Le tourisme, vecteur d’innovation – entretien avec Solène Chesnel

Solène ChesnelFavoriser le développement et coordonner entre eux les entrepreneurs qui innovent dans le tourisme : c’est l’une des missions de Solène Chesnel, au sein d’Angers TourismLab. Un engagement qui devrait prendre tout son sens lors de la Journée professionnelle organisée à l’occasion du Festival international du Tourisme (FIT).

La concurrence sur un marché porteur et international élimine-t-elle de fait toute expérience collective ? En matière d’innovation touristique et à l’échelle ligérienne, il faut croire que non. Et le Festival International du Tourisme (FIT), par le biais de la Journée professionnelle (organisée le 16 juin), devrait en montrer un remarquable exemple. Au cœur d’un espace scénographié pour l’occasion, dix start’up « locales » présenteront le fruit de leur travail, en réunissant leurs solutions innovantes, développées à destinations des professionnels du tourisme (Offices de tourisme ou collectivités, notamment) mais également des touristes eux-mêmes.

« Depuis 5 ans, on assiste à un pic de création de boîtes à forte dimension numérique et collaborative, qui développent à la fois du B to B et du B to C (business to business et business to consumers NDLR) », explique Solène Chesnel, chargée de la valorisation de la recherche et de l’innovation au sein du RFI Angers TourismLab. « Ce qui change avec les startupers ligériens présents durant le FIT, c’est qu’ils sont prêts à jouer collectif, alors même que certains sont concurrents entre eux. » N’est-ce pas, là aussi, une forme d’innovation ? « Si, bien sûr, et nous l’encourageons fortement au niveau de nos missions : c’est l’action « I », du RFI », appuie Solène Chesnel. « Ces start’up qui proposent des solutions innovantes s’adressent à des marchés communs et vont proposer, durant le FIT, une sorte de démonstrateur retraçant en quelques minutes le parcours d’un touriste ».

Le visiteur y verra bien évidemment une forte dimension numérique, un trait commun à l’ensemble des innovations en matière de tourisme, « pour peu qu’on y donne du sens. Il y a une vraie prise de conscience, notamment au sein des offices de tourisme, qu’il faut bouger : le touriste a tellement changé. Il réclame aujourd’hui de l’autonomie, de la mobilité et des expériences de plus en plus variées », reprend Solène Chesnel, qui insiste sur un point : « L’innovation ne peut de ce fait pas être que numérique. Elle doit aussi se faire en terme de management, de services… Il y a par exemple encore un gros travail à faire dans l’accueil des touristes. »

A l’échelle ligérienne, une douzaine de start’up se sont ainsi regroupées pour aller à la rencontre des professionnels de tourisme… sans lesquels elles ne peuvent ni tester, ni développer, ni vendre leurs solutions. De ce point de vue, les partenariats se développent de plus en plus.

Reste un écueil : celui du financement. « Qui paie la création », résume Solène Chesnel. La puissance publique ? Des acteurs privés ? En l’occurrence, il y a encore sans doute matière à… innover.