Une ethnologue en BU

donna_badge_uxlibs2J’avais déjà traduit une conférence de 2017 de l’anthropologue américaine Donna Lanclos qui remettait en question l’idée toute faite et encore très répandue que les jeunes qui entrent à l’université depuis 2010 seraient des “Digital natives”.

En relisant son blog, je suis tombée par hasard sur un texte de 2015  qui m’a paru poser clairement – quoique longuement – les enjeux d’une approche ethnographique et anthropologique intégrée en bibliothèque universitaire.

Il s’agit de la conférence d’ouverture faite par Donna Lanclos lors de la première conférence UXlib de Cambridge en 2015. Le texte anglais était la transcription libre par Donna de notes prises in vivo juste après la conférence en commentaire de chacune de ses diapositives. Une première traduction littérale s’est révélée décevante… et difficile à ré-illustrer.

Pour l’adapter à une lecture à froid par un public francophone, hors contexte de congrès, j’ai fait des choix radicaux – dont celui délibéré du féminin neutre, quelques coupes sombres et me suis parfois éloignée de la lettre du texte d’origine pour mieux en servir l’esprit.

Maud Puaud a accepté de résumer le texte en deux sketchnotes  (que j’ai aussi débités en morceaux pour mettre quelques illustrations au fil de l’eau)  qui vous permettront de saisir les idées clés du texte avant de le lire – ou pas – jusqu’au bout ;-)

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Des distributeurs “BUA compatibles” 1/3


tirelire-lapinJe hais les régies et payer des fonctionnaires à compter des piécettes. Toucher de l’argent en tant que service public représente un coût de gestion non négligeable, un ensemble de procédures compliquées et des métiers pour rendre des services à titre onéreux que nous sommes loin de maîtriser.

Donc, à l’exception de quelques remboursements de livres, des inscriptions payantes de personnes extérieures à la communauté universitaire -payées à 90% en ligne par CB via Paybox – et de quelques PEB faits à ces mêmes inscrits extérieurs (le service n’étant pas facturé à notre communauté), nous avons délégué à des sociétés extérieures tous les services “non documentaires” que nous ne pouvions raisonnablement pas, au regard des coûts induits et des budgets publics malthusiens alloués à l’Université d’Angers, rendre gratuitement. Le sujet nous apportant nombre de questions, je poserai en 3 billets l’essentiel concernant nos trois contrats de concession actuels :

  • le dernier venu, un distributeur de snacks, boissons fraîches et boissons chaudes que vous avons voulu le plus “BUA compatible”, éthique et féministe possible ;
  • l’historique contrat de concession “copies et impressions”, permettant de gérer, en 2018, plus de 1 500 000 tirages ;
  • le microscopique et improbable contrat “distributeur de bouchons d’oreille” dont le modèle économique simplissime continue de me ravir, 8 ans après sa mise en place.

Episode 1 : Des distributeurs BUA-compatibles distributeurs_BUA_compatibles Continue reading

WC management

DSC_1520Il m’arrive souvent de dire, par pure provocation, lors de formations ou d’interventions à l’extérieur, que l’innovation en BU, c’est d’abord d’avoir tout le temps du savon dans les toilettes.

Curieusement, nous recevons peu de demandes spontanées de benchmarking sur notre gestion des toilettes… mais rencontrons en revanche un franc succès dès que nous nous lançons sur le terrain du retour d’expérience en matière de “WC management”, lors des visites BUApro ou d’autres rencontres professionnelles !

Voici donc un billet circonstancié, sur la place des toilettes :

  • dans l’évolution de nos métiers,
  • au moment de la programmation des bâtiments,
  • au quotidien, avec un petit inventaire de problématiques et de micro-solutions testées, éprouvées ou abandonnées à Angers depuis 10 ans.

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Les visites BUApro

BuaPro  20 mars 2017  16Nous recevons à la BU d’Angers de nombreuses sollicitations de visites professionnelles de la part de collègues d’autres établissements, sur des thèmes très variés, allant de la gestion des espaces de travail au prêt illimité en passant par l’événementiel ou la formation.

En hôtes attentifs, nous avons à cœur d’organiser, pour les professionnels comme pour nos usagers, des visites “utiles, utilisables et désirables”, qui ne se limitent pas à une simple découverte des espaces, mais qui permettent de repartir avec une véritable vision des enjeux de la mise en place de tel ou tel service, grâce à des observations in situ et des rencontres avec le personnel de la bibliothèque.

Pour offrir une expérience de visite égale à tous ceux qui nous en font la demande, nous avons choisi de grouper les temps de visite dans l’année et de proposer aux professionnels intéressés 3 dates par an : en mars, en juin et en décembre. La 8 édition, qui aura lieu les jeudi et vendredi 4 et 5 juillet 2019, est complète : vous pouvez nous faire part de votre intérêt pour être informé en avant première des prochaines dates.  Continue reading

Prêter des espaces

Aménagement carré groups sts3

Nous répondons à de [trop] nombreux mails sur la question de la réservation d’espaces de travail à la BUA. C’est signe qu’il est temps de faire un billet BUApro sur le sujet permettant aux collègues en mal de benchmarking de trouver facilement les données nous concernant. La personne ressource sur les questions techniques (Affluences, gestion courante) est Catherine Faïs et pour l’aménagement mobilier (et l’UX) c’est Frédéric Desgranges.

Le billet est structuré en 3 parties :

  1. Typologie des espaces de travail collectif à la BUA
  2. Méthodes d’évaluation des usages mises en oeuvre et problèmes rencontrés
  3. Pistes de travail actuelles

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“Pourquoi viennent-ils ?” De la bibliothèque comme lieu et comme marque

Le premier dim

De retour de #ADBU2017 et #ubibcamp2, où le rôle des bibliothèques universitaires au sein des communautés de l’ESR a fait l’objet d’échanges nourris, je m’interrogeais sur l’identité de nos BU, et la manière dont, à travers le temps très long, la “Bibliothèque” incarnait dans l’imaginaire collectif certaines valeurs de transmission, de continuité, de partage et d’ouverture en tant que lieu de sociabilité savante. La découverte du beau Learning center “Lilliad Innovation” donnait matière à penser sur les diverses manières de vivre, d’assumer ou de dépasser notre héritage de “bibliothèques” en terme d’image de marque au sein de la communauté universitaire et de la société en général. (* erratum : Lilliad vient de me confirmer qu’il n’y a aucun projet de généralisation de l’appellation à d’autres sites lillois).

Comme souvent, un collègue, quelque part, se posait des questions comparables et avait pris la peine d’écrire un billet de blog en anglais pour ouvrir la conversation. Christian Lauersen est danois et dirige plusieurs bibliothèques de Lettres et sciences humaines de l’université de Copenhague au sein de la Royal Danish Library. Il tient depuis trois ans un blog des plus stimulants, The Library Lab, où il rend compte, notamment, de la naissance et de la croissance d’un merveilleux lieu, le Digital Social Sciences Lab (#DSSL) où autour des questions de datavisualisation et d’aide à la recherche, la bibliothèque universitaire se trouve au cœur d’un écosystème de chercheurs, d’étudiants, de données ouvertes, tissant sociabilité, savoir-faire et faire savoir au sous-sol d’une des bibliothèques de sciences humaines les plus chaleureuses qu’il m’ait été donné de visiter (Voir albums Social Science Library ; DSSL).

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Les réflexions qui vont suivre sont la traduction [assez libre] en français du billet de Christian Lauersen Why do they come? The Library as place and brand, publié le 18 octobre dernier sur le blog Library Lab.

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Devenez acteur de services attentifs aux usagers

4345_1460632116_userexperience_970x545pL’appel à projet BO+ a vu la création de 11 postes ESR, plutôt portés par des COMUE.

Comme tous les autres porteurs de projet, la COMUE UBL avait proposé un profil de coordinateur : bien convaincus que la gestion des moniteurs, de l’intendance et des plannings se ferait en local au plus près du quotidien, nous avions orienté le profil sur un terme générique faisant consensus : la “qualité des services”. Sensibilisés [peut-être] par la journée d’études “Des services vraiment orientés usagers ?” du congrès ADBU 2016, les collègues directeurs/trices des SCD du réseau ont construit un certain consensus sur le fait que travailler l’observation en mode projet et disséminer des méthodes inspirées du Design UX pouvait être coordonné de manière transversale, et décliné en autant de projets de terrain par les équipes en place.

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Digital natives & co

Parfois, on tombe sur un texte qui donne à penser. En anglais.
En tant que bibliothécaire francophone, cela donne envie de le partager. Traduire, comme je l’ai déjà fait pour le manifeste d’Aaron Schmidt Pour une bibliothèque attentive à ses utilisateurs, ou la réaction à chaud de David Lankes après le massacre à Charlie Hebdo, est un des moyens les plus faciles de participer à la réflexion collective.

The death of the digital native: four provocations from Digifest speaker, écrit par le Dr Donna Lanclos, est une keynote donné lors du #Digifest2016, organisé par le JISC en février 2016 pour les décideurs britanniques de l’ESR. Pourquoi ces 4 opinions m’ont-elle donné envie de les traduire ?

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Hier, aujourd’hui, demain : le site web BUA

En avril 2016, la bibliothèque universitaire d’Angers a procédé à la migration de son site internet, passé de Drupal 6 à Drupal 7. En 2014-2015, le projet ne prévoyait qu’une migration, sans questionnement du site, de son organisation ni de ses contenus.
Démarche Ux et découverte des tests d’utilisabilité aidant, l’année 2015 nous a amené à reconsidérer ce projet et à l’envisager sous un jour bien différent :
- la migration n’est qu’une étape dans un processus continu et régulier d’évolution et d’amélioration de notre site web : migrer ne signifie pas avoir un site figé pour 5 ans.
- l’accumulation de contenus n’est pas son objectif principal.
- l’expérimentation devient la règle : essayer, corriger, réessayer… Les tests d’utilisabilité sont le meilleur moyen de connaitre les usages de notre site et de le faire évoluer pour qu’il corresponde aux besoins des utilisateurs.
- le site web BUA a plusieurs fonctions (portillon d’accès aux ressources électroniques, interface de recherche catalogue, vitrine pour nos services sur place et à distance) et une cible unique, la communauté universitaire de l’UA : la stratégie d’évolution du site doit coller à ces éléments.
A travers ce billet, nous vous proposons de suivre l’évolution du site internet de la BU d’Angers, sous la forme d’un avant/après centré sur les choix qui ont motivé nos décisions, mais aussi sur des données statistiques d’usage du site, qui permettent de mesurer la portée des changements opérés. Continue reading

Des tests d’utilisabilité pour mieux manager

Les tests d’utilisabilité se situent dans la sphère des projets Ux ou encore de design de l’expérience utilisateur. Ils ont la particularité de se situer dans une zone à très fort enjeu, celle des points de contact entre services offerts par la bibliothèque (A) et utilisateurs (B).

Capture Qu’est-ce qu’un test d’utilisabilité ? C’est une méthode qui permet d’évaluer un produit/outil en le faisant tester par des utilisateurs, au moyen de scénarios préalablement construits. Les tests d’utilisabilité permettent d’observer directement un utilisateur en train de se servir d’un produit/outil et d’identifier concrètement les difficultés qu’il rencontre. A la BU d’Angers, nous avons déjà mené 4 tests, principalement sur le site internet et le catalogue de la BU. Ils ont tous donné des résultats saisissants et été source d’étonnement professionnel et d’échanges nourris entre bibliothécaires et utilisateurs.

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