Introduction à la conjugaison latine

Pour comprendre la conjugaison latine il faut avant tout savoir ce que sont les temps primitifs. Lorsque l’on apprend un verbe latin on ne peut pas se contenter d’apprendre son infinif comme en français, c’est pourquoi dans un dictionnaire latin on ne trouvera pas seulement amare mais bien amo, amas, amare, amaui, amatum: aimer.

  • La première forme correspond à la première personne du singulier au présent de l’indicatif actif.
  • La seconde forme équivaut à la deuxième personne du singulier au présent de l’indicatif actif.
  • La troisième forme est l’infinitif présent actif du verbe.
  • La quatrième forme correspond à la première personne du singulier au parfait actif.
  • La cinquième forme enfin n’est autre que le participe parfait du verbe.

Cela peut sembler éreintant d’apprendre toutes ces formes mais c’est surtout indispensable parce que chacune d’elles est une information précieuse dans la construction de la conjugaison. En effet, avec les trois premières formes on obtient le radical de l’infectum nécessaire pour conjuguer le présent, l’imparfait et le futur. Pour se faire on retire la désinence -o de la première forme, la désinence -s à la seconde et le suffixe -re à la troisième. Avec notre exemple on à donc le thème d’infectum ama-. La quatrième forme permet d’obtenir le thème du perfectum qui sert de base à la conjugaison du parfait, plus-que-parfait et futur antérieur à l’actif. Pour trouver le thème on soustrait à la forme la désinence du parfait -i. Ici, on obtient donc amau- comme thème de perfectum. Enfin, la cinquième forme, le supin, sert, entre autres, à la construction du passif.

Pour finir, il faut savoir qu’en latin il existe cinq conjugaisons:

  • La première suit le modèle:  Amo, amas, amare, amaui, amatum : aimer.
  • La seconde: Moneo, mones,monere, monui, monitum : avertir
  • La troisième: Mitto, mittis, mittere, misi, missum : envoyer
  • La troisième mixte: Capio, capis, ere, cepi, captum : prendre
  • La quatrième: Audio, audis, audire, audiui, auditum : entendre
De même qu’en français, il est nécessaire de reconnaître à quelle conjugaison appartient un verbe pour le conjuguer correctement.

Les temps du perfectum

Le perfectum, est le thème latin employé pour parler d’une action terminée, achevée. Il sert à conjuguer le parfait, le plus-que-parfait et le futur antérieur. Oui je sais, ce ne sont pas des temps que vous utilisez tous les jours, mais je vous jure qu’ils peuvent servir !

Le thème du perfectum se forme à partir de la base de la quatrième forme du verbe sans la désinence. Autrement dit, lorsqu’on vous donne amo, amas, amare, amaui, amatum la base sur laquelle vous allez ajouter les désinences correspondant aux différents temps du perfectum sera amau-

Une fois que vous avez votre radical c’est une vraie partie de plaisir ! Le Latin ne se casse pas la tête : pas de passé simple et de passé composé mais un temps qui regroupe les deux. Que demander de plus ?! C’est parfait ! Et oui, c’est bien le nom qu’on lui donne, le parfait. Pour le construire c’est un jeu d’enfant vous n’avez qu’à ajouter à votre base les désinences du parfait:
1ère personne du singulier      -i
2ème personne du singulier    -isti
3ème personne du singulier    -it
1ère personne du pluriel         -imus
2ème personne du pluriel        -istis
3ème personne du pluriel        -erunt

Ensuite pour former le plus-que-parfait et le futur antérieur il vous suffit de connaître le verbe être (sum, es, esse, fui) à l’imparfait (eram, eras, erat, eramus, eratis, erant) et au futur (ero, eris, erit, erimus, eritis, erunt).

Grâce à l’imparfait vous allez pouvoir former le plus-que-parfait : amau-eram, amau-eras, amau-erat, amau-eramus, amau-eratis, amau-erant.

Grâce au futur vous allez pouvoir former le futur antérieur: amau-ero, amau-eris, amau-erit, amau-erimus, amau-eritis, amau-erint.

Attention! tout de même à la troisième personne du pluriel, la désinence n’est pas -erunt mais -erint car autrement la forme aurait été la même que celle du parfait.

Et voilà ! Vous savez tout ! Enfin presque, mais c’est encourageant de voir que c’est n’est pas si compliqué, n’est-ce pas ?

Parfait

Plus-que-parfait

Futur antérieur

Amau -

amau-i

amau-isti

amau-it

amau-imus

amau-istis

amau-erunt

amau-era-m

amau-era-s

amau-era-t

amau-era-mus

amau-era-tis

amau-era-nt

amau-ero

amau-eri-s

amau-eri-t

amau-eri-mus

amau-eri-tis

amau-eri-nt

Monu -

monu-i

monu-isti

monu-it

monu-imus

monu-istis

monu-erunt

monu-era-m

monu-era-s

monu-era-t

monu-era-mus

monu-era-tis

monu-era-nt

monu-ero

monu-eri-s

monu-eri-t

monu-eri-mus

monu-eri-tis

monu-eri-nt

Mis -

mis-i

mis-isti

mis-it

mis-imus

mis-istis

mis-erunt

mis-era-m

mis-era-s

mis-era-t

mis-era-mus

mis-era-tis

mis-era-nt

mis-ero

mis-eri-s

mis-eri-t

mis-eri-mus

mis-eri-tis

mis-eri-nt

Cep -

cep-i

cep-isti

cep-it

cep-imus

cep-istis

cep-erunt

cep-era-m

cep-era-s

cep-era-t

cep-era-mus

cep-era-tis

cep-era-nt

cep-ero

cep-eri-s

cep-eri-t

cep-eri-mus

cep-eri-tis

cep-eri-nt

Audiu –

audiu-i

audiu-isti

audiu-it

audiu-imus

audiu-istis

audiu-erunt

audiu-era-m

audiu-era-s

audiu-era-t

audiu-era-mus

audiu-era-tis

audiu-era-nt

audiu-ero

audiu-eri-s

audiu-eri-t

audiu-eri-mus

audiu-eri-tis

audiu-eri-nt

 

 

Les temps de l’infectum

L‘infectum, est le thème latin employé pour parler d’une action en cours. Il sert à conjuguer :
- le présent de l’indicatif, du subjonctif, de l’impératif et du participe
- l’imparfait de l’indicatif et du subjonctif
- le futur de l’indicatif et de l’impératif.

Le thème de l’infectum se forme à partir de la base du verbe sans les désinences (il faut prendre les 3 premières formes du verbe et en retirer la désinence).

Voici les désinences actives qui servent à la conjugaison du présent, de l’imparfait et du futur à l’actif:
1ère personne du singulier      -o/m
2ème personne du singulier    -s
3ème personne du singulier    -t
1ère personne du pluriel         -mus
2ème personne du pluriel        -tis
3ème personne du pluriel        -nt

Le présent se forme sur le thème de l’infectum auquel on ajoute les désinences actives.

L’imparfait se forme sur le thème de l’infectum auquel on ajoute ba pour la première et la seconde conjugaison et eba pour les trois autres. Enfin, à cette construction on ajoute les désinences actives.

Le futur se forme de la manière suivante:

  • Pour la première et la deuxième conjugaison: on prend le thème de l’infectum auquel on ajoute bo pour la première personne du singulier, pour les quatre personnes suivantes bi suivi des désinences actives  et pour la trosième personne du pluriel bu plus -nt.
  • Pour la troisième, troisième mixte et quatrième conjugaison: on ajoute à l’infectum un a à la première personne du singulier et un e aux autres personnes puis les désinences actives.

Voici un tableau récapitulatif avec les modèles de chaque conjugaison:

Présent

Imparfait

Futur

Ama -

amo

ama-s

ama-t

ama-mus

ama-tis

ama-nt

ama-ba-m

ama-ba-s

ama-ba-t

ama-ba-mus

ama-ba-tis

ama-ba-nt

ama-bo

ama-bi-s

ama-bi-t

ama-bi-mus

ama-bi-tis

ama-bu-nt

Mone -

mone-o

mone-s

mone-t

mone-mus

mone-tis

mone-nt

mone-ba-m

mone-ba-s

mone-ba-t

mone-ba-mus

mone-ba-tis

mone-ba-nt

mone-bo

mone-bi-s

mone-bi-t

mone-bi-mus

mone-bi-tis

mone-bu-nt

Mitt -

mitt-o

mitti-s

mitti-t

mitti-mus

mitti-tis

mitt-unt

mitt-eba-m

mitt-eba-s

mitt-eba-t

mitt-eba-mus

mitt-eba-tis

mitt-eba-nt

mitt-a-m

mitt-e-s

mitt-e-t

mitt-e-mus

mitt-e-tis

mitt-e-nt

Capi -

capi-o

capi-s

capi-t

capi-mus

capi-tis

capi-unt

capi-eba-m

capi-eba-s

capi-eba-t

capi-eba-mus

capi-eba-tis

capi-eba-nt

capi-a-m

capi-e-s

capi-e-t

capi-e-mus

capi-e-tis

capi-e-nt

Audi –

audi-o

audi-s

audi-t

audi-mus

audi-tis

audi-unt

audi-eba-m

audi-eba-s

audi-eba-t

audi-eba-mus

audi-eba-tis

audi-eba-nt

audi-a-m

audi-e-s

audi-e-t

audi-e-mus

audi-e-tis

audi-e-nt

 

Introduction au système linguistique latin

Avant toutes choses il faut dédramatiser le latin. Bien sûr, ça n’est pas totalement simple mais ça n’est tout de même pas plus ardu que n’importe quel autre apprentissage linguistique. Le plus important en fait, c’est de comprendre que le système latin est extrêmement logique. Voilà, dites-vous que chaque élément se compose de plusieurs pièces. Comme si vous aviez un mur de lego dont vous pourriez changer les pièces en fonction de ce que vous voulez dire. Par exemple, si en français le mot « rose » garde la même forme quelque soit sa fonction dans le phrase, en latin, on trouvera un radical auquel on appliquera différentes désinences que le nom soit sujet ou complément d’objet.

Ex.: Do rosam: « Je donne une rose » et Bella rosa est: « La rose est belle »
Dans un cas le nom « rose » est complément d’objet et il se termine par -am et dans le second il est sujet et se termine par -a.

On appelle ce système un système casuel. En effet, comme la phrase latine ne répond pas à un ordre particulier et n’utilise que très peu les articles, le latin a recours à des cas pour identifier le rôle des mots dans la phrase. À chaque cas correspond plusieurs fonctions en général dont nous vous citerons les principales. Le premier cas est le nominatif. Il est employé pour exprimer la fonction de sujet et d’attribut de sujet. Vient ensuite le vocatif, souvent semblable au nominatif puisqu’il est employé pour la fonction d’apostrophe. L’accusatif, lui, est le plus souvent utilisé pour la fonction complément d’objet direct et, de ce fait, se trouve aux alentours des verbes transitifs. En quatrième position se trouve le génitif auquel on doit la fonction complément du nom. S’en suit le datif, le plus souvent complément d’objet indirect, et l’ablatif, complément circonstanciel.

Lorsque l’on apprend un mot de vocabulaire en latin on apprend toujours deux cas: le nominatif et le génitif. Ainsi, on ne trouvera pas rosa: la rose mais rosa, rosae, f.: la rose et de même, lupus, lupi, m.:le loup. Comme les mots changent de forme en fonction des cas on parle de déclinaison, on dit que le mot se décline. Seulement, les mots ne suivent pas tous le même modèle. Vous le constatez vous-même: entre rosa, rosae et lupus, lupi on ne trouve pas de ressemblances. En revanche, entre rosa, rosae et nauta, nautae, m.: le marin, on note une similitude. De même qu’en français on a différents groupes de verbes, en latin on a cinq déclinaisons. On identifie la déclinaison à laquelle appartient un mot en fonction de son génitif: s’il est en -ae c’est que c’est un mot de la première déclinaison, s’il est -i c’est un mot de la deuxième déclinaison, en -is de la troisième déclinaison, en -us de la quatrième déclinaison et enfin, en -ei de la cinquième déclinaison. On trouve par ailleurs quelques astuces pour se simplifier l’apprentissage des déclinaisons:
• Le nominatif et le vocatif (singulier et pluriel) sont toujours identiques SAUF au singulier de la deuxième déclinaison (ex.: nom. rosa, voc. rosa) ;
• Le datif et l’ablatif pluriels sont toujours identiques(ex.: dat. rosis, abl. rosis);
• Les mots neutres ont la même forme au nominatif, vocatif et accusatif (ex.: singulier nom. voc. acc. templum / pluriel nom. voc. acc. templa).

Maintenant que vous avez en main quelques éléments fondamentaux pour comprendre le système linguistique latin, nous vous invitons à découvrir la première et la deuxième déclinaison.

La 1ère déclinaison

Tout d’abord, petit rappel sur ce qu’est une déclinaison. Une déclinaison c’est une flexion que prennent les noms, pronoms et adjectifs selon les cas, c’est-à-dire selon la fonction qu’ils occupent dans la phrase. En latin, il existe 5 déclinaisons, qu’on différencie au génitif:
La première déclinaison a un génitif en -ae
La seconde déclinaison a un génitif en -i
La troisième déclinaison a un génitif en -is
La quatrième déclinaison a un génitif en -us
La cinquième déclinaison a un génitif en -ei

Nous allons traiter ici de la première déclinaison. Cette déclinaison s’applique majoritairement aux noms féminins sauf exceptions, telles que les noms de fleuves et de métiers ainsi : poeta,poetae: le poète; Aenas, Aenae: Enée; nauta,nautae: le matelot; incola,incolae: l’habitant; aduena,aduenae : l’étranger et agricola,agricolae: l’agriculteur sont des noms masculins de la première déclinaison.

Singulier

Pluriel

Nominatif

Ros-A

Ros-AE

Vocatif

Ros-A

Ros-AE

Accusatif

Ros-AM

Ros-AS

Génitif

Ros-AE

Ros-ARUM

Datif

Ros-AE

Ros-IS

Ablatif

Ros-A

Ros-IS

La 2ème déclinaison

Passons à la deuxième déclinaison !
Un court rappel sur ce qu’est une déclinaison pour les petits malins qui ne sont pas allés consulter la première. Une déclinaison c’est une flexion que prennent les noms, pronoms et adjectifs selon les cas, c’est-à-dire selon la fonction qu’ils occupent dans la phrase. En latin, il existe 5 déclinaisons, qu’on différencie au génitif:
La première déclinaison a un génitif en -ae
La seconde déclinaison a un génitif en -i
La troisième déclinaison a un génitif en -is
La quatrième déclinaison a un génitif en -us
la cinquième déclinaison a un génitif en -ei

Bon si vous connaissez la première vous connaissez déjà presque la deuxième ! Si elle vous est inconnue, après avoir lu les quelques phrases qui vont suivre vous serez déjà bien initiés.

Au singulier, facile, le datif et l’ablatif sont en -o
Vous noter que, comme pour la première déclinaison l’accusatif est marqué par un -m. Ici la désinence n’est pas -am mais -um.
Attention ! Seule petite difficulté que vous apprendrez très vite : le nominatif et le vocatif n’ont pas la même désinence au masculin singulier.
Au pluriel, encore plus simple, le nominatif et le vocatif sont en -i et le datif et l’ ablatif en -is.
Vous remarquez que, comme dans la première déclinaison l’accusatif est marqué d’un -s et le génitif d’un -rum au pluriel. Seule différence, la lettre entre le radical et la désinence: au lieu d’un -a vous trouvez un -o, ce qui vous fait -os et -orum.
De même que pour la première déclinaison, on suit un modèle pour retenir les désinences. Ici, on trouve généralement lupus, lupi, m.: le loup ou dominus, domini, m.: le maître.

Singulier

Pluriel

Nom.

Domin-US

Domin-I

Voc.

Domin-E

Domin-I

Acc.

Domin-UM

Domin-OS

Gén.

Domin-I

Domin-ORUM

Dat.

Domin-O

Domin-IS

Abl.

Domin-O

Domin-IS

Attention! Il ne faut pas oublier que la déclinaison du mot se fait sur la base du radical que l’on trouve au génitif et non au nominatif. Voici un exemple de cette subtile nuance avec le mot ager, agri, m.: le champ:

Singulier

Pluriel

Nom.

Ager

Agr-I

Voc.

Ager

Agr-I

Acc.

Agr-UM

Agr-OS

Gén.

Agr-I

Agr-ORUM

Dat.

Agr-O

Agr-IS

Abl.

Agr-O

Agr-IS 

Maintenant que vous êtes au top sur ce modèle compliquons un peu !
Il ne faut pas oublier qu’en Latin il existe trois genres : le féminin, le masculin et le NEUTRE.
Ne faites pas les gros yeux, ce neutre est bien pratique ! Et même parfois cela semble plus cohérent. Car en effet, dans notre langue française on trouve quelques absurdités. Pourquoi « un temple » est masculin ? Ce n’est pas un animé humain et pourtant nous lui attribuons un genre masculin. Le Latin est bien plus intelligent, il a créé un genre qui n’est ni masculin, ni féminin ! De surcroît il est bien plus facile à décliner que les deux premiers puisque les trois premiers cas sont toujours identiques et qu’ensuite les autres suivent le modèle que l’on vient de présenter ci-dessus. Voici l’exemple le plus courant: templum, templi, n.: le temple.

Singulier

Pluriel

Nom.

Templum

Templ-A

Voc.

Templum

Templ-A

Acc.

Templum

Templ-A

Gén.

Templ-I

Templ-ORUM

Dat.

Templ-O

Templ-IS

Abl.

Templ-O

Templ-IS

Alors c’est si compliqué que ça ? A mon avis vous brûlez d’envie de passer à la troisième !