Les origines de Creative Commons

Les Creative Commons ont été fondé par Lawrence Lessig et James Boyle.

L’approche des Creative Commons ne peut se comprendre sans retracer le
découragement qui monte à la fin du 20ème siècle chez les dénonciateurs de “la
seconde tragédie des enclosures” ou “la tragédie des anti-communs”. Bien qu’ayant
construit une dénonciation critique convaincante des effets nuisibles de l’extension et
du durcissement tous azimuts des brevets, du copyright et de son exécution
technique, ils voient cette extension et ce durcissement continuer sans parvenir à s’y
opposer, avec la montée en puissance des brevets logiciels, le Digital Millenium
Copyright Act (DMCA), une nouvelle extension de la durée du copyright et divers
textes ou développements techniques plus restrictifs encore. James
Boyle et Lawrence Lessig réalisent qu’au delà de phénomènes institutionnels, la
faiblesse de la résistance s’explique aussi par le fait qu’elle oppose du “possible
virtuel” à du présent bien réel.

Lawrence Lessig:Lawrence Lessig

Lawrence Lessig est un juriste, philosophe et innovateur,
formé à l’université de Pennsylvania, à Trinity College,
Cambridge (UK) et à Yale. Son parcours politique, juridique et
philosophique éclaire le projet même des Creative Commons.
Jeune républicain “à principes”, attaché aux libertés
fondamentales des personnes et aux liens entre ces libertés
et un intérêt public supérieur, il développe son approche
propre des révolutions informationnelles en remarquant que
le développement concret d’un nouveau domaine
d’applications et d’activités se déroule au croisement de 4
facteurs : les lois, les normes sociales acceptées pour les
comportements, l’architecture technique, et les marchés, et se
convainc de l’importance d’un équilibre et arbitrage entre ce
qui relève de chacun de ces domaines.

James Boyle:James Boyle

Juriste d’origine britannique, aujourd’hui professeur à Duke University où il dirige le
Center for Study of the Public Domain, James Boyle est en réalité la source fondamentale de
l’école américaine de dénonciation de la tragédie des enclosures du domaine public
de l’information. Dès 1992, il publie un article
4 dans lequel il jette les bases de cette
dénonciation, et met en cause ce qu’il appelle “the ideology of authorship”. Par la
suite, James Boyle développe une théorie positive des “domaines publics”, qui est
marquante par plusieurs aspects :
• la mise au jour du caractère volontaire (et non plus
de rebut où les oeuvres « tombent dans le
domaine public » après extinction des droits) de
grandes parts des domaines publics,
• la reconnaissance de la pluralité des domaines
publics, avec des distinctions portant sur la nature
des entités informationnelles qui les composent et
la nature de leurs processus de production et
d’usage, distinctions qui justifient (voir plus loin) la
diversité des licences Creative Commons
• l’affirmation du caractère pivotal, fondateur d’une
recomposition culturelle du concept de domaine
public (qui se fondra plus tard dans celui de
commons), dont James Boyle affirme qu’il joue
dans le champ de l’information le même rôle que le concept d’environnement dans
la naissance d’une ère écologique.
James Boyle est donc la véritable source d’un aspect fondamental des Creative
Commons : la volonté de fédérer dans une approche commune des processus
d’(auto)-production et d’échanges, tout en reconnaissant leur diversité, et le besoin de
considérer leur conditions d’existence.

Sources : wikipédia & vecam.org