“Le Réveil sourd”

Dans l’Antiquité, quelqu’un qui ne parle pas , ne peut pas penser disait Platon. Aristote dira plus tard que les sourds sont irrémédiablement inéducables. Les sourds n’ont donc pas pu être considéré comme des hommes à part entière qui pensent, mais comme des hommes à part. Sans éducation, ils se sont contentés de communiquer grâce à une simple gestuelle. A cette époque, d’un autre côté, Socrate disait que « Si nous étions privés de langue et de voix, et que nous voulussions nous désigner mutuellement les choses, ne chercherions-nous pas à nous faire comprendre, comme les muets, au moyen des signes de la main, de la tête et de tout le corps ? ».

Au Moyen Age, la langue des signes étaient utilisée par les moines qui avaient fait voeux de silence pour quasiment tous les échanges. C’était notamment le cas à l’abbaye de Cluny.

A partir du 16ème siècle, des précepteurs commencent a éduquer les sourds notamment ceux issus de la noblesse. Notons, le précepteur Pedro Ponce de Leon, un moine bénédictin qui s’intéressa de très près à l’alphabet des signes.

Au 18ème siècle, ce fut l’abbés de l’Epée qui s’intéressa de plus près aux modes de communication entre sourds et muets. Il adapte la langue des signes déjà existante en y ajoutant des règles de grammaire et de conjugaison française. Il appelle ça les signes méthodistes. Plus tard il ouvre une école où il enseigna ce langage.

En 1880, le congrès de Milan oppose les oralistes ( ceux qui pensent que les sourds doivent apprendre à parler) et les gestaltistes. Finalement, il décrète que la méthode moraliste doit être préférée pour trois raisons. La première étant le fait que la langue des signes n’est pas une fraie langue, la seconde qu’elle ne permet pas de communiquer avec Dieu, et la troisième raison est le fait qu’elle entrainerait la tuberculose, les sourds ne pouvant pas respirer à cause des signes. La langue des signes sera onc proscrite pendant près de cent ans.

Ce n’est qu’en 1980, que ce produit ce qu’on va appeler communément le “réveil sourd” avec William Stochoe, un linguiste, et de nombreux  journalistes et écrivains qui vont s’interesser à nouveau à ce langage et qui vont redonner ces lettres de noblesse à la langue.

En 1990, commence la médiatisation de la LSF, de nombreuses association ouvrent leurs portes, et la langue des signes est reconnue nationalement.

 

 

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