve dans le recueil des Frères GrimKinder- und Hausmärchen. L’histoire raconte comment les frères et sœurs Hansel et Gretel se retrouvent perdus dans la forêt après que leurs parents les aient abandonnés, n’ayant plus de quoi les nourrir. Les deux enfants trouvent une maison de pain d’épice et exclusivement constituée de friandises. A l’intérieur, une sorcière les accueille et leur prépare un festin. Elle révèle assez rapidement ses intentions : manger les deux enfants une fois qu’ils seront bien engraissés. Elle enferme Hansel dans une cage et oblige Gretel à cuisiner pour le faire grossir. Le jour où le garçon doit être mangé, Gretel pousse la sorcière dans le four et les enfants s’enfuient en ayant pris soin de voler les joyaux de la vieille sorcière.

Jadis, La sorcière blanche

La sorcière blanche est un personnage apparaissant dans le deuxième tome de la saga Le Monde de Narnia de C. S. Lewis. Cette magicienne millénaire, purement maléfique et toute puissante s’est autoproclamée reine de Narnia et règne depuis 100 ans lorsque les quatre héros traversent l’armoire magique. Si elle peut manipuler les forces de la glace par enchantement, d’où son nom, elle possède également des pouvoirs qui dépassent l’entendement : dans son précédent monde, elle aurait tué tous les êtres vivants d’un seul coup en prononçant un seul mot. Jadis mourut lors de la bataille de Beruna, tuée par le lion Aslan. Symboliquement, nous pouvons voir que c’est Jésus (Aslan) qui tue Satan (Jadis), l’origine de tout le mal sur Terre (Narnia).

Karaba la sorcière

La sorcière Karaba est un personnage apparaissant dans le long-métrage d’animation franco-belgo-luxembourgeois Kirikou et la Sorcière de 1998. Le film raconte comment le très jeune et minuscule Kirikou va se servir de son intelligence pour défaire la tyrannique sorcière Karaba qui utilise sa sorcellerie et ses fétiches pour asseoir son autorité. En réalité, Karaba est une ancienne victime d’une agression de la part d’un groupe d’hommes. Ils lui auraient planté une épine dans le dos qui la ferait beaucoup souffrir mais lui confierait aussi ses pouvoirs. C’est la raison pour laquelle elle transforme tous les hommes du village en fétiches. A la fin, Kirikou lui retire l’épine et ainsi répare le mal causé. C’est une allégorie : Karaba est traumatisée par un viol collectif et Kirikou l’aide à se remettre de cette épreuve. Il devient ainsi un homme, dans le sens le plus positif du terme.

De Sabrina l’apprenti Sorcière à Hermione Granger

Avec le temps, l’image de la sorcière s’est transformée au point de rendre ces personnages positifs. Elle n’est plus laide et vieille, mais jeune, jolie et souhaitant la paix avec les humains. Parfois, elle cherche à s’intégrer, comme Samantha de Ma sorcière bien aimée ou Sabrina l’apprenti sorcière. Il y a aussi les sorciers et sorcières qui vivent en autarcie, à l’écart du monde des non-magiciens et ne cherchant pas à leur faire de mal. Parmi eux, nous pouvons citer l’ensemble des élèves de Poudlard, dont la très futée Hermione Granger, mais aussi Akko Kagari de Little Witch Academia (et bien d’autres). La culture populaire, comme elle l’a fait pour les vampires et autres monstres autrefois horrifiques et sataniques, tend à rendre toutes les créatures bienfaisantes et à faire vivre le monde entier en harmonie. Une vision très moldue des choses…

Emma Watson dans le rôle d'Hermione Granger dans Harry Potter et la Chambre des Secrets

Emma Watson dans le rôle d’Hermione Granger dans Harry Potter et la Chambre des Secrets

Le Mythe de Cthulhu

Cthulhu (artwork de Fantasio)

Cthulhu (artwork de Fantasio)

L’univers de H. P. Lovecraft

Le mythe de Cthulhu est un univers d’épouvante et d’horreur sorti de l’imaginaire de l’auteur américain Howard Philips Lovecraft. Développé dans ses nombreuses nouvelles, ce mythe sera repris par beaucoup d’autres auteurs de son vivant et bien après sa mort. Pour Stephen King, il est « le plus grand artisan du récit classique d’horreur du vingtième siècle ». Cthulhu, créature démoniaque, est au centre de l’univers créé par l’auteur.

Lovecraft et ses successeurs ont créé autour de la créature une mythologie complexe d’horreurs cosmiques qui jadis gouvernaient la Terre. Les humains n’étaient que des créatures insignifiantes à côté de ces grandes puissances immortelles qui n’attendent que d’être réveillées.

« Ph’nglui mglw’nafh Cthulhu R’lyeh wgah’nagl fhtagn »

N’est pas mort ce qui à jamais dort et au long des ères étranges peut mourir même la Mort. Dans sa cité de R’lyeh, le défunt Cthulhu attend en rêvant. Le démon Cthulhu est donc la figure principale des textes de Lovecraft même si l’univers qu’il a créé s’étend à bien d’autres entités extra-terriennes.

Les mythes refont surfaces lorsque les adorateurs cherchent à obtenir des pouvoirs surhumains en entrant en contact avec les entités cosmiques, en rencontrant les créatures déjà présentes sur Terre depuis la nuit des temps ou en découvrant des reliques ancestrales : les secrets interdits d’un antique grimoire ou la malédiction d’une statuette de Grand Ancien.

Le nouvelle intitulée « L’abomination de Dunwich » résume en grande partie les thèmes fondateurs du mythe. C’est suite au vol du plus rare grimoire du mythe, le Necronomicon, que les protagonistes doivent faire face à une créature née de la fille d’un sorcier dément et d’une entité cosmique nommée Yog-Sothoth.

Le panthéon Lovecraftien

Le Panthéon créé par Lovecraft

Le Panthéon créé par Lovecraft

Les Anciens Dieux

Les Anciens Dieux qui vivent du côté de Beltégeuse et qui seraient favorables ou du moins neutres pour l’Humanité. Ils sont très mal connus et leurs noms ont été pour la plupart oubliés, seuls Bast et Nodens (seigneur du grand abîme) sont cités.

Les Grands Anciens

Les Grands Anciens sont des divinités extra-terrestres exilées aux quatre coins de l’univers, dont la Terre. Prisonniers par des sceaux divins ils attendent d’être libérés, bien que leur pouvoir leurs permet d’agir en toute capacité. Les adorateurs du Grand Cthulhu communiquent généralement avec lui par les rêves, cependant le Grand Yog-Sothoth prend parfois la liberté de quitter sa prison pour se matérialiser devant eux. Il est dit que lorsque les astres seront propices, quand ils prendront la même position qu’à leur emprisonnement, les sceaux perdront toute leur puissance. Parmi eux :

  • Azathoth, le sultan des démons
  • Cthulhu, aux facultés télépathiques impressionnantes qui peut influencer les hommes endormis
  • Hastur, l’indicible, celui qui ne doit pas être nommé
  • Nyarlathotep, le dieu aveugle
  • Yog-Sothoth, symbole du temps et de l’espace
  • Shub-Niggurath

Ils vivent cachés dans des dimensions parallèles, guettant le moment propice pour reconquérir la Terre, aidés dans leur but par des transfuges humains : les Soggoths.

Les Divinités Inférieures

D’autres au contraire sont considérés comme des divinités inférieures, par exemple :

  • Atlach-Nacha, considéré comme le souverain des araignées
  • Ghatanothoa, si hideux, que quiconque contemple est pétrifié
  • Glaaki, sage limace aux vastes connaissances
  • Ithaqua, le Marcheur du vent
  • Rhan-Tegoth, créature mi-singe, mi-insecte
  • Zhar

Et bien d’autres divinités anonymes, sans compter la multitude de peuples extra-terrestres comme les Shantaks à l’aspect d’oiseaux ou les Shans, les insectes de Shaggai.

Les Créatures

Le mythe renferme également de nombreuses créatures inférieures mais ayant peuplé la Terre bien avant les hommes.

Les Profonds

Un Profond (artwork de Pahapasi)

Un Profond (artwork de Pahapasi)

D’après la légende, les profonds, êtres amphibies immortels, vivent dans des cités sous-marines et s’accouplent avec des êtres humains pour accroître leur nombre et donner naissance à des hybrides. La plupart de ces derniers vivent dans les villes portuaires aux abords des cités. On les appelle aussi « hommes-poissons ».

« Ils étaient de couleur verdâtre et avaient le ventre blanc. Leur peau semblait luisante et lisse, mais leur échine se hérissait d’écailles. Leur corps vaguement anthropoïde se terminait par une tête de poisson aux yeux saillants toujours ouverts. Sur le côté de leur cou s’ouvraient des ouïes palpitantes et leurs longues pattes étaient palmées. Ils avançaient par bonds irréguliers, tantôt sur deux pattes, tantôt sur quatre… Leur voix coassante… avait toutes les nuances d’expression dont leur visage était dépourvu ».

H. P. Lovecraft – Le cauchemar d’Innsmouth

Les Mi-Go

Les Mi-Go, ou les Fungi de Yuggoth, sont des extra-terrestres ressemblant à de grosses abeilles. L’une des colonies principales se trouve sur la planète Yuggoth (Pluton). Plusieurs sites miniers sur Terre appartiennent aux Mi-Go, les minerais étant indispensables à leurs outils technologiques extrêmement avancés par rapport à ceux des humains. Leurs ailes ont la faculté de pouvoir les déplacer dans le vide intersidéral.

Mi-Go (artwork de Primeval Void)

Mi-Go (artwork de Primeval Void)

Les Goules

Une Goule (artwork d'Electreel)

Une Goule (artwork d’Electreel)

Enfin, les goules sont des créatures sous-terraines vivant dans les réseaux de tunnels sous les cités humaines. Créature hybride humanoïde et canidé, leur peau est verdâtre et caoutchouteuse et ils disposent de sabots et de pates griffues. Leur repas est essentiellement composé de cadavres humains arrachés aux cimetières.

« Ces personnages étaient rarement tout à fait humains, mais à l’écart présentait différents degrés, souvent ils étaient proches de l’Humanité. La plupart des corps, grossièrement bipèdes, étaient légèrement penchés en avant, et ils avaient une physionomie vaguement canine. La plupart semblaient faits d’une espèce de caoutchouc ».

H. P. Lovecraft – Le modèle Pickman

Les Lieux Iconiques

Arkham

Petite ville typique du Massachusset abritant l’université Miskatonic, lieu de culte des adorateurs.

Innsmouth

Ville portuaire à quelques heures en voiture de Arkham. Principalement peuplée d’hybrides.

Dunwich

Vallée morbide à l’ouest d’Arkham, certains habitants se prêtent à d’antiques cérémonies occultes relayant les légendes concernant Cthulhu.

Les Adaptations

Jeu de rôle et de plateau

Quatre adaptations en jeu de rôle existent :

  • Dieties & Demigods, extension du jeu Donjons & Dragons
  • L’Appel de Cthulhu, jeu devenu mythique qui en est maintenant à sa 7ème édition
  • Cthulhu D20 par Wizards of the Coast
  • The Trail of Cthulhu, traduit par 7ème Cercle en France

D’autres en jeu de plateau :

  • Cthulhu Wars par Sandy Petersen
  • Pandemic : Le règne de Cthulhu par Matt Leacock et Chuck D. Yager
  • Horreur à Arkham par Richard Launius et Kevin Wilson

Cinéma

Les grands classiques :

  • 1963, La Malédiction d’Arkham par Roger Corman, adaptation de L’Affaire Charles Dexter Ward
  • 1985, Reanimator par Stuart Gordon
  • 1986, Aux Portes de l’Au-delà par Stuart Gordon
  • 1993, Necronomicon par Brian Yuzna, Christophe Gans et Shüsuke Kaneko
  • 2001, Dagon par Stuart Gordon
  • 2003, Maléfique par Eric Valette
  • 2010-2013, Le Territoire des Ombres par José Luis Alemàn

Jeu-vidéo

Les jeux absolument incontournables pour les mordus de Cthulhu :

  • Call of Cthulhu: Dark Corners of the Earth (PC, 2009)
  • Conarium (PC, 2017)

A noter que de nombreux auteurs, dont Stephen King et Neil Gaiman, se disent avoir été fortement inspirés par les œuvres de H.P. Lovecraft. Le mythe influença également la culture populaire ainsi que le monde de la musique (compositions et pochettes d’album), notamment les groupes Metallica et Iron Maiden.

 Bibliographie

  • Allart Patrice, Guide du Mythe de Cthulhu, Paris, Les Belles Lettres, 1999.
  • Lovecraft Howard Phillips, Le Mythe de Cthulhu, recueil de nouvelles de 1928.
  • http://portes-imaginaire.org

Cet article a été entièrement rédigé par Arukādo, merci à lui !

Le Phœnix 

Un Phoenix par GENZOMAN

Un Phœnix par GENZOMAN

Le phœnix ou phénix (en grec  φοῖνιξ ou phoînix qui veut dire « pourpre » ou « oiseau fabuleux ») est une créature imaginaire que l’on retrouve dans nombre de mythes et d’œuvres littéraires. En effet, on peut retrouve cet oiseau incandescent dans les mythologies grecque, perse, chinoise, indienne ou encore amérindienne. Il change alors de nom, comme le Fenghuang en Chine. Le phœnix représente le cycle de la vie et de la mort car sa particularité est que, non content d’avoir une durée de vie exceptionnelle (plusieurs siècles), il ressuscite après chacune de ses morts. Pour cela, il se sert de son corps comme d’un combustible à sa propre chaleur et renaît de ses cendres. Bien sûr, les particularités de cette créature peuvent différer selon l’oeuvre dans laquelle il existe. Le phœnix peut également représenter un oiseau majestueux ou une personne exceptionnelle par le jeu de la métaphore, comme dans Le Corbeau et le Renard de Jean de la Fontaine : « Vous êtes le phénix des hôtes de ces bois ». Il est possible de rapprocher le phœnix de l’Oiseau de feu russe, un être à la fois synonyme de bénédiction et de malédiction pour celui qui le capture.

Œuvres littéraires dans lequel le phœnix apparaît :

  • Le Polyhistor de Solin (Caius Julius Solinus) : également appelé Collectanea Rerum Memorabiliumc’est une synthèse des données de la science antique et donc par conséquent un inventaire des animaux existant. Il n’est pas étonnant de retrouver le phoenix dans cette « encyclopédie », du fait que la religion est très présente dans les pratiques et savoirs de l’époque romaine.
  • Le bestiaire d’Aberdeen : bestiaire anglais du XIIème siècle dans lequel sont décrits tous les animaux connus à cette époque. Il est donc étrange d’y trouver une créature imaginaire mais cela prouve que la croyance en cet animal était avérée ou supposée au Moyen-Age.
Illustration du phœnix dans le bestiaire d'Aberdeen

Illustration du phœnix dans le Bestiaire d’Aberdeen

  • La Sepmaine : ou La Semaine de Création du Monde est un poème du XVIème siècle de Du Bartas. Comme son nom l’indique, il y fait une rétrospective sur la création du monde d’après la religion chrétienne. Aussi, dans le « Cinquième jour : les poissons et les oiseaux » il évoque l’oiseau de feu :

Le celeste Phœnix commença son ouvrage

Par le Phœnix terrestre, ornant d’un tel plumage

Ses membres revivans que l’annuel flambeau

De Cairan jusqu’en Fez ne void rien de plus beau.

  • Plusieurs oeuvres du XVIIIème siècle comme La Princesse de Babylone de Voltaire, dans lequel un char est porté par des licornes et escorté d’un phœnix.
  • La saga fantastique Harry Potter de J.K. Rowling dans laquelle apparaît l’oiseau magique Fumseck, compagnon d’Albus Dumbledore, directeur de l’école Poudlard. Son importance est telle que les baguettes magiques du héros et de son Némésis sont faites à partir de plumes du phœnix en question. De plus, le cinquième tome de la saga porte le titre de L’Ordre du Phœnix. Dans l’univers d’Harry Potter, le phœnix est capable de soigner n’importe quelle blessure à l’aide de ses larmes et son chant peut redonner courage.
Illustration représentant le phœnix Fumseck combattant le Basilic dans Harry Potter et la CHambre des Secrets

Illustration représentant le phœnix Fumseck combattant le Basilic dans Harry Potter et la Chambre des Secrets

Pour plus d’informations :

Le grand livre des créatures fantastiques de Ivan Bagy ou Le mythe du phénix dans les littératures grecque et latine de Jean Hubaux et Maxime Leroy ou encore Les Animaux fantastiques: Vie et habitat des Animaux fantastiques de J. K. Rowling pour l’univers de Harry Potter.

Illustration d'un phoenix

Illustration d’un phœnix

 

 

Le Roi Arthur et le Saint Graal

Le Roi Arthur

Le Roi Arthur

Arthur Pendragon est un roi inspiré d’une légende et du folklore britannique. L’existence de ce seigneur breton n’est absolument pas attestée, et diverses hypothèses demeurent sans réelle conclusion, mais ce personnage apparaît dans plusieurs textes appelés la « Matière de Bretagne », comme par exemple Historia Regum Britanniae (Histoire des Rois de Bretagne) de Geoffroy de Monmouth qui entérine de façon mystique la lignée des rois de l’île, ou encore Le Roman de Brut de Robert Wace qui évoque la table ronde. Il n’existe pas de version unique des événements racontés, c’est pourquoi l’histoire d’Arthur est confuse, mais certains éléments sont récurrents.

Arthur naît entre 456 et 492 dans la presqu’île de Tintagel. Il est le fils d’Uther Pendragon, roi des Bretons et d’Ygraine, la veuve du duc de Cornouailles. Il a 2 sœurs (ou demi-sœurs) : Morgause, reine d’Orcanie et la Fée Morgane. Vers 485, Uther meurt, laissant la place à Arthur qui monte sur le trône entre 460 et 510. Il se marie avec Guenièvre, fille du roi de Carmélide. Arthur est très célèbre car, selon la légende, il réunie tous les peuples de Bretagne sous son égide, ce qui est exceptionnel (bien que très peu probable).

C’est grâce à Merlin, un magicien, qu’Arthur naît et devient roi de Bretagne alors même que sa naissance est illégitime. C’est aussi Merlin qui suggère à Uther Pandragon de construire la table ronde, qui passe ensuite dans les mains du roi de Carmélide, Léodagan, pour enfin devenir la dot de mariage de la future reine Guenièvre. Le fait que cette table soit ronde est expliqué dans La Quête du Saint-Graal :

« Elle est, en effet, appelée Table ronde parce qu’elle signe la rotondité du monde et le cours des planètes et des éléments du firmament dans lequel on peut voir les étoiles et les autres astres. Aussi peut-on à juste titre affirmer que la Table ronde représente le monde. »

Représentation de la table ronde par Evrard d'Espinques

Représentation de la table ronde par Evrard d’Espinques

Arthur rassemble des chevaliers comme Lancelot, Gauvain, Perceval (etc) et réunit l’assemblée à Camelot. Ensemble, ils participent à des quêtes mythiques et notamment celle du Saint-Graal. Dans Merlin de Robert de Boron, on peut lire qu’Arthur obtient le trône grâce au fait qu’il retire d’un rocher (ou enclume) une épée, symbole qu’il est le roi choisit par les dieux. Cette épée est Excalibur. Dans certains récits, cette épée lui est donnée par la Dame du Lac (ou fée Viviane). Elle permet de trancher n’importe quoi et octroie à son porteur l’invincibilité. Plusieurs textes racontent que Lancelot et Guenièvre ont une aventure et qu’elle peut d’ailleurs être la cause de la chute de Camelot.

Le roi Arthur meurt durant la bataille de Camlann contre son fils incestueux Mordred (d’une des 2 sœurs). Il est alors enterré à Avalon.

Le Saint Graal

Le Saint Graal

Qu’est-ce que la légende du Graal ?

La coupe du Graal est un récipient taillé par les anges dans l’émeraude tombée du front de Lucifer (Satan) lors de sa chute. Elle est ensuite confiée à Adam, qui la perd après le péché originel. Elle parvient ensuite au Christ. C’est ce calice donc il se sert durant la Cène (voir La Sainte Bible) et que Joseph d’Arimathie utilise pour recueillir le sang de Jésus. Joseph transmet ensuite ce calice à son beau-frère, puis il se transmet au fils qui l’emporte aux « Vaux d’Avaron », endroit interprété comme étant l’île d’Avalon. Ce Saint Graal ne peut être trouvé que par un être pur et sa découverte annonce la fin des temps aventureux ainsi que l’instauration directe du christianisme en Bretagne s’il est posé au centre de la table ronde. Dans Perceval ou le Conte du Graal de Chrétien de Troyes, l’objet est finalement trouvé par Perceval, Bohort (fils du 1er Bohort) et Galahad (fils de Lancelot).

Perceval, Bohort et Galahad découvrent le Saint Graal

Perceval, Bohort et Galahad découvrent le Saint Graal

Pour plus d’informations :

- Le Dictionnaire des mythes littéraires de Pierre Brunel, Arthur et la Table ronde d’Anne Berthelot ou encore La Légende arthurienne et le Graal de Jean Marx.

- La série française Kaamelott d’Alexandre Astier qui raconte de manière comique les aventures d’Arthur et des chevaliers ou la série fantastique Merlin de Bradley James.

- Les films Le Roi Arthur d’Antoine Fuqua, Perceval le Gallois d’Eric Rohmer ou encore Lancelot, le premier chevalier de Jerry Zucker.

Arthur (Alexandre Astier) et ses chevaliers dans Kaamelott

Arthur (Alexandre Astier) et ses chevaliers dans Kaamelott