Inistgate

J’ai toujours pensé que le site Inist (encore un merveilleux acronyme) avait pour but de rendre service aux chercheurs millionnaires (“Levez la main dans la salle… moui, bon, pas tous en même temps, hein !!”). Leurs tarifs sont prohibitifs, qui plus est lorsque l’on est thésard : 13 euros l’article (mode “low cost” : envoi sous dix jours) alors qu’une demande de photocopies via le prêt entre bibliothèques universitaires prend sensiblement le même délai, pour 6 euros seulement. Je ne voyais pas l’intérêt de ce service mais puisqu’il était “offert”, j’avais supposé que certains s’en servaient. Et je ne m’étais pas trompé. Des gens achètent des articles sur ce site !! C’est Brigitte Perucca – directrice de la communication du CNRS – qui le dit elle-même sur twitter :

Mais ce n’est pas le fait que l’Inist réussisse à vendre des articles qui constitue l’info la plus “hénaurme”. C’est que cette vente est illégale, que l’Inist a été condamné en justice mais qu’il continue de proposer son service de vente d’articles (mais aussi de thèses). Le 1er octobre, Olivier Ertzscheid, maitre de conférence en Sciences de la communication et de l’information à l’IUT de la Roche-sur-Yon, a publié sur son blog une lettre ouverte à l’Inist, relayant ensuite son propos via une tribune sur rue89. Il a ainsi mis sur le devant de la scène l’Inistgate et déclenché du même coup un mouvement de protestation parmi le monde de la recherche. Nombreux sont ceux qui s’expriment sur le web : Rémi Mathis sur son blog Droits d’auteurs, Lionel Maurel sur S.I.Lex, Perrine Helly sur son blog, Marie-Anne Paveau sur le carnet de recherches La pensée du discours, Emmanuelle Picard sur academia.hypothese.org, Olivier Bonfait pour et sur le blog de l’APAHAU. Le 18 octobre, le CNRS a finalement réagit sur le site rue89, dans un article bien peu convaincant.

En lisant ces différents liens, vous aurez une vision détaillée du problème, qui se résume simplement ainsi : les articles de la recherche publique vendus au prix fort et au mépris de la loi par le Centre National de la Recherche Scientifique qui pourtant plaide pour l’accès libre à la recherche publique via le projet Cléo. Comment souvent, l’on marche sur la tête.

Le mouvement de contestation s’est organisé. Vous pouvez signer la pétition contre l’exploitation commerciale des articles de la recherche scientifique publique et pour le développement de son accessibilité gratuite. Et si vous avez des publications proposées à la vente sur Inist, vous pouvez demander que le CNRS respecte la loi en exigeant leur retrait de la vente. Je viens de le faire pour le seul de mes articles référencé sur Inist :

Du coup, parce que dans ce monde de capitalistes de m**** (les amateurs de George Abitbol – et les autres – complèteront), on se fait toujours manger par plus gros que soi, pour lire – certes seulement partiellement – mon article qu’Inist propose à la vente (plus pour longtemps j’espère), allez sur googlebooks.

Et enfin, pour suivre les déroulements futurs de l’affaire, le hashtag Inistgate.

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