Seconde séance du théâtre forum discrim action – mardi 17 avril 2018-

La seconde soirée du théâtre forum discrimin’action aura lieu le mardi 17 avril à partir de 19H30 à la cafétéria de l’UFR Lettres.

Animée par le comédien Ludovic Serru cette soirée invite à participer de façon active à l’élaboration et à la transformation de scènes de discriminations:

De quoi s’agit-il ? De mettre en scène des situations conflictuelles du quotidien
de discriminations raciales et religieuses et qui ont des conséquences qui ne nous
conviennent pas.
Qui participe ? Tout le monde ! Aidé d’un comédien intervenant, chacun pourra
transformer directement ces scènes pour qu’elles se terminent autrement, mais aussi
donner son éclairage sur la situation, tenter de proposer des alternatives et voir leurs
conséquences sur le déroulement des événements.
Pourquoi faire ? Comprendre ces situations qui nous paraissent aujourd’hui
bloquées et pourtant insupportables et chercher à savoir ce que l’on risque demain
si on veut les changer.

Un repas interculturel et une animation par la fanfare de l’UA sont proposés à l’issue de la soirée!

Discrimin'action 17 avril

Retour de Calais : témoignage d’une volontaire

Retour de Calais : témoignage d’une volontaire

Par Anaëlle

1er octobre 2017 :

Aujourd’hui, je comprends pourquoi il est dur de revenir de Calais. Je savais que c’était dur parce que c’est un lieu difficile à quitter : on s’attache aux réfugiés, on met du sens dans tout ce qu’on fait, on se lie aux autres volontaires.

Aujourd’hui je comprends pourquoi il est dur de revenir de Calais parce que c’est dur d’en parler à ceux qui ne l’ont pas vécu. Aujourd’hui j’ai expliqué peut-être 5 fois ce qu’il se passe à Calais. Et c’est usant… Parce que ça te rend triste, parce que t’aimerais crier à tous la colère que t’as dans les tripes. Parce que t’arrives pas à faire comprendre aux gens ce qu’il se passe vraiment, parce que quand t’expliques, ça ne vaut pas ce que toi tu ressens, ce que toi t’as vu… Parce que les mots se révèlent insuffisants… Parce que t’as changé mais tu sais pas comment le dire… Parce que tu ne sais pas formuler à la fois l’inhumanité de la situation et ces éclairs d’insouciance, de joie, de beauté… Parce que tu n’arrives pas à dire la force que les réfugiés te donnent par leurs sourires, leurs blagues quand on te dit « moi je pense que je serais pas assez forte, pas prête » si tant est qu’on puisse être prête à voir l’inhumain … Parce que tu te prends des remarques à côté de la plaque et que tu as envie de pleurer, que tu te demandes parfois s’il faut vraiment répondre et qu’en fait c’est souvent par méconnaissance, qu’on ne savait pas qu’il y avait encore des réfugiés à Calais, des réfugiés dans la rue, qu’on « pensai[t] qu’on les aidait vu qu’ils fuient leur pays et qu’on est censé avoir les frontières ouvertes pour tous…… ».
Parce que tu te prends des « Mais moi je pense pas qu’on puisse accepter toutes les demandes d’asile ».
Mais qui je suis pour faire le tri, pour dire que toi t’es pas en danger parce que tu viens pas d’un pays sur la liste des pays dangereux. Qui je suis pour te dire à toi qui étais déjà à Calais en 2008, as été déporté dans ton pays et reviens que tu dois y retourner parce que tes bonnes raisons de quitter ton pays de nouveau et de retenter de passer en Angleterre malgré ce que tu dois vivre à Calais, ne sont pas assez bonnes pour l’administration. Que c’est comme ça, les procédures m’obligent à te renvoyer. Que de toute façon on peut quand même pas accueillir tout le monde non plus. Qui je suis pour te dire à toi qui me répète trois fois que tu ne veux pas aller en Angleterre pour l’argent comme tous les medias et la clique politique le répètent, que tu en as beaucoup, de l’argent, que si tu veux absolument passer en Angleterre c’est pour rejoindre ton frère parce que ton autre frère a été assassiné pendant que t’étais en prison, car ton père est politique. Qui je suis pour te dire de retourner dans ton pays parce que t’as pas de visa alors que moi blanche française bien née, je peux prendre l’Eurostar oklm, passer par les autoroutes calaisiennes entourées de trois rangées de barbelés, comme si vous étiez des animaux, et prendre le ferry, demander un visa pour le monde entier et y aller sans problème avec un trajet en avion alors que tu as mis en moyenne 2 ans à arriver à Calais, avoir mon ambassade qui me protège dans n’importe quel pays alors que ma police, mon gouvernement te harcèle, te matraque, te gaze, te vole, te tabasse, te poursuit, te rafle et tout ça parce que je suis bien née et que toi t’as pas eu de chance…

Parce que tu n’arrives pas à expliquer la rage que tu ressens pour tout ça, Parce que tu tentes de formuler ton dégoût de la radio, des infos, des discours, des grands principes, des belles valeurs, des questions politiques politiciennes, des débats philosophiques hauts perchés quand la réalité en bas de chez toi, à quelques kilomètres, dans ton pays, dans ta belle forteresse Europe desquels tu es « citoyenne », est dégueulasse… Parce que t’essayes de dire à quel point ta colère te prend les tripes mais que face à toi, on ne comprend pas vraiment…

Aujourd’hui, je comprends pourquoi il est dur de revenir de Calais. Je savais que c’était dur parce que c’est un lieu difficile à quitter. Je comprends maintenant que c’est un lieu dont il est difficile de revenir parce qu’un mur – non pas des murs, s’il vous plaît !!! – plutôt un fossé te sépare de ceux et celles qui n’y sont pas allés !

Finir ce texte par une invitation donc… Une invitation à venir voir ce qu’il se passe dans notre cher pays et continent des droits de l’humain, dans cette zone de non-droits et de survie qu’on prénomme Calais ! J’ai appris à Calais ce que ça voulait dire être humaine, j’ai puisé de là une force incroyable de réfugiés qui sont beaux et souriants dans une réalité sans mot pour la décrire, j’en garde une colère qui est dure à contenir et dont je ne sais pas ce que je vais faire mais qui, comme la force qu’ils m’ont donnés, me fera aller loin… Et oui j’ose dire que j’en garde de l’espoir, un peu, parce que malgré la merde que tu vois tous les jours, avec tous les autres volontaires, on a une putain de force de frappe à faire 3 000 repas par jour, à organiser toutes les distrib, à faire les runs hôpital, à remplir 100 bentos en 10 minutes parce qu’on s’y met … Avec toutes les personnes qui font des dons si indispensables aussi, avec toutes les personnes qui accueillent des réfugiés chez eux pour une nuit, une semaine ou plus… il faut seulement s’y mettre ! Donc viens mettre ta main à l’ouvrage toi aussi !
Et si tu n’as pas le temps ou l’envie de venir, on a besoin de tes dons pour leur redonner à notre tour un bout de pain pour ne plus avoir le ventre creux, une couverture pour ne pas avoir trop froid, des chaussures chaudes, légères et qui prennent pas (trop) l’eau pour qu’ils puissent marcher, un vieux portable pour garder contact avec ceux qui leurs sont chers, … et on a besoin de toi aussi dans l’assoc’ ou le collectif de soutien près de chez toi pour donner des cours de français, accompagner les démarches administratives, organiser des match de foot, faire de l’hébergement solidaire…

Des « états généraux » sur les migrations dans le Maine-et-Loire

A l’initiative SOS migrants 49 plusieurs collectifs et associations ont répondu à l’appel pour l’organisation et la réflexion autour de la question migratoire dans le Maine-et-Loire.

Plus d’informations sur les manifestation prévues au premier semestre 2018 sur le lien ci-dessous:

http://sosmigrants49.org/wp/point-etats-generaux-migrations/

Un rassemblement départemental est prévu le samedi après-midi 24 mars Salle de la Cressonnière, route du Plessis-Grammoire à Saint BARTHÉLÉMY d’ANJOU.

Etats généraux LDH

Théâtre forum : discrim’action Acte 2 2018

Le théâtre forum discrim’action est renouvelé cette année à l’initiative notamment de Delphine Guedat-Bittighoffer et de Julie Fouchet.

Les étudiants seront comme l’an passé encadrés par le comédien Ludovic Serru du réseau Arc-en-Ciel Théâtre.

Ci-dessous les objectifs et le calendrier du projet:

Objectifs :

Réunir des étudiants étrangers et français pour un projet commun
Mettre en action des situations vécues de discrimination et envisager différentes possibilités de réactions

Calendrier :

Mardi 20 février de 17 à 20h : Séance découverte du théâtre forum
Salle Frida Kahlo (MRGT – campus Belle Beille)

Découverte de l’outil et discussion sur la thématique

Mardi 13, 20 mars et lundi 26 mars de 18h à 20h : ateliers de préparation
Salle Frida Kahlo (MRGT – campus Belle Beille)

Préparation de scènes représentant des situations conflictuelles du quotidien de personnes sujettes à des discriminations raciales et/ou religieuses qui ont des conséquences qui ne nous conviennent pas. Ces ateliers s’inscrivent dans le cadre de la semaine de la lutte contre le racisme et l’antisémitisme.

Mardi 27 mars  de 19h30 à 21h – Cafétéria de l’UFR Lettres 

Séance publique dans le cadre de la semaine de lutte contre les discriminations.

Présentation des scènes, réflexion avec le public pour chercher ensemble des alternatives et leurs conséquences en transformant directement ces scènes pour qu’elles se terminent autrement.

Mardi 17 avril 19h30-23h – Cafétéria de l’UFR Lettres 

2ème séance publique de théâtre forum et repas interculturel

Les séances sont animées par un comédien professionnel, Ludovic Serru.

Il n’est nul besoin d’avoir pratiqué le théâtre au préalable, ici, le théâtre consiste à jouer des rôles, à faire « comme si », non pas dans un souci d’esthétique mais bien pour apporter un élément concret à la recherche du groupe.

Pour vous inscrire, merci de contacter :

Delphine Guedat-Bittighoffer, enseignante-chercheuse en didactique des langues – M1 FLE, delphine.guedat-bittighoffer@univ-angers.fr

Julie Fouchet, enseignante FLE – CeLFE, julie.fouchet@univ-angers.fr

Conférence « la preuve par le corps: l’expertise médicale et psychologique dans la procédure d’asile »

Le collectif invite le 22 janvier 2018 à la MRGT Estelle d’Halluin pour une conférence intitulée « la preuve par le corps: l’expertise médicale et psychologique dans la procédure d’asile ».
Sociologue à l’Université de Nantes Estelle d’Halluin travaille depuis plusieurs années sur les migrants et en particulier sur la sociologie de l’immigration, sur la sociologie politique du droit et de la santé.
Elle est également membre et porteuse de projet dans le projet ARRECO sur la relocalisation des réfugiés dans le cadre du RFI Alliance Europa (voir sur https://arreco.hypotheses.org/).

Ci-dessous quelques unes de ses principales publications:

Direction du numéro 36 de la revue Savoir/Agir sur le thème « Accueillir les migrants ». 2016.

Estelle d’Halluin (2015), « La quête d’asile des exilés sud-asiatiques en France », Migrations société, n°161, p. 73-185.

Estelle d’Halluin (2015), « Quelques enjeux de l’accès aux soins des populations immigrées âgées », Hommes et Migrations, n°1309, p. 39-46.

affiche la-preuve-par-le-corps-janvier2018

« Des gens d’ici s’engagent pour ceux qui viennent d’ailleurs ». Conférence du collectif le 19 décembre 2017

Dans le cadre des conférences organisées par le Collectif universitaire angevin de solidarité avec les réfugiés et les demandeurs d’accueil, le thème de l’engagement auprès des migrants nous réunira le mardi 19 décembre à 18h dans l’amphi Tamaris à la Faculté de Droit, Economie et Gestion.

Des lycéens du Lycée Jean Renoir viendront montrer et commenter un film qu’ils ont réalisés sur des personnes en situation de migration et qui ont trouvé de l’activité au sein de l’association Fabrik Café, association qui sera présentée par ailleurs via des témoignages notamment.

A travers ces exemples l’objectif est d’échanger lors de la soirée sur le thème de l’engagement auprès des migrants. Chacun est invité à témoigner de sa vision des choses, de son propre engagement et de ses actions.

Affiche 19 décémbre

Lancement du projet ARRECO sur la relocalisation des demandeurs d’asile

Lancement d’ ARRECO le 11 décembre 2017, de 15h à 18h30, à la faculté de droit, d’économie et de gestion de l’Université d’Angers.

Le projet ARRECO (Accueil et Relocalisation des Réfugiés en Europe : Catégorisation et Opérationnalisation) financé par Alliance Europa et porté par le Centre Jean Bodin de l’Université d’Angers, vous propose une table-ronde intitulée:

Quel accueil des exilés au niveau local ? Témoignages d’acteurs de terrain sur les CAO et la relocalisation

Affiche Arreco

Programme Arreco

Retour sur la table-ronde « Etre étudiant.e étranger.e : un parcours du combattant » du 21 novembre

La soirée organisée par le collectif sur le parcours des étudiants étrangers à l’Université a été très instructive grâce aux témoignages des étudiant.e.s. Inscrits au CeLFE (Centre de Langue Française pour Etrangers) ou déjà intégrés dans les autres composantes, ces derniers ont répondu sur des tonalités différentes selon les cas, depuis la gravité jusqu’à l’humour, aux différents sujets proposés par Julie Fouchet qui a animé les échanges.
Les thèmes abordés ont été les suivants :
- Les démarches administratives
- L’apprentissage de la langue française et de la méthodologie
- Les spécialités universitaires et l’orientation
- La vie en France

Sur chacun de ces thèmes les étudiants ont fait part de leurs expériences, de leurs difficultés (complexité de l’administration, isolement, décalage culturel, apprentissage des codes, choix de l’orientation) et rapidement les échanges avec la salle ont eu lieu. Ainsi d’autres témoignages ont émergé, des conseils pour l’orientation, des questions, des réactions aux témoignages des étudiants.

Entre anecdotes amusantes mais révélatrices des difficultés jusqu’au partage de pratiques la soirée s’est déroulée dans une logique constructive. Ceci grâce aux étudiants dont il faut saluer le courage d’avoir pris la parole et dans une atmosphère bienveillante avec un public très à l’écoute.

Les échanges se sont poursuivis assez longuement ensuite autour d’un buffet dans le hall de ma Maison de la Recherche Germaine Tillion.

Chacun était d’accord sur l’intérêt d’une telle soirée et sur le fait qu’il faudrait la renouveler pour aller encore plus loin.

Ci-dessous quelques photos de la soirée

E.E 1

E.E 2

E.E 3

Être étudiant.e étranger.e : un parcours du combattant? Prochaine réunion du collectif le 21 novembre

Dans quelles conditions les étudiants étrangers sont ils accueillis dans les universités françaises et à l’UA en particulier? Dans quelles mesures leur origine joue-t-elle un rôle, est-elle une contrainte ou non? Quels sont leurs difficultés, atouts, ressentis face aux démarches administratives, à leur cursus…? Autant de questions qui seront débattues le 21 novembre 2017 avec les témoignages d’étudiants étrangers de l’Université d’Angers.

18H30 à l’amphi Germaine Tillion de la MRGT

affiche étudiants étrangers