Introduction au système linguistique latin

Avant toutes choses il faut dédramatiser le latin. Bien sûr, ça n’est pas totalement simple mais ça n’est tout de même pas plus ardu que n’importe quel autre apprentissage linguistique. Le plus important en fait, c’est de comprendre que le système latin est extrêmement logique. Voilà, dites-vous que chaque élément se compose de plusieurs pièces. Comme si vous aviez un mur de lego dont vous pourriez changer les pièces en fonction de ce que vous voulez dire. Par exemple, si en français le mot « rose » garde la même forme quelque soit sa fonction dans le phrase, en latin, on trouvera un radical auquel on appliquera différentes désinences que le nom soit sujet ou complément d’objet.

Ex.: Do rosam: « Je donne une rose » et Bella rosa est: « La rose est belle »
Dans un cas le nom « rose » est complément d’objet et il se termine par -am et dans le second il est sujet et se termine par -a.

On appelle ce système un système casuel. En effet, comme la phrase latine ne répond pas à un ordre particulier et n’utilise que très peu les articles, le latin a recours à des cas pour identifier le rôle des mots dans la phrase. À chaque cas correspond plusieurs fonctions en général dont nous vous citerons les principales. Le premier cas est le nominatif. Il est employé pour exprimer la fonction de sujet et d’attribut de sujet. Vient ensuite le vocatif, souvent semblable au nominatif puisqu’il est employé pour la fonction d’apostrophe. L’accusatif, lui, est le plus souvent utilisé pour la fonction complément d’objet direct et, de ce fait, se trouve aux alentours des verbes transitifs. En quatrième position se trouve le génitif auquel on doit la fonction complément du nom. S’en suit le datif, le plus souvent complément d’objet indirect, et l’ablatif, complément circonstanciel.

Lorsque l’on apprend un mot de vocabulaire en latin on apprend toujours deux cas: le nominatif et le génitif. Ainsi, on ne trouvera pas rosa: la rose mais rosa, rosae, f.: la rose et de même, lupus, lupi, m.:le loup. Comme les mots changent de forme en fonction des cas on parle de déclinaison, on dit que le mot se décline. Seulement, les mots ne suivent pas tous le même modèle. Vous le constatez vous-même: entre rosa, rosae et lupus, lupi on ne trouve pas de ressemblances. En revanche, entre rosa, rosae et nauta, nautae, m.: le marin, on note une similitude. De même qu’en français on a différents groupes de verbes, en latin on a cinq déclinaisons. On identifie la déclinaison à laquelle appartient un mot en fonction de son génitif: s’il est en -ae c’est que c’est un mot de la première déclinaison, s’il est -i c’est un mot de la deuxième déclinaison, en -is de la troisième déclinaison, en -us de la quatrième déclinaison et enfin, en -ei de la cinquième déclinaison. On trouve par ailleurs quelques astuces pour se simplifier l’apprentissage des déclinaisons:
• Le nominatif et le vocatif (singulier et pluriel) sont toujours identiques SAUF au singulier de la deuxième déclinaison (ex.: nom. rosa, voc. rosa) ;
• Le datif et l’ablatif pluriels sont toujours identiques(ex.: dat. rosis, abl. rosis);
• Les mots neutres ont la même forme au nominatif, vocatif et accusatif (ex.: singulier nom. voc. acc. templum / pluriel nom. voc. acc. templa).

Maintenant que vous avez en main quelques éléments fondamentaux pour comprendre le système linguistique latin, nous vous invitons à découvrir la première et la deuxième déclinaison.

La 2ème déclinaison

Passons à la deuxième déclinaison !
Un court rappel sur ce qu’est une déclinaison pour les petits malins qui ne sont pas allés consulter la première. Une déclinaison c’est une flexion que prennent les noms, pronoms et adjectifs selon les cas, c’est-à-dire selon la fonction qu’ils occupent dans la phrase. En latin, il existe 5 déclinaisons, qu’on différencie au génitif:
La première déclinaison a un génitif en -ae
La seconde déclinaison a un génitif en -i
La troisième déclinaison a un génitif en -is
La quatrième déclinaison a un génitif en -us
la cinquième déclinaison a un génitif en -ei

Bon si vous connaissez la première vous connaissez déjà presque la deuxième ! Si elle vous est inconnue, après avoir lu les quelques phrases qui vont suivre vous serez déjà bien initiés.

Au singulier, facile, le datif et l’ablatif sont en -o
Vous noter que, comme pour la première déclinaison l’accusatif est marqué par un -m. Ici la désinence n’est pas -am mais -um.
Attention ! Seule petite difficulté que vous apprendrez très vite : le nominatif et le vocatif n’ont pas la même désinence au masculin singulier.
Au pluriel, encore plus simple, le nominatif et le vocatif sont en -i et le datif et l’ ablatif en -is.
Vous remarquez que, comme dans la première déclinaison l’accusatif est marqué d’un -s et le génitif d’un -rum au pluriel. Seule différence, la lettre entre le radical et la désinence: au lieu d’un -a vous trouvez un -o, ce qui vous fait -os et -orum.
De même que pour la première déclinaison, on suit un modèle pour retenir les désinences. Ici, on trouve généralement lupus, lupi, m.: le loup ou dominus, domini, m.: le maître.

Singulier

Pluriel

Nom.

Domin-US

Domin-I

Voc.

Domin-E

Domin-I

Acc.

Domin-UM

Domin-OS

Gén.

Domin-I

Domin-ORUM

Dat.

Domin-O

Domin-IS

Abl.

Domin-O

Domin-IS

Attention! Il ne faut pas oublier que la déclinaison du mot se fait sur la base du radical que l’on trouve au génitif et non au nominatif. Voici un exemple de cette subtile nuance avec le mot ager, agri, m.: le champ:

Singulier

Pluriel

Nom.

Ager

Agr-I

Voc.

Ager

Agr-I

Acc.

Agr-UM

Agr-OS

Gén.

Agr-I

Agr-ORUM

Dat.

Agr-O

Agr-IS

Abl.

Agr-O

Agr-IS 

Maintenant que vous êtes au top sur ce modèle compliquons un peu !
Il ne faut pas oublier qu’en Latin il existe trois genres : le féminin, le masculin et le NEUTRE.
Ne faites pas les gros yeux, ce neutre est bien pratique ! Et même parfois cela semble plus cohérent. Car en effet, dans notre langue française on trouve quelques absurdités. Pourquoi « un temple » est masculin ? Ce n’est pas un animé humain et pourtant nous lui attribuons un genre masculin. Le Latin est bien plus intelligent, il a créé un genre qui n’est ni masculin, ni féminin ! De surcroît il est bien plus facile à décliner que les deux premiers puisque les trois premiers cas sont toujours identiques et qu’ensuite les autres suivent le modèle que l’on vient de présenter ci-dessus. Voici l’exemple le plus courant: templum, templi, n.: le temple.

Singulier

Pluriel

Nom.

Templum

Templ-A

Voc.

Templum

Templ-A

Acc.

Templum

Templ-A

Gén.

Templ-I

Templ-ORUM

Dat.

Templ-O

Templ-IS

Abl.

Templ-O

Templ-IS

Alors c’est si compliqué que ça ? A mon avis vous brûlez d’envie de passer à la troisième !