Classement du fonds « Ruptures »

Photographie prise par France Chabod le 12 mai 2017

Candice Payet, stagiaire au Centre des archives du féminisme ayant classé le fonds « Ruptures » -Photographie prise par France Chabod le 12 mai 2017

Après trois mois de stage, le fonds documentaire du Réseau féministe « Ruptures » est enfin classé.

Militante depuis 1968, Monique Dental a fondé le Collectif  de pratiques et de réflexions féministes « Ruptures » (non mixte) en 1982 et  le Réseau féministe « Ruptures » (mixte) en 1990. Aujourd’hui, le collectif et le réseau, respectivement devenus associations en 1984 et 2010, cohabitent et se complètent dans la lutte pour l’égalité entre les femmes et les hommes. Agissant aux niveaux national, européen et international, leurs actions gravitent autour de trois axes : la parité, l’abolition du système prostitutionnel et la lutte contre tous les intégrismes religieux.

Tout au long de leurs actions, les membres du réseau ont rassemblé, classé et conservé de la documentation. Une partie de cette documentation est désormais abritée au Centre des archives du féminisme, par dépôt de l’association Archives du féminisme. Près de 33 mètres linéaires ont ainsi été traités. Aujourd’hui classé, ce fonds documentaire propose 16,5 mètres linéaires de documentation dense et variée. À travers 40 thématiques telles que l’art, la recherche, la politique, le droit et les violences, cette documentation offre une vision large de l’histoire des femmes et du féminisme. Comprenant divers documents papier (tracts, brochures, coupures de presse, lettres, …), le fonds est également riche de 58 affiches, 7 agendas et 1 cassette vidéo.

Le classement inclus de nombreuses sous-thématiques qui permettent une recherche ciblée. De plus, certains thèmes, tels que la parité, suivent un ordre chronologique pour mettre en lumière une évolution. Vous pouvez consulter l’inventaire du fonds sur le site de la bibliothèque universitaire et le Catalogue en ligne des archives et des manuscrits de l’enseignement supérieur (CALAMES).

Fruit d’un long travail, l’instrument de recherche se nourrit également de ma rencontre avec Monique Dental le 5 mai 2017. Venue toute une journée à la bibliothèque Belle-Beille, la présidente du réseau a apporté de nombreuses informations sur la naissance et le fonctionnement de ce dernier. Émouvante, cette rencontre fut aussi l’occasion d’apporter un regard vivant sur ce fonds et son histoire.

Le 30 mai 2017, Candice Payet

Let Iranian women enter their stadiums !

Manifestation contre l'apartheid sexuel - photographie envoyée par Annie Sugier le 18 mai 2017

Manifestation contre l’apartheid sexuel – photographie envoyée par Annie Sugier le 18 mai 2017

Les 13 et 14 avril derniers, la Ligue du droit international des femmes (LDIF) et la Coordination française pour le lobby européen des femmes (CLEF), dont certaines archives sont conservées au Centre des archives du féminisme, organisaient des manifestations à Paris contre le sexisme sportif en Iran et en Arabie saoudite. L’iranienne Darya Safai et d’autres militantes se sont rassemblées au pied de la Tour Eiffel autour du  slogan : «  Let Iranian women enter their stadiums ! ».1 La date et le lieu de ces mobilisations ne furent pas choisis au hasard car elles interviennent à Paris, ville candidate aux Jeux Olympiques (JO) de 2024, et un mois avant la Commission d’évaluation du Comité international olympique (CIO). Dans un article paru sur Francetvsport.fr en 2013, la présidente du LDIF, Annie Sugier, dénonce cet apartheid sexuel au même titre que l’apartheid racial d’Afrique du Sud, pays exclu officiellement des JO de 1970 jusqu’à la fin de son régime ségrégationniste au début des années 1990. Vous trouverez dans notre fonds féministe les archives personnelles d’Annie Sugier, ainsi que ses ouvrages dont Femmes voilées aux jeux olympiques publié en 2012 aux éditions Jourdan (cote 3 096817).

Ce n’est pas la première fois que des appels au boycott ont lieu pour dénoncer la discrimination sportive contre les femmes et le non-respect de la charte olympique qui annonce pourtant clairement que  : « La jouissance des droits et libertés reconnus dans la présente Charte olympique doit être assurée sans discrimination d’aucune sorte, notamment en raison de la race, la couleur, le sexe, l’orientation sexuelle, la langue, la religion, les opinions politiques ou autres, l’origine nationale ou sociale, la fortune, la naissance ou toute autre situation. » Le fonds du Réseau féministe « Ruptures » nous rappelle que le 10 janvier 1995, le LDIF lance le Comité « Atlanta Plus » en vue des JO de 1996. Des coupures de presse conservent aussi en mémoire l’interdiction faite à la première championne olympique algérienne Hassida Boulmerka de participer aux Championnats du Monde de Stuttgart en 1993. Aujourd’hui encore, l’intégrisme islamiste d’Arabie saoudite et d’Iran interdit aux femmes d’être spectatrices d’événements sportifs masculins. Le 13 mai 2016, une jeune Iranienne, surnommée Shakiba sur Instagram, se travestit en homme et réussit à entrer dans le stade de Téhéran lors d’un match de football. En février 2017, l’Iran fait un premier pas en autorisant les femmes à assister au tournoi international masculin de beach-volley. Toutefois, il reste beaucoup à faire pour que l’égalité devienne totale. Concernant les JO 2024, des discussions entre le Collectif de solidarité contre l’apartheid sexuel dans le sport et le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) ont eu lieu il y a 3 jours à Paris afin de convaincre que cette ségrégation sexuelle est aussi importante que l’apartheid racial.

Sujet de société, le thème « Femmes et sport » fait partie des dossiers du fonds « Ruptures » (cote 49 AF 390). A travers des coupures de presse, des tracts, des données statistiques et d’autres imprimés, le fonds en montre les différents aspects : supportrices, sportives de haut niveau ou en loisir, éducation sportive des filles, etc. L’accès des femmes aux postes de responsabilité dans le sport est également abordé et fait écho à notre actualité car le 17 mai 2017, Laura Flessel est devenue la neuvième femme engagée à la tête du ministère des Sports, sous la  Ve République.

Le 18 mai 2017, Candice Payet

1 En français : « Laissez les femmes iraniennes entrer dans leurs stades ! »

L’humour au féminin, une arme face au sexisme

Bon de commande pour "On les aura!" l'album de Catherine Beaunez « Où sont les femmes caricaturistes ? ». C’est la question que s’est posée Cécile Gladel dans un article de Radio-Canada.ca en janvier 2015. Au lendemain de l’attentat contre Charlie Hebdo, la journaliste constate que la part des femmes caricaturistes reste encore peu représentée. Alors, comme le pensait le dramaturge et poète britannique William Congreve en 1695, les femmes n’ont-elles pas d’humour ?

Des études prouvent pourtant que l’humour féminin existe bel et bien. Le monde anglo-saxon s’intéresse tôt à cette question et publie de nombreux ouvrages sur le sujet. En France, la recherche sur l’humour des femmes apparaît plus tardivement. En 1994, l’Université Paris VIII accueille une journée d’étude sur la différence sexuelle dans l’humour. Ce n’est que six ans plus tard qu’est publiée la première recherche française exclusivement consacrée à l’humour féminin : STORA-SANDOR Judith, PILLET Elisabeth, « Armées d’humour : approches du discours comique féminin », in Humoresques, n°11, 2000. Cet ensemble de textes se propose d’étudier le thème à travers diverses approches (historique, conceptuelle, culturelle), des portraits dont celui de Christine de Pizan et à différentes échelles (nationale et internationale). Vous trouverez cet ouvrage dans le fonds du Réseau féministe « Ruptures » conservé au Centre des archives du féminisme (cote 49 AF 12).

Parmi les autres thématiques abordées dans le fonds « Ruptures », la parité tient une place importante avec deux mètres linéaires de documentation. C’est également l’un des thèmes qui émergent des dessins de la caricaturiste française Catherine Beaunez. Née en 1953 de parents militants, cette dessinatrice indépendante décide de prendre la plume humoristique pour défendre l’égalité entre les femmes et les hommes. Membre du Collectif des créatrices de bande dessinée contre le sexisme et de Cartooning for Peace, ses dessins sont apparus dans de nombreux journaux tels que Le Monde, L’Humanité et Causette. Catherine Beaunez est aussi l’autrice de 5 albums et d’un blog. Drôle et engagée, elle n’arrive cependant que difficilement à se faire publier dans un univers très masculin. Certains de ses dessins lui ont même valu la censure parmi lesquels figure celui de l’Assemblée nationale à découvrir dans On les aura ! (2001), un album disponible à la bibliothèque universitaire Belle-Beille (cote 3 096915). Ainsi, elle-même confrontée aux inégalités dans son métier, Catherine Beaunez continue son combat contre le sexisme par le biais de caricatures qui peuvent déranger, mais comme elle le déclare dans un reportage de 1999 diffusé sur l’INA: « Il y a de quoi être dérangé en ce moment.» 18 ans après, le chemin est encore long…

Le 18 mai 2017, Candice Payet

Livres précieux d’Edmond Humeau à la BU d’Angers

Dédicace de Louise de Vilmorin à Edmond Humeau tirée de Carnet de route (Genève : Club du poème, s.d.)

Dédicace de Louise de Vilmorin à Edmond Humeau tirée de Carnet de route (Genève : Club du poème, s.d.)

Connaissez-vous Edmond Humeau ? Ce poète français, résistant, journaliste et condisciple de Julien Gracq, fit partie de l’École de Rochefort, dont la bibliothèque universitaire d’Angers conserve de nombreuses collections et manuscrits, ainsi que les bibliothèques personnelles de certains poètes. Né en 1907 à Saint-Florent-Le-Vieil, séminariste à Angers, puis professeur en Haute-Savoie, Edmond Humeau termine sa carrière au service de presse du Conseil Économique et Social. Lorsqu’il s’éteint en 1998, c’est son épouse, Germaine Humeau, qui fait don de la plus grande partie de ses archives personnelles et de sa bibliothèque privée – don complété en 2009 par ses deux enfants et constituant à présent le fonds Edmond Humeau dont l’Université d’Angers à la charge.

Hétéroclite et varié, ce don se compose de lettres, de manuscrits, de photos… Et d’une collection colossale de recueils de poésie de 30 mètres linéaires, dont certains ne figurent dans aucune autre bibliothèque. Parmi les ouvrages catalogués, directement tirés de ce qui fut la bibliothèque personnelle de l’auteur, les dédicaces d’ami(e)s poètes se disputent admiration et gratitude à parts égales. « À quoi bon vous dire mon admiration pour votre œuvre de poète ? » lui écrit avec beaucoup d’émotion Serge Fauchereau dans son ouvrage, Scolarité. Les signatures défilent à la plume mais ne sont pas la seule originalité de ce fond : certains autres livres, qu’ils soient signés ou non, présentent des formes ou des thèmes tout à fait inattendus. Citons Le caleçon à travers les âges de Jean l’Anselme, autre poète de l’École de Rochefort, accompagné d’une typographie, de dessins et d’une dédicace à la patte humoristique.

Il est bon de noter que, cachées sous bon nombre de couvertures, l’on trouve des lettres glissées là par Edmond Humeau. Des petits mots, des invitations, et même des avis de parution parsèment les pages maintes fois parcourues par l’écrivain.

Les recueils de poésie d’Edmond Humeau présentent un large éventail d’artistes, plus ou moins connus, où l’on distingue une affection particulière pour certains noms : Andrée Chedid, Jean Cayrol, Jean Rousselot… Il reste encore de nombreux ouvrages à cataloguer, mais ceux qui viennent d’intégrer le catalogue de la BU d’Angers n’attendent qu’à être consultés avec délectation.

Pour vous donner l’eau à la bouche, voici, ci-dessus, une dédicace de Louise de Vilmorin à notre poète. Saurez-vous déchiffrer ces arabesques manuscrites ?

Le 16 décembre 2016, Enora Quéré

Dépôt légal du web féministe : un partenariat entre la BnF et la BUA

BnF,  © bertomic

BnF, © bertomic

La BnF est responsable du dépôt légal du web en France depuis 2006, à travers la loi DADVSI. Par ce cadre juridique, elle a pour mission de collecter, conserver et communiquer « les signes, signaux, écrits, images, sons ou messages de toute nature faisant l’objet d’une communication au public par voie électronique ». Elle propose aussi à certaines institutions, par le biais de conventions, de contribuer à l’enrichissement de ce catalogue numérique dans le cadre des collectes ciblées. C’est le cas de la Bibliothèque universitaire d’Angers qui abrite le centre des archives du féminisme. Créé en 2000 à Angers, ce centre offre un lieu de conservation aux archives féministes privées. La BnF délègue ainsi à la BU d’Angers les missions de veille documentaire, de signalement et d’indexation de blogs et sites féministes dans l’outil BCWeb. Le catalogue de la BnF fait apparaître la nouvelle catégorie « Féminisme » parmi d’autres thèmes tels « Solidarité locale et nationale », « Mobilisations protestataires », « Sciences sociales », « Information électronique des administrés »… Ce partenariat permet de mettre en valeur la pluralité et la diversité des mouvements féministes. Certains sites axent leurs luttes contre une discrimination particulière à l’égard des femmes, comme les violences conjugales. D’autres ciblent plusieurs thématiques que le féminisme englobe comme la santé, le travail, la famille, la sexualité, la contraception… La collecte peut concerner l’ensemble d’un site féministe, ou se limiter à une seule page féministe d’un site traitant d’une autre thématique.

En somme, la création du thème « Féminisme » est primordialement un devoir de mémoire afin de préserver et conserver toute trace documentaire numérique liée au sujet.

Le 16 décembre 2016, Eléona Godet

Bibliothèque poétique de Francine Caron

Dédicace de Paul Mirtyves à Francine Caron (La sphère de corail, Librairie le Pont de l'Epée, 1983)

Dédicace de Paul Mirtyves à Francine Caron (La sphère de corail, Librairie le Pont de l’Epée, 1983)

Si l’Université d’Angers est connue pour abriter le Centre des Archives du Féminisme, il est bon de rappeler que les femmes sont également représentées au sein des fonds littéraires conservés par cet établissement. C’est le cas de Francine Caron, écrivaine, traductrice et universitaire française, qui marque la constitution de son fonds littéraire par un premier dépôt en février 1999.
Poétesse majeure de la littérature française contemporaine, née en 1945, elle entretient des relations poétiques avec les auteurs influents, et particulièrement avec l’Ecole de Rochefort. Elle signe une soixantaine de recueils, dont certains seront traduits dans plusieurs langues. Sa poésie est également présente dans des anthologies importantes et a obtenu de nombreux prix. Pour cette artiste, la poésie doit s’énoncer et se partager, raison pour laquelle elle se livre régulièrement à des lectures publiques de textes poétiques.
Le don qu’elle fait à la bibliothèque universitaire d’Angers le 11 septembre 2008 est désormais catalogué, et n’attend que votre visite ! Comportant quasi exclusivement des recueils de poésie datant des années 1960 à la fin des années 1980 (bien que certaines pièces puissent sortir de ce cadre chronologique), il donnera à toute personne intéressée par ce sujet un aperçu de grande qualité de la production poétique francophone.
Il est possible d’y trouver d’anciennes collections, voire des numéros de revues entièrement dédiées à la poésie, ainsi que de très nombreux ouvrages comportant une dédicace (telle l’image jointe) ou appartenant à des éditions rares numérotées. Plusieurs ouvrages sont même édités par les auteurs (autoédition) qui adressent régulièrement leurs textes à Francine Caron, montrant ainsi son influence sur le monde de la poésie française.
Une partie importante de ces recueils n’est possédée actuellement que par la bibliothèque universitaire d’Angers et vient d’être signalée dans le Sudoc (catalogue collectif français des bibliothèques et centres de documentation de l’enseignement supérieur et de la recherche). Enfin, les notes manuscrites ajoutées par Francine Caron, qui avait l’habitude de commenter ses lectures, peuvent donner une nouvelle vision sur la poésie contemporaine, ce qui intéressera aussi bien les chercheur(euse)s que les étudiant(e)s et les amateurs de textes poétiques.

Le 15 décembre 2016, Marine L’Hostis-Miroux

Et si on ordonnait des femmes… ?

Et si on ordonnait des femmes… ? est un ouvrage épuisé, rare, presque introuvable, que la bibliothèque universitaire d’Angers a eu la chance de recevoir en don récemment.
Ce livre d’une actualité aiguë, notamment au moment de l’élection d’un nouveau Pape, a été peu diffusé depuis sa parution en 1982, car il paraissait – et paraît toujours – trop scandaleux.
Les trois auteures, trois théologiennes catholiques, ont examiné les arguments qui s’opposent à l’ordination des femmes et les ont réfutés un à un par une approche intellectuelle et non revendicative. Elles se contentent de réclamer l’ordination au diaconat et à la prêtrise.

Mais pourquoi les femmes ne pourraient-elles pas devenir aussi évêques, « cardinales », et même Papesses ? En effet, l’ordination de femmes comme pasteurs est une pratique de nos jours répandue dans diverses confessions protestantes, principalement européennes (notamment l’Eglise anglicane). En 2009, Margot Kässmann, une femme évêque, accède pour la première fois à la présidence de l’Eglise évangélique en Allemagne, l’une des plus importantes du monde protestant.
Par contre, l’Eglise catholique s’oppose farouchement à l’ordination des femmes, bien que celles-ci soient nombreuses à se dévouer pour elle, bien souvent bénévolement. Depuis 2007, un décret du Vatican excommunie d’office tout prêtre qui procède à une ordination de femme et toute femme qui tente de devenir prêtre.
L’intérêt suscité par la légende de la Papesse Jeanne, qui serait montée sur le trône pontifical et aurait régné quelques mois au IXe siècle, se manifeste dans de nombreux récits sur ce personnage légendaire, tel La Papesse Jeanne, de Alain Boureau ou de Lawrence Durrell, ou encore la nouvelle de Bertolt Brecht, publiée dans le recueil Jean la Chance et autres inédits.
La question de l’ordination des femmes intéresse toujours autant. En témoignent d’autres ouvrages comme Des femmes prêtres ?, de Janine Hourcade, ou L’ordination des femmes dans l’Église catholique : réflexions sur une « tradition du coucou », de John Wijngaards, ou La femme dans l’Eglise : tradition chrétienne et théologie féministe, de Anne E. Carr.

Le 27 mars 2013

Films de femmes

Consacré aux films exclusivement réalisés sous la direction d’une femme, le festival de films de femmes de Créteil a vu le jour en 1979 et fête en 2013 sa 35ème édition du 22 au 31 Mars. Initialement créé pour aider la réalisation d’un premier film jusqu’à sa sortie en salle, le festival a contribué à soutenir le cinéma féminin en France. Le pourcentage de femmes parmi les réalisateurs qui était de 2% en 1979 est aujourd’hui de l’ordre de 15 à 20%. Pendant 10 jours le festival propose une cinquantaine de films en compétition, représentant des réalisatrices venant du monde entier.

Pour approfondir ce sujet, vous trouverez dans votre bibliothèque Le féminin au cinéma par Thérèse Lamartine ou encore La drôle de guerre des sexes du cinéma français 1930-1956. Vous pouvez vous plonger dans Cinéma d’elles : 1981-2001 : situation des cinéastes femmes dans le cinéma français par Françoise Audé. Le documentaire Genre, cinéma, média, DVD réalisé dans le cadre de la journée Cinéma et discriminations sexuées, vous apportera un éclairage complet sur les difficultés qu’ont pu rencontrer les femmes dans ce milieu. Cinéastes françaises, de Denise Brahimi, vous fera découvrir des réalisatrices connues et moins connues du grand public. Enfin nous vous invitons à voir ou revoir des films réalisés par Agnès Varda, Noémie Lvovski, Agnès Jaoui, Coline Serreau, pour ne citer qu’elles, réalisatrices qui contribuent aujourd’hui au rayonnement de notre cinéma.

Arnaud Bousquet, le 20 mars 2013

Le fonds Pierre Hiegel

Le Fonds Hiegel s’intègre à ceux de l’Ecole de Rochefort et complète particulièrement celui de son ami Luc Bérimont. Les documents le constituant sont des dons de ses deux filles : Catherine, comédienne et Jacqueline, auteure. Elles ont fait don de ce fonds à la bibliothèque universitaire d’Angers le 31 mai 2011.

Mais tout d’abord, rappelons-nous son parcours. Pierre Hiegel naît à Paris en 1913. C’est un autodidacte, passionné très jeune par la musique et le théâtre. Il fut discothécaire à Radio Cité, animateur de radio et surtout grand critique musical. Il deviendra directeur artistique de grandes maisons de disques et lancera ou assurera la carrière de nombreuses personnalités telles Pierre Bellemare son beau-frère, Line Renaud, George Guétary, Jean Constantin, Barbara et beaucoup d’autres encore. On le nommera « Monsieur Paris » sur Radio Luxembourg, future RTL. Il soutiendra l’Abbé Pierre, lors de l’hiver 1954, en gravant son appel sur un disque. Il obtiendra plus de dix grands prix du disque de l’Académie Charles Cros et sera plusieurs fois Lauréat de l’Académie du disque français.

C’est sur Radio Paris qu’il rencontrera Luc Bérimont avec qui il se liera d’amitié. Ce lien, très fort, transparaît dans les documents du Fonds Hiegel constitué, essentiellement, de recueils de poésies dédicacés, de lettres et de cartes autographes de Luc Bérimont, envoyés à Pierre Hiegel et sa femme Jacqueline.

Les ouvrages sont intégrés au catalogue général de la bibliothèque universitaire d’Angers (site de Belle Beille) et rangés en grande réserve avec les ouvrages précieux, les archives en petite réserve à coté du fonds d’archives de Luc Berimont.

Létizia Cavarec, le 13 février 2013

La couleur des sentiments

Jackson, Mississippi, 1962. La ségrégation règne encore aux États-Unis malgré un mouvement grandissant en faveur des droits des Noirs, relégués à des emplois subalternes et victimes d’injustice. Lorsqu’il est question d’un projet de loi visant à rendre obligatoires des toilettes séparées pour les Noirs travaillant dans les maisons des Blancs, une jeune femme blanche s’insurge : et pour cause Skeeter Phelan a été élevée par une bonne noire qu’elle considérait comme une seconde mère. Elle décide alors d’écrire un livre sur la condition sociale des bonnes noires à l’aide de leurs témoignages, sous couvert d’anonymat. Celles-ci lui livrent le racisme et les brimades dont elles sont victimes au quotidien, mais aussi les marques d’affection de leurs employés. Au fil des mois, une amitié se tisse entre Skeeter et les bonnes Minny et Aibileen, deux forces de la nature. Mais ces femmes risquent gros en se confiant ainsi : elles peuvent perdre leur travail et se mettent en danger. Ce livre une fois publié va-t-il tout révolutionner et changer enfin le regard qu’ont les Blancs sur leurs domestiques noirs ?

La couleur des sentiments de Kathryn Stockett, roman best-seller grand prix des lectrices de Elle en 2011, est un témoignage sans concession des sixties, bien loin des clichés. Au fur et à mesure de l’intrigue, on s’attache aux personnages hauts en couleurs, des femmes courageuses toujours dignes face à l’adversité.

Le roman a été adapté sur grand écran la même année par le réalisateur Tate Taylor.

Sonia Ceron, le 5 décembre 2012