Le triomphe de l’arbre généalogique

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Preuves de noblesse sous forme d’arbre aux écus
Angers, Bib. Mun, Rés. Ms. 1180, fol. 9. / © Ville d’Angers

Ces preuves de noblesse faites par François de Chérité au nom de Charles de Chérité rappellent les arbres décorés pour les pas d’armes, tournois et fêtes chevaleresques au cours desquels les écus des nobles présents étaient suspendus aux arbres. Présenter sa généalogie en faisant référence à ces arbres chevaleresques permet aux Chérité de montrer leur culture chevaleresque de manière implicite, ce qui est un argument en faveur de leur candidature à la noblesse.

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Arbre généalogique de la dynastie Plantagenêt
Angers, Bib. Mun, Fi 008. / © Ville d’Angers

Cette généalogie sous forme d’abre d’à peu près un mètre de long est l’oeuvre du graveur et libraire d’Amsterdam Henri Châtelain. Deux souches naissent des bordures latérales de la planche, à gauche celle des comtes d’Anjou, à droite celle des ducs de Normandie. Le mariage de Geoffroy dit Geoffroy Plantagenêt avec Mathilde entraîne la fusion des deux arbres en un seul en la personne de leur fils Henri II. L’arbre identifie les fonctions de certains personnages en ornant les rois d’une couronne, le cardinal de son châpeau cardinalice. L’artiste est aussi soucieu de masquer les ruptures dynastiques, en placant par exemple Edward de Woodstock juste au dessus de Marguerite Tudor, comme si elle était sa fille, alors qu’ils n’ont aucun lien de parenté directe et qu’un siècle et demi les séparent.

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Preuves de noblesse sous forme d’arbre enluminé
Angers, Bib. Mun, Rés. Ms. 1196, 8e partie, fol. 56. / © Ville d’Angers

Ces preuves de noblesse de la famille angevine des Gobin de la Cointerie sert à vérifier la candidature d’une jeune fille de cette famille à la maison d’éducation des demoiselles de Saint-Cyr. L’enquête reposant sur des preuves juridiques, elle prend un caractère très rédigé. Le récit est enluminé d’un arbre ; cette représentation faisant partie de la culture nobiliaire, elle est une preuve supplémentaire.

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