Figurations généalogiques

Les premiers dessins généalogiques naissent au Moyen Âge. La production généalogique de l’Anjou s’articule alors principalement autour de l’abbaye Saint-Aubin. Les moines de cette abbaye produisent vers l’an mil les généalogies les plus anciennes qui nous soient parvenues. Ce sont les premières généalogies dessinées. Elles concernent les rois de France, mais aussi quelques grandes familles angevines. La représentation de la généalogie en arbre, inspiré par l’arbre de Jessé (qui représente la généalogie de Jésus à partir de Jessé, père du roi David), apparaît autour du XIIe siècle, cependant la métaphore végétale n’est pas encore très développée et les dessins généalogiques peuvent prendre des formes très diverses.

Durant l’époque moderne, la figure de l’arbre s’impose totalement. Avec les réformes de Colbert dans les années 1660, l’accès à la noblesse se ferme progressivement, la généalogie se transforme en une nécessité administrative et sociale pour toute famille noble qui doit pouvoir certifier la noblesse de ses ancêtres sur au moins quatre générations. La représentation sous forme d’arbre devient alors un moyen de témoigner de la culture nobiliaire de la famille. La codification évolue aussi, avec l’invention de systèmes de numérotation des membres des arbres (système Sosa-Stradonitz) ou l’apparition de cases de différentes formes pour distinguer les sexes et les fonctions.

À partir du XIXe siècle, avec la diffusion de plus en plus importante des pratiques généalogiques, le dessin généalogique se schématise et se rationalise. La bonne compréhension devenant l’objectif prioritaire, la figure de l’arbre disparaît peu à peu, même si les dessins généalogiques gardent le nom d’arbre généalogique. Les systèmes de numérotation sont de plus en plus utilisés. Les différents types de relations entre membre d’une même famille connaissent des représentations graphiques qui leur sont propres. L’arrivée de l’informatique et d’Internet permettent un nouveau pas vers la rationalisation des représentations graphiques d’une généalogie, en rendant les arbres de plus en plus grands, faciles à diffuser et à relier entre eux.

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