20 ans de formation en archives : la continuité d’une pédagogie

Exposition sur les films fixes en Anjou montée par les étudiants de l’option valorisation du patrimoine avec l’Association pour la sauvegarde des films fixes en Anjou, 2008-2009.

L’examen des maquettes d’enseignement, les témoignages d’anciens étudiants, les propos des enseignants montrent que des choix pédagogiques animent la formation depuis ses origines, même si le contenu de la formation a, lui, beaucoup évolué.

La première idée forte consiste à considérer qu’un socle de formation archivistique, absolument indispensable, doit être complété par l’acquisition de compétences transversales. La transversalité des enseignements est essentielle et intervient à tous les niveaux de formations qu’il s’agisse d’histoire, de langues vivantes, de droit, d’informatique, de management, de communication, de connaissance des milieux professionnels, de techniques de recherche d’emploi ou de rédaction professionnelle.

Au niveau du DESS puis du master 2, une pédagogie par projet est résolument mise en œuvre. Les étudiants sont amenés à gérer des projets de manière collective avec des objectifs de production concrets et précis. De 1995 à 2005, les projets « TAS » ont familiarisé les étudiants du DESS avec le classement d’un fonds dans des institutions publiques ou des organismes privés. Des projets de réflexion archivistique ont ensuite été introduits comme le projet « Trélazé » en 2004-2005 qui consistait à prendre en compte la gestion des courriers électroniques des archives municipales de Trélazé, à numériser les registres des délibérations du conseil municipal et à mettre en œuvre l’informatisation du service.

Depuis 2004-2005, les étudiants mènent différents projets en lien avec l’option qu’ils ont choisie. Ces projets font souvent intervenir des maîtres d’ouvrage extérieurs. En 2011-2012, le groupe « Gestion d’un service d’archives » a par exemple conduit le projet NOVA Recherche (nouvel outil de valorisation de la recherche) pour la maison des sciences humaines). Il s’agissait de produire une double réflexion sur la sécurité et la mise en commun des données produites par la recherche et les laboratoires de recherche de la faculté des Lettres, Langues et Sciences humaines. La même année, les étudiants de l’option « Records management » ont travaillé sur les dossiers immobiliers de l’entreprise Scania-France. Le groupe « Valorisation du patrimoine » a, quant à lui, monté une exposition suite à la parution de l’ouvrage de Jean-Michel Matz et Yves Denéchère, Histoire de l’université d’Angers.

Depuis 2003-2004, les étudiants ont aussi à mener un projet informatique, sous la forme d’une présentation Powerpoint d’abord, puis d’un module informatique Opale depuis 2009-2010 Il s’agit d’explorer des thématiques liées nouvelles technologies, qu’ils doivent présenter d’une manière simplifiée et pédagogique.

Tout au long de l’année, les étudiants sont donc sensibilisés à la conduite de projet. Cette pédagogie par projet permet à chacun de s’investir et d’être actif dans son apprentissage. Le sujet est choisi par les enseignants qui fixent les délais, les livrables à rendre et les exigences. Le reste du projet est entièrement conduit par le groupe d’étudiants, qui doit se positionner en tant que maître d’œuvre. Des séances de suivi sont régulièrement organisées.

Depuis vingt ans, la pédagogie choisie vise non seulement à donner aux étudiants un savoir technique et des connaissances théoriques mais également à leur permettre de se confronter aux réalités professionnelles.

Interview de Patrice Marcilloux, Agnès Masson et Damien Hamard

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