Médiation animale : mignon certes, mais encore ?

mediation_animale_3Parmi les actions qui nous valent déjà plein de questions, il y a celle de médiation animale organisée dans les BU d’Angers entre novembre et décembre 2019, partagée en un torrent de photos toutes plus mignonnes les unes que les autres sur les réseaux sociaux. Les billets #BUApro servant à la fois à documenter les choses pour nous-mêmes (une espèce de rapport d’activité de projets assez libre et sans langue de bois) et à éviter d’avoir à répondre personnellement à plein de mails de collègues curieux, voici un sujet de billet tout trouvé en cette fin 2019.

Je vais partir des questions qui m’ont été posées jusqu’ici :

  • C’est quoi exactement la médiation animale ? Comment vous est venue l’idée ?
  • Quelles relations et contractualisation avez-vous eues avec les intervenantes ?
  • Pourquoi faire un truc pareil ?
  • Et ça se passe comment en pratique ? Pour les personnes allergiques ou qui ont peur, vous faites comment ? Y a-t-il eu un avis du service hygiène et sécurité de l’université ? Un passage devant les instances CHSCT ?
  • Combien ça coûte ?
      • ce point fera l’objet d’un billet à part ultérieurement, sous forme d’une note de gestion circonstanciée lorsque notre stagiaire DCB enssib l’aura rendue à l’enssib – et nous l’aura envoyée, histoire qu’il ne soit pas accusé de plagiat. Une réponse rapide ici si vous n’avez pas le temps d’aller plus loin : 3000 € en frais directs de fonctionnement (les honoraires et frais de déplacement des intervenantes pour 40 heures/femmes et animaux) . La note budgétaire dans le billet à suivre détaillera les frais indirects et le coût complet.
  • Quelle réception de la part des publics, des collègues, des intervenantes et de leurs partenaires animaliers, de la tutelle, de l’extérieur ?
      • Un travail plus systématique devrait être fait courant 2020 dans le cadre d’un stage, histoire d’assurer un peu de neutralité et vous ne trouverez dans le présent billet qu’une approche à chaud et quelques exemples.
  • La question de la communication fait l’objet d’un billet à part, complété à la suite de cet archivage du billet de base de présentation au public de l’action sur le site web BUA.

Je vais essayer de développer le plus précisément possible les externalités positives et négatives en essayant de mettre en évidence les passages où s’exprime ma subjectivité d’organisatrice et témoin des actions sans aucune neutralité. Il y a beaucoup de “je” de ce fait : je vous prie de m’en excuser.

A. C’est quoi exactement la médiation animale ? Comment vous est venue l’idée ?

Médiation.s ?

Médiation  (1)

La “médiation” est plutôt connue du grand public dans son usage para-judiciaire, dans les cas de conflits familiaux au moment de divorces ou des litiges de voisinage. Nous sommes plusieurs à avoir eu la chance, suite à un conflit professionnel, de suivre une rapide formation à ce qu’était une médiation en milieu professionnel, et, dans le cadre du processus de médiation lui-même, de retrouver une vraie paix intérieure et relationnelle. L’article médiation de Wikipédia donne la définition suivante :

La médiation est une pratique ou une discipline qui vise à définir l’intervention d’un tiers pour faciliter la circulation d’information, éclaircir ou rétablir des relations.

Ce tiers neutre, indépendant et impartial, est appelé médiateur. La définition de cette activité varie selon les contextes d’application.

Néanmoins, des constantes existent à chaque fois qu’un tiers intervient pour faciliter une relation ou la compréhension d’une situation et des éléments de pédagogie et de qualité relationnelle se retrouvent dans les pratiques de la médiation.

Pour reformuler cela avec mes propres mots, sans doute maladroits, j’ai retenu l’idée qu’il était possible à une médiatrice ou un médiateur bien formé d’établir un “espace tiers” où les personnes peuvent se sentir en sécurité pour parler d’elles, de ce qui leur pèse ou les préoccupe et que l’écoute bienveillante, à elle seule, pouvait apporter quelque chose d’impondérable, de variable, et parfois d’ineffable à certaines personnes.

Cette notion “d’espace tiers” me paraît importante pour tenter d’approcher le rôle d’une BU dans la vie de l’étudiant.e : je perçois, à tort ou à raison, la BU comme un espace tiers entre la maison et la salle de cours, un espace tiers où les connaissances sont triées, traitées, incorporées, enrichies, un espace tiers entre les personnes où se nouent des sociabilités policées et des communications régulées, un espace tiers aussi entre le flot de données et leurs usages réels où se jouent plein de choses importantes sur l’appropriation des savoirs, le libre arbitre par rapport à la connaissance imposée, etc.

rat_celestine_bibliothecaireMême si le référentiel métiers Bibliofil regroupe depuis une vingtaine d’années sous la fiche de poste type  “médiateur documentaire” toutes les fonctions d’entremetteur et de Célestine du bibliothécaire (au passage, je recommande chaudement le livre du suisse Pierre-Yves Lador “Le rat, la Célestine et le bibliothécaire” à ceux qui n’auraient pas encore croisé ce délicieux ouvrage publié en 1990), j’entends dans les multiples expressions de frustration sur la raréfaction supposée des entretiens de référence à l’accueil, et la joie des collègues retrouvant ce type d’interactions dans le cadre des rendez-vous avec un.e bibliothécaire, que nous faisons beaucoup de transactions et finalement bien peu de médiation en bibliothèque aujourd’hui.

Malgré cette frustration, il me semble que notre capacité à installer et faire vivre des “espaces tiers”, différents des espaces de cours et des lieux de la vie privée, à la fois très libres et très cadrés, est un pivot de notre rôle social au sein de l’université et de notre place dans la vie des étudiants. Si comme l’écrit Donna Lanclos, “libraries are people” que faisons nous concrètement pour faire fleurir des relations et échanges entre les gens ? Comment passer de l’idée flatteuse et séduisante de la “médiation” à des actions concrètes ?

libraries_are_people

Un faisceau de pistes convergentes

Lors d’une formation suivie à titre privé, hors bibliothèques, en 2018 sur la communication relationnelle et les processus de médiation, j’ai croisé parmi les stagiaires une jeune femme, psychologue de formation, se lançant dans une activité de médiation animale : en l’écoutant parler de son activité auprès de personnes âgées en EHPAD et d’enfants atteints de troubles du spectre autistique et de ses partenaires animaliers (un petit chien et des lapins), j’ai entendu que l’animal pouvait faciliter l’installation d’un “espace tiers” et faire passer au second plan la difficulté à formuler et mettre en mots les ressentis de certaines personnes, leur permettre de se rattacher à des souvenirs simples, sensibles, partageables et de se ré-ancrer dans un instant présent plus serein.

Chaque année, quand on se rapproche du solstice d’hiver et des premiers partiels, les SST (sauveteurs secouristes du travail) de la BU, dont je suis, prennent en charge des jeunes personnes en proie à des crises d’angoisse ou attaques de panique. Fin 2018, j’ai eu directement affaire, à quelques jours d’intervalle, à deux jeunes femmes souffrant de paresthésies et crises de tétanie impressionnantes, soulagées, avant prise en charge par le SMUR, par ce petit truc proposé par notre formateur SST lors d’une séance de “recyclage” (les SST sont reformés au moins tous les 2 ans) : caresser doucement le dessus de la main en murmurant une mélopée douce de “tout doux, ça va aller, ça va aller” en attendant un avis médical. L’importance d’une approche tactile m’a alors paru évidente, bien qu’elle soit toujours compliquée socialement parlant entre humains (le numéro du 16/12/19 du Supplément l’Epoque du  Monde en parle bien https://www.lemonde.fr/m-perso/article/2019/12/16/j-ai-l-impression-que-vos-mains-ont-lave-mon-corps_6023057_4497916.html). Pendant toutes les séances de médiation, j’ai été fascinée de voir les mains de toutes couleurs se tendre vers, palper, caresser, grattouiller nos hôtes animaliers pour leur plus grand plaisir. Pour l’anecdote – sans rapport de causalité évident ni encore moins établi – nous avons géré moins de crises d’angoisse, moins graves à la BU cette fin d’automne en soirée.

Dernière piste de réflexion : au printemps 2018, dans le cadre de l’organisation du Cyclo-biblio AngElle, nous avions repris contact avec l’école de chiens guides d’aveugles d’Angers, qui m’avait demandé, en 2015, l’autorisation de traverser la BU dans le cadre de l’entraînement des jeunes chiens guides. J’avais alors été témoin de la bienveillance et de la curiosité des étudiants au moment du passage des labradors, bergers allemands et goldens retrievers en formation à ce moment là. Les réactions de plusieurs collègues organisant et participant au Cyclobiblio à l’idée de rencontrer les chiens guides et leur frustration, quand l’activité a été annulée à la dernière minute, m’ont paru intéressantes.

La médiation animale en bibliothèque vue d’ailleurs

Je regarde depuis de nombreuses années en ligne les actions des BU de l’université de Huddersfield et de l’université de Glasgow (qui m’avait accueillie dans le cadre d’un Erasmus pour les vieux en 2010) en faveur de l’intégration des nouveaux étudiants et de l’accompagnement des périodes de stress, en lien avec les Students Unions (un exemple de 2015 ici, mais il y en a eu d’autres avant) : depuis plusieurs années, ces deux BU invitent des zoothérapeutes et leurs chiens pendant les périodes de révision.

pet_session

Une veille pro régulière permet de se tenir au courant des retours d’expériences sur ce type de dispositif aux Etats-Unis, au Canada (un exemple à l’université d’Ottawa, parmi d’autres) et au Royaume Uni, sous forme d’actions ponctuelles, bien environnées dans une démarche globale de prévention du stress et d’inclusion. Un article canadien en français sur The Conversation récapitule bien les raisonnements à l’origine de l’invitation de thérapeutes canins sur les campus.

Ceux qui connaissent mon goût immodéré pour l’EBM (Evidence based medicine) se doutent que je n’ai pas résisté à faire aussi quelques recherches Pubmed sur le sujet, jusqu’à trouver une méta-analyse de 2017 (Crossman, M.K. (2017), Effects of Interactions With Animals On Human Psychological Distress. J. Clin. Psychol., 73: 761-784. doi:10.1002/jclp.22410 ) montrant que le rapport bénéfice/risques des interactions humain-animal, sans être fermement établi côté positif, n’était pas non plus négatif.*

mediation_animaleSylvie Kha a eu la gentillesse de partager sur Twitter la réponse très circonstanciée du service Questions / Réponses de l’enssib sur le sujet  datant de janvier 2019 :

https://www.enssib.fr/services-et-ressources/questions-reponses/mediation-animale-en-bibliotheque

Si vous vous posez des questions, c’est un point de départ plus pertinent que ce petit retour d’expérience subjectif.

* Si vous aimez vraiment la recherche biblio, vous pouvez vous aussi jouer avec le MESH “Animal Assisted Therapy” et “Stress, Psychological” et la recherche documentaire en général (zoothérapie + bibliothèques / médiation animale + bibliothèque, zootherapy + library, paws + libraries, etc.) !

Ok, mais comment vous est venue l’idée de faire ça à la BU d’Angers en 2019 ?

Pour revenir au fil retour d’expérience angevin, il y a trois points de départ à notre expérience angevine de 2019.

Le premier est venu des collègues de la BU Saint-Serge qui, début 2019 (ou fin 2018 ?), après une discussion de cuisine le midi, ont lancé une petite consultation en cuisine sur “quel animal pour la BU” (oui, les collègues s’amusent à faire des espaces de vote sur papier en cuisine). Ils ont alors beaucoup discuté des “pour” et des “contre” l’adoption d’un animal domestique par l’équipe du site. Là dessus, la présence d’une alarme volumétrique la nuit, mes préoccupations domestiques permanentes face aux insuffisances des prestations de ménage et mes craintes sur notre capacité collective à assurer le bien-être d’un animal à demeure 365 jours sur 365 et 24/24 dans un lieu public, avec un engagement au moins décennal pour un chien, chat ou lapin, m’ont fait choisir de ne pas donner suite.

blague_mediation

Le deuxième est une blague du 1er avril 2019 : j’étais en train de me faire masser les mains par Céline Maudet dans le cadre d’une action de prévention du stress organisée par le SUMPPS (pour en savoir plus, ce billet BUApro sur ce joli partenariat de plus de 10 ans) à la BU Belle Beille, quand je me suis dit que je pouvais recycler des photos de mon lapin de compagnie pour un poisson d’avril (oui, je suis, à temps perdu, une CM facétieuse qui n’a de comptes à rendre qu’à elle-même).

Le  nombre de “like” de la part d’étudiant.es était supérieur à la moyenne et surtout, au printemps dernier, plusieurs personnes ont demandé à quel moment nous allions faire venir des animaux pour aider à gérer les périodes de stress.

Le troisième point de départ de l’idée est l’expérimentation en mai 2019 de deux cocons de sieste (nous y reviendrons un jour, mais le cycle de réflexion/action/observation/ajustements là dessus n’est pas fini) et la mise en place d’une salle de méditation/repos à la BU Belle-Beille.

L’expérience “cocon de sieste” et les occasions de communication qu’elle a suscitées ont ouvert des espaces de discussion multiples sur la demande sociale d’opérations “bien-être” à l’université, renforcée par la tonalité des appels à projet CVEC (Contribution Vie étudiante et de campus) qui commençaient à remonter un peu partout. La BU, avec son expertise sur la gestion et la régulation d’espaces différenciés, son image de lieu de sociabilité au calme, et sa philosophie de service affichée d’écouter “les demandes et d’identifier les besoins” et de “contribuer à ce que chacun.e trouve une place correspondant à ses besoins et établisse une relation respectueuse et conviviale aux autres” avait là matière à monter un test de terrain pour faire mûrir l’idée et voir si cela valait la peine de partir chercher des financements à l’avenir.

B. Quelles relations et contractualisation avez-vous eues avec les intervenantes ?

J’ai eu la chance, vu ma place dans l’organisation, de pouvoir mener tranquille l’instruction d’un “Comment pourrions-nous proposer en test un moment de partage autour d’animaux à la BU ? ” sans en référer à personne. Sur un projet de ce type, qui, à vue de nez, n’avait pas besoin de l’adhésion d’une large partie de l’équipe pour pouvoir fonctionner et n’avait rien de stratégique, je me suis mise mollement en quête d’intervenants, un soir d’astreinte téléphonique, en grattant les oreilles de mon lapin sur canapé.

L’idée aurait pu ne rester qu’une idée (j’ai comme ça une bonne douzaine de “pet projects” qui ne voient – heureusement ou non – pas le jour)  si les messages assez ouverts à plusieurs professionnel.les du Maine et Loire repérés sur internet n’avaient pas reçu de réponse (si vous suivez BUApro, c’est exactement la même chose que pour les distributeurs sans-gobelets-ni-canettes proposant des serviettes-hygiéniques et des produits bios, un autre “pet project” gardé en veille dans l’attente du “bon partenaire” pendant 4 ans).

Lucile Civel, responsable de Des museaux pour des maux, que j’avais choisi de contacter au vu du site web (vocabulaire employé, en activité depuis 2011, à proximité immédiate d’Angers, plusieurs intervenantes de formation psy et assistantes sociales, partenaires animaliers variés, expériences dans plusieurs institutions de la région) a répondu environ 3 semaines après la prise de contact en avril 2019 :

Tout d’abord, je m’excuse de ma réponse tardive, je suis maman de ma troisième petite fille depuis peu.
J’ai bien pris connaissance de votre message, et j’en suis plus que ravie.
En effet, il y a plusieurs mois,  j’avais proposé divers projets au sein de bibliothèques de la région sans concrétisation en retour.
Je me suis formée au Canada, et les projets de médiation par l’Animal dispensés dans les bibliothèques sont nombreux !
En 2011, j’avais réalisé un stage avec l’équipe READ, aux Etats-Unis.
Les objectifs et les publics sont variés, pour ma part, j’étais axée sur l’accompagnement des enfants en échec scolaire. En bref, je serai ravie d’échanger de vive voix avec vous à ce sujet.

Nous convenons d’un rendez-vous de visu fin septembre 2019  à la fin de son congé maternité. Lucile arrive au premier rendez-vous accompagnée de ses deux golden retrievers après une session en oncologie pédiatrique au CHU situé en face de la BU. Je suis ses conseils préalables et préviens personnellement tous les collègues présents ce jour là (plusieurs ont peur des chiens) de son passage. Lors de la visite de la BU Saint Serge avec ses compagnons à poils, la réaction des étudiants est stupéfiante  : nous sommes vite rejointes et questionnées par deux douzaines de personnes qui demandent ce qui se passe et une fois présentée l’idée d’un “moment ouvert à la BU permettant de caresser ou brosser des chiens, des chats ou des lapins” nous recueillons des retours enthousiastes – les goguenards ne sont pas passés ce jour là.

photobooth

Comme vous pouvez le constater si vous êtes arrivés jusqu’ici dans votre lecture, je n’avais pas une idée très claire de ce qui pouvait prendre forme, et l’opération de novembre 2019 était avant un tout un prototype, un essai pour penser “grandeur réelle”, en actes et non en mots, ce que le concept assez flou de médiation animale pouvait recouvrir. Voici donc comment la demande de “prestation” à Lucile Civel a été formulée :

  • rester dans un budget global limité, inférieur à 3000 €,
  • avant la fin de l’année budgétaire, entre novembre et décembre,
  • dans les 2 BU,
  • sur des créneaux d’affluence modérée (c’est à dire après 19h à la BU St-Serge, et plutôt les fins d’après midi ou le vendredi à la BU Belle-Beille) et avec de la régularité d’une semaine sur l’autre
  • avec plusieurs dispositifs et types d’animaux,
  • dans des espaces “délimités” sans vagabondage des animaux dans toute la BU,
  • en prévoyant une séance de bilan en fin  d’expérience.

Une analyse de besoin dans une phase exploratoire ne me paraissait pas pouvoir être plus précise et j’ai choisi de faire confiance aux professionnelles de Des museaux pour des maux pour mener à bien cette phase d’expérience, qui aurait aussi bien pu être un échec complet (ou annulée si après la première séance, il avait eu un doute sur le bien-être des animaux ou des étudiants dans nos locaux pendant l’opération).

C. Tout ça ne répond pas à la question “Alors c’est quoi la médiation animale ?” et  “Pourquoi faire un truc pareil” ?

J’ai essayé de mettre des mots dessus pour le flyer distribué et dans le billet de présentation de la médiation animale sur le site web de la BU, remis sur #BUApro pour archivage (http://blog.univ-angers.fr/buapro/?p=786). J’ai rédigé rapidement ce contenu là dans la nuit, juste après la première session le 13 novembre, et n’ai réussi à l’écrire qu’après avoir observé les interactions sur le terrain.

La médiation animale c’est quoi ?

“Un espace privilégié pour passer un moment avec un animal bienveillant dans un environnement paisible, le temps d’un câlin, d’un brossage, ou d’un échange silencieux, en présence de médiatrices professionnelles. Cela ne remplace pas une visite auprès de la médecine préventive (SUMPPS) ou de votre médecin si vous vous sentez déprimé.e ou anormalement fatigué.e, mais peut vous aider à lâcher prise et prendre un peu de recul sur votre quotidien.”

Pourquoi à la BUA ?

“Parce que notre métier en BU est de partager des choses qu’il est parfois difficile de s’offrir quand on est étudiant : nous mettons à votre disposition un large choix de livres, des espaces où travailler seul ou en groupe, notamment le week-end et en soirée, l’emprunt de petit matériel trop coûteux pour un individu ou utile aux distraits. Alors, pourquoi ne pas rendre possible une occasion de contact avec des animaux ?

Ne pouvant imaginer de mettre en prêt des êtres vivants et sensibles, nous organisons donc, sur un temps limité, ces petits moments privilégiés de rencontres gratuits, ouverts à toutes et tous…”

 

Médiation chats

Et vous avez pensé à tous les pauvres étudiants qui meurent de faim / n’ont pas de toit ?

Oui, beaucoup, d’autant que l’opération a été organisée au moment où un étudiant lyonnais s’est immolé devant le CROUS pour protester contre la précarité de la vie étudiante, soulignant la vanité d’actions de confort (quelles qu’elles soient) lorsque les besoins fondamentaux de subsistance de certains ne sont pas couverts.

Le pourquoi d’organiser des moments de contact avec les animaux en bibliothèque peut paraître bien ténu lorsque des étudiants n’ont pas de quoi manger, mais comme je l’écrivais à une collègue, qui me faisait part de sa préoccupation :

La suite logique des arguments, “pourquoi faire du qualitatif quand les gens dorment dehors” c’est “arrêtons d’acheter des livres (300 000 € par an et des revues à 700 000 € par an), et de payer 3 millions par an des gens pour s’en occuper et transformons la BU en centre d’hébergement la nuit avec des assistantes sociales et des cuisiniers le jour pour préparer les repas.” 3000 € pour un moment de confort moral partagé ne me paraît pas plus indécent que les 20 % de livres que nous achetons et qui ne sont pas empruntés dans les 5 ans (60 000 € par an) ou que plein d’autres choses et je sais que lorsque je me bats pour ouvrir 91 heures par semaine une BU confortable, en offrant des emplois étudiants, c’est quasiment le plus que je peux faire comme bibliothécaire sur les questions de précarité, et je n’en ai pas honte. Si nous voulons faire plus, allons du côté des métiers du social et quittons les bibliothèques.
En bonne ordonnatrice secondaire, je suis aussi sensible qu’une autre au fait d’utiliser judicieusement l’argent public et m’efforce de ne jamais céder à la tentation de dépenser parce qu’il reste de l’argent en fin d’année sur le budget initial, tout en sachant que ce n’est hélas pas parce que je gère “en bonne mère de famille” que les reliquats se transforment en financement de postes d’aide-soignantes ou en logement étudiants. Je sais aussi le prix de notre temps de fonctionnaires et peux m’échauffer assez vite sur le sujet.

Bref, le pourquoi philosophique est dans le billet “médiation animale”, le pourquoi pratique est :

  • parce que nous le pouvions, sans avoir à passer du temps à monter de coûteux appels à projets, pour une action “anecdotique”, grâce à la petite recette imprévue procurée par le contrat de concession des distributeurs depuis février ;
  • parce que je crois beaucoup à une petite dépense visible pour tester une idée sur le terrain plutôt qu’à des grosses dépenses cachées en temps de travail et masse salariale à débattre des heures du “pourquoi du comment” faire quelque chose engageant peu le collectif ;
  • parce que ça me faisait très envie, au point de donner pas mal de mon temps “pro bono” pour assurer l’intendance en soirée à la BU Saint-Serge… et que nous étions plusieurs à Belle Beille et Saint Serge à ressentir un vrai enthousiasme à l’idée de contribuer à ces moments de partages à la BU et à y trouver du sens ;
  • parce qu’en pratique, c’était clé en main… et peu gourmand en temps de travail pour le personnel BU et que cela pouvait trouver son public ou non, sans coûts irrécupérables nous engageant sur le long terme.

D. Et ça se passe comment en pratique ?

Où, quand, comment ?

Les médiatrices arrivent à deux, dans un espace bien délimité avec leurs deux ou trois animaux, les étudiants affluent, les bibliothécaires régulent un peu, tout le monde sourit, se regarde, échange, discute, se raconte, et au bout de 2 heures, l’espace se referme et la vie normale faite d’indifférence mutuelle aux gens qu’on ne connaît pas reprend son cours.

Les chats et les lapins étaient installés dans un espace fermé, très paisible, avec un accès limité à 6 personnes à la fois (petit tableau d’inscription le jour même en cas d’affluence), les chiens dans une zone plus ouverte. Une occasion comme une autre d’éprouver l’adaptabilité et la plasticité de nos espaces et mobiliers à différents usages.

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C’est un peu caricatural, mais contrairement à des animaux à demeure, une opération de 2 heures par semaine est très simple à gérer dans nos espaces publics grands et assez modulables.

L’important est d’avoir quelqu’un acceptant de passer l’aspirateur à la fin pour éviter qu’il ne reste trop de poils accrochés aux textiles : je suis un peu cher payée pour faire ça, mais cela a été ma contribution personnelle à l’opération en le faisant une fois mon service terminé. Notre stagiaire DCB28, souffrant d’allergie respiratoire à certains poils d’animaux, a été un canari-à-grisou tout à fait volontaire pour dire s’il se sentait affecté pendant l’opération ou après par l’exposition à ses allergènes. Après avoir accompagné de près 7 séances, il va encore très bien. Le nettoyage des textiles lavables était par ailleurs programmé, comme toujours, pendant les vacances de fin d’année.

Stagiaire payant de sa personne

Stagiaire payant de sa personne

Le coût salarial le plus important est celui de la régulation et de la mise en contexte de l’opération, la médiation de la médiation en quelque sorte : notre stagiaire DCB28 a excellé en la matière et a beaucoup écouté, échangé et eu des entretiens ouverts très qualitatifs avec les étudiants attendant leur tour. L’équipe de 3 collègues très mobilisés à la BU Belle-Beille a également apprécié cette occasion d’échanges un peu différents et très positifs avec nos publics.

Et le CHSCT/ingénieurs hygiène et sécurité ?

Le règlement intérieur de l’université d’Angers prévoit raisonnablement une règle concernant les animaux… et ses exceptions.

La rédaction “La présence d’animaux est interdite au sein des locaux universitaires, sauf exception ou en cas de nécessité de service (animaleries dédiées à la recherche et à l’enseignement, chiens accompagnant les personnes mal ou non voyantes ou cas d’autorisation expresse)” ainsi que ma large délégation de pouvoirs pour ce qui concerne l’hygiène et la sécurité ont permis d’organiser la chose avec un minimum de formalités. Une heure de discussion en CHSCT coûte en masse salariale plus que le test envisagé !

Aucun agent de la bibliothèque ou visiteur de la bibliothèque n’a été contraint à être au contact des animaux ni à s’associer à l’opération et le choix d’une période “creuse” et de lieux fermés ou contournables a permis d’éviter que des agents ne le souhaitant ou pouvant physiquement pas (du fait d’une phobie ou d’allergie) soient obligés d’invoquer leur droit de retrait les jours de présence des animaux dans la BU.

Donc pas grand chose à dire là dessus et notre contexte privilégié n’est pas transposable :

  • les animaux étaient propres, vaccinés, traités contre les puces et vermifugés,
  • nous avons des relations de confiance avec le CHSCT et la direction de la prévention et de la sécurité,
  • nous sommes bien formés aux questions de prévention primaire,
  • nous avons la chance d’être dans une organisation, l’UA, ayant comme valeurs l’audace et l’expérimentation,
  • notre gouvernance actuelle a une vision des choses où le contrôle ne s’exerce pas a priori et où personne ne préfère ouvrir des parapluies et ne rien faire plutôt qu’agir avec une prise de risque mesurée et une porte de sortie et évaluer a posteriori l’intérêt de recommencer ou non.

 E. Quelle réception de la part des publics, des collègues, de la tutelle, de l’extérieur ?

Attention, mode subjectif et projectif ON.

Côté public, in situ

Côté public, sur les lieux, de l’étonnement, des questionnements, de l’enthousiasme, de l’excitation avant que ne s’installe, au fil du temps, des moments d’échanges plus profonds, plus confiants, plus silencieux.

J’ai été très impressionnée par le plaisir que prenaient certains à simplement regarder d’autres personnes avoir un contact avec des animaux. Plus étonnant, plusieurs personnes qui avaient une peur ancienne des chiens sont venues exprès s’en approcher pour tenter d’apprivoiser leur peur.

Ce qui a marché, me semble-t-il, était le côté “Ce n’est pas un cours” : une vraie gratuité et liberté, tant dans le choix du moment, de la durée, de l’activité, alliée à la liberté des animaux d’aller et venir, de se rendre disponibles à un câlin ou une caresse ou non. Il s’est joué quelque chose de très fort autour de l’idée de consentement et de libre choix.contrainteJ’ai eu l’impression, alors que des entretiens qualitatifs (image ci-dessus, résultat d’entretiens mars 2019 sur images Dixit sur la consigne “choisissez une image qui représente la BU pour vous”) nous avaient montré que la BU était vécue comme un lieu de contraintes choisies pour s’obliger à travailler, que l’opération de médiation animale était un “pur plaisir”, une bouffée d’oxygène avant de se replonger dans les révisions. 

Certain de ces entretiens qualitatifs nous avaient donné des pistes sur les besoins de lâcher-prise et de soupape de “sécurité” affective chez des personnes soumises à de nombreuses injonctions de réussite et contraintes extérieures. La médiation animale, par son côté gratuit, sans objectif de productivité ou d’intellectualisation, sans notation ni classement, m’a semblé répondre à un idéal de convivialité assez illichien, sans injonction ni intentionnalité.

petits_chiensNous n’avons pas recueilli de verbatims enregistrés ou écrits et n’avons pas eu le cœur de faire à chaud des questionnaires : nous avons entendu des gens, nombreux nous dire merci, repasser à l’accueil le faire, nous écrire. J’entends encore un jeune femme dire à une copine “20 minutes avec ces lapins, c’est un peu comme si j’avais passé deux heures au spa”, certaines personnes  sont revenues, mercredis après mercredis câliner leur chien de prédilection. J’ai eu l’impression, qui n’a rien d’objectif, d’une soif intime étanchée et de besoins affectifs satisfaits. Comment le mesurer, l’objectiver, je n’en sais trop rien encore…

Une enquête en ligne rapide du 15 au 24 février 2020 a confirmé l’enthousiasme des gens ayant fait attention à cette action : l’échantillon n’est pas représentatif, mais ils ont été 330 à demander le retour des animaux à la BU en 2020.

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Quelques journalistes ont recueilli des témoignages allant dans le sens d’un moment de détente simple et vrai, salutaire en période de forte tension et de stress : par exemple, ce petit reportage de RCF Anjou donne à entendre les voix d’étudiantes sur le dispositif : https://rcf.fr/actualite/societe/angers-des-animaux-la-bu-pour-destresser-les-etudiants-en-revision

Nous avons les uns et les autres, sur chaque site, fait des comptages flous, plutôt dans l’esprit “selon la préfecture” que “selon les organisateurs” : entre 30 et jusqu’à 200 personnes sont passées selon les séances. Si on établit une moyenne basse à 100, sur 10 séances il y a donc eu plus de 1000 passages, ce qui est beaucoup pour 10 heures sur chaque site…

foules

C’était relativement silencieux, contrairement aux concerts ou vernissages et sauf à Belle Beille où l’opération, pour faire face à son succès, est passée d’une salle fermée à un patio dans une zone de passage (qu’il était possible de contourner si le contact, même visuel, avec les animaux n’était pas souhaité), ceux qui n’étaient pas intéressés n’ont subi aucun désagrément et ne se sont sans doute même pas rendu compte qu’il se passait quelque chose à la BU.

 Côté collègues

Plusieurs agents sont revenus en dehors de leurs heures de travail ou ont fait le déplacement sur l’autre site pour voir les animaux : ceux qui souhaitaient les éviter ont pu le faire et ne sont pas venus vers moi pour exercer leur droit de retrait. Plusieurs m’ont demandé si une action dédiée aux personnels et à leur famille pouvait être envisagée. En discutant de cela, j’ai eu de jolis moments d’échanges avec des collègues, heureux de venir me dire qu’ils avaient eu des retours positifs à l’accueil. J’ai été touchée et émue qu’un collègue, dont le vieux chien de famille est mort mi décembre, ait un espace bienveillant pour en parler.

C’est sans doute un indice d’un climat social si ce n’est serein, du moins apaisé : l’action a fait débat dans la cuisine seulement, et comme toute dépense d’argent public, a été mise en regard de frustrations sur les salaires, l’indemnitaire, a suscité des comparaisons sur la qualité perçue comme en baisse des chocolats offerts aux femmes de ménage, sur les économies faites sur l’hôtellerie lors des voyages ou formation. Je n’ai pas été prise à partie lors de réunions d’équipes alors que je n’avais pas minimisé le côté “lubie de la directrice” du projet. Je n’ai pas non plus beaucoup épilogué dessus. Autant la médiation animale a été un sujet d’exposition à l’extérieur, autant elle n’a pas fait l’objet de temps de travail à l’intérieur des équipes. Entre fin des commandes de l’année, dégâts des eaux et fermeture partielle des locaux à Saint-Serge, travail de toilettage des bureaux et fonctions d’accueil à Belle-Beille, réflexion collective sur un dispositif d’accompagnement de l’affluence à Saint-Serge, l’énergie du collectif était mobilisée sur plein d’autres choses autrement plus chargées d’enjeux.

Il me semble que comme beaucoup de choses, la très large couverture médiatique et comm’ du projet et l’énergie positive que j’y ai mise tous les mercredis et quelques vendredis s’est révélée un peu frustrante pour une équipe dont le travail dévoué au quotidien ne fait pas l’objet de tant de commentaires mignons et énamourés, mais c’est là une projection très personnelle de ma part, personne ne m’ayant fait part d’agacement ou d’irritation à ce sujet.

Pour quelqu’un comme notre stagiaire DCB28 qui aime le contact avec les gens et les écouter se raconter, ces séances ont été une vraie richesse, tant humainement qu’en termes d’”insights” sur ce qui était important à leurs yeux dans leur vie étudiante. Un réservoir à empathie largement ouvert… où j’ai aussi largement puisé. Mon regret est que, du fait du choix des horaires un peu décalés et d’avoir construit l’expérience sans les collègues, nous avons été assez peu nombreux à aller boire à cette source. Un collègue cadre a pu me dire : “moi, les bestioles ce n’est pas mon truc du tout, et j’ai vraiment vu ça au départ de très loin, comme une lubie de ta part, mais après avoir vu comment ça se passait, un peu parlé avec les gens, je me suis dit que c’était un truc énorme, fabuleux, incroyable pour créer des relations”.

Côté animaux

montage animaux

C’était une de mes principales préoccupations : je n’ai jamais, que ce soit dans ma sphère familiale ou politique, considéré l’animal comme un outil, un objet ou un jouet. J’ai peur des montreurs de bête dans les foires ou sur Instagram et je n’aime pas voir les animaux attachés, dans des cages, présentés lors de spectacles ou même en laisse. Je crois à l’empathie, à la communication inter-espèces et pense que la domestication, de l’homme comme de certains commensaux est un état de fait.

J’étais prête à tout arrêter sans aller au bout de l’expérience si j’avais senti les animaux contraints à aller s’occuper d’humains et le faisant à leur corps défendant : les médiatrices m’ont paru tout aussi attentives à établir des relations et à mettre à l’aise les étudiants qu’à rester à l’écoute de leurs partenaires à 4 pattes : dans chaque espace, nous avions défini une zone où les animaux pouvaient, quand ils le voulaient, aller se mettre en retrait et à aucun moment, sauf peut-être quand les petits chiens étaient pris dans les bras, je n’ai perçu un des partenaires animaliers contraint à une interaction. J’ai vu les chiens plutôt rechercher les caresses, se pousser les uns les autres pour venir dans les zones de brossage, s’endormir… Les chats quant à eux vivaient leur vie de chat, montant sur les humains quand ils le voulaient eux, n’en redescendant pas quand on le leur demandait, vivant leur moment de chat, refusant de partir. Les lapins m’ont paru tranquilles, pour des lapins, libres de retourner au terrier dans un parc à l’abri des regards quand ils le voulaient et d’en sortir quand bon leur semblait. Le plus drôle était de voir cohabiter, dans un même espace, 4 espèces de mammifères (humains, lapins, chien, cochons d’inde)  faisant attention les uns aux autres, parlant tout bas pour ceux à larynx, grignotant des carottes (l’appétence du spitz nain pour ces dernières ne laissant pas de m’étonner).

Côté intervenantes

Pour trois d’entre elles, c’était la première fois qu’elles intervenaient en bibliothèque, et avec des personnes n’étant pas en situation de handicap ou en institution : elles m’ont dit avoir été elles-mêmes surprises de la diversité des échanges, des origines, de l’enthousiasme des jeunes, de leur besoin de partage, de leur sentiment de solitude parfois. Elles ont vraiment fait beaucoup, de manière discrète et peu intrusive, pour susciter des échanges avec des gens venus regarder, ont recueilli des mots de nostalgie, de déracinement, d’isolement parfois, m’ont-elles dit, mais aussi entretenu des conversations légères faites de souvenirs et d’anecdotes. Parmi les étudiants passant ces jours là, beaucoup venaient de famille rurales et ont partagé entre eux, alors qu’ils ne suivaient ni les même cours, ni ne fréquentaient les mêmes facs, des réminiscences communes.

Côté tutelle

Peu de retours : plusieurs personnes de la gouvernance n’ont dit avoir eu la question de “Mais pourquoi c’est toujours à la BU qu’on a l’impression qu’il y a des trucs qui bougent ?”, un questionnement sur la transposition aux personnels et la question “Et après, tu comptes faire quoi ?”

Nous sommes en période d’élections, je réponds toujours prudemment qu’on va en faire un bilan, et réfléchir à la suite…

F. Et alors, la suite ?

On attend les élections, de savoir quelles seront les recettes des distributeurs en 2020, les critères des appels à projets CVEC, ce que peut faire la Fondation UA, de voir comment inscrire le projet dans un vrai accompagnement psycho-social et pratico-pratique des périodes de révision, voire si nous pouvons monter un appel à projet avec un vrai volet de suivi qualitatif scientifique en collaboration avec les médiatrices et des chercheurs…

Si au delà de l’effet d’annonce, nous avons l’envie de porter des actions récurrentes, de passer l’aspirateur soirée après soirée, de faire rouler les meubles pour définir des espaces et les redéplacer, il y aura une suite dans les BU d’Angers à ce ballon d’essai.

Nous connaissant, nous arrivons depuis des années à trouver de l’énergie pour les expos, pour les stands, pour plein d’autres choses et sommes assez nombreux à avoir trouvé du sens à cette expérience à la BU en voyant tous les échanges qu’elle permettait… comme beaucoup de petites choses originales faites par la BUA, au delà de nos strictes obligations et missions de base, la suite dépendra de quelques individus et de leur énergie propre et renouvelée ! Tant que nous serons quelques un.es à être mus par autre chose que ce que prévoient nos statuts et sans ressentiment sur des salaires qui ne rétribuent pas tout à fait ce que nous donnons de nous-mêmes, tant que nous serons plusieurs à trouver notre compte au jeu du donner et prendre au service des publics et du sens et du plaisir que nous y trouvons personnellement, tous les espoirs sont permis !

G. Lire plus

Despret, Vinciane. Penser comme un rat. Éd. Quae, 2009.
Pour réfléchir à tout ce qu’il y a de projectif quand un humain interagit ou interprète ce qui se joue pour et par l’animal. Un texte court et limpide.
Gary, Romain. Les racines du ciel : texte définitif. Gallimard, 2006.
Parce que. On a tous besoin d’éléphants (et de cloportes) (et de romans) (et de Romain Gary) .
Michalon, Jérôme, et al. Panser avec les animaux: Sociologie du soin par le contact animalier. Presses des Mines, 2016. http://books.openedition.org/pressesmines/1753.
Un essai détaillant différentes approches de zoothérapie.

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